Michel de Marolles

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Michel de Marolles
Image illustrative de l'article Michel de Marolles
Biographie
Naissance 22 juillet 1600
Genillé (Indre-et-Loire)
Ordination sacerdotale 1610
Décès 6 mars 1681 (à 80 ans)
Paris
Abbé de l’Église catholique
Abbé de Villeloin
5 décembre 1626 – 1674
Précédent Gaillard de Cornac Gilles Brunet Suivant

Ornements extérieurs Abbés simple.svg
Blason famille fr Marolles (Michel de ).svg

Michel de Marolles, dit l'abbé de Marolles, né à Genillé (Indre-et-Loire) le 22 juillet 1600 et mort à Paris le 6 mars 1681, est un homme d'Église, traducteur et historien français, connu pour sa collection d'estampes.

Tonsuré en 1610, il est abbé de Villeloin de 1626 à 1674. Auteur de très nombreuses traductions en vers d'auteurs latins, il est un habitué des salons, notamment de celui de Madeleine de Scudéry.

Il est connu surtout pour avoir constitué un fonds de 123 000 estampes, dont une grande partie fut achetée en 1667 par Colbert pour Louis XIV contre la somme de 28 000 livres. Cette acquisition peut être considérée comme l'acte de naissance du Cabinet des estampes de la Bibliothèque royale, qui ne verra le jour administrativement qu'en 1720. Parmi les œuvres recensées, les nombreux portraits et caricatures de François Quesnel et de Nicolas Lagneau.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille de Marolles possède à Genillé un château homonyme où est né Michel de Marolles le 22 juillet 1600 fils de Claude II de Marolles et d'Agathe de Chatillon. Son percepteur est un jeune prêtre, Jean Imbert. Troisième fils de Claude de Marolles, il est destiné à la carrière ecclésiastique. Le 9 mars 1609, Henri IV, en souvenir des services rendus par son père, octroie à Michel de Marolles les abbayes de Saint-Aubin des Bois et de Landévennec en Bretagne. Ces bénéfices n'étant pas vacants, il lui est confié l'abbaye de Baugerais, de l'ordre de Cîteaux, sur la paroisse de Loché après la démission de Georges de Sobière, seigneur des Pruneaux.

Tonsuré en mars 1610 par l'archevêque de Tours, François de La Guesle et la confirmation par le pape Paul V en juillet de la même année de la possession de l'abbaye de Baugerais. Il fréquente les chartreux du monastère voisin au Liget.

En octobre 1611, Michel de Marolles est envoyé à Paris pour étudier au collège jésuite de Clermont (ancien nom du Lycée Louis-le-Grand). Puis, après l'interdiction d'enseigner aux membres de la compagnie de Jésus, il est placé au collège de la Marche. Il y passe quatre ans et fréquente à cette époque les grandes familles comme celle du duc de Nevers

En 1623, Michel de Marolles, fait paraître son premier ouvrage, une traduction de La Pharsale de Lucain qu'il dédie au roi Louis XIII et qui lui fut présentée par le Cardinal François de la Rochefoucauld. En 1624, il livre une traduction de l'Office de la Semaine sainte. A la demande du pape, il publie la même année les Constitutions de l'ordre de la congrégation de la Vierge.

Pressenti pour devenir évêque de Limoges, Michel de Marolles reçoit l'Abbaye de Villeloin, en Touraine à quelques kilomètres du domaine familial, par brevet royal du 5 décembre 1626 et par bulle du pape Urbain VIII du 10 mars 1627. Il en prend possession le 6 juillet 1627. L'abbaye comprend alors quatorze religieux dont onze prêtres et trois novices. Le 18 mars 1628 il reçoit les ordres des mains d'Étienne de Puget, évêque de Dordonie, suffragant de Metz, au nom de l'archevêque de Paris, le 22 septembre 1629 des mains de Bertrand d'Eschaux, archevêque de Tours, et le 23 février 1630 de l'archevêque de Paris, Jean-François de Gondi.

À partir de 1633, il commence ses travaux de recherche en vue de composer une généalogie des maisons nobles de la province, qui le conduisent à séjourner à Paris. Il songe aussi à un ouvrage sur une histoire de la Touraine. À son Histoire Romaine, parue en 1630, succèdent en 1644 Les Tragédies de Sénèque, les Psaumes et cantiques mis en français et traité de saint Athanase sur les psaumes. En 1649 paraissent Les œuvres de Virgile dédiées au roi, version qui lui vaut les éloges de nombreux esprits cultivés en Europe, et Le Nouveau Testament avec une préface et chronologie. En 1650, parait Les six livres de Lucrèce, de la nature des choses… Au total son œuvre comprend plus de quarante ouvrages dont le plus célèbre sans doute reste les Mémoires de Michel de Marolles (Paris, 1656).

