Meurtre de Junko Furuta

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le meurtre de Junko Furuta (女子高生コンクリート詰め殺人事件 , Joshikōsei konkurīto-zume satsujin-jiken) est une affaire criminelle dans laquelle une jeune fille japonaise, Junko Furuta, (古田順子, Furuta Junko), âgée de 16 ans à l'époque, fut assassinée. Ce sinistre crime a atteint un haut niveau de notoriété au Japon.

Le crime[modifier | modifier le code]

En novembre 1988, Hiroshi Miyano (宮野裕史, "Garçon A", qui avait alors 18 ans), Yuzuru Ogura (小倉譲, "Garçon B", alors 17 ans)[1], Nobuharu Minato (湊伸治, "Garçon C", 16 ans à l'époque) et Yasushi Watanabe (渡邊恭史, "Garçon D", 17 ans) venant tous de Tokyo, enlevèrent Furuta, une jeune lycéenne (second year high school (grade 11)) étudiante dans la préfecture de Saitama à Misato, pendant 44 jours. Ils la gardèrent captive dans la maison appartenant aux parents de Nobuharu Minato.

Pour prévenir un éventuel avis de recherche, Miyano força Furuta à appeler ses parents et à leur faire croire à une fugue, prétendant qu'elle était avec un "ami", qu'il n'y avait aucun danger. Il la menaça également pour qu'elle se fasse passer auprès des parents chez qui ils se trouvaient pour la petite-amie d'un des garçons. Mais quand ils comprirent que les parents n'appelleraient pas la police, il laissa tomber ce prétexte. Furuta essaya de s'échapper à plusieurs reprises, suppliant les parents plus d'une fois de l'aider, mais ils n'en firent rien, apparemment terrifiés par l'idée que Miyano pourrait leur faire payer. Miyano était à cette époque un leader Yakuza de bas niveau et il avait menacé d'utiliser ses contacts pour tuer quiconque interfèrerait.

Selon leurs déclarations et leur procès, chacun des quatre garçons l'a violée (plus de 105 fois par près d'une centaine de personnes[2]), battue avec une barre en forme de voiture de fer et des clubs de golf, introduit des objets inconnus comprenant une ampoule électrique brûlante dans son vagin qui a ensuite éclaté[2], une barre de fer et une bouteille, des ciseaux et des brochettes de poulet rôti, l'a fait manger des cafards et boire sa propre urine, a inséré des pétards dans son anus et les a allumés ; ils ont forcé Furuta à se masturber, coupé ses tétons avec des pinces, ont mis des haltères sur son ventre, l'ont pendue au plafond et utilisé son corps comme punching ball, lui ont cloué des dizaines d'aiguilles à coudre dans les seins, ont frappé son visage sur le sol en ciment, l'ont mis dans un congélateur pendant des heures et l'ont brûlée avec des cigarettes, de la cire et des briquets (une des brûlures était une punition pour avoir essayé d'appeler la police). Au bout d'un moment, ses blessures étaient tellement graves que selon l'un des garçons, cela lui prenait plus d'une heure pour ramper en haut des escaliers afin d'utiliser les toilettes. Ils ont également mentionné que « probablement une centaine de personnes différentes » savaient que Furuta avait été emprisonnée là-bas, mais n'ont pas été clairs sur le fait que cela signifie qu'ils sont entrés dans la maison plusieurs fois pendant qu'elle était emprisonnée, ou qu'ils ont eux-mêmes abusé d'elle. Quand les garçons refusèrent de la laisser partir, elle les supplia à plusieurs occasions de « (la) tuer et d'en finir avec tout ça ».

Le 4 janvier 1989, se servant du prétexte d'avoir perdu à une partie de mah-jong, les quatre garçons la battirent avec une barre de fer, ont couvert d'un liquide combustible ses jambes, ses bras, son visage et son ventre, et l'ont mise en feu. Elle trouva la mort plus tard dans la journée. Les quatre garçons ont déclaré ne pas avoir remarqué à quel point elle était blessée, et qu'ils pensaient qu'elle ne faisait que se plaindre, qu'elle faisait semblant.

