Metropolis (film, 1927)
Metropolis
Timbre commémoratif allemand de 1995
| Titre original | Metropolis |
|---|---|
| Réalisation | Fritz Lang |
| Sociétés de production | Giorgio Moroder Erich Pommer |
| Pays d’origine | |
| Genre | Science-fiction |
| Sortie | 1927 |
| Durée | 150 minutes (145 minutes pour la version restaurée de 2010)[1],[2] (120 minutes pour la version expurgée) |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Metropolis est un film expressionniste produit pendant la courte période de la République de Weimar. Réalisé en 1927 par le réalisateur autrichien Fritz Lang, le film est muet et en noir et blanc.
Sommaire |
[modifier] Synopsis
Metropolis est une mégapole divisée en une ville haute, où vivent les familles dirigeantes, dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement, et une ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville.
Maria (Brigitte Helm), une femme de la ville basse, essaie de promouvoir l'entente entre les classes, et emmène clandestinement des enfants d'ouvriers visiter la ville haute ; le groupe se fait repousser par les forces de l'ordre, mais Freder Fredersen (Gustav Fröhlich), le fils du dirigeant de Metropolis, tombe amoureux d'elle. En descendant dans la ville basse pour la retrouver, il voit un ouvrier épuisé défaillir à son poste de travail, le rythme imposé par les machines étant trop élevé, une violente explosion se produit sur la « machine M », tuant des dizaines de travailleurs. Dans la fumée, Freder voit la machine M se transformer en Moloch, une divinité monstrueuse à laquelle les travailleurs infortunés sont sacrifiés.
Freder se rend chez son père, Johhan « Joh » Fredersen (Alfred Abel), pour le mettre au courant des conditions extrêmement pénibles dans lesquelles travaillent les ouvriers et lui demande d'améliorer cela. Voyant qu'il ne peut convaincre son fils des bienfaits de cette société ségrégatrice, Johhan le fait suivre par un espion.
Freder retourne dans la ville basse où, voyant un ouvrier au bord de l'épuisement, il persuade celui-ci d'échanger leurs vêtements et de le remplacer à la machine, tandis que l'ouvrier, Georgy, matricule 11811, monte à la ville haute où il goûtera aux plaisirs de la vie. Après une pénible journée de travail, Freder se rend dans des catacombes à une réunion secrète en suivant un plan trouvé dans une poche des vêtements de l'ouvrier qu'il a remplacé. Là, il découvre Maria en train de s'adresser aux ouvriers et d'annoncer l'arrivée d'un médiateur qui apportera l'égalité entre les habitants des villes haute et basse.
Entre-temps, Joh reçoit des plans trouvés dans les poches d'ouvriers morts au travail et se rend chez Rotwang, l'inventeur du monstre machine qui fait fonctionner toute la ville, qui lui indique qu'il s'agit du plan qui mène aux catacombes où se tient la réunion secrète. Joh épie la réunion sans reconnaître son fils parmi la foule. Craignant la menace, Joh ordonne à Rotwang de façonner un robot à l'image de Maria afin de semer le chaos parmi les ouvriers. Mais ce que Joh ignore, c'est que Rotwang a d'autres plans…
