Meyrueis
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| Meyrueis | |
| Pays | |
|---|---|
| Région | Languedoc-Roussillon |
| Département | Lozère |
| Arrondissement | Florac |
| Canton | Meyrueis (chef-lieu) |
| Code Insee | 48096 |
| Code postal | 48150 |
| Maire Mandat en cours |
Denis Bertrand[1] 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Vallée de la Jonte |
| Latitude Longitude |
|
| Altitude | 611 m (mini) – 1 562 m (maxi) |
| Superficie | 104,68 km² |
| Population sans doubles comptes |
904 hab. (2006) |
| Densité | 8 hab./km² |
Meyrueis est une commune française, située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Meyrueisiens.
Sommaire |
[modifier] Géographie
Meyrueis est située exactement entre les contreforts du mont Aigoual au sud et le causse Méjean au nord, à proximité immédiate du parc national des Cévennes. La ville marque la frontière entre la zone géographique des grands Causses (causses Noir et Méjean séparés par les gorges de la Jonte) et celle des Cévennes.
[modifier] Histoire
Les premières traces d'habitat permanent dans le vallon de Meyrueis remontent à la fin de la préhistoire. L'agglomération apparaît aux alentours du début de notre ère. Une campagne de fouilles, menée dans les années 1980 au quartier du Claouset a permis d'identifier un groupe d'habitations autour d'un monument public (temple ou basilique civile ?) datables du Ier siècle. D'autres vestiges de la même époque jalonnent toute la vallée. À la chute de l'Empire romain, les vallées de Meyrueis formant la limite nord-ouest de la « civitas » (territoire administratif) de Nîmes, furent incluses dans le royaume des Wisigoths. Au VIIIe siècle lors de l'invasion musulmane en Espagne, ce royaume disparut et sa partie gauloise, la Septimanie, intégra l'empire carolingien. Au Xe siècle, la puissante famille d'Anduze, descendants des derniers comtes wisigoths de Nîmes, régnait sur toute la région. Meyrueis est déjà un lieu d'échanges entre Causses et Cévennes ; placée dans la province du Languedoc, sur les frontières du Gévaudan et du Rouergue, elle dispose dès 1033 d'un marché hebdomadaire. Le château des barons domine toute la vallée. En 1034, les moines bénédictins de la grande abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert) reçoivent en donation l'église Saint-Pierre, qui devient le siège d'un prieuré. En 1058, c'est au tour du puissant monastère Saint-Victor de Marseille de s'installer dans la vallée, par l'acquisition de l'église Saint-Martin-des-Ayres (à 1 km à l'est de la ville). Quelques décennies plus tard, les Hospitaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (aujourd'hui Ordre de Malte) créent dans la cité un hôpital et une église, dédiés à saint Jean. Parallèlement, l'essor économique s'accroît. En 1229, les bourgeois de la ville obtiennent une charte de franchises qui consacre une large autonomie à la cité : un « sendic-majer »[Quoi ?] assisté d'un conseil de 13 membres gère la cité. Trois foires annuelles sont instituées, dont la « Saint Michel » qui dure dix jours fin septembre (cette foire existe toujours, fixée au dernier dimanche de septembre). Malgré les soubresauts de l'histoire (croisade contre les cathares, guerre de Cent Ans, pestes et famines, etc.) la cité poursuit son essor. En 1559, la municipalité gérée depuis 1432 par deux consuls décrète l'adoption de la Réforme calviniste. Dès le déclenchement des troubles, les communautés religieuses catholiques sont dissoutes et les églises ruinées. La célébration du culte catholique s'interrompt de 1560 à 1620. La population qui dépasse alors les 2 000 habitants est toute protestante. Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle, avec la création d'une communauté de Jésuites qui reconstruisent l'église Saint-Pierre et créent un collège dans l'ancien prieuré, pour que la religion catholique se rétablisse définitivement. La révocation de l'Édit de Nantes en 1685, vit la destruction du temple protestant édifié dans la Grand'rue de la Ville vers 1580. La guerre des Camisards affecta la région entre 1702 et 1705, puis tout au long du XVIIIe siècle, la communauté protestante mena une résistance opiniâtre face aux persécutions royales.