À sa mort cet érudit laisse de très nombreux manuscrits, fruits de son étonnante production littéraire. Sa collection d'estampes, réunie sur plus de quarante années, est achetée en 1668 par Jean-Baptiste Colbert au nom du roi et déposé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale. Selon le chanoine Louis-Auguste Bosseboeuf, elle forme 123 400 pièces de plus de 6 000 maîtres en 400 volumes. Une seconde collection servit de base à un inventaire publié en 1672 sous le titre de Catalogue des livres d'Estampes ; elle fut malheureusement dispersée à la mort de l'abbé de Villeloin.

Arrivé à Paris au printemps de 1681, Michel de Marolles est frappé par la maladie. Il meurt le 6 mai 1681. Ses obsèques se déroulent à la paroisse de Saint-Sulpice et ses restes sont inhumés à côté du chœur entre deux chapelles, le 8 mai 1681. Les matériaux réunis pour une Histoire de Touraine, avec l'aide d'André Duchesne (plus de huit volumes) n'ont jamais être retrouvés[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Traductions
  • Liturgie : L'Office de la semaine saincte, selon le missel et bréviaire romain, en latin et en françois (1645)
  • Lucain : Les Œuvres de M. Année Lucain, ou l'Histoire des guerres civiles entre César et Pompée et des principaux combats qui se passèrent en la sanglante journée de Pharsale (1623, 1647 & 1649)
  • Virgile : Les Œuvres de Virgile, traduites en prose, enrichies de tables, remarques, commentaires, éloges et vie de l'autheur, avec une explication géographique du voyage d'Énée et de l'ancienne Italie et un Abrégé de l'histoire, contenant ce qui s'est passé de plus mémorable depuis l'embrazement de Troye jusques à l'empire d'Auguste, pour l'intelligence du poëte (1649)
  • Lucrèce : Le Poète Lucrèce, latin et françois (1659)
  • Horace : Les Œuvres, en latin et françois (2 volumes, 1652-1653)
  • Catulle, Tibulle, Properce : Catulle, Tibulle, Properce, de la traduction de M. de Marolle (2 volumes, 1653)
  • Martial : Toutes les Épigrammes, en latin et en françois (1655)
  • Juvénal : Les Satires de Juvénal et de Perse (1658, chez Guillaume de Luyne, à Paris. In-8)
  • Stace : Les Sylves et l'Achilléide (1658)
  • Stace : La Thébaïde (1658)
  • Plaute : Les Comédies de Plaute, avec des remarques en latin et en françoys (1658)
  • Liturgie : Le Bréviaire romain (1659)
  • Lucrèce : Les Six Livres de la Nature des choses (1659)
  • Sénèque : Les Tragédies (1659)
  • Ovide : Les Livres de l'Art d'aimer et des Remèdes d'amour (1660). Réédition : Les Bibliophiles de Montmartre, Paris, 1950.
  • Ovide : Les Fastes (1660)
  • Ovide : Toutes les pièces qui nous restent de ce poète, lesquelles il composa pendant son exil, contenues dans les deux grands ouvrages que nous avons de luy sur ce sujet sous deux titres différents de Tristes et de Pont (1660)
  • Ovide : Les Épistres héroïdes d'Ovide (1661)
  • Ovide : Les Tristes d'Ovide, de la Traduction de M. D. M. A. D. V. (Paris, Veuve de Pierre Lamy, 1661)
  • Ovide : Les Amours d'Ovide, d'une nouvelle Traduction (Paris, Veuve de Pierre Lamy, 1661)
  • Ovide : Les Quatre Livres des Épistres d'Ovide, escrites du lieu de son exil dans la province de Pont (1661)
  • Ovide : Recueil de diverses pièces d'Ovide, et d'autres poëtes anciens, […], en latin et en françois, de la Traduction de M. D. M. A. D. V. (Paris, Louis Billaine, 1661)
  • Virgile : L'Énéide. Les Bucoliques. Les Géorgiques (3 volumes, 1662)
  • Bible : Le Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jésus-Christ (1664)
  • Bible : Livres des pseaumes et cantiques, latin et françois, de l'Ancien et du Nouveau Testament, enrichis de préfaces, argumens, titres et briefves annotations (1666)
  • Aelius Lampridius : L'Histoire auguste des six autheurs anciens (1667)
  • Pétrone : Le Pétrone en vers (1667)
  • Grégoire de Tours : L'Histoire des François de S. Grégoire, evesque de Tours, qui vivait il y a près d'onze cents ans ; avec le Supplément de Frédégaire, écrit par les ordres de Childebrand, frère de Charles-Martel. La seconde partie des Histoires de S. Grégoire, contenant ses livres de la gloire des martyrs et des confesseurs, avec les quatre livres de la vie de S. Martin, et celuy de la vie des Pères (1668)
  • Pétrone : Les Poèmes de l'embrazement de Troye et du changement de la République romaine, en concurrence de Virgile et de Lucain, par un fameux auteur du temps de Néron, traduits en vers (1671)
  • Catulle : Les Épitalames de Catulle et les Nopces de Pélée et de Thétis, avec le poëme des Éloges de Vénus, traduits en vers (1671)
  • Phocas : La Vie de Virgile écrite en vers, avec plusieurs Éloges et toutes les Épigrammes des douze autheurs, lesquels ont écrit différemment sur un mesme sujet. Les Catalectes de Virgile et de quelques autres poètes anciens, traduits en vers (1671)
  • Bible : Le Livre de la Genèse, le livre de l'Exode, & les XXIII premiers chapitres du Lévitique, traduits en franc̜ois, avec des notes (v. 1671)
  • Ammien Marcellin : Les dix-huit Livres qui nous restent des XXXI de l'histoire qu'avait composée Ammian Marcellin, depuis l'an de N. S. 354 jusques en 378 (1672)
