Michel Le Tellier (homme d'État)

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Michel Le Tellier
Marquis de Barbezieux

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Michel Le Tellier

Naissance 19 avril 1603
à Paris
Décès 30 octobre 1685 (à 82 ans)
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale
Autres activités
Descendants
Famille

Michel Le Tellier, marquis de Barbezieux, seigneur de Chaville, d'Étang et de Viroflay, est un homme d'État français né à Paris le 19 avril 1603 et mort le 30 octobre 1685.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'ascension d'une famille[modifier | modifier le code]

Michel Le Tellier est issu d'une famille commerçante parisienne. L'aïeul connu est Pierre Le Tellier, bourgeois de Paris en 1535 et simple marchand. Son fils Michel Le Tellier I est notaire au Châtelet en 1551. La famille sort alors de la marchandise. Michel Le Tellier II est commissaire et examinateur au Châtelet en 1573, correcteur de la Chambre des comptes de Paris en 1575. Marié à Perrette Locquet, le talent de sa femme, devenue la maîtresse du duc de Mayenne, chef de la Ligue, va lui permettre d'accéder à l'intendance des finances de la Ligue. Il est ensuite intendant en Champagne entre 1589 et 1591 et devient maître des comptes avant sa mort en 1608. Son fils Michel Le Tellier III, père du chancelier, a été conseiller à la Cour des aides, et marié à une dame Claude Chauvelin[1],[2].

Armes de la Famille Le Tellier

Carrière de Michel Le Tellier[modifier | modifier le code]

Il occupe successivement les postes de conseiller d'État au Grand Conseil en 1624, procureur du roi au Châtelet de Paris en 1631, maître des requêtes en 1639, puis intendant de justice dans l'armée de Piémont en 1640 et intendant de justice en Dauphiné.

Il est nommé secrétaire d'État de la Guerre par Louis XIV en 1643 sur le conseil de Mazarin.

Pendant la Fronde, il est chargé des négociations avec les princes et participe à la signature du traité de Rueil en 1649. Par la suite, pendant les exils forcés de Mazarin, il est le principal conseiller de la reine.

Il est aussi le père de François Michel Le Tellier de Louvois, plus connu sous le seul nom de Louvois.

Avant Louis XIV : une œuvre de refonte de l'armée[modifier | modifier le code]

Le Roi n'avait pas cinq ans et déjà Le Tellier avait la charge d'administrer ses armées (1643). Alors que débute le règne personnel de Louis XIV, Le Tellier a déjà largement œuvré à l'amélioration de la première armée d'Europe. La tâche est pourtant difficile. Les commandants de compagnies (véritables propriétaires de celles-ci dans la mesure où la charge d'officier militaire est vénale) préfèrent bien souvent, afin d'accroître le bénéfice de leur charge, corrompre les commissaires de guerre préposés aux revues, plutôt que d'enrôler le nombre d'hommes réglementaire. Le Tellier ne cesse donc de motiver ses commissaires, surveille avec soin les comptes des trésoriers généraux, les intendants d'armée[3].

Michel Le Tellier
Michel Le Tellier en habit de secrétaire d'État. Estampe de Balthazar Montcornet, avant 1677
Tombeau de Michel Le Tellier, statues sculptées par Mazeline et Hurtrelle (église Saint-Gervais-Saint-Protais)

Sous Louis XIV : poursuite des efforts engagés[modifier | modifier le code]

Le Roi admire la compétence de Le Tellier. Une pluie d'ordonnances signées Louis et plus bas Le Tellier achèvent de nationaliser l'armée au début des années 1660, les ordonnances tentent aussi d'améliorer la discipline. Si les résistances sont nombreuses — les généraux de haute naissance et de grande réputation supportent mal les directives des « grands commis » de Louis XIV —, de réels progrès sont cependant visibles : un département de la Guerre composé de cinq bureaux est mis en place (1 : réglementation ; 2 : contrôle du personnel ; 3 : dépêches de guerre et instruction confidentielles ; 4 : acheminement des troupes ; 5 : vivres et pensions). Les commissaires sont repris en main et multiplient les revues faisant la chasse aux « passe-volants », ces faux soldats que paient les capitaines de compagnies en défaut, le temps d'une revue, pour remplacer les hommes qui manquent.

Louis XIV et Le Tellier savent l'importance du quotidien et du matériel. Des règles de paiement sont établies dès 1660, on met aussi en place un système d'étapes, on fixe la durée des engagements[3].

Le ministère père-fils : Le Tellier-Louvois[modifier | modifier le code]

Le Tellier associe très tôt son fils François Michel, marquis de Louvois, à la tâche. Le Tellier, sédentaire, concentre son effort sur l'administration de l'armée et la discipline. Louvois, ministre itinérant, se réserve de préférence la technique et la tactique[3].

Le clan Le Tellier[modifier | modifier le code]

Adepte du népotisme, Michel Le Tellier crée un réseau important de clients qui lui permettent d'asseoir son pouvoir à la cour. Sur les conseils de son beau-frère Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouange [4], il engage à son service le jeune Jean-Baptiste Colbert. Et, pour avoir un homme à lui à une place stratégique, il le recommande en 1651 à son ami, le cardinal Jules Mazarin. Avant de créer son propre clan, Colbert est donc un des éléments du clan Le Tellier.

En 1660, Madeleine Fare, fille de Michel Le Tellier, épouse Louis-Marie-Victor d'Aumont, duc d'Aumont.

En 1671, son fils Charles-Maurice devient archevêque de Reims.

Le 27 octobre 1677, Michel Le Tellier devient chancelier de France[5] et fait en sorte que son fils Louvois obtienne le poste de secrétaire d'État à la Guerre. En avril 1679, à titre de chancelier, Michel Le Tellier rétablit officiellement, après 460 ans, l'enseignement du droit civil à l'université de Paris. Cet enseignement avait été interdit par le pape Honorius III le 11 mai 1219[2].

Adversaire passionné des huguenots, Le Tellier pousse Louis XIV à révoquer l'édit de Nantes. Quelques jours après, il meurt. Son tombeau est dans une chapelle de l'église Saint-Gervais (Paris).

Louis XIV a dit de lui : « Jamais homme n'a été de meilleur conseil en toutes sortes d'affaires. »[réf. souhaitée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Febvre, L'ascension d'une famille : les Le Tellier, Mélanges d'histoire sociale, volume 4, année 1943, p. 81-83
  2. a et b Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot ... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987, pp.  23-31 et 310
  3. a, b et c François Bluche, Louis XIV, Paris, Fayard, 1986.
  4. Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouange (1602-1663) est un cousin germain du père de Jean-Baptiste Colbert. En 1631, il est maître des comptes à la chambre des comptes de Paris, en 1631 conseiller d'État, en 1657 intendant en Lorraine, et en 1661 intendant en Picardie. Il épouse Claudine Le Tellier, sœur de Michel. Il en a : Édouard Colbert, marquis de Villacerf, Surintendant des Bâtiments du roi de 1690 à 1699 ; Jean-Baptiste-Michel Colbert, évêque de Montauban puis archevêque de Toulouse (cf. : Famille Colbert).
  5. Les chanceliers de France sous Louis XIV.

Articles connexes[modifier | modifier le code]