Économiquement, à côté de sa vocation de place d'échanges, Meyrueis devint à partir du XVe siècle un centre de travail de la laine. De nombreux cardeurs, tisserands et autres fileuses traitaient les toisons des brebis caussenardes. Au XVIe siècle, émerge une nouvelle profession : les chapeliers. Leur nombre ne cessa de progresser pour atteindre un maximum de 17 ateliers au milieu du XIXe siècle. Ils produisaient, à partir d'un feutre, issu d'un mélange de laine fine et de « bourrette de soie » (déchets nobles du filage des cocons), des milliers de couvre-chefs vendus dans tout le Languedoc et en Provence (les gardians de Camargue affectionneront ce type de chapeaux, notamment le grand poète provençal Frédéric Mistral qui en portait toujours). La Révolution de 1789 plaça Meyrueis dans le nouveau département de la Lozère, rompant ainsi des liens multi-séculaires avec le diocèse de Nîmes. Le XIXe siècle vit un apogée dans l'industrie, avec 17 chapelleries, quatre filatures de laine et de bourrette de soie, plusieurs tanneries, des moulins un commerce actif et une multitude de petits métiers. Mais après 1880, l'isolement géographique aggravé par l'absence de routes et de chemin de fer, le début de l'exode vers les grandes villes eurent raison de ce dynamisme. Heureusement, vers 1880, nait le tourisme. Sous l'impulsion d'Édouard-Alfred Martel, explorateur de la région et père de la spéléologie moderne et du Club Cévenol, est créé en 1893 le syndicat d'initiative, ancêtre de l'actuel office du tourisme. Ce secteur d'activité constitue aujourd'hui la ressource principale de la cité, qui est devenue la première station du département de la Lozère en terme de capacité d'accueil. Après un déclin démographique marqué, les années 1990 ont vu une reprise, certes modeste, mais régulière. Quelques entreprises, plusieurs structures d'accueil (3e âge, handicapés) et deux collèges procurent un volant d'emplois qui permettent d'envisager l'avenir sous un jour plus serein.
[modifier] Étymologie
L'étymologie de Meyrueis provient certainement du fait la ville est située au confluent de plusieurs cours d'eau. C'est-à-dire là où ils se mélangent : de mesclar: (mélanger) + rius (cours d'eau) en occitan.
[modifier] Héraldique
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Le blasonnement de Meyrueis est : d'azur au lion d'or, lampassé et armé de gueules, tenant de sa patte senestre une lettre M onciale d'argent.Citées pour la 1° fois en 1402, les armes de la ville sont confirmées par un certificat d'authentification signé de Charles d'Hozier, garde général de l'Armorial de France en septembre 1697 |
[modifier] Administration
| Liste des maires de Meyrueis | ||||
| Période | Identité | Parti | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1996 | 2001 | Jean-Paul Pottier | UMP | Notaire |
| 2001 | Denis Bertrand | PS | Conseiller général | |
[modifier] Démographie
[modifier] Monuments et lieux touristiques
[modifier] Bâtiments et lieux publics remarquables
Au temps médiéval, Meyrueis avait son château. Il se trouvait sur le rocher dominant la ville. Siège d'une puissante baronnie qui s'étendait depuis le causse Méjean jusqu'à la haute vallée du fleuve Hérault, le château appartenait dès le Xe siècle à l'importante famille d'Anduze. Au gré des mariages et des générations, la baronnie passa aux Roquefeuil (apparentés aux Guilhem de Montpellier et aux comtes de Barcelone), puis aux comtes de Rodez, à ceux d'Armagnac avant d'échoir à la famille d'Albret. Jehanne d'Albret, reine de Navarre légua le château à son fils Henry de Bourbon, qui, devenu Henry IV, unit ses possessions au domaine de la Couronne de France. Plusieurs fois attaqué pendant la guerre de Cent ans par les routiers qui écumaient la région, le château de Meyrueis vécut son dernier siège en 1628. Depuis 1620, les villes protestantes du Languedoc (dont Meyrueis faisait partie) et de l'ouest étaient en guerre avec Louis XIII qui cherchait à vider l'Édit de Nantes de sa teneur. Le duc Henry de Rohan, chef militaire des révoltés vint en mai 1628, mettre le siège devant le château, qui, tenu par une garnison fidèle au roi, menaçait la ville qui était en révolte. Au bout de trois semaines de blocus, les 130 soldats royaux capitulèrent, laissant le château aux mains du duc. Mais ce succès fut de courte durée. En 1629, Rohan fut défait et la roi put sceller la paix par la « Grâce d'Alès ». Cet édit, donné en 1630, amnistiait les rebelles mais ordonnait la destruction de leurs fortifications. La démolition du château et des deux portes principales de la cité eut lieu en 1632. Les derniers vestiges importants du château furent détruits en 1875, lors de la construction de la chapelle Notre-Dame du Rocher qui occupe l'emplacement du fort. Le château de Roquedols, situé à 2 km au sud de la ville, date des années 1535-1540. Il fut édifié à l'emplacement d'une maison forte citée dès le XIVe siècle, pour Hérail de Pagès, sire de Pourcarès, qui s'illustra plus tard en tant que capitaine huguenot pendant les guerres de religion. En 1604, le roi Henry IV érigea la terre de Roquedols en baronnie pour remercier les Pagès Pourcarès de leur fidélité à sa cause au cours des conflits. En 1715, le château passa à la famille Dupont de Bossuges. Vers 1880, à l'extinction de cette lignée, le château fut racheté par une famille de banquiers de Montpellier, les Dol, tandis que le reste du domaine était livré à la surexploitation forestière. Ruinés, les Dol dispersèrent une partie du mobilier avant de vendre la bâtisse qui fut acquise par le service des Eaux et Forêts (aujourd'hui ONF) qui avaient déjà repris les terres du domaine. Le château devint résidence de vacances des conservateurs généraux du service. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le château abrita une partie des collections du musée Fabre de Montpellier. Depuis 1970, le château et ses abords immédiats ont été confiés à la gestion du parc national des Cévennes. Malheureusement, depuis 2006, pour des raisons de sécurité (vétusté des installations électriques), le bâtiment n'est plus ouvert au public. L'accès du parc et des jardins demeure libre. Le bâtiment se présente comme un vaste quadrilatère de grès ocre, cantonné de tours, organisé autour d'une cour d'honneur. Un monumental escalier à balustres en fer à cheval, remplacé au temps des Dol par un perron de style « troubadour » donnait accès à cet espace. À l'intérieur un superbe escalier en pierre à double volée et plafond à caissons sculptés, de pur style Renaissance distribue les étages ; quelques beaux meubles de haute époque et tapisseries ont échappé à la vente.
