Michaël (film, 1924)

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Michaël est un film allemand réalisé par Carl Theodor Dreyer, sorti en 1924.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans la vaste demeure du peintre Claude Zoret, Michaël, son modèle préféré devenu son fils adoptif, montre à d'élégants invités un de ses tableaux. La princesse Zamikoff vient demander au maître de faire son portrait. Elle devient, par la suite, la séductrice du jeune Michaël. Le journaliste Switt tente d'instruire Claude Zoret de l'attitude de son protégé. Or, celui-ci, revenu au foyer, use de flatteries trompeuses pour emprunter au peintre de fortes sommes d'argent ; plus tard, il lui volera même une de ses œuvres les plus remarquables. Zoret finira par lui pardonner et en fera son légataire universel. Gravement malade, Claude Zoret s'éteindra dans une profonde solitude, le cœur certes déçu mais encore plein d'indulgence.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le film est une adaptation fidèle du roman éponyme de l'écrivain danois Herman Bang, qui, pour le personnage de Zoret, pensait à Auguste Rodin et à Claude Monet[1]. L'œuvre avait déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique, réalisée par le cinéaste suédois Mauritz Stiller en 1916 et nommée Les Ailes (Vingarne). Longtemps introuvable, le film de Dreyer fut retrouvé dans les années 1950 à Berlin. Dénué de personnages de femmes souffrantes, lesté tout autant de figures autoritaires, Michaël occupe une place singulière et originale dans la création du maître danois. Si le film constitue, à l'instar du roman, une méditation philosophique sur les rapports entre la création artistique et la vie, il semblerait, comme l'indique Maurice Drouzy, dans son ouvrage consacré au cinéaste, qu'il traite également de « l'ingratitude d'un fils adoptif ». Drouzy, comparant l'œuvre et le destin personnel du cinéaste, y verrait, pour sa part, « l'expression d'un repentir tardif et Michaël apparaîtrait alors comme le film de la réparation posthume »[2].

Le rôle de Claude Zoret fut confié au réalisateur danois Benjamin Christensen, auteur de La Sorcellerie à travers les âges (1923).

Commentant son film, Dreyer écrit : « Au cours de la réalisation de ce film j'appris à faire ce qu'il fallait pour que le jeu des acteurs soit juste, soit senti. Je découvris qu'il existait une différence de nuance entre un jeu élaboré sous le contrôle de l'intelligence — et un jeu senti au cours duquel l'acteur était parvenu à éliminer tous les sentiments qui n'étaient pas exigés par la scène. […] Je compris que le metteur en scène devait diriger (l'acteur) vers le but — à savoir […] stopper le raisonnement et ouvrir son cœur. C'est ce qu'on appelait jadis entrer dans la peau d'un rôle. »[3].
Toujours selon Dreyer : « L'action se situe à une époque où la fougue et l'exagération étaient de mise et où les sentiments étaient volontiers exacerbés ; époque d'une certaine manière très fausse, ce qui se voit dans la décoration, avec tous ces intérieurs outrageusement surchargés. »[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Sémolué, Carl Theodor Dreyer, le mystère du vrai, Cahiers du cinéma/auteurs, 2005.
  2. Maurice Drouzy : Carl Theodor Dreyer, né Nilsson, Éditions du Cerf, Paris, 1982
  3. Carl Theodor Dreyer : Réflexions sur mon métier, Cahiers du cinéma/Éditions de l'Étoile, 1983
  4. C. T. Dreyer : op. cité.

Lien externe[modifier | modifier le code]