Mileva Einstein

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Mileva Marić 1896

Mileva Einstein, née Mileva Marić (en cyrillique serbe Милева Марић ; 19 décembre 1875 à Titel, Serbie ; † 4 août 1948 à Zurich) était la camarade d’études d’Albert Einstein, puis sa première épouse. Depuis les années 1990, il existe un débat concernant sa participation à la plupart des travaux scientifiques de son mari.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 19 décembre 1875 : Mileva Marić, Serbe, nait à Titel en Voïvodine, province hongroise de l'Autriche-Hongrie de l'époque, actuellement la Serbie. Elle est l'aînée de trois enfants. Ses parents sont des propriétaires terriens serbes assez aisés — et non des paysans comme indiqué dans certaines biographies[1]. Peu après la naissance de Mileva, son père quitte son poste dans l’armée pour travailler au tribunal de Ruma puis d'Agram (le nom austro-hongrois de Zagreb, aujourd'hui en Croatie) ;
  • 1886-1887 : lycée pour filles à Novi Sad ;
  • 1888 : lycée à Mitrovica près de Ruma, une école équipée de laboratoires de chimie et de physique. C'est dans cette école que l'intérêt de Mileva Marić pour la physique et les mathématiques peut s'exprimer pleinement[2] ;
  • 1890 : Mileva termine l’école avec d’excellentes notes en mathématiques et physique (Krstic, 1991). Ensuite, elle intègre l’école royale d'Agram où elle a le droit de suivre les cours de physique qui, à l’époque, étaient réservés aux garçons[3] ;
  • Été 1896 : pour continuer ses études, Mileva Marić quitte son pays et poursuit des études de médecine à l’Université de Zurich ;
  • Hiver 1896 : elle commence des études de mathématiques et de physique à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), une des premières écoles germanophones à accorder des diplômes aux femmes. Elle est la seule femme dans sa classe, et seulement la cinquième dans toute l'histoire de l’EPFZ. Pendant les travaux pratiques de physique, Mileva Marić rencontre Albert Einstein ;
  • 1897 : études à Heidelberg (Allemagne) sur la théorie des nombres, la mécanique analytique, les calculs différentiel et intégral, les fonctions elliptiques, la théorie de la chaleur et l'électrodynamique[4] ;
  • 1898 : retour à Zurich où commence une collaboration intense et productive entre Mileva Marić, Albert Einstein, Marcel Grossmann et Michele Besso[5]. La théorie de la relativité commence à prendre forme[6] ;
  • 1900 : Mileva, enceinte une première fois, échoue à obtenir son diplôme[7] ;
  • 1901 : Mileva, enceinte, quitte l’École Polytechnique sans diplôme. Elle interrompt ses études doctorales ;
  • 1902 : en Serbie, elle donne naissance à sa fille, Lieserl, premier enfant de Mileva et Albert. Cette fille aurait été adoptée ou serait décédée très jeune (faits non établis clairement) ;
  • 1903 : mariage avec Albert Einstein, contre la volonté de ses parents ;
  • 14 mai 1904 : naissance de Hans Albert ;
  • 1910 : naissance de Eduard Tete, leur troisième et dernier enfant ;
  • 1913-1914 : Mileva et Albert se séparent. Elle reste à Zurich avec leurs deux enfants, Albert reçoit un nouveau poste de recherche à Berlin ;
  • 1919 : Mileva et Albert divorcent. Ils décident que l’argent d’un éventuel prix Nobel sera attribué à Mileva Marić (?) ;
  • 1921 : Albert Einstein reçoit le prix Nobel de physique. La totalité de ce prix est utilisée pour traiter la schizophrénie de leur fils Eduard ;
  • 4 août 1948 : Mileva Marić meurt à Zurich.

Son rôle[modifier | modifier le code]

Le débat sur la contribution et le rôle de Mileva Marić dans les travaux de son mari a été relancé dans les années 1980 lors de la publication des lettres échangées entre Albert Einstein et elle. Le contenu de ces lettres n'était pas uniquement personnel et sentimental, mais portait également sur la physique et sur leurs travaux scientifiques respectifs[8].

La mauvaise conservation des documents de Mileva (contrairement à ceux d'Albert) rend difficile les tentatives de connaître la vérité. De ce fait, beaucoup de documents décrivent les travaux et la vie d'Albert Einstein, alors que du côté de sa femme, ils sont très rares.

Des biographes d'Einstein estiment qu'on peut trancher la question par l'argument suivant : Albert Einstein fut aussi prolifique à l'époque de son mariage qu'après son divorce d'avec Mileva, alors que Mileva n'a publié aucun article de physique important après le divorce[9]. Toutefois, il faut tenir compte de la situation familiale et professionnelle difficile de Mileva, qui n'est pas comparable à celle de son ancien époux[10].

