Michel Marcel Navratil
Michel Marcel Navratil
Michel et Edmond Navratil.
| Nom de naissance | Michel Marcel Navratil |
|---|---|
| Surnom | Lolo, monmon |
| Naissance | 12 juin 1908 Nice |
| Décès | 30 janvier 2001 (à 92 ans) Montpellier |
| Nationalité | |
| Diplôme | Doctorant en philosophie |
| Profession | Professeur d'université en philosophie |
| Ascendants | Michel Navratil (1880 - 1912) Marcelle Navratil (1890 - 1974) |
| Enfants | Élisabeth Navratil |
| Famille | Frère : Edmond Navratil (1910 - 1953) |
Michel Marcel Navratil (plus simplement Michel Navratil ou Michel Navratil junior), né à Nice le 12 juin 1908 et mort à Montpellier le 30 janvier 2001, est un rescapé français notoire du naufrage du Titanic et professeur d'université en philosophie.
À l'âge de trois ans, il embarque à bord du Titanic le 10 avril 1912 à Southampton. Accompagné de son petit-frère, Edmond Navratil et son père, Michel Navratil, ce dernier a subtilisé ses enfants à la garde de leur mère alors que le couple était en instance de divorce. Les deux enfants, rescapés du naufrage après avoir été embarqués dans le dernier canot de sauvetage, auront du mal à être identifiés mais seront réunis un mois plus tard avec leur mère. Michel Navratil sera ensuite doctorant en philosophie et professeur à l'Université de Montpellier. Son père est enterré à Halifax après que son corps a été découvert par les équipes de recherches.
Michel Navratil a acquis une certaine notoriété, d'abord du fait que la presse s'est intéressée à cette affaire peu après le naufrage car ils étaient les seuls enfants rescapés n'ayant été réclamés par aucun parent. De même, à partir des années 1980, Michel va commencer à prendre la parole en public et livrer son témoignage, attirant de nouveau l’intérêt des médias. Enfin, il sera le dernier rescapé masculin du Titanic encore en vie, et le dernier de nationalité française. Plusieurs livres à destination de la jeunesse ont été publiés afin de relater l'histoire de la famille, dont notamment Les Enfants du « Titanic » écrit par Élisabeth Navratil, sa fille.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Naissance et famille [modifier]
Michel Marcel Navratil, ou Michel Navratil junior, est le fils de Michel Navratil et de Marcelle Navratil, née Caretto. Son père est né en 1880 à Sereď en Slovaquie, puis s'est rendu en Hongrie avant d'émigrer en France en 1902 où il devient tailleur[1]. Marcelle Caretto est née en 1890 à Buenos Aires. La maladie coûte la vie à son père et son grand frère, à la suite de quoi Marcelle rentre en Europe et épouse un autre homme, avec lequel elle aura quatre filles, qui meurent toutes à la naissance. En 1907, Michel et Marcelle se marient à Londres puis ont deux enfants : Michel né le 12 juin 1908 et Edmond né le 5 mars 1910[1].
Au début de l'année 1912, Michel Navratil fait faillite et apprenant que sa femme a une liaison, il décide de se séparer d'elle[1]. La procédure de divorce pour faute est alors lancée, seul divorce permis à l'époque. Le juge confie alors la garde des enfants à leur oncle, cependant c'est leur mère qui l'assure de fait. Le divorce ne sera jamais prononcé du fait de la mort de Michel.
Sur le Titanic [modifier]
En avril 1912, Michel Navratil décide de partir s'installer aux États-Unis avec ses deux enfants afin de recommencer une nouvelle vie. Il les enlève lors de son droit de visite, puis remonte la France vers l'Angleterre. Le 10 avril 1912, ils embarquent à bord du Titanic à Southampton avec un billet de deuxième classe. Le navire effectue alors son voyage inaugural à destination de New York. Ils auraient pu embarquer depuis Cherbourg où le Titanic accostait, mais Michel choisit l'Angleterre de peur d'être repéré. Il embarque sous un faux nom, grâce au passeport qu'il a emprunté à l'un de ses amis nommé Louis Hoffman. À bord du Titanic, ils occupent une cabine de deuxième classe située sur le pont F[a 1].
Le 14 avril 1912, le Titanic heurte un iceberg à 23 h 40, et les premiers canots furent mis à l'eau à partir de 0 h 40 qui étaient pour la plupart à moitié vides. Après de probables longs moment d'attente, Michel Navratil place ses deux enfants dans le tout dernier canot mis à la mer avec succès, autour duquel le deuxième officier Charles Lightoller formait alors avec ses hommes une chaine autour du canot afin d'éviter que des hommes n'embarquent à bord[1]. Il s'agit du canot pliable D mis à l'eau à 2 h 5 à bâbord, avec seulement une vingtaine de personnes à bord pour 47 places[2]. Il est par ailleurs probable que la famille ait surtout attendu à bâbord, où les officiers étaient plus strict concernant la règle « les femmes et les enfants d'abord ». Michel senior est probablement précipité à l'eau quand le Titanic sombre, à 2 h 20.
Selon le témoignage de Michel Navratil junior, qui garde des souvenirs de cette nuit bien qu’âgé de seulement 3 ans et demi, son père et un inconnu entrent dans la cabine afin d'habiller les deux enfants puis montent sur le pont et les font monter dans un canot. Toutefois, les deux enfants embarquent très tard, plus d'une heure et demie après le début du chargement des canots, alors que l'emplacement des installations de deuxième classe offrait un accès rapide aux embarcations. Les deux Navratil sont ainsi les derniers des vingt-deux enfants de deuxième classe à embarquer à bord d'un canot.
