Michel Thiollière

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Michel Thiollière
Fonctions
Sénateur de la Loire
1er octobre 200116 avril 2010
(8 ans, 6 mois et 15 jours)
Élection 23 septembre 2001
Successeur Christiane Longère
Vice-président du conseil régional de Rhône-Alpes
19992001
Président de la communauté d'agglomération Saint-Étienne Métropole
21 décembre 199514 avril 2008
(12 ans, 3 mois et 24 jours)
Successeur Maurice Vincent
Maire de Saint-Étienne
16 mai 199421 mars 2008
(13 ans, 10 mois et 5 jours)
Prédécesseur François Dubanchet
Successeur Maurice Vincent
Vice-président du conseil général de la Loire
19921998
Biographie
Date de naissance 10 avril 1955 (59 ans)
Lieu de naissance Saint-Étienne, Loire
Nationalité Française
Parti politique PRV-UMP
Profession Professeur d'anglais

Michel Thiollière
Maires de Saint-Étienne

Michel Thiollière, né le 10 avril 1955 à Saint-Étienne, est un homme politique français.

Membre du Parti radical, il est maire de Saint-Étienne de 1994 à 2008 et sénateur de la Loire de 2001 à 2010. Il est depuis 2010 vice-président de la Commission de régulation de l'énergie, et vice-président du conseil des régulateurs européens de l'énergie.

Formation et parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Licencié en lettres et titulaire d'une maîtrise d'études américaines et d'un CAPES d'anglais, Michel Thiollière a exercé comme enseignant d'anglais de 1977 à 1994 au lycée Honoré-d'Urfé de Saint-Étienne[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Militant au Parti radical valoisien depuis 1976, il entre au conseil municipal de Saint-Étienne lorsque François Dubanchet est élu maire en battant Joseph Sanguedolce, le maire communiste sortant.

Adjoint au maire chargé de l’urbanisme, il participe alors à la reconversion de l’ancien site de Manufrance en une nouvelle vitrine pour la ville (centre d’affaires, centre des congrès, planétarium…)[réf. nécessaire].

Il entre en 1985 au conseil général de la Loire, dont il est l'un des vice-présidents de 1992 à 1998.

Maire de Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

François Dubanchet démissionne en 1994, et annonce sa volonté de voir Michel Thiollière lui succéder, ce qui est effectif quelques jours plus tard. Élu lors des élections municipales de 1995 (à 39 ans, plus jeune maire de l'histoire de Saint-Étienne, plus jeune maire d'une grande ville de France aux municipales de 1995) puis réélu lors des élections municipales de 2001, il hérite d'une ville désindustrialisée, fortement endetté (à hauteur de 2,9 milliards de francs, soit 442 millions d'euros et plus de 15 600 francs par habitant), au taux de chômage proche de 14 % et de contrats de concessions contestés devant la justice par l'opposition, notamment le contrat concernant la distribution de l'eau[2].

Celle-ci avait été déléguée à la Stéphanoise des Eaux, filiale conjointe à l'époque de la Compagnie générale des eaux et de la Lyonnaise des eaux, par son prédécesseur, faisant de l'eau stéphanoise l'une des plus chères parmi les grandes villes françaises[3].

Il met en place en 1996 la communauté de communes Saint-Étienne Métropole, devenue communauté d'agglomération Saint-Étienne Métropole en 2001, regroupant 43 communes et 390 000 habitants, et en prend la présidence.

Après avoir tenté de relancer Manufrance comme adjoint, Michel Thiollière engage sa ville à partir du début des années 2000, dans une mutation urbaine (nouveau plan de circulation, rénovation du centre-ville, de quartiers anciens et périphériques avec la destruction de nombreux immeubles anciens) et est à l’initiative d’équipements importants (deuxième ligne de tramway, centre d'affaires en construction à proximité du siège social du groupe Casino, réaménagement du quartier de la gare Chateaucreux, Zénith, salle des musiques actuelles et contemporaines). Il appuie l'idée de l'École des Beaux-Arts d'instaurer la Biennale du Design de Saint-Étienne, et entreprend la réalisation de la Cité du Design[4].