La ville de Meyrueis conserve des vestiges de ses fortifications. La tour de l'Horloge, reconstruite en 1568 sur des bases médiévales, cantonne l'enceinte au confluent de la Jonte et du Bétuzon. Restaurée après un incendie en 1897, cette tour porte l'horloge communale depuis le XIVe siècle. Un campanile de ferronnerie la surmonte. Il renferme une cloche de belles proportions, datée de 1634. Achetée à mi-frais par la municipalité et l'église protestante, elle servait à marquer les heures, convoquer le conseil communal, donner l'alerte et, jusqu'en 1685, appeler les gens au culte. Elle rythme toujours les heures de la ville. Près de là s'ouvrent les deux portes des remparts qui ont subsisté à la destruction. La porte Méjeane (du milieu) et le portal du Prieirou (prieuré) donnent toujours accès au quartier médiéval appelé « la Ville ». Quelques vestiges du quartier juif du Moyen Âge, les restes du temple du XVIe siècle mais surtout une belle série d'hôtels particuliers du XVIe au XVIIIe siècle jalonnent les rues. Citons notamment la « maison du Viguier » du XVIe avec plusieurs fenêtres à meneaux remarquables, les hôtels de Bragouse-Saint-Sauveur, de Thomassy, Cavalier ou Joly de Morey.
[modifier] Bâtiments religieux
Le passé religieux mouvementé est inscrit dans le patrimoine de Meyrueis.
L'église Saint-Pierre fut édifiée en 1663, sur l'emplacement d'une autre église de style roman, détruite pendant les guerres de religion du XVIe siècle. Ce sanctuaire est typique des églises de la Contre-Réforme catholique : vaste nef propice à la prédication, chapelles latérales donnant directement sur la nef centrale, chœur surélevé et aussi large que la nef de façon à être vu de tous les coins de l'église. Saint-Pierre fut agrandie en 1857 par l'adjonction d'un chevet pentagonal de vastes proportions et de deux chapelles latérales supplémentaires. À l'extérieur, la façade présente pour tout décor, un grand portail à pilastres sommé d'un tympan en courbe, surmonté d'un simple occulus. Un fronton triangulaire couronne l'ensemble, conférant à cette façade une austère beauté. Un haut clocher, affublé en 1848 d'une flèche pyramidale disproportionnée, en remplacement d'un toit en terrasse à balustrade, est accolé au sud de l'édifice. Il sert de transition avec l'ancien prieuré jouxtant le sanctuaire.
Le temple protestant, édifié entre 1837 et 1842, se présente comme une vaste rotonde octogonale, couverte d'un toit de lauzes à huit pans, précédée d'un parvis couvert et surmontée d'un petit clocher en arcade. À l'intérieur, l'espace se répartit en un octogone couvert d'une coupole côtelée en lambris, circonscrit par une galerie à deux étages superposés, ajourée de larges fenêtres en plein centre.De puissants piliers en bois soutiennent la coupole qui culmine à 18 mètres de hauteur. Les lignes sobres et élancées, les proportions équilibrées des volumes confèrent à l'ensemble une impression de belle harmonie. L'utilisation massive du bois procure à ce temple une excellente acoustique, qui est d'ailleurs recherchée par les artistes de haut niveau qui s'y produisent chaque année, lors des concerts estivaux. L'assemblée s'organise en hémicycle, centré sur une chaire monumentale en bois de noyer, fixée sur l'un des murs, face à l'entrée principale. Cet édifice, constituant un élément important de l'architecture protestante en Languedoc-Roussillon, est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis septembre 2008.
[modifier] Musées
Il n'y a pas de musées à Meyrueis mais un atelier de fabrication de santons peut être visité.
[modifier] Autres
- L’aven Armand, une grotte découverte par Louis Armand le 19 septembre 1897
- La grotte de Dargilan, surnommée « la grotte Rose »

