Minium

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Minium
Poudre de minium
Poudre de minium
Identification
Nom IUPAC plomb(II,IV) oxyde
Synonymes

Oxyde de plomb
Oxyde de plomb rouge
C.I. 77578
C.I. Pigment Red 105

No CAS 1314-41-6
No EINECS 215-235-6
Apparence cristaux ou poudre rouges[1].
Propriétés chimiques
Formule brute O4Pb3Pb3O4
Masse molaire[2] 685,6 ± 0,3 g/mol
O 9,33 %, Pb 90,67 %,
Propriétés physiques
fusion (décomposition) : 500 °C[1]
Solubilité dans l'eau : nulle[1],
le plus souvent dissous dans une solution de potasse caustique concentrée à haute température
Masse volumique 9,1 g·cm-3[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Dangereux pour l’environnement
N



SIMDUT[3]
D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le minium est un tétroxyde de plomb de formule : Pb3O4. Il est hautement toxique.

Historique[modifier | modifier le code]

Le minium fait partie des pigments artificiels les plus anciens. Selon Pline l'Ancien et Vitruve, on découvrit accidentellement le minium suite à l'incendie d'une villa. Pline explique également que le blanc de plomb était chauffé dans des plats et brassé jusqu'au changement de couleur. Ce pigment calciné a été utilisé pour imiter le cinabre et la sinopia.

À l'époque de Pline l'Ancien, le terme de minium a désigné en premier le cinabre (sulfure de mercure de formule HgS) puis le carbonate de plomb (céruse). D'où de fréquentes confusions entre céruse, minium, vermillon, cinabre. Au cours du Moyen Âge, la dénomination de minium doit se rapporter à la céruse. Le moine Théophile, à la fin du XIe siècle, décrit sa préparation à partir de la calcination de la céruse.

Vers 1930, le minium disparaît comme pigment rouge orangé, mais, en dépit de sa grande toxicité, il sera utilisé comme peinture antirouille et parfois comme sous-couche protectrice du bois (jouant le double rôle de fongicide et d'insecticide). Le ponçage ou brûlage de ces bois et les incendies de bâtiments en contenant est source de saturnisme et de pollution par le plomb. Le minium n'est pas biodégradable.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Utilisation principale en tant que pigment dans la peinture murale, les manuscrits enluminés, la peinture à l'huile, la tempera, etc. Produit hautement toxique, il sert toutefois de maquillage sous l'Ancien Régime, période durant laquelle il est connu sous le nom de céruse. Il était alors poudré sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge (cf. Us et coutumes à la cour de Versailles). Son usage en peinture tend à disparaître à cause de sa toxicité (comme tous les composés contenant du plomb) et de concurrents plus stables.

Également utilisé pour la protection contre la corrosion des métaux (la Tour Eiffel a ainsi bénéficié d'un traitement de surface au minium de fer). On retrouve aussi du minium dans la fabrication des plaques de cathode des batteries d'accumulateur au plomb, en pyrotechnie civile pour la production d'effets crépitants dans les feux d'artifice… Il a aussi servi a produire des onguents et remèdes traditionnels (très toxiques, susceptibles d'induire un saturnisme aigu), dont l'azarcon.

L'ouvrier chargé de la fonte du minium est appelé minionneur[réf. souhaitée].

Altération[modifier | modifier le code]

Ce pigment s’assombrit à la lumière et noircit sur les fresques. Sa tenue est meilleure avec l’huile et la tempéra à l’œuf.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Autres oxydes de plomb[modifier | modifier le code]

réseau 3D du minium
maille élémentaire du minium

Litharge (monoxyde de plomb), oxyde rouge de plomb, rouge de plomb, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d TETRAOXYDE DE PLOMB, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « Tétroxyde de plomb » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [1] Altération chromatiques des pigments au plomb dans les œuvres du patrimoine - Étude expérimentale des altérations observées sur les peintures murales, thèse de doctorat de l'université d'Aix-Marseille, 2005.