Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pix.gif MONUSCO
Drapeau des Nations unies
ONU
Drapeau de la République démocratique du Congo
République démocratique du Congo
Congopeacekeepers.jpg Vue de la mission diplomatique

Lieu 12 Av. des Aviateurs
Gombe
Responsables Drapeau du Brésil Carlos Alberto dos Santos Cruz (commandant)
Drapeau du Canada Jacques Desilets
(chef de la police)
Site internet Consulter

La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo, MONUC en sigle de 1999 au 30 juin 2010, et MONUSCO (Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo[1]) depuis le 1er juillet 2010, est une mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo de l’ONU. Elle a été créée par la résolution 1279[2] du Conseil de sécurité en date du 30 novembre 1999.

Chaque année, la MONUC coûte plus d'un milliard de dollars aux Nations unies, sans parvenir à mettre un terme aux conflits armés qui ont fait près de 4 millions de victimes au cours des dernières années[3].

La MONUC a été préparée par trois résolutions du Conseil de sécurité et la situation en République démocratique du Congo a donné lieu à une cinquantaine de résolutions[4] du Conseil de sécurité de 1999 à 2008. Elle a été dirigée pendant les deux premières années par l'ambassadeur Morjane (Tunisie).

Le quartier général de cette mission a été installé à Kinshasa, avec en outre la division de la RDC en 6 secteurs, ayant chacun un QG de secteur.

La MONUC, en collaboration avec L'ONG Fondation Hirondelle, a fondé en 2002 Radio Okapi, devenu le média le plus écouté en RDC.

Historique[modifier | modifier le code]

La situation en République démocratique du Congo est d'une très grande complexité. En 1999, cette situation héritait de l'état de déliquescence dans lequel le régime de Mobutu a laissé le pays, et donc d'un État déstructuré qui avait été artificiellement créé par la colonisation, d'un territoire grand comme l'Europe et peuplé par seulement 60 millions d'habitants, d'une population très variée parlant 250 langues, dont des congolais rwandophones, de l'installation depuis 1994 dans l'Est du pays du noyau des anciennes milices génocidaires et des anciennes Forces armées rwandaises décidées à se servir du Kivu pour reconquérir le Rwanda. À cela s'ajoutait le pillage permanent dont souffre ce pays victime de ses immenses richesses depuis deux siècles, dont sont responsables de nombreuses multinationales qui ont des relais utilisant les rivalités locales[5]. Enfin, depuis 1998, la deuxième guerre du Congo complique encore la situation.

Crée pendant la Deuxième guerre du Congo pour tenter de ramener la paix dans ce pays, elle fait face à la guerre du Kivu pour limiter les pertes parmi la population civile, faire respecter les accords de cessez-le-feu et faire rentrer au Rwanda les ex-génocidaires rwandais.

Les cinquante résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis 1999 et les 17 000 casques bleus actuellement déployés en RDC n'ont pu jusqu'à maintenant ramener la paix. Une opération militaire autorisée par l'ONU, européenne et ponctuelle, l'opération Artémis, est venue soutenir en 2003 la MONUC, au nord du Kivu en Ituri.

En octobre 2008, alors que le conflit a repris dans le nord Kivu, la Monuc doit faire face à la démission de son commandant deux mois après sa prise de fonction[6].

À partir du 25 octobre 2013[7], les forces congolaises appuyées par une brigade d'intervention de l'ONU lancent une offensive avec des moyens lourds : plus de 3 600 militaires congolais déployant des chars T-55 et des véhicules de combat d'infanterie BMP-2 et la brigade de la force d'intervention de la MONUSCO appuyé par de l'artillerie, des Mi-35 de l’armée ukrainienne, trois Denel AH-2 Rooivalk de la force aérienne sud-africaine (qui interviennent à partir du 4 novembre)[8] lancent une offensive générale[9] dans la zone de 700 km² contrôlée par le M23 qui déclare qu'elle dépose les armesle 5 novembre 2013[10].

