Michel Callon

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Michel Callon

Naissance 1945
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions
Médaille d'argent du CNRS, 2007

Michel Callon (né en 1945) est un sociologue et ingénieur français. Depuis 1967, il est professeur à Mines ParisTech et chercheur au Centre de sociologie de l'innovation (CSI) qu'il a dirigé de 1982 à 1994[1]. Son domaine de recherches principal est les science and technology studies.

Biographie et travaux[modifier | modifier le code]

La sociologie de la traduction[modifier | modifier le code]

Auteur de contributions à la sociologie des sciences et des techniques, ses premiers travaux sont influencés notamment par la pensée de Michel Serres. Callon est aussi l'un des initiateurs, avec Bruno Latour, John Law et Madeleine Akrich de la Théorie de l'acteur-réseau (ou sociologie de la traduction) qu'il tente depuis quelques années d'appliquer à l'économie. C'est d'ailleurs lui qui a introduit le concept de « traduction » en sociologie, une notion développée en philosophie par Michel Serres (Hermès III. La traduction, Paris, 1974). C'est dans un article (« Éléments pour une sociologie de la traduction. La domestication des coquilles Saint-Jacques dans la Baie de Saint-Brieuc », 1986) que la notion de traduction, appliquée à l'analyse d'une controverse socio-technique, est discutée au même titre que le choix d'analyser symétriquement les humains et les « non-humains » (" actants ").

Les forums hybrides[modifier | modifier le code]

Les recherches récentes de Callon ont porté notamment sur les « forums hybrides » (Agir dans un monde incertain, 2001), espaces composites associant savants, experts, professionnels de la politique, citoyens, etc. autour de controverses socio-techniques (déchets nucléaires, sida, etc.). Il s'est également intéressé aux mouvements de malades dans un ouvrage publié en collaboration avec Vololona Rabeharisoa.

Performativité et économie[modifier | modifier le code]

Michel Callon a été le porteur d'une démarche originale consistant à étudier l'impact social des théories économiques. Dans la lignée de la théorie de l'acteur-réseau, cette influence est étudiée sous l'angle des dispositifs techniques dont l'élaboration est renseignée par les économistes pris au sens large : universitaires, designeurs de marchés, comptables, etc. Cette problématique prend place dans trois ouvrages collectifs : deux dirigés par Callon lui-même (The Laws of the Markets (1998), Market Devices (2007)), un par MacKenzie, Muniesa et Siu (Do Economists Make Markets? (2007)).

Associations et récompenses[modifier | modifier le code]

En 1998-1999, il a présidé la « 4S » (Society for Social Studies of Science)[1]. Il est également membre du comité d'orientation de la revue Cosmopolitiques.

En 2002, il a reçu le John Desmond Bernal Prize de la « 4S », un prix qui souligne son apport à la recherche sur l'aspect social des sciences et des technologies. En 2007, il obtient la médaille d'argent du CNRS[2] qui "distingue un chercheur pour l'originalité, la qualité et l'importance de ses travaux, reconnus sur le plan national et international"[3].

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'opération de traduction symbolique. Incidence des rapports sociaux sur le développement scientifique et technique, MSH, 1975.
  • « Éléments pour une sociologie de la traduction. La domestication des coquilles Saint-Jacques dans la Baie de Saint-Brieuc », dans L'Année sociologique, n°36, 1986.
  • (en) avec John Law et Arie Rip (éd.), Mapping the Dynamics of Science and Technology, MacMillan, 1986.
  • (dir.) La Science et ses réseaux. Genèse et circulation des faits scientifiques, Paris, La Découverte ; Unesco ; Strasbourg, Conseil de l'Europe, « Textes à l'appui. Anthropologie des sciences et des techniques », 1989. (ISBN 2-7071-1808-7) (textes de Michel Callon, John Law, Andrew Pickering, Peter Groenvegen et Arie Rip) Présentation en ligne
  • avec Bruno Latour (dir.), La Science telle qu'elle se fait. Anthologie de la sociologie des sciences de langue anglaise, Paris, La Découverte, « Textes à l'appui. Anthropologie des sciences et des techniques », 1991. (ISBN 2-7071-1998-9)
  • avec Jean-Pierre Courtial et Hervé Penan, La Scientométrie, Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 1993. (ISBN 2-13-045249-3)
  • avec Philippe Larédo et Philippe Mustar, La Gestion stratégique de la recherche et de la technologie. L'évaluation des programmes, Paris, Economica, « Innovation », 1995. (ISBN 2-7178-2853-2)
  • (en) (éd), The Laws of the Markets, Oxford, Blackwell, « Sociological review monograph series », 1998. (ISBN 0-631-20608-6)
  • Réseau et coordination, Economica, 1999.
  • avec Vololona Rabeharisoa, Le Pouvoir des malades. L'association française contre les myopathies et la recherche, Paris, Presses de l'École des mines, « Sciences économiques et sociales », 1999. (ISBN 2-911762-17-7)
  • avec Pierre Lascoumes et Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le Seuil, « La couleur des idées », 2001. (ISBN 2-02-040432-X)
  • avec Madeleine Akrich et Bruno Latour (éd.), Sociologie de la traduction : textes fondateurs, Paris, Presses des Mines, « Sciences sociales », 2006. Textes rassemblés par le Centre de sociologie de l'innovation, laboratoire de sociologie de l'École des mines. (ISBN 2-911762-75-4)
  • (en) avec Yuval Millo et Fabian Muniesa (éd.), Market devices, Oxford, Blackwell publications, « Sociological review monographs », 2007. (ISBN 978-1-4051-7028-4)
  • Sociologie des agencements marchands, Presses des Mines, 2013, (ISBN 978-2-35671-052-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir sa page personnelle sur le site du CSI.
  2. CNRS, « Médailles d'argent du CNRS - Les lauréats 2007 », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 21 février 2014)
  3. Voir son discours de réception sur le site du Centre de sociologie de l'innovation.