Mieczysław Weinberg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Mieczysław WeinbergMoissei Vainberg, Moisej Samuilovič Vajnberg, Mechislaw Vaynberg, Moise Feinberg, etc.[1]

Naissance 8 décembre 1919
Varsovie, Drapeau de la Pologne Pologne
Décès 26 février 1996 (à 76 ans)
Moscou, Drapeau de la Russie Russie
Activité principale Compositeur
Style Classique, moderne
musique symphonique, musique de chambre, art lyrique
Activités annexes Compositeur de musique de film
Lieux d'activité Moscou, Drapeau de la Russie Russie (de 1943 à sa mort)[2]
Années d'activité 1935-1994
Formation conservatoire de Varsovie[3]
Maîtres Vasily Zolotarev (en) (composition)[3], Józef Turczyński (en) (piano)[2]

Œuvres principales

cf. liste des œuvres de Mieczysław Weinberg

  • 7 opéras, dont La passagère (Op.97) et L'Idiot (Op.144)
  • 21 symphonies complètes, dont la trilogie « Aux portes de la guerre » des symphonies no 17 à 19
  • 17 quatuors à cordes
  • 6 concertos, dont le Concerto pour trompette (Op.94)
  • musique du film Quand passent les cigognes

Mieczysław Weinberg (en russe : Моисей Самуилович Вайнберг, Moïsseï Samouïlovitch Weinberg), né le 8 décembre 1919 à Varsovie et mort le 26 février 1996 à Moscou des suites de la maladie de Crohn, est un compositeur russe de musique moderne dont l'ampleur de la production musicale le fait l'égal de Sergueï Prokofiev et de Dmitri Chostakovitch sans toutefois avoir recueilli comme eux la reconnaissance internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Varsovie en 1919, il étudie le piano avec son père, musicien dans divers théâtres juifs de la ville. À l'âge de 10 ans, il est admis dans la classe de piano de Józef Turczynski au conservatoire de Varsovie et obtient son diplôme en 1939.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en septembre 1939 fait basculer sa vie. Lui seul parvient à fuir les troupes allemandes pour gagner l'URSS, alors que toute sa famille est arrêtée et exterminée par les nazis. Weinberg s'installe à Minsk, capitale de la RSS de Biélorussie, où il commence des études de composition au conservatoire de la ville avec Vassili Zolotarev (en). Après deux ans d'études, il passe son diplôme en juin 1941 avec l'exécution en public d'un poème symphonique pour grand orchestre en juin 1941.

L'invasion de l'Union Soviétique le 22 juin 1941 le force de nouveau à s'enfuir. Il s'installe à Tachkent, capitale de la RSS d'Ouzbékistan, où il trouve un soutien parmi des réfugiés juifs comme Israël Finkelstein[4], qui fait découvrir ses premières partitions à Chostakovitch en 1943.

Chostakovitch apprécie l'œuvre de son jeune collègue et favorise l'installation de Weinberg et de sa femme Nathalie (fille du fameux acteur juif Solomon Mikhoels), à Moscou. C'est le début d'une longue amitié entre les deux compositeurs qui dure jusqu'à la mort de Chostakovitch en 1975[5].

En 1953, Chostakovitch fait signer une pétition qu'il adresse à Beria, le chef du NKVD, pour venir en aide à Weinberg, incarcéré pour ses prétendues « activités sionistes », en réalité pour des motifs antisémites. La mort de Staline, le 5 mars 1953, marque une certaine rupture politique et Weinberg retrouve la liberté.

Les années 60 voient la consécration de sa musique. Ses œuvres sont créées par les grands interprètes russes comme les musiciens David Oistrakh, Mstislav Rostropovitch, Leonid Kogan, Emil Gilels, les chefs d'orchestre Vladimir Fedosseïev, Kirill Kondrachine, Rudolf Barchaï et le Quatuor Borodine.

Weinberg acheva une œuvre immense avec plus de 500 compositions dont 154 reçoivent un numéro d'opus. Sept opéras (Le Portrait), un Requiem profane, 22 symphonies, 4 symphonies de chambre, 2 sinfoniettas, plusieurs concertos (violon, violoncelle, flûte, trompette, clarinette), 17 quatuors à cordes, 5 sonates pour violon et piano, 2 sonates pour violoncelle et piano, etc.

Parmi les nombreuses musiques de film, celle de Quand passent les cigognes (réalisateur : Mikhaïl Kalatozov) reçoit une reconnaissance internationale après que ce film eut gagné la Palme d'or à Cannes en 1958.

Très bon pianiste, il crée en novembre 1967, dans la petite salle du conservatoire de Moscou, les Sept Romances sur des poèmes de Blok de Chostakovitch avec Galina Vichnevskaïa soprano, David Oïstrakh au violon, Mstislav Rostropovitch au violoncelle. Les dernières années de Weinberg sont assombries par les maladies et la dépression. Il meurt en 1996 à Moscou, dans la plus grande précarité.