QG de secteur[modifier | modifier le code]

Déploiement de la MONUC en décembre 2009.

Le QG de Kinshasa se trouve sur le boulevard du 30 juin, en plein quartier des affaires (commune de Gombe), à quelques centaines de mètres des principales ambassades (Belgique, France, États-Unis) et des grands hôtels (Hôtel Memling). La principale base logistique et ses dépôts est située au sud-est de la ville, dans la commune de Limete. Une autre implantation importante se trouve située au sud-ouest de la Gombe (quartier Socimat), à proximité de la baie de Ngaliema.

Budget et effectif[modifier | modifier le code]

En 2012 la MONUC dispose d'un budget de 1,490 Milliard de dollars. L'effectif déployé de plus de 23 000 personnes dépasse l'effectif autorisé (22 016 personnes)[11].

Effectifs[modifier | modifier le code]

À la date du 19 octobre 2011, la MONUSCO comptait un effectif de 18 914 personnes dont 16 819 militaires, 741 observateurs militaires et 1 354 policiers[12] :

  • Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud : 1 202 militaires et 12 observateurs militaires ;
  • Drapeau de l'Algérie Algérie : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Bénin Bénin : 450 militaires, 14 observateurs militaires et 21 policiers ;
  • Drapeau du Bangladesh Bangladesh : 2 523 militaires, 30 observateurs militaires et 387 policiers ;
  • Drapeau de la Belgique Belgique : 22 militaires, 5 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau de la Bolivie Bolivie : 10 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso : 9 observateurs militaires et 18 policiers ;
  • Drapeau du Cameroun Cameroun : 5 observateurs militaires et 19 policiers ;
  • Drapeau du Canada Canada : 8 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine : 14 policiers ;
  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine : 218 militaires et 16 observateurs militaires ;
  • Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire : 35 policiers ;
  • Drapeau du Danemark Danemark : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau de l'Égypte Égypte : 1 000 militaires, 24 observateurs militaires et 144 policiers ;
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la France France : 5 observateurs militaires et 9 policiers ;
  • Drapeau du Ghana Ghana : 462 militaires et 27 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Guatemala Guatemala : 150 militaires et 8 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Guinée Guinée : 22 policiers ;
  • Drapeau de l'Inde Inde : 3 707 militaires, 60 observateurs militaires et 255 policiers ;
  • Drapeau de l'Indonésie Indonésie : 175 militaires et 17 policiers ;
  • Drapeau de l'Irlande Irlande : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Jordanie Jordanie : 220 militaires, 25 observateurs militaires et 9 policiers ;
  • Drapeau du Kenya Kenya : 24 observateurs militaires ;
  • Drapeau de Madagascar Madagascar : 17 policiers ;
  • Drapeau du Mali Mali : 19 observateurs militaires et 27 policiers ;
  • Drapeau du Malawi Malawi : 17 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Malaisie Malaisie :15 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Maroc Maroc : 848 militaires et 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Mongolie Mongolie : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Mozambique Mozambique : 1 observateur militaire ;
  • Drapeau du Népal Népal : 1 026 militaires et 25 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Niger Niger : 15 observateurs militaires et 30 policiers ;
  • Drapeau du Nigeria Nigeria : 26 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau de la Norvège Norvège : 1 observateur militaire ;
  • Drapeau du Pakistan Pakistan : 3 562 militaires et 57 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Paraguay Paraguay : 17 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Pérou Pérou : 7 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Pologne Pologne : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la République tchèque République tchèque : 3 observateurs militaires ;
  • Roumanie Roumanie : 22 observateurs militaires et 14 observateurs militaires ;
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Russie Russie : 30 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Sénégal Sénégal : 20 observateurs militaires et 270 policiers ;
  • Serbie Serbie : 6 militaires et 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka: 4 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Suède Suède : 6 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de la Suisse Suisse : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Tanzanie Tanzanie : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Tchad Tchad : 20 policiers ;
  • Drapeau du Togo Togo : 5 policiers ;
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : 31 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Turquie Turquie : 11 policiers ;
  • Drapeau de l'Ukraine Ukraine : 13 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de l'Uruguay Uruguay : 1 248 militaires, 45 observateurs militaires et 2 policiers ;
  • Drapeau du Yémen Yémen : 6 observateurs militaires et 10 policiers ;
  • Drapeau de la Zambie Zambie : 21 observateurs militaires.

