Michel Chasles

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Michel Chasles

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Michel Chasles (1793-1880)

Naissance 15 novembre 1793
Épernon (France)
Décès 18 décembre 1880 (à 87 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Champs Mathématiques
Institutions École polytechnique (1841-1851)
Faculté des sciences de Paris (1845-1880)
Diplôme École polytechnique
Renommé pour Relation de Chasles
Fonction harmonique (théorème de Chasles)
Distinctions Médaille Copley (1865), Commandeur de la Légion d'honneur en 1866, son nom est sur la Liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel

Compléments

Académie des sciences (1851), Royal Society (1854)

Signature

Signature de Michel Chasles

Michel Chasles, né le 15 novembre 1793 à Épernon (Eure-et-Loir) et mort le 18 décembre 1880 à Paris, est un mathématicien français. On lui doit d'importants travaux en géométrie projective, où il montra toute la richesse de la notion de rapport anharmonique, ainsi qu'en analyse harmonique, avec la représentation de certains potentiels.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Chasles, baptisé « Floréal » par ses parents, changea de prénom vers ses 16 ans. Le grand père de Michel Chasles (qui portait le même prénom) était un marchand de bois de construction dans la région de Chartres. Le père de Michel, Charles Henri, reprit ce riche commerce et y adjoignit une activité dans les travaux publics. Il fut membre du conseil général du département d'Eure-et-Loir et président du tribunal de commerce de Chartres. Son frère Pierre-Jacques-Michel Chasles, ancien chanoine de la cathédrale de Chartres, fut député à la Convention. Ce dernier eut comme fils, Philarète Chasles, professeur de langues et littératures étrangères au Collège de France et comme petit fils, Émile Chasles, professeur de littérature étrangère à la faculté des lettres de Nancy qui dédicaça un de ses livres à Michel Chasles, cousin de son père. Le frère de Michel, Henri Chasles, de deux ans son cadet, fut député-maire de Chartres et président du conseil général du département d'Eure-et-Loir[1].

Études[modifier | modifier le code]

Michel Chasles fait ses études secondaires tout d'abord au lycée de Chartres puis au Lycée impérial à Paris, avec son frère. Il étudie ensuite de 1812 à 1814 à l’École polytechnique. Il s'illustre durant la bataille de la barrière du trône le 30 mars 1814.

Carrière[modifier | modifier le code]

A la fin de sa scolarité il obtient une place dans le Génie mais préfère céder celle-ci au bénéfice d'un camarade d'origine modeste. Il retourne alors chez ses parents à Chartres et publie plusieurs articles dans la Correspondance de l’École polytechnique. En 1816 son père lui achète une charge d'agent de change à Paris. Il ne reprend qu'en 1828 ses publications scientifiques. En 1830 il répond à un concours de l'Académie de Bruxelles portant sur "l'examen philosophique des méthodes employées dans la géométrie récente et particulièrement de la méthode des polaires réciproques". Son mémoire est largement salué et fournira sept ans plus tard la substance de son premier ouvrage "Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie".

Du fait de la fortune de son père, Michel Chasles n'a pas besoin d'un emploi d'enseignant pour subvenir à ses besoins. Il accepte cependant en 1841, âgé de 48 ans, de devenir professeur de machines et d'hydraulique, d'astronomie et de géodésie à l’École polytechnique en remplacement de Félix Savary. Il occupera ce poste durant 10 ans. En 1851 la direction de l'école décide d'attribuer la partie du cours sur les machines au cours de mécanique. Chasles décide alors de démissionner. Hervé Faye le remplace en 1852 pour la géodésie, puis en 1854 le colonel Hossart et en 1855 le capitaine Laussedat.

En 1846, une chaire de géométrie supérieure est créée pour lui à la faculté des sciences de Paris (arrêté ministériel de nomination du 10 novembre 1846). Il inaugure son cours le 22 décembre 1846. Il est enfin élu en 1851, âgé de 58 ans, membre de l'Académie des sciences (en remplacement de Guillaume Libri), dont il était correspondant depuis 1839.

Michel Chasles est devenu membre étranger de la Royal Society le 15 juin 1854. Ses travaux de géométrie lui valurent la Médaille Copley en 1865.

