Millepertuis perforé

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Le millepertuis perforé ou millepertuis commun ou millepertuis officinal (Hypericum perforatum L.) est une plante herbacée vivace de la famille des Clusiacées selon la classification classique (ou des Hypéricacées selon la classification phylogénétique).

Les poches sécrétrices transparentes présentes sur le limbe des feuilles allongées donnent l'impression de multiples perforations, particularité à l'origine du nom de millepertuis qui signifie mille trous.

Parmi toutes les espèces de millepertuis formant le genre Hypericum, l'appellation sans épithète de millepertuis désigne généralement le millepertuis perforé.

Utilisée en médecine et largement popularisée pour ses effets antidépresseurs, la plante porte de nombreux surnoms dont le plus célèbre est celui d'herbe de la Saint-Jean.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • En français, plus de 40 noms retrouvés dont : chasse-diable, herbe aux fées, herbe aux mille vertus, herbe de Saint Eloi, herbe de la Saint-Jean, Barbe de Saint-Jean, millepertuis perforé, herbe à mille trous, herbe percée, herbe à la brûlure, herbe aux piqûres, herbe du charpentier, trascalan, truchereau, trucheron, trucheron jaune...
  • En allemand : Blutkraut, Feldhopfenkraut, Herrgottsblut, Hexenkraut, Johannisblut, Johanniskraut, Konradskraut, Mannskraft, Tüpfelhartheu, Waldhopfenkraut, Walpurgiskraut...
  • En anglais : Balm of warrior ("baume de guerrier"), St John’s wort ("herbe de saint-Jean"), Touch and heal ("toucher et guérir").
  • En bulgare : Жълт кантарион (Jalt Kantarion ou Jult kantarijon)
  • En catalan : pericó, herba de sant Joan
  • En espagnol : Hierba de San Juan ou Yerba de San Juan ("herbe de saint-Jean").
  • En francique rhénan lorrain : Gehonskrudd ("herbe de Saint Jean").
  • En danois : Prikbladet Perikon ("Feuille à trous Pericum")
  • En finnois : Mäkikuisma ("Côme des collines")
  • En gascon : èrba de Sent-Jan, trigalan, triscairam, èrba d'envren ("herbe à venin"), èrba deus verens ("herbe des venins"), periglada, periclada, perigleta, pericon (dérivé probable de Hypericum), arnaudet, mila-uelh ("mille yeux")
  • En grec : Βάλσαμο (qui a donné "baume" en français, "balm" en anglais)
  • En italien Iperico ou erba di san Giovanni ("herbe de saint Jean") ou scacciadiavoli ("chasse-diables")
  • En letton asinszāle ("herbe de sang")
  • En néerlandais : Sint-janskruid ("herbe de la saint-Jean")
  • En norvégien : Prikkperikum ("Pericum à trous")
  • En occitan languedocien : trescalan, èrba de Sant-Joan, caça diable ("chasse diable"), tresflòri, èrba de tres galants, èrba de trescalan
  • En occitan provençal : èrba de l'òli roge ("herbe à l'huile rouge"), èrba de Sant-Jan, trescalan
  • En portugais Erva-de-são-joão ("herbe de saint-Jean")
  • En roumain : sunătoare (= qui sonne - le plus répandu), Pojarniţă (= de type rougéole)
  • En russe : Зверобой продырявленный, ou обыкновенный
  • En serbe : Kantarion ou kantarijon, bogorodična trava ("herbe de la Mère de Dieu"), gospino zelje ("herbe de la sainte Vierge"), sentjanzovka ("de la saint-Jean"), sentjanzevka (id.)
  • En suédois : Johannesört ou äkta johannesört ("herbe de saint-Jean" ou "vraie herbe de saint-Jean")

Histoire[modifier | modifier le code]

Jadis, l'Hypericum perforatum, était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche. Le millepertuis perforé est un très ancien chasse diable, c'est-à-dire qu'il faisait fuir les esprits tourmenteurs. C'est devenu le phytomédicament le plus prescrit contre la dépression nerveuse.

L'usage médicinal du millepertuis (Hypericum perforatum) remonte à au moins 2400 ans, date où Dioscoride le préconisait dans ses ordonnances.

Réputé au Moyen Âge pour éloigner la mélancolie, le millepertuis avait aussi pour nom « herbe de Saint-Jean » (St John's wort en anglais) ou « chasse-diable ».

Inscrit à la pharmacopée française en 1818, il tomba dans l'oubli à la fin du XIXe siècle. La pharmacologie moderne redécouvre certaines de ses propriétés thérapeutiques.

Habitat[modifier | modifier le code]

Champ de millepertuis perforé dans le Parc national de Belair, dans le sud de l'Australie.