Pour mener ces projets sans augmenter les impôts locaux, Michel Thiollière a recours, comme ses prédécesseurs depuis Michel Durafour[2], à l'emprunt. Entre 2001 et 2008, la dette passe de 2 196 à 2 078 euros par habitant, mais Saint-Étienne demeure une des villes les plus endettées de sa catégorie, après Marseille et Grenoble, face au poids des dépenses structurelles et malgré un transfert de charges vers la communauté d'agglomération[5], l'endettement net du budget principal a augmenté de 14 millions d'euros[6].

De plus, ce transfert de projets coûteux à la Saint-Étienne Métropole provoque des conflits au sein de la majorité communautaire, provoquant la démission du vice-président DVD, Jean-Claude Charvin, maire de Rive-de-Gier, dénonçant « que 90 % du budget de Saint-Étienne Métropole soit consacré aux projets pharaoniques de la seule ville de Saint-Étienne. »[7]

Au-delà du montant de la dette, le type d'emprunts souscrits, le swap spéculatif à taux structurés, lui est reproché. Ce type d'emprunts dits « emprunts toxiques » peuvent avoir un effet boule de neige et connaître une explosion de leurs taux d'intérêt à tout moment[8]. C'est à la suite de la crise financière de 2008 que ces taux d'intérêts atteignent des niveaux très élevés, jusqu'à 25 %, contre environ 2,3 % avant 2008. La Chambre Régionale des Comptes Rhône-Alpes dans un rapport récent (décembre 2010) a acté la baisse des impôts (2004-2008), a confirmé la stagnation de la dette (2004-2008) a établi que les équipements réalisés par la municipalité Thiolière étaient en adéquation avec ses capacités financières, a reproché la souscription d'emprunts structurés mais a calculé que par rapport à des taux fixes à 3,6 %, cette gestion de la dette avait permis d'économiser théoriquement 13,6 millions d'euros sur la période 2004-2008[réf. nécessaire].

Attaqué également d'un point de vue politique au sein de son équipe municipale par l'élu MoDem Gilles Artigues, présent aux premier et deuxième tours des élections municipales de 2008, Michel Thiollière est battu dans une triangulaire par le socialiste Maurice Vincent, et devient conseiller municipal d'opposition jusqu'à sa nomination à la vice-présidence de la Commission de régulation de l'énergie, le 16 avril 2010.

En 2006, Michel Thiollière est classé 5e aux World Mayor Award par l'intermédiaire du site City mayor, réunissant alors plus de 100 000 votants, derrière les maires de Melbourne, Amsterdam, Harrisburg et Makati[9],[10].

Sénateur de la Loire[modifier | modifier le code]

Michel Thiollière est élu sénateur le 23 septembre 2001. Vice-président de la commission des affaires culturelles, il a été le rapporteur de plusieurs projets de loi dans le domaine de l'audiovisuel, du cinéma et d'internet, dont les lois DADVSI et HADOPI ; il est également nommé membre rémunéré permanent de la haute autorité dont il avait soutenu la création au Parlement, où il apparait comme l'un des personnages principaux[11] au Sénat. Il est par ailleurs, en rapport avec sa fonction de sénateur, membre du conseil d'administration de la société France Télévisions. Il quitte son mandat le 16 avril 2010 à la suite de sa nomination à la vice-présidence de la Commission de régulation de l'énergie[12].

Il fait une proposition de loi, dite de « coopération décentralisée », à la suite du tsunami en Asie, promettant aux collectivités territoriales françaises de nouer des partenariats à l'international, dans des situations d'urgence, mais aussi pour des partenariats de longue durée. Cette proposition de loi est adoptée à l'unanimité du Sénat et de l'Assemblée nationale. La loi Thiollière est promulguée par le président Chirac au printemps 2007.

En 2006, il propose, au nom de la Commission des Affaires culturelles du Sénat, de rétablir l'amendement dit "Vivendi Universal" par ses détracteurs dans le projet de loi relatif aux Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), qui vise à supprimer l'exception proposée par les députés pour les « logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l'échange de fichiers ou d'objets non soumis à la rémunération du droit d'auteur. »[13] et[14]. Il propose en outre de restreindre les obligations d'interopérabilité qui avaient été incluses dans le projet de loi par les amendements du Parlement.

