Messeix

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Messeix
La mairie de Messeix.
La mairie de Messeix.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Arrondissement Arrondissement de Clermont-Ferrand
Canton Canton de Bourg-Lastic
Intercommunalité Communauté de communes Sioulet-Chavanon
Maire
Mandat
Marc Mangot
2014-2020
Code postal 63750
Code commune 63225
Démographie
Population
municipale
1 089 hab. (2011)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 37′ 05″ N 2° 32′ 33″ E / 45.6181, 2.5425 ()45° 37′ 05″ Nord 2° 32′ 33″ Est / 45.6181, 2.5425 ()  
Altitude Min. 570 m – Max. 863 m
Superficie 39,32 km2
Localisation

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Messeix est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme, en région Auvergne.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Dordogne, en limite de la commune d'Avèze.

En région Auvergne, dans le quart sud-ouest du département du Puy-de-Dôme, à moins de dix kilomètres des limites des départements du Cantal et de la Creuse, et limitrophe de celui de la Corrèze, la commune de Messeix s'étend sur 39,32 km2 et compte 1 120 habitants lors du recensement de la population datant de 2010. Avec une densité de 28 habitants par km², Messeix a subi une forte baisse de 16,4 % de sa population par rapport à 1999.

La Dordogne au sud-est, la Clidane au nord et le Chavanon au nord-ouest sont les principaux cours d'eau qui bordent la commune, proche du parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

Son altitude minimale, 570 mètres, se situe à l'ouest, là où le Chavanon quitte le territoire communal et continue en servant de limite naturelle entre Merlines et Savennes. L'altitude maximale avec 863 mètres est atteinte à l'extrême-est, en limite de Saint-Sulpice, sur les hauteurs qui surplombent les gorges de la Dordogne.

Implanté à 763 mètres d'altitude, à la jonction des routes départementales 31, 73 et 73C, le bourg de Messeix est situé en distances orthodromiques 20 km au nord-est d'Ussel et 44 km au sud-ouest de Chamalières, la plus grande ville à proximité,

La commune est également desservie à l'est par la route départementale 987. Au nord, elle est traversée par l'autoroute A89 entre les viaducs du Chavanon et de la Clidane.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Messeix
Monestier-Merlines
(Corrèze)
Bourg-Lastic Saint-Sulpice
Merlines
(Corrèze)
Messeix Avèze
Savennes Singles

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la défaite militaire de juin 1940, le maréchal Pétain, chef de l’État français, constitue des groupements militaires de jeunes, les chantiers de la jeunesse, destinés à remplacer l’armée française en zone non occupée. Pour l’installation d’un de ces camps, le commissariat régional de la province d’Auvergne choisit Messeix, parce que les landes nombreuses se prêtent bien à son implantation. L’autorité préfectorale sollicite le maire de Messeix, élu depuis 1924, le docteur Moreau, médecin de la mine depuis 1905, radical-socialiste et l’engage vivement à tout faire pour favoriser cette installation. Les jeunes s’occuperont de plantations, de reboisement de terrains incultes, de réfection de chemins.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1920 1944 Docteur Moreau   Conseiller général
1944 1959 Pierre Bascoulergue SFIO  
1959 1969 Marcel Pinson SFIO  
1969 1979 Jean Morellon UDF Conseiller général
1979 1992 Paul Passelaigue Socialiste Conseiller général
mars 2001 avril 2014 Gilles Battut Socialiste Conseiller général
avril 2014 en cours Marc Mangot[1]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, Messeix comptait 1 089 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Messeix, cela correspond à 2006, 2011, 2016[2], etc. Depuis 2006, les autres dates correspondent à des estimations légales.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 627 1 738 1 740 1 762 1 880 1 931 1 951 1 986 2 091
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 209 2 214 2 120 1 914 2 008 1 952 2 047 2 055 2 104
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 046 2 148 2 326 2 566 3 076 3 017 2 922 3 080 3 366
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
3 552 3 236 2 524 2 200 1 544 1 339 1 195 1 089 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Il y avait à Messeix une mine de charbon, aujourd'hui désaffectée.

