Miroirs des princes

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Les Miroirs des princes sont un genre littéraire apparu au Moyen Âge qui désigne des traités d'éthique gouvernementale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Écrits par des clercs à l'intention des souverains, ils existaient déjà durant l'Antiquité sous une forme différente, mais se développèrent véritablement au VIIIe siècle. La Cyropédie de Xénophon a été imitée au Moyen Âge comme modèle du genre Miroirs des princes. Les Miroirs des princes constituent une sorte de manuel composé de conseils et de préceptes moraux destinés à montrer au souverain la voie à suivre pour régner selon la volonté de Dieu. Comme leur nom l'indique, ces traités font figure de miroirs renvoyant l'image, la description du roi parfait.

Dans la tradition islamique, les plus anciens traités d'éthique gouvernementale nous étant parvenus sont datés du VIIIe siècle[1],[2],[3]. Les premiers Miroirs des princes sont sans doute ceux d'Abd al-Hamid Ibn Yahya et l'Adab al-kabir d'Ibn al-Muqaffa[4].

En Europe, le premier véritable « Miroir des princes » de l'époque carolingienne fut la Via regia écrite par Smaragde de Saint-Mihiel aux alentours de l'année 813, et dont le destinataire semble être Louis le Pieux, alors qu'il n'était pas encore empereur. Le texte de Smaragde est empreint d'une forte valeur morale que l'auteur lie étroitement au domaine politique et à la personne du roi. Parmi d'autres écrits de ce type, il convient de citer également le De regis persona et regio ministerio d'Hincmar de Reims, rédigé en 873, qui adopte une vision de la fonction des évêques qui est bien distincte de l'autorité royale. Un ouvrage majeur dans la lignée des Miroirs des princes est le De institutione regia que Jonas d'Orléans écrivit vraisemblablement en 831 pour Pépin d'Aquitaine, un des fils de Louis le Pieux. Le De institutione regia fonde la royauté sur des vertus morales nécessaires pour la recherche du salut de l'âme et de l'amour de Dieu. Dans cette optique, les Miroirs des princes touchent également aux rapports des pouvoirs, le pouvoir temporel et le pouvoir sacerdotal, et leur position vis-à-vis de Dieu.

En 1603 parait le Taj as-Salatin (La couronne des rois) rédigé en malais classique (jawi) attribué à Bukhari al-Jauhari[5]. Il serait en grande partie basé sur le Nasîhat al-Mulûk d'Al-Ghazâlî[6].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denise Aigle, « La conception du pouvoir dans l'islam. Miroirs des princes persans et théorie sunnite (XIe-XIVe siècles) », Perspectives médiévales vol. 31, 2007, p. 17.
  2. Gustav Richter, « Studen zur Geschichte der alteren arabischen Fürstenspiegel », Peipzig, 1932.
  3. Dimitri Gutas, « Classical Arabic Wisdom Literature : Nature and Scope », Journal of the American Oriental Society, vol. 101, 1981, p.49-86.
  4. Denise Aigle, « La conception du pouvoir dans l'islam. Miroirs des princes persans et théorie sunnite (XIe-XIVe siècles) », Perspectives médiévales vol. 31, 2007, p. 26.
  5. http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/flagship-project-activities/memory-of-the-world/memory-of-the-world-nominations-2011/full-list-of-current-nominations/current-nominations-t-to-z/taj-al-salatin-the-crown-of-kings/
  6. Zaini-Lajoubert Monique. Le deuxième colloque international de l’Association malaisienne de littérature comparée (Kuala Lumpur, 7-9 juin 2007). In: Archipel. Volume 74, 2007. p. 8. url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arch_0044-8613_2007_num_74_1_3910 Consulté le 06 mars 2013