Michael Harrington

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Edward Michael Harrington (24 février 1928 - 31 juillet 1989) est un social démocrate, écrivain, activiste politique, professeur de science politique et chroniqueur radio américain.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Michael Harrington est né à Saint-Louis dans le Missouri. Il étudie à la Saint Louis University High School, au Collège de la Sainte-Croix, à l'Université de Chicago et à la Yale Law School. Jeune homme, il s'intéresse à la fois à l'idéologie de gauche et au catholicisme. Hésitant, il rejoint tout d'abord le Mouvement catholique ouvrier de Dorothy Day, un groupe pacifiste. Mais par-dessus tout, Harrington est un intellectuel. Il aime à débattre de la culture et de la politique, de préférence autour d'un verre, et son éducation de jésuite fait de lui un fin débatteur et rhétoricien. Harrington est le rédacteur en chef de The Catholic Worker de 1951 à 1953. Cependant, Harrington est déçu par la religion et, bien qu'il reste encore pour un temps attaché à la foi catholique, devient athée[1].

Engagement dans le socialisme[modifier | modifier le code]

Sa rupture avec la religion s'accompagne d'un intérêt croissant pour le marxisme et de la dérive du socialisme théorique. Après avoir quitté The Catholic Worker, Harrington devient membre de la Ligue Socialiste Indépendante, une petite organisation dirigée par le trotskyste Max Shachtman. Harrington et Shachtman pensent que le socialisme, promesse d'une société juste et véritablement démocratique, ne peut être réalisé sous un régime communiste autoritaire et font une critique féroce du "collectivisme bureaucratique" de l'URSS.

Harrington devient membre du Parti socialiste d'Amérique de Norman Thomas quand ce dernier fusionne avec et absorbe l'organisation de Shachtman. Harrington est favorable à la stratégie de réalignement de Shachtman de travailler avec le Parti démocrate plutôt que de faire concourir un candidat avec l'étiquette socialiste[2].

Figure socialiste[modifier | modifier le code]

Pendant cette époque, Harrington écrit The Other America : Poverty in the United States, livre qui un impact lourd sur l'administration Kennedy puis sur la War on Poverty (Guerre contre la pauvreté) de Lyndon B. Johnson. Harrington devient un intellectuel et écrivain politique très lu. Il participe fréquemment à des débats contre des conservateurs mais se heurte parfois à de jeunes radicaux des mouvements du New Left. Il est présent à la conférence des Students for a Democratic Society de 1960 qui aboutit au manifeste du Port Huron Statement dont Harrington juge le résultat final insuffisamment anti-communiste. Arthur M. Schlesinger considère Harrington comme étant le "seul radical responsable" d'Amérique, distinction un peu douteuse du reste de la gauche américaine. Harrington figure aussi en bonne place sur la Liste majeure des adversaires politiques de Nixon[3].

Au début des années 1970, Shachtman vire au libéralisme. Shachtman et une partie du Parti socialiste soutiennent la guerre du Viêt Nam et change le nom de l'organisation en Sociaux-démocrates, USA. En protestation, Harrington crée le Comité d'organisation Socialiste Démocratique réunissant nombre de socialistes de l'ère de Norman Thomas, jeunes activistes et ex-shachtmaniens. D'autre part, une petite faction rejoint l'activiste pacifiste David McReynolds, formant le Parti socialiste des États-Unis.

Au début des années 1980, le Comité d'organisation Socialiste Démocratique fusionne avec le Nouveau mouvement américain, une organisation de vétérans de New Left, pour créer les Socialistes démocrates d'Amérique. Cette organisation reste le principal parti américain appartenant à l'Internationale socialiste, organisation transnationale regroupant des partis politiques socialistes du monde entier comme le Parti social-démocrate suédois des travailleurs, le Parti social-démocrate d'Allemagne, le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua[4].

Académicien et intellectuel reconnu[modifier | modifier le code]

Harrington est nommé professeur de science politique au Queens College en 1972.

Il est aussi l'auteur de nombreuses contributions à la National Public Radio dans les années 1980[5].

Michael Harrington décède en 1989 d'un cancer. Selon le New York Times, il est sans doute le socialiste le plus connu des États-Unis en son temps[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Isserman, L'autre américain: la vie de Michael Harrington (New York: Public Affairs, 2000), p. 1-104.
  2. Isserman, L'autre américain, p. 105-174.
  3. Isserman, The Other American, p. 175-255; Michael Harrington, Fragments of the Century (1973).
  4. Isserman, The Other American, p. 256-363; Michael Harrington, The Long-Distance Runner (1988).
  5. Scott Sherman, "Good, Gray NPR," The Nation, May 5, 2005.
  6. Herbert Mitgang, "Michael Harrington, Socialist and Author, Is Dead," The New York Times, August 2, 1989, p. B10.

Livres de Michael Harrington[modifier | modifier le code]

Apparitions télévisuelles[modifier | modifier le code]

Michael Harrington apparait quelquefois dans la série Free to Choose, critiquant les théories du libre-marché de Milton Friedman.

Liens externes[modifier | modifier le code]