Les tueurs cachèrent son corps dans un bidon de 55 gallons avec du ciment; les auteurs du crime placèrent le container dans un trou recouvert de terre à Koto, Tokyo.

L'arrestation et la peine[modifier | modifier le code]

Les garçons furent arrêtés et jugés en tant qu'adultes; mais, à cause des procédures japonaises concernant les crimes commis par des mineurs, leurs identités ne furent pas révélées par le tribunal. Cependant, un hebdomadaire "Shukan Bunshun" dévoila leurs vrais noms, prétextant "Les droits de l'Homme ne sont pas valables pour des brutes." Le vrai nom de Furuta et les détails de sa vie personnelle furent révélés exhaustivement dans les médias. Ogura(Kamisaku) fut jugé en tant que sous leader, du moins selon le tribunal officiel.

Les quatre garçons ont plaidé coupable pour la charge réduite d'avoir "commis des blessures corporelles ayant causé la mort", plutôt qu'un meurtre. Les parents du Miyano vendirent leur maison pour environ 50 millions de yens et payèrent une compensation à la famille de Furuta.

Pour sa participation au crime, Kamisaku fit 8 ans de prison juvénile avant d'être relâché, en août 1999. En juillet 2004, il fut arrêté pour avoir agressé une connaissance, qu'il pensait être en train d'éloigner sa petite amie de lui, et s'est prétendument vanté de ses anciens crimes. Kamisaku a été condamné à 7 ans de prison pour le passage à tabac.

Les parents de Junko furent consternés par les sentences que les assassins de leur fille reçurent, et engagèrent des poursuites contre les parents du garçon dans la maison desquels les crimes furent commis. Quand quelques-unes des condamnations furent renversées compte tenu des preuves physiques problématiques (la semence et les poils pubiens découverts sur le corps ne correspondaient pas à ceux des garçons qui avaient été arrêtés), l'avocat s'occupant des poursuites décida qu'il n'y avait pas de procès à faire et refusa de les représenter plus longtemps. (Il reste un doute que la preuve ait été contaminée -par exemple par l'une des personnes non-identifiées qui ont violé Furuta.)

Média[modifier | modifier le code]

L'affaire fit l'objet d'une attention nationale envers les jugements et la réhabilitation des délinquants juvéniles, surtout dans le contexte de jeunes jugés en tant qu'adultes, et fit sensation dans les médias.

Au moins deux livres japonais furent écrits à propos de l'incident.

Un film d'exploitation, Joshikōsei konkurīto-zume satsujin-jiken (女子高生コンクリート詰め殺人事件 : Concrete-Encased High School Girl Murder Case), fut tourné par le réalisateur Katsuya Matsumura en 1995. Yujin Kitagawa (plus tard membre du duo musical Yuzu) joua le rôle du principal coupable dans le film. Un autre film, Concrete (コンクリート , AKA Schoolgirl in Cement), mis en scène par Hiromu Nakamura, fut tourné en 2004 et basé sur l'un des livres écrits sur l'incident, puis un autre, Shônen no hanzai, basé sur l'affaire.

En 2006, le groupe de Visual Kei japonais the GazettE sortit une chanson sur leur album NIL, appelée Taion/体温 (Température corporelle) ; la chanson est un hommage à la jeune fille.

Les Histoires Vraies Modernes du Bizarre de Waita Uziga reprennent cette histoire : L'étudiante dans le Béton est basé sur l'affaire du meurtre de Junko Furuta.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Il changea son nom à Jo Kamisaku (神作譲), donc "Kamisaku" était le nouveau nom de famille qu'il prit après avoir été relâché de prison, et "Jo" est l'autre façon de lire la lettre "譲"
  2. a et b http://bajoelestigmadelquintoinfierno.blogspot.com/2010/03/junko-furuta.html