Le 20 juin 2011, 981 civils internationaux, 2 827 civils locaux et 616 volontaires de l’ONU sont aussi déployés dans le cadre de la MONUSCO.

Commandants[modifier | modifier le code]

  • Mountaga Diallo, Général de division, de nationalité sénégalaise, de mars 2000 à décembre 2003
  • Général Sumaila Iliya du Nigéria
  • Babacar Gaye, Général de Corps d'Armée, de nationalité sénégalaise, mars 2005 à septembre 2008
  • Vicente Diaz de Villegas y Herrería, Général de Corps d'Armée espagnol ; septembre 2008 à octobre 2008
  • Ishmeel Ben Quartey, général de brigade ghanéen, commandant par intérim depuis le 27 octobre 2008
  • Babacar Gaye, Général de Corps d'Armée, de nationalité sénégalaise, depuis septembre

Abus sexuels[modifier | modifier le code]

Des personnels de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) ont été impliqués dans 140 cas d'allégations sur des abus d'exploitation sexuelle entre décembre 2004 et août 2006. La MONUC, qui compte déjà 15 000 militaires et 3 000 civils, est accusée d'avoir augmenté le coût de la vie en utilisant le dollar américain pour toutes leurs dépenses, même la prostitution. « Jusque dans les villages, à cause d'eux on connaît les dollars. Ils payent les filles avec. »[3]

Malgré une « tolérance zéro » affichée, de multiples missions de l'ONU ont été entachées par des incidents de ce type, notamment en Érythrée, au Burundi, au Soudan, au Libéria et plus récemment en Côte d'Ivoire (Onuci) [1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MONUSCO, Portail de l'ONU
  2. Résolution 1279 du Conseil de sécurité
  3. a et b Pierre Malet, Kinshasa, capitale d'un grand corps malade, Slate Afrique, 26-03-2009, consulté le 21-09-2011.
  4. Cf. Liens externes
  5. Radio France internationale, Pillage de la RDC : l’union fait la force
  6. LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL de l'ONU ANNONCE LA DÉMISSION DU COMMANDANT DE LA FORCE DE LA MONUC - 27 octobre 2008
  7. Christophe Rigaud, « RDC : Le M23 lâché par Kigali ? », sur Afrikabia,‎ 27 octobre 2013 (consulté le 8 novembre 2013)
  8. (en) Dean Wingrin, « First ever combat for Rooivalk », sur defenceWeb,‎ 5 novembre 2013 (consulté le 8 novembre 2013)
  9. « RDC: à Chanzu, les FARDC célèbrent leur victoire contre le M23 », sur Radio France internationale,‎ 6 novembre 2013 (consulté le 8 novembre 2013)
  10. Christophe Rigaud, « RDC : Un nouveau scénario s'écrit au Kivu », sur Afrikabia,‎ 6 novembre 2013 (consulté le 8 novembre 2013)
  11. Faits et chiffres - site de la MONUSCO
  12. Operationspaix.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Résolutions du Conseil de sécurité[modifier | modifier le code]

Résolutions préparatoires de 1999[modifier | modifier le code]

Résolution créant la MONUC - 1999[modifier | modifier le code]

Résolution attribuant à la MONUC le chapitre VII de la Charte de l'ONU[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2000[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2001[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2002[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2003[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2004[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2005[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2006[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2007[modifier | modifier le code]

Résolutions suivantes de l'année 2008[modifier | modifier le code]