Peermusic Classical a commencé en 2003 la publication des œuvres de Weinberg, dont un grand nombre étaient éditées et publiées en Russie, mais non distribuées en Occident.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Symphonie nº 1, par l'Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund Chandos
  • Symphonie nº 2, par l'Orchestre symphonique d'Umeå dirigé par Thord Svedlund Olympia
  • Symphonie nº 3, par l'Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund Chandos
  • Symphonie nº 4, Rhapsodie sur des thèmes moldaves, Sinfonietta nº 2 par l'Orchestre symphonique national de la radio polonaise dirigé par Gabriel Chmura vol. 2 Chandos
  • Symphonie nº 5, par l'Orchestre symphonique national de la radio polonaise dirigé par Gabriel Chmura vol.1 Chandos 1977 - 1981
  • Symphonie nº 6, par l'Orchestre philharmonique de Moscou dirigé par Kirill Kondrachine RMG Records/Melodiya
  • Symphonie nº 7, par l'Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund harpe Erik Risberg
  • Symphonie nº 10, par l'Orchestre de chambre de Moscou dirigé par Roudolf Barchaï Olympia 1970
  • Symphonie nº 12, par l'Orchestre symphonique Tchaïkovski de la Radio de Moscou dirigé par Vladimir Fedosseïev Olympia
  • Symphonies nº 14 et nº 16, Sinfonietta nº 1 par l'Orchestre symphonique national de la radio polonaise dirigé par Gabriel Chmura vol. 3 Chandos
  • Symphonie nº 17, par l'Orchestre symphonique Tchaïkovski de la Radio de Moscou dirigé par Vladimir Fedosseïev Olympia
  • Symphonie nº 18, par l'Orchestre symphonique Tchaïkovski de la Radio de Moscou dirigé par Vladimir Fedosseïev Olympia
  • Symphonie nº 19, par l'Orchestre symphonique Tchaïkovski de la Radio de Moscou dirigé par Vladimir Fedosseïev Olympia
  • Quatuors à cordes, intégrale par le Quatuor DANEL, CPO (4 CD)
  • Sonate pour Contrebasse Solo Op. 108 (1971), Joel Quarrington, Analekta
  • (en) Linus Roth (violon) et José Gallardo (piano), Sonates et pièces pour violon et piano [« Mieczysław Weinberg - Complete sonatas and works »], label Challenge Classics,‎ avril 2013, 3 CDs, numéro catalogue CC 72567, durée : 70:57 (ISBN 0-608917-256727, présentation en ligne, écouter en ligne)
  • Sonates pour violon, intégrale (en cours mars 2014) du label Toccata Classics :
    • (en) Yuri Kalnits (violon) et Michael Csányi-Wills (piano), Mieczyslaw Weinberg: intégrale des sonates pour violons [« Mieczyslaw Weinberg: Complete Violin Sonatas »], vol. 1 : Sonate pour violon et piano nº 1 Op. 12, Sonate pour violon seul nº 1 Op. 82, Sonate pour violon et piano nº 4 Op. 39, Sonatine pour violon et piano Op. 46, label Toccata Classics,‎ 20 septembre 2010, CD, numéro catalogue TOCC0007, durée : 78:07 (ISBN 5-060113-440075, présentation en ligne, écouter en ligne)
    • (en) Yuri Kalnits (violon) et Michael Csányi-Wills (piano), Mieczyslaw Weinberg: intégrale des sonates pour violons [« Mieczyslaw Weinberg: Complete Violin Sonatas »], vol. 2 : Rhapsodie sur des thèmes moldaves Op. 47 nº 3 (arr. pour violon et piano), Sonate pour violon et piano nº 2 Op. 15, Sonate pour violon seul nº 2 Op. 95, Sonate pour violon et piano nº 5 Op. 53, label Toccata Classics,‎ 4 novembre 2013, CD, numéro catalogue TOCC0026, durée : 70:57 (ISBN 5-060113-440266, présentation en ligne, écouter en ligne)
  • Chansons, intégrale (en cours mars 2014), label Toccata Classics :
    • (en) Olga Kalugina (soprano), Svetlana Nikolaeva (mezzo soprano) et Dmitry Korostelyov (piano), Mieczyslaw Weinberg: intégrale des chansons [« Mieczyslaw Weinberg: Complete Songs »], vol. 1 : Chants d'enfants Op. 13, Au-delà de la frontière des derniers jours Op. 50, En berçant l'enfant Op. 110, label Toccata Classics,‎ 12 octobre 2008, CD, numéro catalogue TOCC0078, durée : 60:09 (ISBN 5-060113-440785, présentation en ligne, écouter en ligne)
  • Concertino pour violon et orchestre à cordes Op. 42 ; Sonatine pour violon et piano en ré majeur Op. 46 ; Trio pour cordes Op 48 ; Symphonie n°10 en la mineur Op. 98 ; Sonate pour violon seul n°3 Op. 126 : Gidon Kremer, Daniil Grishin, Giedrè Dirvanauskaite, Daniil Trifonov, Kremerata Baltica, 2 CD, ECM Records, 2014 (Diapason d'or, Choc de la Musique - Classica).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. pour la liste des variantes du nom, voir les notices d’autorités, notamment WorldCat et BnF.
  2. a et b livret par Alistair Wightman du CD CHANDOS CHAN10128 "Mieczyslaw Weinberg : Symphonies (Volume 1)", Orchestre symphonique national de la radio polonaise dirigé par Gabriel Chmura.
  3. a et b livret par David Fanning du CD CHANDOS CHSA5078 "Mieczyslaw WEINBERG, Symphonies no 1 et 7", Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund.
  4. celui-ci avait dirigé avec Chostakovitch une classe de composition à Leningrad quelques années auparavant
  5. Les deux compositeurs étudient les partitions de l'autre et se livrent à une amicale compétition sur le nombre de quatuors à cordes composés

Liens externes[modifier | modifier le code]