[modifier] Accueil
H. G. Wells voit dans Métropolis un «ramassis d'à peu près tous les clichés, sottises et platitudes possibles»[3].
[modifier] Fiche technique
- Titre : Metropolis
- Réalisation : Fritz Lang
- Scénario : Fritz Lang et Thea von Harbou, adapté du roman Metropolis de Thea von Harbou
- Costumes : Aenne Willkomm
- Département art : Otte Hunte, Erich Kettelhut, Walter Schulze-Mittendorff, Karl Vollbretch, Edgar G. Ulmer
- Décors : Willy Muller
- Effets spéciaux : Ernst Kunstmann, Konstantin Irmen-Tschet, Erich Kettelhut
- Consultant technique : Erich Kettelhut
- Photographie : Karl Freund et Günther Rittau
- Musique : Gottfried Huppertz
- Production : Erich Pommer pour UFA (Universum-Film AG), Berlin
- Pays d'origine : Allemagne
- Langue : allemand
- Format : Noir et blanc - 1,33:1 -35mm
- Genre : Science-fiction / Fantastique
- Courant: expressionnisme allemand
- Durée : 150 minutes (145 minutes pour la version restaurée de 2010)[1],[2] (120 minutes pour la version expurgée)
- Longueur : 4189m raccourci à 3241m en août 1927
- Date de sortie :
- Date de reprise :
[modifier] Effets spéciaux
- Prise de vue spéciales : Konstantin Tschetwerikoff
- Peintures : Erich Kettelhut
- Sculpture : Walter Schultze-Mittendorf
- Effets combinés : Eugen Schüfftan
- Trucages photos : Günther Rittau
- Assistant trucages photos : H.O. Schulze
[modifier] Distribution
- Alfred Abel : Joh Fredersen, le maître de Metropolis
- Brigitte Helm : Maria / l'androïde
- Gustav Fröhlich : Freder, le fils de Joh Fredersen
- Rudolf Klein-Rogge : Rotwang, l'inventeur
- Theodor Loos : Josaphat, le bras droit de Joh Fredersen / Joseph
- Fritz Rasp : le grand échalas
- Erwin Biswanger : Georgy, n°11811
- Heinrich George : Grot, le contremaître, gardien de la machine centrale
- Hanns Leo Reich : Marinus
- Heinrich Gotho : Le maître de cérémonie
Le générique cite également :
- Les gens créatifs
- Les hommes machines
- La Mort
- Les sept péchés capitaux
[modifier] Musique du film
Nonobstant la musique originale de Gottfried Huppertz, de nombreux artistes ont voulu donner leur propre vision musicale de Metropolis. Ces bandes originales alternatives peuvent être jouées live ou enregistrées et diffusées avec une édition spéciale du film :
- Giorgio Moroder dans un style rock new wave en 1984
- Martin Matalon dans un style musique électroacoustique en 1995
- Loïc Pierre en 1996
- Peter Osborne en 1998
- Kevin Saunders Hayes en 2000
- Jeff Mills dans un style musique techno en 2001
- Art Zoyd dans un style free jazz/musique électronique en 2002
- Abel Korzeniowski en 2004
- Alexandre Gosse live au piano le 6 janvier 2012
- Actuel Remix / ARFI remix electro (Hawtin Xenakis) 18 Janvier 2012 Institut lumière. Lyon.
[modifier] Prix et distinctions
[modifier] Box office
[modifier] Analyse
[modifier] Inspiration
Fritz Lang a été influencé par :
- l'artiste Paul Citroen et, plus particulièrement, par un de ses photomontages intitulé "Metropolis" (1923).
- le film soviétique de science-fiction Aelita, de Yakov Protazanov, sorti en 1924, adaptation du roman d'Alexis Nikolaïevitch Tolstoï.
Le film Metropolis est aussi directement inspiré de la ville futuriste d'Antonio Sant'Elia (1888-1916), un architecte italien du mouvement futuriste.
[modifier] Carrière
La carrière du film subit de nombreux aléas.
Thea von Harbou, la femme de Fritz Lang et co-scénariste, était déjà proche des nazis et influença le scénario, notamment en l'orientant davantage vers une « collaboration de classes » (fasciste) plutôt que vers une « lutte des classes » (marxiste)[réf. nécessaire]. Le film subit ensuite censures et amputations diverses, selon les pays. En 1984, lorsque le compositeur Giorgio Moroder entreprit de le coloriser, il ne restait que 80 minutes de bobines (1 h 20) sur les 210 initiales (3 h 30). De plus, il l'accompagna d'une nouvelle bande son à laquelle participèrent des groupes célèbres comme Queen (le clip de Radio Ga Ga, célèbre tube de ce groupe, est d'ailleurs articulé autour de nombreuses séquences tirées du film) ou Adam and the Ants. Certains cinéphiles crièrent au scandale devant ce « massacre » de l'œuvre[réf. nécessaire].
Un gros travail de recherche et de reconstitution fut lancé, rassemblant les diverses versions disponibles (dont certaines retrouvées dans des collections privées) et aboutissant à une version rénovée, en noir et blanc, de 153 minutes (2 h 33), avec une bande son neuve mais plus classique, qui fut projetée en 1995, pour les cent ans du cinéma. Pour remplacer les scènes manquantes, avaient été ajoutées quelques photographies de tournage, recadrées.
Suite à une nouvelle restauration du film en 2001, initiée par la Fondation Friedrich Wilhelm Murnau (Friedrich Wilhelm Murnau Stiftung), Metropolis fut le premier film inscrit sur le Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO.