  • Auteurs divers : Les Catalectes des anciens poètes latins, première partie contenant les second et troisième livres, selon le recueil de Scaliger (1675)
  • Martial : Les Quinze livres, traduits en vers avec des remarques et des tables (1675)
  • Ovide : Les Métamorphoses d'Ovide comprises en quatre vers pour chaque fable des 15 livres de cet ouvrage ou plus tôt pour leur servir d'argument (1677)
  • Bible : Le Cantique des cantiques de Salomon. Traduction en vers selon le sens litteral (1677)
  • Bible : La Prophétie de Daniel. Traduction en vers (1677)
  • Bible : Traduction en vers de l'Apocalypse de Saint Jean apostre, selon le sens litteral exprimé par la version latine appelée Vulgate, & par les autres versions franc̜oises approuvées (1677)
  • Bible : Les Prophètes Jonas et Nahum. Touchant la pénitence des Ninivites. Traduction en vers, avec des remarques (1678)
  • Athénée : Les Quinze livres des deipnosophistes (1680)
  • Bible : Les Épistres et Evangiles, avec les Oraisons propres (1688)
  • Auteurs divers : Analise, ou Description succincte des choses contenues dans les quinze livres des Deipnosophistes d'Athénée, ouvrage délicieux traduit pour la première fois en françois (s.d.)
Estampes
  • Les Misères et les malheurs de la guerre (1633). Légendes de Michel de Marolles accompagnant les gravures de Jacques Callot. Réédition : B. Laville, Paris, 1969.
  • Tableaux du temple des muses tirez du cabinet de feu Mr Favereau, et gravez en tailles-douces par les meilleurs maistres de son temps pour représenter les vertus et les vices, sur les plus illustres fables de l'antiquité, avec les descriptions, remarques et annotations (1655 et divers retirages, rééditions ou contrefaçons sous divers formats en 1663, 1666, 1676, 1733, 1742, 1749, 1768, 1769). Consulter en ligne l'édition de 1663 sur e-rara.
  • Catalogue de livres d'estampes et de figures en taille douce, avec un dénombrement des pièces qui y sont contenues, fait à Paris en l'année 1666 (1666)
  • Catalogue de livres d'estampes et de figures en taille-douce, avec un dénombrement des pièces qui y sont contenues, fait à Paris en l'année 1672 (1672)
  • Le Livre des peintres et des graveurs (1862)
Histoire et varia
  • Histoire romaine [de Nicolas Coeffeteau], continuée depuis le commencement de l'empire de Dioclétian et de Maximian jusques à celuy de Valentinian et de Valens, avec les épitomés de Messala Corvinus, Aurelius Victor, Sextus Rufus, et autres (1630)
  • Les Mémoires de Michel de Marolles, abbé de Villeloin, divisés en trois parties, contenant ce qu'il a vu de plus remarquable en sa vie, depuis l'année 1600, ses entretiens avec quelques-uns des plus savants hommes de son temps, et les généalogies de quelques familles alliées dans la sienne ; avec une briève description de la très-illustre maison de Mantoue et de Nevers (1656)
  • Suitte des Mémoires de Michel de Marolles abbé de Villeloin contenant douze traitez sur divers Sujets curieux... (1657)
  • Mémoires de Michel de Marolles abbé de Villeloin. Avec des notes historiques et critiques [par l'abbé Gouget] (1755). Cette édition ne comprend pas les intéressantes notes généalogiques qui figurent dans l'édition Sommaville de 1656. Mais on y trouve ce qui est imprimé dans la rare Suitte de 1657, ainsi que le texte du rare Dénombrement où se trouve le nom de ceux qui m'avaient donné de leurs Livres […].
  • Traité du poëme épique, pour l'intelligence de l'Énéïde de Virgile (1662). Réédition : Olms, New York, 1974.
  • Histoire des roys de France et des choses plus mémorables qui se sont passées sous leur règne. Écrite en abregé sur le modèle des anciens (1663)
  • Paris, ou la Description succincte, et néanmoins assez ample, de cette grande ville, par un certain nombre d'épigrammes de quatre vers chacune, sur divers sujets (1677)
  • Trois essais pour la version entière de la Bible, selon l'édition qui fut commencée de l'année 1665 (1678)
  • Les Histoires des anciens comtes d'Anjou et de la construction d'Amboise, avec des remarques sur chaque ouvrage (1681)
  • Inventaire des titres de Nevers, de l'abbé de Marolles, suivi d'extraits des titres de Bourgogne et de Nivernois, d'extraits des inventaires des archives de l'église de Nevers et de l'inventaire des archives des Bordes, publié et annoté par le Cte de Soultrait (1873)
  • Géographie sacrée contenant les noms de tous les éveschés de l'Église latine. Les Apostres. Les Saints évangélistes. Les SS. Docteurs de l'Église. Les Papes qui ont esté depuis 1600 (s.d.)
  • Considérations sur une critique judicieuse qui s'est faite sur l'Énéide de Virgile, avec des exemples tirez des versions de quelqu'autres ouvrages de plusieurs poètes illustres de l'antiquité, pour montrer ce que peut notre langue françoise sur ce sujet (s.d.)
  • Le Roy, les personnes de la cour, qui sont de la première qualité, et quelques-uns de la noblesse qui ont aimé les lettres ou qui s'y sont signalés par quelques ouvrages considérables (s.d.)