Il s'agit d'une plante sauvage héliophile et calcicole. Les bords des chemins, les lisières de forêt, prairies et talus secs, clairsemés et calcaires constituent ses habitats préférés. Le millepertuis craint l'ombre et l'humidité.

On le trouve dans toute l’Europe, en Asie, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord. Il est actuellement importé, en tant que remède, des pays d’Europe de l’Est et du Sud-Est (Serbie, Bulgarie, Pologne, Roumanie, Ukraine…).[réf. souhaitée]

Utilisation en médecine[modifier | modifier le code]

Parties actives[modifier | modifier le code]

Les sommités fleuries, cueillies au début de la floraison et séchées. Les fleurs doivent contenir 60 à 70 % de capsules immatures.

Indications[modifier | modifier le code]

Affections cutanées[modifier | modifier le code]

On attribue à la plante des propriétés vulnéraires : c'est un émollient et un adoucissant pour la peau (en usage externe et immédiat). La plante entière, les fleurs ou les feuilles sont utilisées en traitement cutané pour leurs vertus apaisantes, mais elles peuvent provoquer des réactions de photosensibilisation.

Les fleurs de millepertuis servent, par macération dans l’huile, à la préparation de l’huile de millepertuis, une huile rouge qui est renommée pour le traitement des brûlures et des contusions. Elle ne doit pas être employée pendant l'exposition solaire pour les raisons indiquées ci-dessus, mais comme après-soleil.

Dépression[modifier | modifier le code]

Dépression majeure[modifier | modifier le code]

L'analyse indépendante la plus récente, menée par le groupe Cochrane, a couvert 29 essais cliniques et plus de 5000 patients. Le millepertuis est d'une efficacité comparable aux ISRS, les antidépresseurs conventionnels[1], dans la dépression majeure. Sa tolérabilité est supérieure, puisqu'elle est comparable à celle d'un placebo[2] soit, d'après le groupe Cochrane, des taux d'effets indésirables équivalents à la moitié et au cinquième des taux pour les ISRS et les tricycliques (exemple : imipramine), respectivement.

Dépressions légères et modérées[modifier | modifier le code]

Les études sur le millepertuis dans les dépressions légères et modérées indiquent également une efficacité comparable à celle des antidépresseurs agissant sur la recapture de la sérotonine (ISRS)[3].

Les effets antidépresseurs du millepertuis sont dus principalement à l'hyperforine[4] (en usage interne et au long cours).

Il est aujourd'hui autorisé à la vente en tant que médicament, comme en Allemagne depuis 1984, car de nombreuses études cliniques ont prouvé son efficacité. La dernière étude publié en 2005, montre que le millepertuis est aussi efficace sur la durée que l'antidépresseur de référence (l’Imipramine), mieux toléré et avec moins de risques de rechute.

Troubles déficitaires de l'attention[modifier | modifier le code]

Il est également assez communément utilisé dans les troubles déficitaires de l'attention de l'enfant, du moins aux États-Unis[5] avec, cependant, un effet contesté[6]. Dans cette étude, l'extrait de millepertuis utilisé contenait à l'origine 0,3 % d'hypéricine mais les chercheurs l'ont laissé se dégrader jusqu'à ce qu'il ne contienne que 0,13 % d'hypéricine et 0,14 % d'hyperforine. Comme les concentrations d'hyperforine n'ont pas été établies au début de l'étude et les concentrations d'hyperforine et d'hypéricine étaient bien inférieures à celles utilisées dans d'autres études, il est difficile de tirer quelque conclusion que ce soit.

De plus, le réputé chercheur de la Harvard Medical School, le Dr Joseph Biederman, coauteur de l'étude contestant l'efficacité du millepertuis dans le trouble déficitaire de l'attention, a suscité la controverse quand le sénateur Charles E. Grassley a révélé d'importants conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique. En guise d'exemple, le New York Times relate que le Dr Biederman avait déclaré à Harvard n'avoir rien reçu de Johnson & Johnson en 2001, puis, pressé de revoir cette déclaration, avait déclaré $3,500; Johnson & Johnson révéla au sénateur Grassley que la compagnie lui avait en fait accordé $58,169 cette année-là. Le Times montre que le médecin n'avait pas révélé non plus la somme qu'il avait reçue d'Eli Lilly pour étudier le Strattera dans les troubles déficitaires de l'attention, puisque la compagnie révéla qu'il avait reçu une somme en fait supérieure à ce qui est permis pour un chercheur de Harvard[7]. Peu avant l'intervention du sénateur Grassley, en 2007, le Dr Biederman était le second auteur en importance dans le domaine de la psychiatrie[8] et le premier dans le domaine des troubles déficitaires de l'attention[9], d'après l'ISI.

