Mine marine

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Mine marine allemande flottant en surface dans les eaux australiennes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Exemple de dégâts matériels induit par l'explosion d'une mine. Ici, une frégate de la classe Oliver Hazard Perry touché par une mine durant la guerre Iran-Irak.
État d'un torpilleur ayant touché une mine (Première Guerre mondiale)

Une mine marine ou mine sous-marine est une charge explosive placée en surface, entre deux eaux ou au fond de la mer, qui se déclenche automatiquement lorsqu'un navire de surface ou un sous-marin passe à proximité (et a fortiori au contact).

Histoire[modifier | modifier le code]

Mine à contact « Jacobi » d'origine russe utilisée lors de la guerre de Crimée. Ce modèle, d'une très faible efficacité, provoqua plus d'inquiétude que de dégâts. Image tiré de L'Illustration, n° 646, juillet 1855.

Les premières mines étaient des tonneaux de poudre devant exploser sous la surface ou en surface pour endommager la coque des navires adverses.

Samuel Colt fut le premier, en 1842, pour la compte de la Navy, à couler sur le Potomac une vieille canonnière réformée, le Boxer, avec une mine sous-marine à mise à feu électrique (après une expérience réalisée à titre privé en 1829).

Constitution[modifier | modifier le code]

Une mine est constituée d'une enveloppe métallique enfermant une charge explosive, le ou les dispositifs de mise de feu avec ses capteurs et combinateur d'influences, les dispositifs d'ancrage ou de contrôle d'immersion, un dispositif de programmation de contremesures, de neutralisation ou de sabordage.

Charge explosive[modifier | modifier le code]

Une mine contient une charge explosive, souvent d'une centaine de kg de TNT. Le TNT est insoluble dans l'eau, et il reste actif des décennies durant, ce qui rend les mines séparées de leur orin particulièrement dangereuses.
Certaines mines de fond peuvent avoir une charge explosive plus importante jusqu'à 1,5 tonne.

Types[modifier | modifier le code]

Mine à orin utilisée pendant la Première Guerre mondiale. Musée de la Marine, Paris.

On peut distinguer les mines :

Selon leur position dans l'eau[modifier | modifier le code]

  • mine à orin : la mine comprend un bloc lesté, le crapaud, qui, au mouillage, largue la mine proprement dite, de flottabilité positive, au bout d'un câble (orin) à une immersion prédéterminée ;
  • mine de fond : mine à flottabilité négative, qui est donc posée sur le fond. Certaines mines de ce type sont des capsules enfermant une torpille (mine Mark 60 CAPTOR). Les mines de fond sont utilisées par fonds inférieurs à 60 mètres contre les bâtiments de surface, ou à plus grande profondeur contre les sous-marins ;
  • mine dérivante : mine flottante laissée à la dérive ;
  • mine rampante : mine flottante, maintenue sous la surface par un lest, qui se déplace librement dans le courant ;
  • mine ludion : mine dont l'immersion est assurée par un système de contrôle hydrostatique qui la maintient à une profondeur prédéterminée (voir Ludion).

Selon leur dispositif de mise de feu[modifier | modifier le code]

Bien que la plupart des mines modernes combinent simultanément, alternativement ou successivement plusieurs influences (acoustique, magnétique, pression) (mines combinées), on trouve :

  • mine à contact : mine qui explose au contact. Elle est généralement équipée d'antennes ou de cornes. Les premières mines étaient des mines à contact ;
  • mine à influence :
    • mine magnétique : mine dont la mise à feu est activée par influence magnétique (masse métallique d'un bateau qui peut être corrigée par un circuit d'immunisation).
    • mine acoustique : mine dont la mise à feu est activée par influence acoustique (bruit des hélices et des machines). Ce type de mine comporte donc des hydrophones ;
    • mine à dépression : la mise à feu est sensible à la variation de pression de l'eau causée par le passage d'un navire.

Séquelles de guerre[modifier | modifier le code]

Mines échouées sur le littoral de Naissaar en Estonie

Après les deux conflits mondiaux, plusieurs chalutiers ont sauté sur des mines qui avaient été pêchées dans leur chalut.

Les mines qui se sont séparées de leur orin et ont dérivé peuvent être à l'origine d'accidents graves, soit en mer, soit sur le littoral, quand elles viennent à s'échouer sur une plage.

Elles contiennent du TNT très peu soluble dans l'eau, mais toxique dans les sols, dont on ignore le devenir à long terme dans l'écosystème marin.

Emploi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des mines.

Barrage de mines de la mer du Nord

Barrage du Nord

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hartmann, Gregory K. avec Scott C. Truver (1991). Weapons That Wait: Mine Warfare in the U.S. Navy. Annapolis: Naval Institute Press. (ISBN 0870217534).
  • (en) Hewitt, James Terrance (1998). Desert Sailor: A War of Mine. Clementsport: The Canadian Peacekeeping Press. (ISBN 1896551173).
  • (en) Peniston, Bradley (2006). No Higher Honor: Saving the USS Samuel B. Roberts in the Persian Gulf. Annapolis: Naval Institute Press. (ISBN 1591146615).
  • (en) Wise, Harold Lee (2007). Inside the Danger Zone: The U.S. Military in the Persian Gulf 1987–88. Annapolis: Naval Institute Press. (ISBN 1591149703).