Miguel Benasayag

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Miguel Benasayag lors de la conférence TEDx Paris 2010.

Miguel Benasayag, né à Buenos Aires est un philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie et ancien résistant guévariste franco-argentin. Il est proche du courant libertaire[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Miguel Benasayag est né en Argentine. Il a étudié en Argentine la médecine en même temps qu'il militait pour la guérilla guévariste.

Arrêté trois fois, il tombe la troisième, est torturé, puis ayant survécu, il passe quatre ans en prison. À la suite du meurtre de deux religieuses françaises par la junte, Benasayag a pu bénéficier, grâce à sa double nationalité franco-argentine (sa mère juive française avait quitté la France en 1939), du programme de libération des prisonniers français en Argentine et se rendre ainsi en France en 1978, pays qu'il ne connaissait pas[2].

En France, il s'est marié en 1982, a deux enfants, il a continué un temps son activité militante de la guérilla. Il est ensuite devenu chercheur, clinicien et militant dans la « nouvelle radicalité ».

Professeur titulaire de la faculté de médecine de Buenos Aires, chaire d'épistémologie. Il soutient en 1987 une thèse en sciences humaines cliniques à l'Université Paris VII : Du Sujet dans les prisons politiques, étude psychanalytique du rapport sujet-discours dans une situation limite, sous la direction du philosophe et sociologue Pierre Ansart. Il obtient en 2001 une HDR (habilitation pour diriger les recherches) à Montpellier en Anthropologie et sociologie. Le sujet était l'irruption de l'incertitude en sciences dures et sciences humaines. Professeur invité à l'université de Lille 3. Dirige les « laboratorios sociales » en Argentine.

Il participe à l'Université populaire de la Cité des 4000, à la Courneuve. Il coordonne l'université populaire de Ris Orangis. Il coordonne le programme de « dé-psychiatrisation » au Brésil à Fortaleza. Miguel Benasayag dirige depuis 2008 le laboratoire de biologie théorique Campo Biologico à Buenos Aires. Il intervient comme chroniqueur toutes les semaines sur Radio Nacional Argentine.

Il est l'auteur en 1999 du Manifeste du réseau de résistance alternatif[3]. En 2007, en France, il soutient la candidature de José Bové à l'élection présidentielle.

En 2010, il écrit pour La Mèche.

Il est membre du Comité de soutien de l’Association Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique).

Controverse à propos de France Culture[modifier | modifier le code]

Miguel Benasayag tenait une chronique pendant l'émission Les Matins de France Culture. Lors de l'émission du 18 mars 2004, il présente un livre d'Évelyne Sire-Marin, du Syndicat de la magistrature, intitulé Police et Justice dont la thèse principale est la similitude entre les propositions du Front national en matière de sécurité et les mesures législatives prises par Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur et Dominique Perben, ministre français de la Justice. Le livre en question indique que sur les vingt-quatre propositions du FN, onze ont déjà été mises en place par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin[4],[5].

Miguel Benasayag est invité à cesser sa collaboration avec France Culture le 19 mars 2004. Laure Adler, directrice des programmes de France Culture, dément « une mise à l’écart pour des raisons politiques » et avance que Miguel Benasayag a « transformé sa chronique en plaidoyer pro domo, pour sa propre vision du monde. Ce n’est pas ce qui était convenu. »[6]. Il est remplacé le 29 mars 2004 par la philosophe Geneviève Fraisse.

Malgré tout[modifier | modifier le code]

Malgré tout est le nom d'un collectif créé à l'initiative de Miguel Benasayag[7] avec François Gèze, Angélique Del Rey, Édith Charlton, Annick Monte, etc.[8]

Dans le texte de présentation Qui sommes-nous ?[9], on peut lire : « Le collectif est né du désir libertaire d’articuler la prise en compte de la complexité du réel avec des pratiques d’émancipation concrètes. »

« "Résister, c’est créer", et non seulement s’affronter (même si, dans toute situation, il faut assumer des niveaux d’affrontement différents). Les lignes de résistance-création passent par ces fissures que nous reconnaissons comme étant de véritables « frontières intérieures » du système. »

— Collectif Malgré Tout, Réflexions autour de la refondation du Collectif Malgré Tout

Proche de mouvements comme ATTAC, Mouvement des sans-terre, réseau No Vox, Droit au logement, Réseau éducation sans frontières, Laboratoires Sociaux ou Act Up, ce mouvement se tient à l'écart de l'action politique traditionnelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « le philosophe libertaire Miguel Benasayag », in Nicolas Truong, Le Théâtre des idées : 50 Penseurs pour comprendre le XXIe siècle, Flammarion, 2008, page 253.
  2. Miguel Benasayag Libération
  3. Manifeste du Réseau de Résistance Alternatif
  4. « France Culture, la destruction programmée d'une université populaire », Patrick Broguière, Delga, 2007
  5. Ouvrage collectif: Francis Combes, Sophie Lefèvre, Antoine Lubrina, Henri Maler, Jean Mennecier, Bernard Sergent, La destruction de la culture: stratégies du décervelage en France, 1995-2006, Delga, 2005
  6. Laure Adler vire Miguel Benasayag de France Culture, Arnaud Rindel, acrimed.org, 23 mars 2004
  7. Guy-Noël Pasquet, L'oubli en éducation : Une condition à l'assimilation, 2009, page 13.
  8. Malgré tout
  9. Site officiel, texte intégral.

Liens externes[modifier | modifier le code]