Trois œuvres souvent citées[modifier | modifier le code]

Ce débat est dominé par les experts anglophones ou germanophones. Les renseignements provenant de sources en russe, des documents de famille du côté de Marić et des archives de l’Europe de l’Est, donc la Serbie, sont difficiles à interpréter, au contraire des documents concernant Albert Einstein, qui vivait en Europe centrale et aux États-Unis.

  • Collected Papers of Albert Einstein (1987), écrit par le physicien J. Stachel. Ce livre contient des lettres d’Albert Einstein et quelques-unes de sa femme. Le livre met à jour de nouveaux détails concernant la vie du jeune Einstein ;
  • Monographie de Mileva Marić (1969, en serbe, 1982, en allemand), écrit par la physicienne et mathématicienne Desanka Trbuhovic-Gjuric. L’auteur a fait des recherches dans des documents russes et a contacté la famille, des physiciens, des amis qui connaissaient Mileva Marić ;
  • Neizbezhnost strannogo mira (1962), écrit par D. S. Danin. Un livre sur « l’histoire de la physique atomique », disant que les originaux des trois fameux articles publiés en 1905 ont été signés par Einstein-Marity. L'affirmation n'est pas sourcée, et semble se baser faussement sur un texte de 1955 du physicien russe Abram Ioffé (ou Ioffe) qui évoque en réalité un physicien nommé Einstein-Marity et ne déclare pas avoir vu les manuscrits originaux[11].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Maurer, Margarete : Weil nicht sein kann, was nicht sein darf... DIE ELTERN" ODER "DER VATER" DER RELATIVITÄTSTHEORIE? Zum Streit über den Anteil von Mileva Marić an der Entstehung der Relativitätstheorie. Published in: PCnews, Nr. 48, Jg. 11, Heft 3, Wien, Juni 1996, S. 20-27. Electronic Version of RLI-Homepage (im RLI-Web) : http://rli.at/Seiten/kooperat/maric1.htm August 2005 et http://www.politikforum.de/forum/archive/22/2002/11/3/22943 ;
  • Fölsing, Albrecht : Keine „Mutter der Relativitätstheorie", Die Zeit, 16.11.1990
  • Ronald W. Clark : Albert Einstein. Leben und Werk, München, 4. Auflage 1981 (english original: Einstein, the Life and Times, 1973) ;
  • Dord Krstic : Mileva Einstein-Marić, in: Elizabeth Roboz Einstein: Hans Albert Einstein. Reminiscences of His Life and Our Life Together, Iowa Cita (Iowa Institute of Hydraulic Research) 1991, S. 85-99 ;
  • Esterson, A. (2006). Who Did Einstein's Mathematics?: A Response to Troemel-Ploetz
  • Holton, G. et al.: American Physical Society blog, 2008. The Einstein Controversy
  • Martinez, A. (2005). Handling evidence in history: the case of Einstein's Wife in School Science Review, Vol. 86, No. 316 (March 2005), p. 49-56.
  • R. S. Shankland: Conversations with Albert Einstein, in: American Journal of Physics, Vol. 31, 1963, S. 47-57 ;
  • Desanka Trbuhovic-Gjuric : Im Schatten Albert Einsteins. Das tragische Leben der Mileva Einstein-Marić, Bern und Stuttgart (Paul Haupt) 2. Auflage 1983; 4. Auflage 1988. - Zitate im Text nach der 2. Auflage.
  • Stachel, J. (1996). Albert Einstein and Mileva Marić: A Collaboration that Failed to Develop. In H. M. Pycior, N. G. Slack, and P. G. Abir-Am (eds.) (1996), Creative Couples in the Sciences, Rutgers University Press.
  • Stachel, J (2002). Einstein From B to Z, Boston: Birkhäuser, p. 31-38
  • Stachel J. (2005). Einstein's Miraculous Year: Five Papers that Changed the Face of Physics, Princeton University Press. p. liv-lxxii

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clark, 1981, page 40 ; Seelig, 1954, page 52 ; Wickert, 1972, page 19
  2. Trbuhovic-Gjuric, 1983
  3. Trbuhovic-Gjuric, 1983 ; Krstic, 1991
  4. Trbuhovic-Gjuric, 4. Auflage 1984, p. 49, und ETH-Archiv der wissenschaftlich-historischen Abteilung
  5. Michelmore, 1968, p. 35, 36 et 56
  6. Shankland, 1963
  7. Albert Einstein Collected Papers (1987), volume 1, document 67
  8. John Stachel, Einstein From B to Z, Boston, Birkhäuser, p. 31-38
  9. Silvio Bergia, Einsten : Le père du temps moderne, Belin, coll. « Pour la science / Génie des sciences »,‎ 2004, 160 p. (ISBN 9-782842-450717)
  10. « Maric, Mileva » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  11. Stachel 2005, p. 26-38, et Martinez 2005, p. 51-52