En 2008, il est rapporteur pour le Sénat dans le cadre du projet de loi Création et Internet plus connue sous le nom Hadopi avec le député Franck Riester. Il s'est montré favorable a l'un des aspect de la loi qui maintenait le paiement de l'abonnement malgré une suspension de l'accès internet. Il proposa en outre de restreindre les obligations d'interopérabilité qui avaient été incluses dans le projet de loi par les amendements du Parlement. Il s'est montré cependant favorable a une sanction ne réduisant que le débit de la connexion internet lorsque c'est techniquement réalisable.

Enfin, en dehors de ces deux lois, Michel Thiollière a proposé début 2009 un amendement étendant la redevance télévisuelle aux postes informatiques et aux téléphones. Le texte adopté n'a retenu que les ordinateurs comme éligibles au règlement de cette dernière.

Commission de régulation de l'Energie (CRE)

Michel Thiollière est désigné par le président du Sénat, Gérard Larcher, à la vice-présidence du collège de la Commission de régulation de l'énergie (CRE. Il abandonne donc tous ses mandats électifs, incompatibles avec sa nouvelle fonction, le 16 avril 2010[12]. Il est renommé par le président du Sénat au collège de la CRE (Commission de Régulation de l'Energie) pour quatre ans à compter du 8 février 2011.

Michel Thiollière participe, au nom de la Commission de Régulation de l'Energie, aux travaux du Conseil Européen des Régulateurs de l'Energie (CEER), dont il est un des vice-présidents. Michel Thiollière a été élu, en novembre 2012, président de MedReg, association regroupant les pays bordant la Méditerranée dans les domaines de la régulation de l'électricité et du gaz.

Publications[modifier | modifier le code]

  • John le Shetlandais (roman), 1993
  • Frères d’armes (roman), éditions Grasset, 1999
  • Le Scribe, nouvelles d’Égypte, (nouvelles) éditions TV and CO, 2002
  • Quelle ville voulons-nous ?, (essai) éditions Autrement, 2007
  • Trajectoire(s)- un homme / une ville (entretien avec Christian Soleil), Morey Editions, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Feltin, « Michel Thiollière au scanner », L'Express, 7 février 2005
  2. a et b Henri Haget, « Le coup d'éclat de Dubanchet », L'Express, 28 avril 1994
  3. Denis Meynard, « Veolia va contrôler la Société Stéphanoise des Eaux », Journal d'annonces légales de Rhône-Alpes no476 du 16 au 22 février 2009
  4. [1]
  5. Pascal Matéo, « Spécial Saint-Étienne : Le frein de l'endettement », Le Point no1883, 16 octobre 2008
  6. [2]
  7. Le Progrès, 28 février 2008
  8. Saint-Etienne Swaps Explode as Financial Weapons Ambush EuropeUnder Mayor Michel Thiolliere, Saint-Etienne signed six swap contracts on that loan between 2005 and 2008, the last three with Deutsche Bank.
  9. Béal V., Pinson G., « Du petit chose au '5th best mayor in the world'. Un maire urbain entre stratégies de légitimation et recherche de ressources pour l'action », Pôle Sud, n° 30, 2009, pp. 7-29.
  10. http://www.worldmayor.com/results06/wm_winners06.html
  11. Activité de Michel Thiollière
  12. a et b « Michel Thiollière nommé vice-président au collège de la Commission de régulation de l’énergie », site de Public Sénat, 16 avril 2010
  13. [3] http://www.dadaprod.org/spip/spip.php?article6
  14. Numérama - DADVSI : l'ombre de la honte plane sur le Sénat - le 14 avril 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Soleil, Michel Thiollière, un défi pour Saint-Étienne, (biographie, éditions Actes Graphiques), 2006, 316 pages
  • Christian Soleil, Michel Thiollière, le phoenix stéphanois, (portrait, éditions Edilivre), 2011, 314 pages
  • Christian Soleil, Michel Thiolliere, l'homme qui voulait une autre ville, (essai biographique, Société des Ecrivains), 2013, 302 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]