Mille milliards de dollars

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Mille milliards de dollars

Réalisation Henri Verneuil
Scénario Henri Verneuil
Acteurs principaux
Sortie 1982
Durée 132 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Mille milliards de dollars est un film d'Henri Verneuil réalisé en 1982.

Sommaire

Synopsis [modifier]

Paul Kerjean, journaliste, reçoit un jour un coup de téléphone anonyme. Son interlocuteur accuse Jacques Benoît-Lambert, un industriel, d'avoir reçu un pot-de-vin, pour céder à l'étranger une usine française. L'enquête de Kerjean confirme cette accusation.

Il publie un article retentissant sur l'affaire et un scandale éclate. Le lendemain, on retrouve le cadavre de Jacques Benoît-Lambert qui s'est tiré une balle dans la tête.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]


À propos du film [modifier]

Comme dans son précédent film I... comme Icare, Henri Verneuil nous offre l'histoire d'un homme que son métier met aux prises avec une affaire qui le dépasse. Ici, le ressort n'est pas politique, mais économique : le journaliste Paul Kerjean, travaillant pour le quotidien La Tribune, démêle les mailles d'un imbroglio dans lequel GTI, une multinationale américaine, cherche à prendre le contrôle d'une société d'électronique française pour servir de façon détournée les intérêts d'un pays allié (on ne saura jamais lequel). L'enquête de Kerjean l'amènera jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale et des révélations peu flatteuses sur le passé de GTI.

Henri Verneuil dénonce avant tous les dangers de la mondialisation, propice à l'apparition de sociétés aussi tentaculaires qu'inhumaines, dans lesquelles chacun n'est qu'un pion jetable à volonté, obligé de faire sans cesse du profit pour espérer survivre, au gré - et malgré - des gouvernements qui se succèdent ici et là.

À ce titre, les paroles dans le film du président de GTI, qui désire voir graver sur sa tombe le cours de l'action GTI le jour de sa mort, trouvent leur écho dans l'inquiétude du journaliste qui constate avec fascination que les 30 premières entreprises mondiales font à elles seules le chiffre d'affaires annuel colossal de mille milliards de dollars...

Autour du film [modifier]

  • Long métrage succédant à Un mauvais fils de Claude Sautet pour Patrick Dewaere, ce film marque le retour de l'acteur en vedette après un événement ayant bouleversé sa carrière professionnelle. Pour s'être violemment emporté envers Patrice de Nussac, journaliste au Journal du dimanche qui lui avait promis de ne pas dévoiler son prochain mariage avec Élisabeth Chalier, la mère de sa seconde fille, Dewaere subit durant de longs mois, un véritable boycott de la presse, des médias et des producteurs qui hésitent désormais à l'employer. Il n'est alors plus interviewé et fait sans précédent en France, son nom est supprimé du générique de ses films dans plusieurs journaux, voire remplacé par des initiales employées dans une ambigüité à connotation péjorative : « P.D. ». Courageusement, Henri Verneuil parvient à l'imposer mais on sent toujours quelques réticences des médias lors de la promotion du film à sa sortie. Ainsi, bien qu'il tienne le premier rôle, sur une interview qui dure plus de 9 minutes, on ne le laisse s'exprimer que quelques secondes alors que Mel Ferrer et Michel Auclair qui jouent des personnages secondaires, parlent bien davantage à l'antenne du 13h de TF1, interrogés par Yves Mourousi, le 21 août 1981. Il parvient toutefois à préciser avec ironie, au sujet du personnage qu'il interprète et qui est lui-même, un journaliste : « Je suis accusé à tort, d'un très grand scandale », ce qui fait écho au boycott médiatique dont l'acteur a été victime[1].

"Dans le film, le sigle de la multinationale GTI signifie Garson Texas International". Cette phrase apparaît en ouverture de l'œuvre d'Henri Verneuil.

  • La dernière partie du film retrace l'histoire de la firme américaine ITT durant la Seconde Guerre Mondiale. La firme IBM a également participé à l'effort de guerre nazi, par l'intermédiaire des machines Hollerith D-11 de sa filiale allemande Dehomag. Comme il s'agissait de location, IBM s'est fait rembourser, comme il est dit de la GTI dans le film de Verneuil, la destruction par les alliés de ses machines Hollerith à Auschwitz, Dachau et Buchenwald. De plus le président d'IBM Thomas J. Watson fut décoré, comme Henry Ford, de la croix du mérite de l'Aigle allemand, ornée d'aigles et d'emblèmes nazis[2].

Références [modifier]

  1. [1] Interview en direct sur TF1, le 21 août 1981 . Extrait vidéo du journal de 13h d'Yves Mourousi, sur le site de l'INA
  2. Holocauste : les listes IBM

Sources [modifier]

Liens externes [modifier]