Effets secondaires et contre-indications[modifier | modifier le code]

Le millepertuis est un inducteur du cytochrome p450[10], ce dernier étant un système enzymatique qui intervient dans le métabolisme de nombreux médicaments. Par ce biais, il peut diminuer ou augmenter l'efficacité de nombreux traitements.

La seule contre-indication sérieuse relève des problèmes cardiaques que la prise de millepertuis peut accentuer (palpitations, arythmie, etc.) et il convient donc d'être très prudent lors d'utilisations parallèles avec des anti-dépresseurs ou des neuroleptiques.[réf. nécessaire]

De nombreuses interactions médicamenteuses sont répertoriées pour le millepertuis[11]. Déconseillé avec d'autres antidépresseurs (risque d'apparition d'un syndrome sérotoninergique), la plante est contre-indiquée pour certains médicaments métabolisés par l'une des principales isoenzymes des cytochromes P450 (CYP3A4). Ainsi, la plante est à proscrire en cas de traitements par :

  • Médicaments anticoagulants oraux ;
  • ciclosporine (immunosupresseur) ;
  • tacrolimus, sirolimus ;
  • antirétroviraux inhibiteurs de protéases (anti VIH) ;
  • Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (anti VIH) ;
  • irinotécan (anticancéreux) ;
  • Anticonvulsivants (carbamazépine, éthosuximide, felbamate, fosphénytoïne, lamotrigine, phénobarbital, phénytoïne, primidone, tiagabine, topiramate, acide valproïque, valpromide), sauf gabapentine et vigabatrine.

Et elle est déconseillée en cas de traitements par : Digoxine, théophylline, phénytoïne, contraceptifs oraux (risque de grossesse).

Le millepertuis peut, chez certaines personnes, exacerber les émotions. Il peut également inhiber l'effet de médicaments comme la digoxine, la théophylline, les anticoagulants à base d'anti-vitamine K, des contraceptifs oraux et certains antidépresseurs, ou d'autres moins utilisés comme la ciclosporine, des traitements contre l'infection à VIH (sida) comme l'amprénavir ou l'indinavir, ou certains anticancéreux[12].

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

Millepertuis (extrait sec)
Noms commerciaux
  • Arkogélules Millepertuis (France),
  • Elusanes Millepertuis (France),
  • Hyperiforce (Suisse),
  • HyperiMed (Suisse),
  • Hyperiplant (Belgique, Suisse),
  • Hyperval (Suisse),
  • Jarsin (Suisse),
  • Libertin (Suisse),
  • Lucilium (Suisse),
  • Mildac (France),
  • Milperinol (Belgique),
  • Perika (Belgique),
  • Procalmil (France),
  • ReBalance (Suisse),
  • Remotiv (Suisse),
  • Solevita (Suisse)
Classe Antidépresseur
Autres informations

Le millepertuis agirait au niveau neuronal en inhibant la recapture de certains composants, comme la dopamine, la sérotonine et la norépinéphrine[13], ce qui expliquerait son action dans la dépression.

Le millepertuis comporte un très grand nombre de composés actifs. Parmi les très nombreuses molécules actives identifiées (en fait des pigments), l'on retrouve principalement les groupes suivants :

Attention, ces composés d'un rouge intense ont des propriétés phototoxiques. Des bovins en ayant consommé jusqu’à 7 g (dose estimée) ont présenté des symptômes phototoxiques à type de bulles ou de brûlures, pouvant aller jusqu'à la mort. Mais les doses utilisées en médecine humaine sont 50 fois plus faibles, ce qui élimine, de principe, les complications phototoxiques. Cependant les patients absorbant plus de 100 mg de principe actif par jour, doivent éviter toute exposition solaire intense et/ou prolongée.

  • les dérivés du phloroglucinol avec l’hyperforine ;
  • les flavonoïdes, mais aussi les biflavones avec l’amentoflavone ;
  • les caroténoïdes : responsables de la coloration jaune des fleurs de millepertuis, ce sont des xanthophylles liposolubles souvent combinés à l’acide myristique. Ces xantophylles hydroxylés de type lutéine peuvent aussi être : monoépoxydés avec la trollixanthine et le trollichrome ou diépoxydés comme la violaxanthine et la lutéoxanthine,

Le groupe des xantophylles époxydés représente 95 % des pigments liposolubles.

