Mircea Ier de Valachie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mircea Ier l'Ancien / Mircea cel Bătrân
Mircea l'Ancien
Mircea l'Ancien
Titre
Prince de Valachie
23 septembre 138631 janvier 1418
Biographie
Dynastie Basarabi
Nom de naissance Mircea cel Bătrân
Date de naissance 1355
Date de décès 31 janvier 1418
Lieu de décès Argeş
Père Radu Ier de Valachie
Mère Calinichia
Conjoint Mara
Héritier Mihail
1397 : Vlad
Radu
Alexandru Aldea

Le voïvode Mircea Ier l'Ancien ou Mircea cel Bătrân (mort le 13 janvier 1418) fut de de 1386 à 1418 un des plus importants princes de Valachie, Son surnom lui a été donné par les chroniqueurs après sa mort pour le distinguer de son homonyme son petit-fils, Mircea II le Jeune (Mircea cel Tânăr). Les historiens roumains de la période communiste l'on aussi appelé Mircea cel Mare (Mircea le Grand).

Origine[modifier | modifier le code]

Mircea est le fils du voïvode Radu Ier et de Calinica, et donc est de la famille des Basarabi. l'un de ses fils était Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), et ses petits-fils Mircea II le Jeune (Mircea cel Tânăr), Vlad III l'Empaleur (Vlad Țepeș), et Radu III le Beau (Radu cel Frumos), tous voïvodes, et membres de la famille des Drăculea.

Règne[modifier | modifier le code]

Mircea Ier succède en 1386 à son frère Dan Ier de Valachie tué lors d'un combat contre les Bulgares car le fils unique de ce dernier Dan était trop jeune pour monter sur le trône

Les frontières de la Valachie ont évolué tout le temps au cours de son histoire, mais pendant son règne, celle-ci contrôlait la zone la plus étendue de son histoire : de l'Olt au nord jusqu'au Danube au sud, et depuis les Portes de Fer du Danube à l'ouest jusqu'à la mer Noire à l'est.

Mircea renforça le pouvoir de l'État et organise ses différents services en mettant en avant le développement économique. Il accroît les revenus de l'État et frappe une monnaie d'argent qui avait cours non seulement à l'intérieur du pays, mais encore dans les pays limitrophes. Il accorde aux marchands de l'union polono-lituanienne des privilèges commerciaux et renouvelle ceux que ses prédécesseurs avaient accordés à la population de Hermanstadt/Brașov. Mircea put alors accroitre sa puissance militaire. Il fortifie les citadelles du Danube et constitua la "grande armée" à partir de citadins, d'hommes libres et de serfs. Il apporte également son soutien l'église orthodoxe orientale.

En organisant le pays, il bâtit un système d'alliances qui lui permet de défendre l'indépendance du pays. Par l'intermédiaire de Pierre Ier Mușat (Petru Mușat), le prince de Moldavie, il conclut un traité d'alliance en 1389 avec Władysław Jagiełłon, le roi de Pologne. Le traité fut renouvelé en 1404 et en 1410. Il maintient des relations étroites avec Sigismond de Luxembourg, le roi de Hongrie, en s'appuyant sur intérêt commun dans la lutte contre l'expansion des Ottomans.

Ses interventions pour soutenir les populations chrétiennes au sud du Danube, qui se battaient contre les Turcs, l'amènent à s'opposer directement à l'Empire ottoman. En 1394 Bayezid Ier (connu aussi comme "Beyazid Ilderim", "la foudre") traversa le Danube avec 40 000 hommes, une force impressionnante à cette époque. Mircea n'avait avec lui que près de 10 000 hommes, et il n'aurait pas pu résister dans un combat ouvert. Il choisit ce que nous appelons aujourd'hui la guérilla en affamant l'armée adverse et en attaquant brièvement et en se retirant aussitôt après. Le 10 octobre 1394, les deux armées se rencontrèrent à la bataille de Rovine, sur un terrain de forêt, empêchant les Ottomans de se déployer ; Mircea vainquit finalement les Turcs, et les rejeta hors du pays. Cette fameuse bataille a été racontée de façon épique par Mihai Eminescu dans sa troisième épître.

Aidé par Sigismond de Luxembourg, Mircea se débarrassa aussi de Vlad Urzupatorul, un prétendant soutenu par le sultan ottoman, qui tentait de lui prendre le trône. En 1396 Mircea participe à une croisade anti-ottomane initiée par le roi de Hongrie. La croisade se termine sur la victoire des Turcs à Nicopolis le 25 septembre. L'année suivante, en 1397, Mircea arrête une autre expédition ottomane qui traversait le Danube, et en 1400 il vainc encore une autre expédition turque qui parcourait le pays.

En avril 1400 Mircea Ier apporte son appui au jeune Alexandre, le fils de Roman Ier qui était réfugié à sa cour depuis la mort de son père, pour monter sur le trône de Moldavie.

La défaite du sultan Bayezid II par Tamerlan à Ankara dans l'été 1402 ouvrit une période d'anarchie dans l'Empire ottoman, et Mircea en profita pour s'organiser avec le roi de Hongrie pour monter une campagne contre les Turcs. En 1404 Mircea fut capable de ré-imposer sa loi sur la Dobroudja. De plus, il prit part à la lutte pour la conquête du trône du sultan et permit à Musa d'y monter (pour un bref instant). Le prince avait atteint l'apogée de sa puissance.

Valaquia durant le règne de Mircea cel Bătrân (1406)

« Le plus brave et le plus capable des princes chrétiens », c'est ainsi que l'historien allemand Leunclavius l'a décrit, a régné sur la Valachie trente trois ans. À côté de ses succès militaires, Mircea était un amoureux des arts, et nous a laissé entre autres monuments le monastère de Cozia, construit d'après l'église de Krusevac en Serbie.

À la fin de son règne, Mircea signe un traité avec les Ottomans, qui reconnurent l'indépendance de la Valachie, en échange de 3 000 pièces d'or annuelles comme tribut (somme relativement faible). Éviter à son pays de devenir une province ottomane ("Pachalik"), signifiait aussi maintenir les Ottomans hors de l'Europe de l'Ouest, ce qui rétrospectivement pourrait ne pas être considéré comme très impressionnant, mais qui, à l'époque, fut un évènement remarquable.

Mircea Ier l'Ancien meurt le 13 janvier 1418 et il est inhumé au monastère de Cozia.

Unions et Postérité[modifier | modifier le code]

Mircea laisse une nombreuse descendance[1]:

De son union avec une épouse inconnue:

D'une concubine:

de Mara Tomaj de Balaton originaire des Siebenbürgen

avec une autre concubine:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Europaïsche Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh, Francfort-sur-le-Main, 2004 (ISBN 3465032926), Basarab (Bassaraba, Basaraba), Voievoden der Walachei II Volume III Tafel 194.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Nicolas Iorga Histoire des Roumains volume IV, les chevaliers. Bucarest (1937)
  • (ro) Constantin C.Giurescu & Dinu C.Giurescu Istoria Romanilor volume II (1352-1606) . Editura Stcintifica si Enciclopedica Burarecsti (1976), p. 66-91.