La mine[modifier | modifier le code]

1768, Le début de l'exploitation du charbon à Messeix
L'exploitation du charbon remonte à un rapport de 1768 dans lequel on parle d'un champ d'exploitation situé près de Bogros, exploité par des paysans au lieu-dit Chomadoux. Le charbon extrait est alors vendu aux fours à chaux voisins et aux maréchaux-ferrants. Le 23 novembre 1831, une ordonnance royale accorde à M. Sablon Jean-Baptiste une concession de mine de houille de 1 118 hectares, située dans les communes de Messeix, Singles et Avèze (Puy-de-Dôme). Cette concession a pour but de permettre l'exploitation d'un gisement reconnu par des affleurements dans les vallées de la Clidane au nord, et de la Dordogne au sud. En 1848, M. Sablon établit un puits situé à 1 200 m à l'ouest du hameau de Bogros, et il exploite pendant quelques mois une couche très inclinée. Les galeries sont noyées par l'invasion des eaux. Il cède alors la concession à la Société en commandite par actions Charles Vazeille et Cie. Les nouveaux propriétaires creusent, près du Puits Teyras, le Puits Saint Charles. Ils achètent à la même époque le pré Chalamel (le Port-Sec actuel), et finissent par y établir le centre de leur exploitation.

1880 Le Puits Sainte Suzanne
Vers 1879-1880, grâce au passage de la ligne de chemin de fer de Clermont-Ferrrand à Tulle dans la vallée de la Clidane, qui va permettre l'expédition du charbon dans cette vallée, un nouveau puits est creusé afin d'explorer plus profondément le gisement de houille. Ce puits aura le nom de Puits Sainte Suzanne qui, par malchance, rencontre une zone failleuse. Il sera fermé en 1930. Les cités des mineurs sont construites : les cités des Gannes 707 habitants et de Bogros 612 habitants avec leurs services, leurs écoles, leurs commerçants. À trois kilomètres, tournant le dos aux installations minières, s’édifie en 1912-1913 la cité de Messeix.

1915-1931 : le développement de la mine
La guerre de 1914, avec ses exigences nouvelles, oblige à pousser l'extraction au-delà des limites prévues. On crée la cité des Gannes et d'autres logements. En 1923, on entreprend le nouveau Siège Saint-Louis, en dehors de la cuvette houillère. Le puits est mis en service en 1928. Les effectifs de la mine passent de 1915 à 1926 de 400 à 800 personnes pour atteindre 980 en 1931. La production de 120 000 tonnes par an qui s’écoule par des galeries débouchant sur l’usine de traitement située le long de la voie ferrée. On charge le charbon lavé, transformé en boulets dans des wagons acheminés dans les lieux d’utilisation. Malgré des conditions de travail difficiles, l’absence de grisou prévient les catastrophes, les mineurs peuvent fumer au fond et utiliser leur lampe à acétylène à flamme nue.

1928 : Le Puits Saint Louis
Puis on fore le Puits Saint Louis à trois cent vingt-neuf mètres de profondeur, en activité de 1928 à 1988 sans interruption. Les petites maisons individuelles de la cité de Messeix, à proximité du Puits Saint Louis, s’ouvrent sur la nature de la montagne auvergnate et sur le bourg qui compte de nombreux cafés restaurants, huit commerces d’alimentation, quatre bouchers, trois boulangers, trois cabinets médicaux, trois coiffeurs, une ambiance villageoise que ne troublent pas les stigmates de la mine. Celle-ci est à trois kilomètres sur l’autre versant de la haute colline.

1946 : Nationalisation des Houillères du Bassin d’Auvergne
Après la guerre en 1946, les mines deviennent propriété de l'État et les houillères de Messeix deviennent alors l'exploitation de Messeix des Houillères du Bassin d'Auvergne. La nationalisation des Charbonnages de France est officialisée par trois décrets successifs des 28 juin, 17 juillet et 16 septembre 1946. Le gisement de Messeix fait partie du « Grand sillon houiller du Plateau central français » qui va de Decize à Decazeville. Le statut des mineurs assure une forte augmentation de leurs salaires, rémunérations garanties par l’article 12 du statut. Le 27 novembre 1946 est créé le régime spécial de la sécurité sociale dans les mines.

