Michel des Saints

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Saint Michel des Saints
Naissance 29 septembre 1591
Vich en Catalogne
Décès 10 avril 1625  (33 ans)
Nationalité espagnole
Béatification 24 mai 1779
par Pie VI
Canonisation 8 juin 1862
par Pie IX
Vénéré par l'Église catholique romaine

Saint Michel des Saints (1591-1625) est un religieux espagnol de l'ordre des Trinitaires béatifié le 24 mai 1779 puis canonisé le 8 juin 1862.

Biographie[1][modifier | modifier le code]

« Ce saint naquit à Vich en Catalogne, le 29 septembre 1591. Il eut pour père Henri Augemit ; sa mère se nommait Marguerite de Monserrada. Tous deux étaient de bonne famille, et se faisaient remarquer par leur probité ainsi que par leurs sentiments de religion. Cet enfant de bénédiction méprisa le monde avant de le connaître; et, dès sa plus tendre jeunesse, il fit vœu de chasteté perpétuelle. Son père, qui en fut informé, lui proposa un jour en riant d'entrer dans l'état du mariage. Effrayé de cette proposition, Michel fondit en larmes ; et, courant à un autel de la sainte Vierge, il renouvela avec une grande ferveur le vœu qu'il avait déjà fait. À l'âge de six ans, pressé du désir de marcher sur les traces des Saints, il alla se cacher dans une caverne. Il s'y livrait à de pieuses méditations sur les souffrances de Jésus-Christ, et s'abandonnait à de tendres sentiments de compassion, lorsque ceux que son père avait envoyés à sa recherche l'obligèrent de revenir à la maison. En rentrant sous le toit paternel, il ne diminua rien de la sévérité du genre de vie qu'il s'était proposé de suivre. Tout occupé de son salut, ce saint enfant ne vivait que pour le ciel, et se tenait sans cesse en la présence de Dieu. Ses mortifications étaient si rigoureuses qu'on a peine à comprendre comment un âge aussi tendre a pu les supporter. Il jeûnait trois fois la semaine, couchait sur des sarments, n'avait qu'une pierre pour oreiller, et prenait fréquemment la discipline. Il avait choisi saint François d'Assise pour modèle, et ne craignait pas d'imiter ce parfait disciple de Jésus crucifié.

Michel n'avait que douze ans lorsqu'il prit la résolution d'embrasser l'état religieux. Dans cette intention, il se rendit à Barcelone, et se présenta chez les Trinitaires, qui l'admirent au noviciat. Dès qu'il eut atteint l'âge fixé par les canons de l'Église pour pouvoir faire validement profession, il prononça ses vœux, et se consacra ainsi au Seigneur d'une manière irrévocable à Saragosse, le 30 septembre 1G07. Peu de mois s'étaient écoulés depuis cette époque pour lui si importante, lorsqu'il apprit le succès de l'Ordre de la Sainte-Trinité, que le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception' venait d'entreprendre. Le nouveau profès avait trop le zèle de sa perfection pour ne pas profiter do ce précieux moyen de salut que la Providence lui offrait. Il se hâta donc d'aller se joindre aux saints religieux qui secondaient le bienheureux Jean-Baptiste dans cette salutaire entreprise et bientôt il se distingua par la ferveur avec laquelle il pratiqua la règle primitive de l'institut, que les réformés observaient dans toute sa rigueur.