Enfin, à l'issue d'une longue enquête d'une vingtaine d'années[4] le 3 juillet 2008, la fondation Murnau, propriétaire des droits du film, annonce que la quasi-totalité des scènes manquantes, soit environ 25 minutes, ont été retrouvées au Musée du cinéma de Buenos Aires[5],[6]. Il s'agit d'une copie en 16mm presque intégrale de 145 minutes. Cette copie dont les images sont très altérées tronque une partie du cadrage original mais restitue les plans coupés et l'ordre des séquences dans leur montage d'origine. Le 12 février 2010, la nouvelle version restaurée, de 145 minutes, a été projetée simultanément à Berlin dans le cadre de la 60e Berlinale, à l'ancien Opéra de Francfort et sur la chaîne Arte, accompagnée par sa partition musicale d'origine écrite en 1926 par Gottfried Huppertz, exécutée en direct par l'orchestre symphonique de la Radio de Berlin. Après plus de 80 ans de recherches, versions tronquées et plusieurs restaurations, on peut enfin voir une version quasi intégrale, en tout cas proche de celle conçue par Fritz Lang en 1927[1],[2].
Muet, Metropolis est avant tout un film musical dont les images sont une véritable visualisation des sons. La restauration du film a été effectuée non seulement grâce aux indications de montage mais aussi, surtout et directement grâce à la partition musicale qui a permis de retrouver le tempo de la vision initiale de Fritz Lang[7].
[modifier] Une superproduction
- Environ 7 millions de Reichsmark, soit 15 millions de francs (valeur en francs 1926), furent nécessaires pour réaliser Metropolis.
- Environ 620 kilomètres de pellicule furent utilisés.
- Une cinquantaine d'automobiles
- 25 000 hommes
- 11 000 femmes
- 250 enfants
Le nombre de figurants est énorme : environ 35 000. La plupart d'entre eux étaient des chômeurs[réf. nécessaire].
[modifier] Influence
Metropolis est un des premiers films de science-fiction, dont l'histoire et les images ont influencé toute la production ultérieure.
- Le commissariat de Blade Runner est la copie conforme (angle de vue compris) d'une des tours de Metropolis[réf. nécessaire].
- Le dessin animé Le Roi et l'Oiseau fourmille de références à Metropolis, notamment l'oppression du peuple de la ville basse et la présence d'un robot[réf. nécessaire].
- Dans l'univers de Superman, la ville principale se nomme Metropolis.
- Dans plusieurs jeux vidéo de la série Ratchet & Clank, une partie de l'action se déroule sur la planète Kerwan, une planète entièrement recouverte d'une immense cité elle aussi nommée Metropolis.
- Le robot du film Roboforce de David Chung et produit par Tsui Hark est un hommage avoué à l'androïde de Metropolis qui se nomme également Maria[réf. nécessaire].
- On reconnaîtra les ouvriers qui descendent vers les machines dans les écoliers à la chaîne de Pink Floyd The Wall[réf. nécessaire].
- Fritz Lang représente des voitures volantes (bien avant Retour vers le futur ou Le Cinquième Élément), ainsi qu'un androïde (robot humanoïde). Le design de C-3PO dans Star Wars possède une troublante ressemblance avec celui-ci. La revue Science et Vie Junior explique que George Lucas s'est inspiré ouvertement du robot de Metropolis pour créer son robot androïde[réf. nécessaire].
- De même la séquence où Rotwang, l'inventeur, donne au robot l'apparence de Marie a été recyclée par le Rocky Horror Picture Show[réf. nécessaire].
- Le laboratoire de Frankenstein, comme celui du Cinquième Élément est inspiré de celui de Rotwang[réf. nécessaire].
- La scène de fin au sommet de la cathédrale a été reprise par Tim Burton pour son premier Batman avec le combat entre le héros et le Joker[réf. nécessaire].
- Le vidéo-clip Express Yourself de Madonna réalisé par David Fincher en 1989 reprend l'intrigue du film ainsi que certains décors (la ville haute, la ville basse, le machine actionnée par les ouvriers...)[réf. nécessaire].
- Le décor et certains accessoires de Dark City d'Alex Proyas, comme par exemple l'horloge, s'inspirent de Metropolis[réf. nécessaire].
- Les développeurs de BioShock, jeu vidéo plébiscité par la critique, se sont fortement inspirés de l'œuvre de Lang pour créer leur ville sous-marine, Rapture[réf. nécessaire].
