Michel d'Amboise

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Michel d'Amboise, (vers 1505-1547/1551), seigneur de Chevillon, qui se désigna comme l'esclave fortuné, est un poète, traducteur, rhétoriqueur et essayiste qui connut, dans la première moitié du XVIe siècle, une vie mouvementée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Naples en Italie vers 1505, il est un fils naturel du maréchal d'Amboise. Chaix d'Est-Ange écrit à son sujet : un certain Michel d Amboise né à Naples qui fut amené en France tout enfant en 1524 fut élevé par Ferou sieur de Fretoiseau procureur au Parlement de Paris devint un poète fort distingué et finit par mourir dans la misère sans laisser de postérité. L'ancienne maison d'Amboise est donc complètement éteinte.[1].

A la mort de son père naturel en 1511, il fut prit en charge par son demi-frère Georges d'Amboise à Sagonne puis à Paris chez lequel il vécut jusqu'à la mort de ce dernier en 1525. Celui-ci paya pendant 6 ans sa pension et les frais de ses études[2].

Michel d'Amboise fut ensuite recueillit quelques temps vers 1526 par sa tante la poétesse Catherine d'Amboise au château de Lignières, près de Bourges[3], mais lasse de ses frasques elle finit par le chasser.

Michel d'Amboise passa alors au service d'une autre parente, Antoinette d'Amboise (épouse d'Antoine de la Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux) auprès laquelle il resta trois ans en qualité de secrétaire au château de Barbezieux où il rencontra Isabeau du Bois, qu'il épousa en 1528[4].

Michel d'Amboise et sa femme Isabeau du Bois s'installèrent ensuite dans la famille de sa femme ou sur sa terre de Chevillon près de Montargis. Deux ans après leur mariage sa femme Isabeau du Bois mourut en couche en 1530 avec l'enfant qu'elle mit au monde[4].

Peu de temps après la mort de sa femme Michel d'Amboise s'installa à Paris où il fut emprisonné au Châtelet une première fois pendant six mois pour dettes puis sans doute ensuite pendant un an pour une raison que l'on ignore.

Remis en liberté, il vécut dans la plus grande indigence, cherchant toujours des protecteurs dans la famille d'Amboise, mais souvent sans en trouver.

En 1542 il vivait à Paris, mais désirait s'en retirer[5],[6].

En 1543, il était dans la région d'Amboise et d'Angers à la tête d'une bande de soudard et d'aventuriers accusés de vols et d'exactions. Il fut lui-même accusé d'avoir tué un homme à Joué[7].

Il est alors nommé "le capitaine Chevillon". Il dépose une requête auprès de la ville d'Angers afin d'être autorisé à passer en ville avec sa bande[8]

Il était encore vivant en 1547 (date de son dernier ouvrage) mais était déjà mort en 1551[5].

Il écrivit ses premiers ouvrages entre 1529 et 1531.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il fut l'auteur des ouvrages suivants[9] :

  • Les Complaintes de l Esclave fortuné avec vingt épîtres et trente rondeaux d'amour, Paris 1529.
  • La Penthaire de l'Esclave fortuné, Paris 1530
  • Les Bucoliques de frère Baptiste Mantuan, nouvellement traduites du latin en rimes françaises, Paris 1530.
  • Les cent Epigrammes, Paris i532;
  • Les Epîtres vénériennes de l'Esclave fortuné, privé de la cour d'amour, Paris 1532, 1534, et 1536.
  • Le Babilon, autrement la confusion de l'Esclave fortuné, Paris 1535.
  • Les contre Épistres d'Ovide, Paris, 1546.
  • Le Secret d'amour, où sont contenues plusieurs lettres, tant en rithme qu'en prose Paris 1541.
  • la Déploration de la mort de messire Guillaume du Bellai, seigneur de Langey, Paris 1543.
  • Quatre satires (les 8e, 10e, 11e et 13e) de Juvénal, translatées en français, Paris 1544.
  • Le ris de Démocrite et le pleur d'Héraclite, philosophes, sur les folies et misères de ce monde, traduit de l'italien d'Antonio Philermo Frégoso et interprété en rimes françaises, Paris 1547 et Rouen 1550.

Miche d'Amboise est en outre l'auteur du Blason de la dent qui se trouve dans le recueil intitulé Blasons anatomiques des parties du corps féminin etc Lyon 1536.

Le seul recueil en prose de Michel d'Amboise est intitulé Le Guidon des gens de guerre, Paris 1545.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gustave Chaix d'Est-Ange Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, Volume 1, page 167.
  2. Claude-Pierre Goujet "Bibliothèque françoise, ou Histoire de la littérature françoise" 1745, page 445.
  3. "Catherine d'Amboise (1482-1550) Poésies", Edition Ceres 2022, page 87.
  4. a et b Claude-Pierre Goujet "Bibliothèque françoise, ou Histoire de la littérature françoise" 1745, pages 332 à 338.
  5. a et b Claude-Pierre Goujet "Bibliothèque françoise, ou Histoire de la littérature françoise" 1745, page 349
  6. Jacques George de Chaufepié "Nouveau Dictionnaire historique et critique pour servir de supplément ou de continuation au "Dictionnaire historique et critique" de Mr. Pierre Bayle", volume 1, 1750, page 276.
  7. André Joubert "Étude sur les misères de l'Anjou aux XVe et XVIe siècles", 1886, page 23.
  8. Célestin Port "Inventaire analytique des archives anciennes de la mairie d'Angers", 1861, page 25.
  9. Louis Maïeul Chaudon "Dictionnaire historique, critique et bibliographique, suivi d'un dictionnaire abrégé des mythologies, et d'un tableau chronologique, par une société de gens de lettres" 1821, page 399.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]