Le matin, Michel Navratil Junior et son frère sont secourus par le Carpathia avec les quelque 700 autres rescapés du naufrage. À bord, les deux enfants sont incapables de parler anglais ou de donner leurs noms (Michel Marcel Navratil était le plus souvent appelé Lolo et Edmond Roger Navratil Momon). N'étant réclamés par aucun parent, ils furent surnommés « les orphelins du Titanic » par la presse.
Séparation et réunion familiale [modifier]
Le 18 avril 1912 vers 21 h 30, le Carpathia arrive à New York, Michel et son frère n'étaient alors toujours pas identifiés. Ils deviennent célèbres malgré eux, attirant l'intérêt des médias. Marcelle Navratil reconnait ses deux enfants en lisant un article du Figaro paru le 21 avril, l'article étant accompagné d'une description des deux enfants. Et le 16 mai 1912, elle les retrouve à New York, ils retournèrent avec elle en France à bord du RMS Oceanic.
Leur père est alors porté disparu, son corps sera retrouvé cinq jours plus tard par le Mackay-Bennett, affrété dans le but de récupérer les naufragés afin qu'ils puissent être enterrés. Il est alors enterré à tort sous le nom de « Louis Hoffman » au cimetière juif d'Halifax. Le document d'identification qui lui était attaché indiquait :
« Louis M. Hoffman
no 15. Âge estimé 36 ans. Cheveux et moustaches noirs. Vêtements : pardessus gris avec doublure verte, costume marron. Effets : porte-feuille, montre en or avec chaîne, porte-monnaie contenant 6 livres, reçu de l'agence Cook pour échange de billets, ticket, pipe dans un étui, pistolet (chargé), pièces clés, etc. Note du Charing Cross Hotel, chambre 126, avril 1912. »
— Avril 1912[a 2]
Sa femme obtiendra plus tard que le nom de la tombe soit changé.
Témoignage [modifier]
Fin de vie [modifier]
Michel Navratil a fait des études et obtient un doctorat et devient ensuite professeur de philosophie à l'Université de Montpellier[a 3]. Il reste marqué toute sa vie par le naufrage. Après avoir appris que des oiseaux de mer avaient lacéré les cadavres laissés par le naufrage, il fut frappé d'une phobie des oiseaux, qu'il transmit malgré lui à ses descendants[3]. En 1987, il revient pour la première fois aux États-Unis à l'occasion du 75e anniversaire du naufrage à Wilmington dans le Delaware. Il y retourne l'année suivante, avec d'autres survivants à la convention de Titanic Historical Society à Boston. En 1996, avec Eleanor Shuman et Edith Haisman, deux autres survivantes, ils se rendent sur le site du naufrage, où des opérations de remontée à la surface de pièces du navires avaient lieu. Avant son retour en France, il se rendit sur la tombe de son père en Nouvelle-Écosse (au Canada) pour la première fois.
Il meurt à Montpellier à l'âge de 92 ans. Il était alors le dernier rescapé homme du Titanic, ainsi que le dernier rescapé français encore en vie.
Son frère, Edmond Roger Navratil, devient décorateur d'intérieur, architecte puis entrepreneur de bâtiment. Il s'est engagé dans l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale et a été fait prisonnier. Il meurt en 1953 à l'âge de 43 ans.
Postérité [modifier]
La fille de Michel Marcel Navratil, Élisabeth Navratil, a écrit un livre à destination de la jeunesse pour raconter l'histoire de son grand-père : Les Enfants du « Titanic »[4].
Un autre ouvrage de littérature jeunesse, publié aux éditions du Rouergue fut réalisé autour de l'histoire de Michel Marcel Navratil : Navratil d'Olivier Douzou et Charlotte Mollet[5]
Références [modifier]
- François Codet, Olivier Mendez, Alain Dufief et Franck Gavard-Perret, Les Français du « Titanic », Marine Editions, 2011, 240 p. (ISBN 978-2357430655)
- Codet et al. 2011, p. 64-65
- Codet et al. 2011, p. 150
- Codet et al. 2011, p. 176
- Autres sources
- (en) Mr Michel Navratil sur Encyclopedia Titanica.
- « Composition du radeau pliable D », sur Le Site du « Titanic »
- Le « Titanic » ne répond plus ; Gérard Piouffre ; page 226
- Élisabeth Navratil, Les Enfants du « Titanic », éd. Hachette, coll. « Hachette Jeunesse », janvier 1998 (ISBN 978-2013215459)
- Navratil, Olivier Douzou, Charlotte Mollet, album, éditions du Rouergue, 1996, 2012
Cet article a également été réalisé avec l'aide des sites suivants :
- (en) Encyclopedia Titanica
- (fr) Le Site du Titanic
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Biographie de Michel Marcel Navratil sur Encyclopedia Titanica
- (en) Biographie de Michel Navratil sur Encyclopedia Titanica
Bibliographie [modifier]
- François Codet, Olivier Mendez, Alain Dufief et Franck Gavard-Perret, Les Français du « Titanic », Marine Editions, 2011, 240 p. (ISBN 978-2357430655)