- La série de mangas de Yukito Kishiro Gunnm, reprend cette dialectique : Zalem (correspondant à la ville haute), la cité supérieure où vit l'élite dans le luxe et une insouciance sous contrôle et, au pied de cette cité volante, Kuzutetsu (correspondant à la ville basse) où l'intrigue se met en place dans ses bas-fonds. D'ailleurs, Gally, l'héroïne, se nomme Aelita dans un de ses rêves ainsi que dans la version américaine[réf. nécessaire].
- Final Fantasy VII reprend également le thème de la ville basse et la ville haute, séparées par une immense plaque d'acier et de béton. Final Fantasy XII également, en accentuant la perspective d'inégalité sociale ; si Midgar (le monde des hommes dans la mythologie scandinave) présente une relative homogénéité sociale (globalement une cité industrielle et cyberpunk), Archadès donne un contraste plus frappant[réf. nécessaire].
- Dans un autre genre, le clip musical Que sera de Wax Tailor reprend les scènes de Metropolis, tout comme le clip de Radio Gaga de Queen[réf. nécessaire].
- Le film argentin en noir et blanc Telepolis (titre original : La Antena), sorti en 2007, qui met en scène le quotidien d'une ville de science fiction dont les habitants ont perdu la voix, est rempli de références à Metropolis. Il s'attaque de manière engagée au pouvoir de la télévision dans le contrôle des masses à l'époque contemporaine, et son réalisateur a rendu explicitement hommage à l'expressionnisme allemand et au traitement dans Metropolis des questions autour du pouvoir de la technique.
- Le clip de la chanson Invincible du groupe Muse, sortie en 2006 sur l'album Black Holes and Revelations représente une ville très ressemblante à celle de Metropolis. Ce clip traite de la destruction du monde et le retour à l'âge de pierre, ce qui n'est pas sans rappeler un des thèmes du film[réf. nécessaire].
- La ville de Mega-City One du film de science-fiction Judge Dredd s'inspire dans sa répartition sociale, riche en haut, pauvre en-bas, de Metropolis[réf. nécessaire].
- Roland Emmerich s'est directement inspiré du film de Fritz Lang -son film de chevet- pour le design de son studio de production Centropolis[réf. nécessaire].
- Dans 2046 (film), de Wong Kar Wai, la ville du roman de science-fiction du personnage principal ressemble clairement à Metropolis[réf. nécessaire].
- Après Madonna avec Express yourself, c'est au tour de Lady Gaga de reprendre des thèmes de Metropolis dans Alejandro[réf. nécessaire].
- Janelle Monáe s'inspire aussi de Metropolis, on remarquera notamment sur la couverture de Achandroid, la ressemblance intrigante avec l'androïde, la coiffe qui s'inspire fortement de Metropolis avec la tour de Babel au centre, sans compter que cette couverture ressemble fortement à une affiche du film[réf. nécessaire].
[modifier] Bibliographie
- Jacques Belmans, La ville dans le cinéma : de Fritz Lang à Alain Resnais, Bruxelles : De Boeck, 1978, 288 p., collection Univers des sciences humaines, vol. 11
- DVD Metropolis (MK2 éditions)
[modifier] Expositions
- Exposition à la cinémathèque française du 19 octobre 2011 au 29 janvier 2012[8].
[modifier] Notes et références
- Thomas Sotinel, « "Metropolis" tel que le voulait Fritz Lang », dans Le Monde, 14-15 février 2010
- Télérama N°3134 du 3 février 2010
- Jürgen Müller, Les Films des années 20, Editions Taschen
- Christine Legrand, « Vingt ans d'enquête en Argentine pour retrouver le trésor de Fritz Lang », dans Le Monde, 14-15 février 2010 [texte intégral]
- (en) Sensational discovery in Buenos Aires: Lost scenes from “Metropolis” rediscovered, fondation Friedrich Wilhelm Murnau
- Les parties manquantes du film Metropolis retrouvées à Buenos Aires, AFP, 3 juillet 2008
- "Le futur retrouvé", présentation de l'exposition à la Cinémathèque française, Thibaut Matrat, le 4 janvier 2012, à lire sur L'Intermède
- http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/metropolis/index.html
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- Metropolis sur l’Internet Movie Database - Version plus complète en anglais
- Metropolis site cinoche.com
- Metropolis Site fan-de-cinema
- Extraits vidéos
- (en) Premier extrait (durée: 03 min 12 s)
- (en) Deuxième extrait (durée: 49 s)
- (en) Troisième extrait (durée: 03 min 54 s)
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