Mischaël Modrikamen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mischaël Modrikamen en 2011.

Mischaël Modrikamen (né à Charleroi, le 22 février 1966)[1] est un avocat et un homme politique belge. Devenu une personnalité en tant qu'avocat en défendant collectivement certains actionnaires minoritaires de la banque Fortis dans le contexte du Fortisgate en 2008, il crée en 2010 un nouveau parti politique de droite, le Parti populaire. Il fait campagne comme tête de liste de ce parti à la chambre pour l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde aux élections législatives fédérales belges de 2010, mais il n'est pas élu. Il fait régulièrement parler de lui en Belgique par des déclarations ou actions de choc, décrites par ses détracteurs comme « réactionnaires » et « populistes »[2].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mischaël Modrikamen est scolarisé à l’école primaire de Couillet, puis à l'Athénée de Charleroi (Solvay) et ensuite à l’Athénée Jules Destrée à Marcinelle, avant d'aller suivre des études de Droit à l'Université libre de Bruxelles[3]. Son père, Marcel Modrikamen, ancien résistant et responsable de la section hennuyère des Mutualités socialistes, fait l'objet le 18 février 1991, d'une tentative d'assasinat par arme à feu. Il décédera 4 ans plus tard[4].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Avocat spécialisé en contentieux bancaire, il représente collectivement un certain nombre d'actionnaires minoritaires de Fortis lors du Fortisgate. Il est également l'avocat du groupe de presse IPM, éditeur des quotidiens La Libre Belgique et La Dernière Heure[5]. En avril 2013, il devient l'avocat du météorologue Luc Trullemans à la suite de la suspension des fonctions que ce dernier occupait à RTL-TVI / Bel RTL pour avoir publié sur le réseau social facebook un texte jugé raciste[6].

Inculpation[modifier | modifier le code]

Président du conseil d'administration de la société Donaldson, les circonstances ayant entouré la faillite de celle-ci lui valent une inculpation pour faux et blanchiment le 25 mars 2010. Il rétorque par le dépôt d'une plainte contre X pour « dénonciations calomnieuses », estimant que cette inculpation serait uniquement destinée à nuire à son engagement politique[7],[8],[9],[10].

Engagement au sein de la communauté juive[modifier | modifier le code]

De 2000 à 2003, il est président de la Communauté israélite libérale de Belgique[11].

Au début des années 2000, il est l'avocat de la communauté juive dans les négociations sur les biens spoliés sous l'occupation[12].

Dans une tribune libre publiée par La Libre Belgique le 24 novembre 2002, il compare l'appel au boycott des produits israéliens par Oxfam au boycott des produits juifs par les nazis dans les années 1930[13].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 2009, il annonce pour le 26 novembre 2009 la création d'un nouveau parti politique, fondé par lui-même et Rudy Aernoudt, ex-fondateur du parti LiDé, sur les modèles du Partido Popular espagnol et de l'UMP française : le Parti populaire – en néerlandais Personenpartij. D'emblée, les principaux axes programmatiques sont calqués sur ceux des partis de droite-extrême et d'extrême-droite européens : thèses ultra-libérales sur le plan économique, dénonciation de l'immigration extra-européenne et des Roms, politique ultra-sécuritaire, dénonciation d'une corruption généralisée des représentants des partis politiques traditionnels... Malgré un score inférieur à 2 % à l'échelle fédérale, le PP obtient un mandat de député à la Chambre des Représentants de Belgique par l'élection de Laurent Louis. À la suite de multiples conflits inter-personnels, de nombreux membres et responsables du PP en sont exclus, dont Rudy Aernoudt en août 2010 et Laurent Louis en janvier 2011. Modrikamen donne par la suite au PP une orientation se rapprochant de plus en plus des positions du Front national, parti d'extrême-droite français. Le discours doctrinal s'axe en effet principalement sur la préservation des "valeurs" traditionnelles et sur la dénonciation d'une immigration amalgamée à une "offensive islamiste", à la problématique de l'asile politique et à la délinquance. Cette radicalisation devient évidente lorsque, en juillet 2011, Modrikamen se proclame ouvertement du "mouvement" de Geert Wilders et de Marine Le Pen, principales figures de l'extrême-droite européenne qu'il estime en voie de transformation vers "une droite qui s'assume avec un côté populaire". Dans le même temps, sur le plan institutionnel, la position du PP évolue rapidement d'une conception unitariste vers une conception confédéraliste de l'État Belge[14],[15].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : page « Leadership », sur le site web du Persinenpartij/Parti populaire (PP). Cependant, selon l'article de Philippe Boudart, « L'avocat qui fait vaciller l'État belge est carolo », La Nouvelle Gazette, 16 décembre 2008, Mischaël Modrikamen aurait déclaré être né à Couillet.
  2. Nicolas Baygert, « De quel populisme parlons-nous ? », La Libre Belgique, 30 décembre 2009.
  3. Ph. Boudart, « L’avocat qui fait vaciller l’État belge est carolo » [archive], La Nouvelle Gazette, 16 décembre 2008.
  4. L’homme qui a fait tomber Leterme - Le Soir, 20 décembre 2008
  5. P.-F.L., « La saga de "L'Écho" rebondit », La Libre Belgique, 20 septembre 2005.
  6. Trullemans choisit Modrikamen pour le défendre en justice La Libre Belgique en ligne, 30 avril 2013
  7. Belga, « Modrikamen inculpé par le juge Claise », La Libre Belgique, 26 mars 2010.
  8. « Me Modrikamen inculpé par le juge d'instruction Claise », Trends-Tendances, 26 mars 2010.
  9. « Modrikamen entendu par la justice : "On veut nuire à mon engagement politique !" », Trends-Tendances, 24 mars 2010.
  10. « Élections 2010 : en savoir plus sur le PP et son président Modrikamen », RTL-TVI, 19 mai 2010.
  11. Communauté israélite libérale de Belgique », Moniteur belge, 13 juillet 2000.
  12. Paul Vaute, « Le monde juif à l'assaut des banques », La Libre Belgique, 18 juin 2002.
  13. Mischaël Modrikamen, « Notre démocratie et ses ennemis », La Libre Belgique, 24 novembre 2002.
  14. http://dev.ulb.ac.be/sciencespo/dossiers_membres/delwit-pascal/fichiers/delwit-pascal-publication179.pdf
  15. http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/673704/modrikamen-dans-le-sillage-de-le-pen.html