Œuvre scientifique[modifier | modifier le code]

Son nom est attaché à la relation de Chasles, mais cette propriété était déjà utilisée longtemps avant lui. On lui doit aussi le théorème de Chasles, qui établit que toute fonction harmonique, c'est-à-dire toute fonction qui est une solution de l'équation de Laplace, peut se représenter par un potentiel de simple couche sur l'une quelconque de ses surfaces équipotentielles.

Il a inventé le terme homothétie, qu’il prononçait /omoteti/ au lieu de /omotesi/ comme aujourd’hui. Il travailla aussi sur les homographies et la géométrie projective. Il a introduit le rapport anharmonique appelé aussi birapport de 4 points alignés.

Travaillant sur les coniques (cf. son ouvrage de 1865), il démontre le résultat suivant : « Soient cinq coniques (ellipses, paraboles ou hyperboles) dans un plan ; il existe 3264 coniques tangentes à ces cinq-là » (ces coniques peuvent être réelles ou complexes)[2].

Historien des mathématiques, il publie en 1837 Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en Géométrie dans lequel il réévalue le rôle de François Viète dans la mise en place de l'algèbre moderne[3].

Une mystification[modifier | modifier le code]

Dans son Apologie pour l'Histoire[4], Marc Bloch rappelle une mésaventure humiliante survenue à Michel Chasles, éminent homme de sciences mais qui avait voulu se mêler d'histoire, un domaine où il n'entendait rien.

À partir de juillet 1867, le mathématicien présenta à l'Académie des sciences une série de lettres inédites prétendument de Pascal, que le faussaire Vrain-Lucas venait de fabriquer. Elles voulaient établir qu'avant Newton, l'auteur des Pensées avait découvert le principe de l'attraction universelle. Un savant anglais fit observer qu'on y trouvait des mesures astronomiques bien postérieures à la mort de Pascal. Approvisionné une nouvelle fois par Vrain-Lucas, Chasles montra alors des lettres où Galilée communiquait à Pascal les résultats de ses observations.

Le savant anglais remarqua cette fois que dans une lettre de 1641, Galilée se plaignait de sa mauvaise vue, alors qu'il était complètement aveugle depuis près de quatre ans. Surgit alors une nouvelle lettre, postérieure à la précédente et datée de décembre 1641, dans laquelle un autre savant italien apprenait à Pascal que Galilée, dont la vue n'avait cessé de baisser, avait fini par la perdre entièrement.

Ses collègues de l'Institut prirent la chose avec bonne humeur, mais à l'étranger — à Londres en particulier — on fit des gorges chaudes du manque d'esprit critique des scientifiques français. Quant à Chasles, il se montra désespéré de s'être fait ainsi mystifier. D'autant que, comme on l'apprit plus tard, il avait acheté à Vrain-Lucas d'autres lettres, d'Alexandre le Grand à Aristote, de Jules César à Vercingétorix, de César à Cléopâtre, toutes rédigées dans un faux vieux français. Chasles légua à sa mort sa collection à l'Institut, y compris les faux fabriqués par Vrain-Lucas. Il semblerait que s'il a admis que les documents relatifs à l'Antiquité étaient des faux, il n'aurait en revanche jamais été convaincu que la correspondance de Pascal était une forgerie. Les originaux des 27 000 faux documents ont été reliés en seul volume conservé dans les archives de la Bibliothèque nationale[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom est inscrit sur la tour Eiffel. La rue Michel-Chasles dans le 12e arrondissement de Paris porte son nom depuis 1900. Le collège d'Épernon porte son nom[6].

Divers[modifier | modifier le code]

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 17).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://gw.geneanet.org/gntstarchaslesf?lang=fr&p=floreal+michel&n=chasles&oc=0
  2. Étienne Ghys, « Trois mille deux cent soixante-quatre… », sur Image des Maths, CNRS
  3. Michel Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, M. Hayez, 1837, p 52 et suivantes.
  4. Texte en ligne. Cette mésaventure est au cœur de Mystification à l'Académie des Sciences de Jean-Paul Poirier, pour un public adolescent.
  5. Vrain-Lucas, l'intrépide, par Michel Braudeau, Michel Braudeau, Le Monde, 12 juillet 2005
  6. Site Officiel : http://www.michelchasles.eurelien.net/