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

La recherche et l'analyse concernant l'ensemble de ces composés est actuellement en plein essor notamment en Europe et en Amérique du Nord. Mais trouver une nouvelle molécule en laboratoire, ne signifie pas trouver une nouvelle molécule active. Pour ce faire, des études cliniques portant sur de larges groupes de patients sont nécessaires. Le but étant évidemment pour l'ensemble des laboratoires, la recherche et la découverte d'une molécule originale, brevetable et donc exploitable commercialement. En fait, il semble qu'en 2005, nous en sommes face au millepertuis au stade où en était Bayer face à l'écorce de saule en 1865. Mais il est vrai que le produit apparaît beaucoup plus complexe, ceci malgré l'emploi de techniques innovantes et hautement performantes, comme la Chromatographie Liquide Haute Performance (CLHP), la BSM (Biologie supra-moléculaire), etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Benkimoun, « Les mille et une petites vertus antidépressives du millepertuis », Le Monde, 14 décembre 1999
  • J. Bruneton, Pharmacognosie. Phytochimie. Plantes médicinales, 3e éd.- Paris : Ed. Tec et Doc - 1999 - p. 440-445
  • Grau, Jung, B. Munker, Les plantes et baies sauvages comestibles et médicinales, Munich : éd. Mosaik Verlag, 1983, p. 168-169
  • N. Passard, Le millepertuis, Hypericum perforatum L. : Données récentes sur les activités antidépressives et antivirales, 1997
  • V. Martinon, Composante anti-dépressive du millepertuis, Hypericum perforatum L., Clusiaceae, Université Paris XI, Thèse - Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry, 2000
  • M. Wichtl et R. Anton, Plantes thérapeutiques, Paris : Ed. Tec et Doc - 2003- p. 305-308
  • AFSSAPS, Thésaurus des interactions médicamenteuses, 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Linde K, Berner MM, Kriston L, « St John's wort for major depression », Cochrane Database Syst Rev, no 4,‎ 2008, CD000448 (PMID 18843608, DOI 10.1002/14651858.CD000448.pub3)
  2. (en) Kasper S, Gastpar M, Möller HJ, et al., « Better tolerability of St. John's wort extract WS 5570 compared to treatment with SSRIs: a reanalysis of data from controlled clinical trials in acute major depression », Int Clin Psychopharmacol, vol. 25, no 4,‎ juillet 2010, p. 204–13 (PMID 20568656)
  3. Linde K, Mulrow CD, Berner M, Egger M, St John's wort for depression, Cochrane Database Syst Rev, 2005;(2):CD000448
  4. (en) Laakmann Get coll., "Clinical significance of hyperforin for the efficacy of hypericum perforatum extracts on depressive disorders of different severities" Phytomedicine 1998;5(6):435-442
  5. Cala S, Crismon ML, Baumgartner J, « A survey of herbal use in children with attention-deficit-hyperactivity disorder or depression » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-29, Pharmacotherapy, 2003;23:222-230
  6. Weber W, Vander Stoep A, McCarty RL, Weiss NS, Biederman J, McClellan J, Hypericum perforatum (St John's Wort) for attention-deficit/hyperactivity disorder in children and adolescents: A randomized controlled trial, JAMA, 2008;299:2633-2641
  7. (en) « Researchers Fail to Reveal Full Drug Pay »
  8. http://in-cites.com/top/2007/second07-psy.html
  9. http://www.esi-topics.com/add/interviews/JosephBiederman.html
  10. Ernst E, Second thoughts about safety of St. John's wort, Lancet, 1999;354:2014–2016 (erratum in Lancet 2000;355:580)
  11. Le millepertuis : un antidépresseur au banc d'essai sur Doctissimo.fr
  12. [1] L'administration concomitante d'amprénavir et de ritonavir avec des préparations à base de plantes contenant du millepertuis (Hypericum perforatum) peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique d'amprénavir et de ritonavir. Ceci est dû à l'effet inducteur du millepertuis sur les enzymes intervenant dans le métabolisme des médicaments (en particulier sur l'enzyme CYP3A4 du cytochrome P450). Par conséquent, les préparations à base de plantes contenant du millepertuis ne doivent pas être utilisées en association avec Telzir et ritonavir. Chez les patients prenant déjà du millepertuis, les taux d'amprénavir et de ritonavir, et si possible la charge virale, devront être vérifiés, et le traitement par le millepertuis arrêté. Les concentrations d'amprénavir et de ritonavir peuvent augmenter à l'arrêt du millepertuis. L'effet inducteur peut persister au minimum deux semaines après l'arrêt du millepertuis. »
    (Telzir) «  » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-29
  13. Müller WE, Rolli M, Schafer C, Hafner U, Effects of Hypericum extract (LI 160) in biochemical models of antidepressant activity, Pharmacopsychiatry, 1997;30:102-107