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Michel de Marolles, abbé de Villeloin se blasonnent ainsi : D'azur à une épée d'argent, la poignée d'or, posée en pal, la pointe en bas, entre deux pennes, d'argent, aussi posées en pal.[2].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, Chambray, CLD,‎ janvier 1990, 607 p. (ISBN 285443210X), p. 396, 398
  2. (fr) Société archéologique de Touraine, Armorial général de la Touraine ; précédé d'une notice sur les ordonnances, édits, déclarations et règlements relatifs aux armoiries avant 1789., t. 19, Tours, [S.n.],‎ 1866-1867, 1208 p. (ISSN 1149-4689), p. 628

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Louis Bossebœuf, Un Précurseur: Michel de Marolles, abbé de Villeloin, sa vie et son œuvre, Tours, Imprimerie Tourangelle, 1911 ou 1912 (et Genève, Slatkine Reprint, 1971).
  • Jean Rou, Mémoires Inédits et Opuscules de Jean Rou (1638-1711), publiés par Francis Waddington pour la Société de l'Histoire du protestantisme français, Paris, Agence Centrale de la Société, 1857, 2 vol.
Ces Mémoires contiennent les témoignages directs sur l'abbé de Marolles de son voisin et ami protestant Jean Rou qui fut Avocat au Parlement de Paris (1659) et Secrétaire interprète des États Généraux de Hollande (1689 à 1711). Par ailleurs, quelques exemplaires de ces Mémoires possèdent une "feuille additionnelle spéciale" contenant les passages qui, par exemple, "pourraient choquer les bienséances modernes" ; un de ces passage d'une importance d'environ deux feuillets concerne l'abbé de Marolles et lui attribue des idées "avancées" et une postérité clandestine.
  • Jean Bernard, Portrait d'un honnête homme, Michel de Marolles, abbé de Villeloin, in Les Amis du Pays Lochois, n° 12, décembre 1996, ISSN-1244-3816, pp. 73–98

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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