Mihály Babits

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Mihály Babits.
Portrait par József Rippl-Rónai (1923).

Mihály Babits, né à Szekszárd le et mort à Budapest le , est un poète, romancier, essayiste et traducteur hongrois, membre de la première génération de la revue Nyugat.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1901 à 1905, Mihály Babits fait des études de philologie hongroise, française et latine à l'Université de Budapest et s'intéresse particulièrement à la philosophie de Schopenhauer et de Nietzsche, ainsi qu'à celle de son professeur László Négyesi.

Ses études terminées, il travaille comme enseignant à Szeged (1906-1908), Újpest (1911) et Budapest (1912-1918), puis comme traducteur et rédacteur à la revue Nyugat (1916) ; il se retrouve avec des contemporains, tel Dezső Kosztolányi, au centre de la vie littéraire de la capitale. En 1919, lors de la République des Conseils en Hongrie, il obtient un poste de professeur à l'Université de Budapest qui lui sera retiré après l'échec des Conseils.

Babits fut l'un des plus importants traducteurs littéraires en Hongrie. Il traduisit entre autres Sophocle, Goethe, Shakespeare, Wilde et Baudelaire. Son œuvre la plus remarquable fut la transposition de la Divine Comédie de Dante en hongrois.

En 1921, il épouse Ilona Tanner, qui publia plus tard des poèmes sous le pseudonyme de Sophie Török. En 1923, Babits s'installe à Esztergom et en 1927 devient membre de la société Kisfaludy. En 1937, il est atteint d'un cancer de la gorge dont il décèdera en 1941. Avec sa mort prend fin l'époque de Nyugat dans la littérature hongroise.

Sa poésie joue sur une grande variété stylistique, recourant à une langue d'une extrême virtuosité ; mais il sait aussi s'écarter de l'expressionnisme lorsque des événements l'affectent en profondeur, ainsi dans le poème Rákospalotán 23.Május (23 mai à Rákospalota) portant sur la répression sanglante d'une manifestation de travailleurs en 1912. On retrouve cette même tonalité dans ses poèmes sur la Première Guerre mondiale. Babits était foncièrement pacifiste.

Dans son œuvre, l'inclination au catholicisme joue un rôle important qui fut particulièrement sensible après la Première Guerre mondiale. Les dernières années de sa vie, pacifisme et catholicisme se sont rejoints dans une attitude humaniste. Babits perçoit sa responsabilité et sa mission en tant que poète comme un avertissement, un rôle prophétique (« car qui se tait parmi les coupables se rend complice »).

À Szekszárd, un musée lui fut consacré dans sa maison natale. Sa ville d'origine lui érigea également deux monuments.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recueils de poèmes
  • Levelek Iris koszorújából, 1909 (Feuilles de la couronne d'Iris,)
  • Herceg, hátha megjön a tél is! 1911 (Prince, et si l'hiver arrive !)
  • Recitativ, 1916 (Récitatif)
  • A Nyugatalanság völgye, 1920 (La vallée de l'inquiétude)
  • Sziget és tenger, 1925 (Île et mer)
  • Az istenek halnak, az ember él, 1929 (Les dieux meurent, l'homme vit)
  • Versenyt az esztendőkkel, 1933 (Course avec les années)
  • Jónás Könyve, poème lyrique en vers, 1940 (Le livre de Jonas, trad. par Nicolas Abraham)
Romans
  • A gólyakalifa, 1916 (Calife-cigogne, trad. par Laurence Leuilly, Tamás Szende)
  • Karácsonyi Madonna, 1920 (La Madone de Noël)
  • Timár Virgil fia, 1922 (Le fils de Virgil Timar, trad. par Aurélien Sauvageot)
  • Kártyavár, 1923 (Château de cartes)
  • Halál fiai, 1927 (Les Fils de la mort)
  • Elsa pilóta vagy a tökéletes társadalom, 1933 (Elsa, pilote, ou la société parfaite)
Essais
  • Irodalmi problémak, 1917 (Problèmes de littérature)
  • Az europai irodalom története, 1941 (Histoire de la littérature européenne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tibor Klaniczay (dir.), Histoire de la littérature hongroise des origines à nos jours, préface de Jacques Voisine, Budapest, Corvina Kiadó, 1977, 1980
  • André Karátson, Le Symbolisme en Hongrie, chap. VI : Mihály Babits et les labyrinthes d'une poésie lettrée, Paris, Puf, 1969