Ses vertus ne tardèrent pas à jeter l'éclat le plus vif ; elles étaient si bien affermies dans son âme, que les études auxquelles il se livra, par la volonté de ses supérieurs, ne diminuèrent en rien sa ferveur. Sa fidélité aux moindres observances était si grande qu'on n'a jamais pu le trouver en défaut sur aucun point de la r~glo. Plein d'estime pour la chasteté, dont il avait fait le vœu dès sa première enfance, il conserva intact, jusqu'à la mort, et avec un soin extrême, ce trésor i'nestimable. Sa pauvreté était telle qu'il n'avait pour tout vêtement qu'une seule tunique. Le temps n'avait pas affaibli l'ardeur que le serviteur de Dieu avait eue dès ses plus jeunes années pour la mortification; aussi affligeait-il son corps par de rudes cilices, par de sanglantes disciplines et par un jeûne continuel. Il ne buvait jamais de vin, et passait quelquefois une semaine entière sans prendre aucune nourriture; et celle qu'il prenait d'habitude était si modique, et si peu propre à flatter le goût, qu'elle devenait encore pour lui un exercice de pénitence. Il ne donnait que très peu de temps au sommeil, et passait le reste de la nuit, soit dans de pieuses méditations, soit dans la contemplation des choses célestes. Il était tellement occupé du ciel qu'il paraissait tout hors de lui-même, lorsqu'il en parlait ou qu'il entendait quelqu'un traiter cette matière sublime.

Une vertu si parfaite n'était en Michel que l'effet de l'ardent amour qu'il avait pour Dieu. Il demandait sans cesse au Seigneur par d'instantes prières qu'il lui donnât un cœur nouveau qui brûlât des plus pures flammes de la charité. Des désirs aussi saints méritaient d'être exaucés aussi son âme était-elle comme inondée de ces douceurs spirituelles que Dieu réserve pour ses plus fidèles amis et qui sont un avant-goût du bonheur éternel. C'était surtout à l'autel qu'il recevait ces précieuses faveurs; il célébrait les saints mystères avec tant de dévotion qu'il excitait à la piété tous ceux qui assistaient à sa messe. On l'a vu plusieurs fois ravi en extase pendant l'élévation. Mais quelques consolations qu'il goûtât, dans les exercices de piété, il savait s'en arracher pour remplir les devoirs que la charité lui imposait à l'égard du prochain. Pénétré de l'importance de ces devoirs, il se dévouait tout entier au service de ses frères. Il donnait des conseils à ceux qui réclamaient le secours de ses lumières, instruisait par ses prédications, et consacrait chaque jour un temps considérable à entendre les fidèles dans le tribunal de la pénitence. Une conduite si charitable, jointe à sa réputation de sainteté, le rendit l'objet de la vénération non-seulement du peuple, mais aussi des grands et des princes mêmes. Loin de s'élever en son cœur à cause de ces marques d'estime qu'il recevait fréquemment, il avait de si bas sentiments de lui-même qu'il se croyait pire que les démons, et il ne craignait pas de l'assurer. Son mérite le fit deux fois choisir pour gouverner des maisons de son Ordre, en qualité de supérieure Il se trouvait à la tête de celle de Valladolid, lorsque le Seigneur lui fit connaître que sa mort était prochaine. Il semblait que le ciel enviât à la terre un homme si parfait, et que le Seigneur voulût se hâter de récompenser une âme tout à la fois si innocente et si pénitente. Le saint religieux apprit à ses frères qu'il allait bientôt les quitter. En effet, le 10 avril i625, il rendit son esprit à son Créateur, dans le lieu et au temps qu'il avait prédits; il n'était âgé que de trente-trois ans. Dieu, qui lui avait accordé le don des miracles pendant sa vie mortelle, permit qu'il s'en opérât plusieurs à son tombeau. On travailla bientôt au procès de sa béatification, et le pape Pie VI le mit solennellement au rang des bienheureux le 24 mai 1779. Enfin il fut canonisé le 8 juin 1862, avec les vingt-six martyrs du Japon.

On le représente priant devant un autel où le saint Sacrement est exposé. Cela rappelle la grande dévotion qu'il professait, dès son enfance, envers l'Eucharistie. »

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Les petits Bollandistes : vies des saints. d'après les Bollandistes, le père Giry, Surius... ; Auteur: Mgr Paul Guérin (1830-1908); Éditeur: Bloud et Barral (Paris), 1876 tome VIII, p. 61-63