Miangas

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Miangas
Pulau Miangas (id)
Géographie
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Archipel Insulinde
Localisation Mer de Célèbes et mer des Philippines (océan Pacifique)
Coordonnées 5° 34′ 02″ N 126° 34′ 54″ E / 5.567222, 126.5816675° 34′ 02″ N 126° 34′ 54″ E / 5.567222, 126.581667  
Superficie 3,2 km2
Administration
Province Sulawesi du Nord
Kabupaten Îles Talaud
Démographie
Population 797 hab. (2010)
Densité 249,06 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+8

Géolocalisation sur la carte : Indonésie

(Voir situation sur carte : Indonésie)
Miangas
Miangas
Îles d'Indonésie

Miangas, en indonésien Pulau Miangas, anciennement La Palmas, est une île frontalière d'Indonésie située dans la mer de Célèbes et la mer des Philippines, entre les îles Talaud au sud et les Philippines au nord-ouest. Administrativement, elle appartient au kabupaten (département) des Îles Talaud.

Population[modifier | modifier le code]

Les habitants de Miangas parlent un dialecte de la langue talaud, qui fait partie du sous-groupe sangirien au sein du groupe philippin des langues malayo-polynésiennes.

Economie[modifier | modifier le code]

Située à 320 milles marins de Manado, la capitale provinciale de Sulawesi du Nord, Miangas est laissée pour compte. Les habitants de l'île vivent essentiellement de la pêche.

Transport[modifier | modifier le code]

On se rend à Miangas par bateau deux fois par mois depuis l'île de Nanusa, en passant par les îles de Tahuna, Siau et Lirung. On rejoint Nanusa par avion depuis Manado. La construction d'un aéroport est prévue[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les traditions locales, plusieurs principautés ont existé dans la région, y compris dans les îles Talaud. Les îles de Sangir, Talaud et Sitaro appartenaient à deux royaumes, Tabukan et Kalongan. Pour justifier leur souveraineté sur Miangas, les Hollandais arguaient du fait qu'elle avait été sous la domination des princes de Sangir[2].

En fait, on ne sait pas exactement qui sont les premiers Européens à avoir repéré l'île. Dans ses relations de voyage, le navigateur espagnol García Jofre de Loaísa dit l'avoir aperçue en octobre 1526. L'île apparait sur des cartes européennes, dont néerlandaises, datant de 1554, 1558, 1590 et 1595/1596 sous les noms de « Ilha das Palmeiras » ou encore « I. das Polanas » et « I. das Palmas ». Le fait que les cartes néerlandaises indiquent le nom portugais de l'île semble confirmer, selon la Cour permanente d'arbitrage, que l'Empire espagnol (qui comprenait de 1581 à 1640 l'Union ibérique) aient été les premiers Européens à l'avoir repérée[3].

Traité de Münster[modifier | modifier le code]

Article connexe : Traité de Münster.

Affaire de l'île de Palmas[modifier | modifier le code]

Prémisses[modifier | modifier le code]

Le , l'Espagne et les États-Unis signent à Paris un traité de paix par lequel la première cède les Philippines aux seconds. En 1899, le royaume des Pays-Bas, la puissance coloniale qui contrôle les Indes orientales néerlandaises situées immédiatement au sud des Philippines, est informé du traité. Il ne fait alors aucune observation sur la délimitation des territoires respectifs.

En 1906, un fonctionnaire américain se rend sur Miangas, appelé alors La Palmas, et constate que l'île est considérée par les Pays-Bas comme partie de leur colonie.

Recours à la Cour permanente d'arbitrage : détermination de la souveraineté[modifier | modifier le code]

Les États-Unis notifient alors aux Pays-Bas leur revendication sur la souveraineté de l'île en invoquant la cession des Philippines par l'Espagne. Le gouvernement néerlandais rétorque en affirmant sa souveraineté sur l'île et proclame qu'il y exerce son autorité depuis plus de 200 ans. Via un recours à la Cour permanente d'arbitrage, l'affaire est soumise à un tribunal d'arbitrage, comportant notamment le juge suisse Max Huber. La sentence, décision dite de l'« Île des Palmes », est prononcée le et attribue Miangas aux Pays-Bas[4].

C'est l'affaire de l'île de Palmas qui va habiliter les États titulaires de la souveraineté à repousser toute atteinte portée à leur assise spatiale, au nom du droit à l'intégrité territoriale.

Depuis l'indépendance de l'Indonésie[modifier | modifier le code]

En 2009, le gouvernement des Philippines publie une carte touristique incluant Miangas, entraînant une réaction de celui de l'Indonésie qui a rappelé que Miangas avait été enregistrée auprès des Nations Unies comme une de ses îles frontalières[5].

Armée[modifier | modifier le code]

Un détachement de 10 Marinir (fusiliers marins) stationne à Miangas[6]. Ils mènent des patrouilles conjointes avec les Marines philippins.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Karel A. Polakitan, "Dishubkominfo: Bandara Miangas buka akses ekonomi" ("Le service provincial des transports : l'aéroport de Miangas ouvrira l'accès économique"), manado.antaranews.com, 30 septembre 2013
  2. M. P. H. Roessingh, "Dutch relations with the Philippines:a survey of sources in the General States Archives, The Hague, Netherlands",Asian Studies 5, No. 2, pp. 377-407
  3. Affaire de l'île de Palmas 1928, p. 15
  4. Affaire de l'île de Palmas 1928
  5. Edwin Espejo, "Miangas: Flashpoint island between RP and Indonesia", asiancorrespondent.com, 2 septembre 2010
  6. Monalisa, "Miangas, yang terdepan yang tertinggal" ("Miangas, en première ligne et laissée pour compte"), www.antaranews.com, 22 mai 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]