1988 : Fermeture des mines
Malgré ces investissements successifs, la fermeture du dernier puits, le Puits Saint Louis, est fixée au 1er janvier 1975. Elle est repoussée jusqu’en 1988 mais en 1984, les effectifs ne sont plus que de 200 et les pertes ne font que s’accroître au fur et à mesure des années. Depuis l’annonce de la fermeture de l’exploitation minière intervenue en juillet 1988, le nombre d’habitants a régressé d’année en année passant en trente ans de 3 249 en 1968 à 1 361 en 1998. Après la fièvre de la mine pendant un siècle et demi dans une France où la population a considérablement augmenté depuis, le village préserve sous la végétation de sa riche terre volcanique, la nostalgie d’un passé ouvrier qui l’a marqué. De toutes les installations de la région, il ne subsiste aujourd'hui qu'une partie du carreau du Puits Saint Louis à Messeix : chevalement, bâtiment de la machine d'extraction, recette (détruite puis reconstruite après la fermeture de la mine lors de la transformation en musée), ateliers, bâtiments des vestiaires/bains-douches. Du matériel lourd (compresseurs, convertisseurs et commutatrices électriques…) a pu être récupéré lors de la démolition de certains bâtiments et réinstallé au niveau de la recette du Puits Saint Louis. L’association « Minérail » gère le musée et propose des visites guidées de ce site du patrimoine industriel auvergnat.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

* L'église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre de Messeix date du XIIe siècle. Des travaux ont eu lieu aux XIVe et XVe siècles, mais des éléments de la première église ont été conservés et réemployés. Ainsi, les modillons soutenant la corniche de toit qui représentent des visages ou des animaux sont d'origine romane. Une curieuse fenêtre gothique murée orne le chevet. À l'intérieur, l'élément le plus remarquable est le maître-autel et son retable de style baroque.

* Le Puits Saint-Louis, devenu Musée de la Mine
Depuis le 25 janvier 1990, date de sa création, l'« Association du musée du Puits Saint-Louis - Mine de Messeix », association reconnue d'intérêt général, s'est employée à sauvegarder l'essentiel des installations minières du Puits Saint-Louis, ainsi que tout le matériel cédé par les HBCM (Charbonnages de France). Le Musée de la Mine reproduit les conditions de travail des mineurs de fond. Il permet aux visiteurs de ressentir les sensations du mineur. De nombreux équipements y sont mis en valeur[5].

* Musée de l'école rurale d'Auvergne
Le musée est situé dans l'ancienne école de Bogros. C'est à Pierrette Loiseau qu'est due l’initiative de ce musée, la réunion des collections et leur présentation. Le musée a pour objectifs de préserver la mémoire du passé, de permettre aux enfants d’aujourd’hui de découvrir l’école de leurs grands-parents et de mesurer le chemin parcouru depuis cette époque. Ce musée veut aussi être un message de souvenir aux anciens maîtres et aux enfants de la commune, qui se retrouveront dans les deux cents photos (de 1905 à 1965) présentées sur des panneaux et un album. La première salle est une classe reconstituée dans son authenticité. Après un passage au couloir vestiaire, où les enfants et les adultes revêtent une blouse noire ou grise et chaussent des galoches hautes, ils s’installent dans la salle de classe. Un bref commentaire sur l’historique de l’école de Jules Ferry précède la page d’écriture à la plume et à l’encre violette. La vie de l’écolier d’autrefois est évoquée. La deuxième salle est une salle d’exposition d’objets d’écolier, de vêtements, jouets, livres, cahiers, objets usuels de la vie quotidienne de cette époque[6].

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Brugière, Si Messeix m'était conté, éd. Nohanent, 2005
  • Laurent Battut, Le groupement 22 des Chantiers de Jeunesse 1940-1944, éd. Anovi, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des maires 2014, site de la préfecture du Puy-de-Dôme (consulté le 13 juillet 2014).
  2. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 18 octobre 2013)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. L'aventure humaine continue avec Minérail
  6. Le Musée de l'école rurale