Miguel Zamacoïs

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Miguel Zamacoïs, né à Louveciennes en 1866 et mort à Paris en 1955, est un romancier, auteur dramatique, poète et journaliste français. Enterré au Père Lachaise, dans la tombe de J.A Marioton, artiste peintre (1863-1905)

tombe de Zamacois, au Père Lachaise, Paris

Outre une douzaine de pièces, dont Les Bouffons, créée par Sarah Bernhardt, il est l'auteur de livrets d'opéras, de contes et de poèmes fantaisistes. Pendant les années 1930, il collabore au journal Je suis partout. En 1948, il fait paraître un volume de souvenirs, Pinceaux et stylos, qui retrace soixante ans de vie parisienne.

Il est aussi l'auteur de La Française (1915), marche militaire mise en musique par Camille Saint-Saëns, et de L'Arche de Noé (1911), recueil de poèmes animaliers.

Il allait souvent rendre visite à son ami, et voisin, le sculpteur Pierre-Nicolas Tourgueneff qui avait son atelier au Château de Vert-Bois, sur la commune de Rueil-Malmaison où il séjournait le plus souvent et qu'il fit reconstruire en 1903. Parmi les autres visiteurs des écrivains, artistes, peintres et dessinateurs: Roger-Joseph Jourdain, Ernest Ange Duez, Jean-Louis Forain[1].

Extraits de L'Arche de Noé[modifier | modifier le code]

La pie

L'œil mauvais et l'air provocant,
Sur le rebord de la croisée,
Comme au coin d'un bois un brigand,
Surgit la pie apprivoisée...

Le poisson rouge

Tel un petit sous-marin
Cuirassé de cuivre rouge,
Dans son bocal cyprin
Imperceptiblement bouge...

Son poème le plus connu[modifier | modifier le code]

L'accent.

« De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je ?

Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?

Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,

Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort

Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,

« Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde ! »

Et que, tout dépendant de la façon de voir,

Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...


Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !

Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre !

Emporter de chez soi les accents familiers,

C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,

Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,

C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !

Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,

L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !

C'est un peu, cet accent, invisible bagage,

Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !

C'est pour les malheureux à l'exil obligés,

Le patois qui déteint sur les mots étrangers !


Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,

Parler de son pays en parlant d'autre chose !...

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !

Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant !

Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,

En portant mon accent fièrement sur l'oreille !

Mon accent ! Il faudrait l'écouter à genoux !

Il nous fait emporter la Provence avec nous,

Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages

Comme chante la mer au fond des coquillages !

Ecoutez ! En parlant, je plante le décor

Du torride Midi dans les brumes du Nord !

Mon accent porte en soi d'adorables mélanges

D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges ;

Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris

De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,

Et le petit village où les treilles splendides

Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !

Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,

À toutes mes chansons donne un même refrain,

Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole

Tous les mots que je dis dansent la farandole ! »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Vélocipède à travers les âges, 1893.
  • Dites-nous donc quelque chose ! 1896.
  • Articles de Paris, 1900.
  • Redites-nous quelque chose ! 1906.
  • L'Arche de Noé, 1911.
  • L'Ineffaçable la grande guerre, poésies, 1916.
  • L'Avant-scène D, 1918.
  • Les Sacrifices, les Flandres, Noël, Reims, poème dramatique en 3 tableaux, avec Henri Lavedan, 1918.
  • Les Rêves d'Angélique, 1919.
  • La Dame au rendez-vous, 1921.
  • Le Beau garçon de l'ascenseur, 1922.
  • Les Classiques ont menti, 1923.
  • Feux follets et fantômes, 1923.
  • Une dame filée, 1925.
  • Pinceaux et stylos, 1948.
  • Alain de Kerogan, chevalier errant, préface de Jean de La Varende, 1954.
Théâtre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Madeleine de Poix, née Viaris de Lesegno, Souvenirs, témoignages sur la famille Tourgueneff.

Lien externe[modifier | modifier le code]