Michel Tyszkiewicz

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Michel Tyszkiewicz 1828-1897

Michał Tyszkiewicz, né le 4 décembre 1828 à Wolozyn en Lituanie (aujourd'hui en Biélorussie) dans une famille des magnats polonais, mort le 18 novembre 1897 à Rome, est un grand collectionneur d'antiquités et fondateur d'un musée privé à Rome.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le petit-fils du colonel comte Michel Tyszkiewicz (1761-1839)[1] qui dirigea le 17e régiment de cavalerie lors de la guerre contre Moscou en 1812 et fut décoré par Napoléon Ier chevalier de la Légion d'honneur. Les richesses artistiques de la famille Tyszkiewicz étaient indiscutables. En 1855, son parent Eustache Tyszkiewicz, éminent archéologue et numismate, fonda à Vilnius le musée des Antiquités, un des premiers musées en Pologne[2].

Michel Tyszkiewicz concourait avec les plus grands collectionneurs de la seconde moitié du XIXe siècle. Napoléon III comptait parmi ses clients. Il s'est fait connaître dans le monde entier grâce à son don de cent quatre-vingt seize antiquités égyptiennes au musée du Louvre au retour de son voyage en Égypte et en Nubie, en 1862. Son nom est gravé parmi les plus grands donateurs du musée dans la rotonde d'Apollon. Lors de son voyage en Égypte, il obtint une autorisation, très rare à l'époque, d'y mener des fouilles.

Michel Tyszkiewicz, au retour de son voyage en Égypte offrit également deux-cent vingt-deux antiquités égyptiennes au Musée d'archéologie à Vilnius, mais après l'Insurrection nationale de 1863, tout est spolié par les Russes.

Tyszkiewicz quitta sa terre natale pour vivre entre la France et l'Italie. Il s'installa tout d'abord à Naples, en 1863, dans la superbe villa Lucia sur Vomero, ancienne résidence d'été du roi de Naples[3]. Il mena des fouilles sur les sites archéologiques de Cuma et Baia.

En 1865, il s'installa à Rome où il mena des fouilles personnelles sur la célèbre Via Appia Antica. Tout le monde y connaissait le « Conte Polacco, comme on l'appelait, l'homme à la taille de géant, avec sa longue barbe rousse superbement portée, le grand seigneur bon et affable, l'acheteur le plus passionné et le plus prodigue d'objets antiques[4] ». Ses collections offraient une grande diversité d'objets, comprenant des céramiques, des bronzes, des objets en argent, des bijoux en or, en pierres précieuses, des sculptures avec des camées, des intailles, des objets égyptiens[5].

Michel Tyszkiewicz est mort le 18 novembre 1897 à Rome[6].

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

En décembre 2011, le Musée archéologique d’État à Varsovie a célébré le 150e anniversaire des fouilles égyptiennes de Michel Tyszkiewicz. À cette occasion, une exposition intitulée « Mumie, papirusy, zloto » (« Momies, papyrus, l'or ») y a été organisée à l'initiative du professeur Andrzej Niwinski, archéologue à l'université de Varsovie.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Notes et souvenirs d’un vieux collectionneur, Paris, Ernest Leroux, 1895-1897.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Tyszkiewicz, Tyszkiewiciana, Poznan, 1903
  2. Mariola Kazimierczak, Le comte Michel Tyszkiewicz (1828-1897), dans Les Polonais en France, Varsovie, CAN, 2004
  3. Michel Tyszkiewicz, Notes et souvenirs d'un vieux collectionneur, Revue archéologique, Paris, 1895-1897
  4. Wilhelm Froehner, Préface au catalogue Collection Tyszkiewicz, Paris 1898
  5. Mariola Kazimierczak, Michel Tyszkiewicz (1828-1897), grand collectionneur dans Les Nouveaux Cahiers franco-polonais, no 6/ 2006, Paris-Varsovie.
  6. Collection d'antiquités du Comte Michel Tyszkiewicz : vente aux enchères publiques par suite de décès, Hôtel des Commissaires-Priseurs ... 8 ... 9 et ... 10 Juin 1898