Messe en ut majeur de Beethoven

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La Messe en ut majeur, op. 86, de Ludwig van Beethoven, fut composée à Eisenstadt en 1807[1],[2] chez le prince Esterházy auquel elle fut dédiée. Elle ne fut publiée qu'en 1812 chez Breitkopf & Härtel à Leipzig[1],[2].

Il s'agit de la deuxième œuvre liturgique de Beethoven, six ans après Le Christ au Mont des Oliviers et quinze ans avant l'achèvement de la Missa Solemnis. Moins connue que cette dernière, elle est assez peu jouée de nos jours.

La Messe en ut fut l'occasion d'une brouille définitive entre Beethoven et le prince Esterházy, ce dernier ayant fait comprendre au musicien qu'il n'appréciait pas son œuvre[3]. L'œuvre fut par la suite dédiée au Prince Kinský[1],[2].

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La Messe en ut op. 86 fut commandée début 1807 par le prince Nikolaus II Esterházy à l'occasion de la fête de son épouse[4]. Beethoven était bien conscient que cette première tentative d'écriture d'une messe ne manquerait pas d'être comparée aux six messes que Haydn avait précédemment composées pour ce même événement. Beethoven fit d'ailleurs part de ses doutes au prince en juillet[5],[6], mais promit néanmoins de livrer le manuscrit pour le 20 août 1807, une date dangereusement proche de celle de la représentation. Il fournit diverses excuses pour le retard, parmi lesquelles sa récente maladie, lettre de son médecin à l'appui[7].

Quoi qu'il en soit, la création à Eisenstadt le 13 septembre 1807[4] (premier dimanche suivant la fête de la princesse Maria Josepha[8]) reçut un accueil des plus froids, probablement en raison du manque de répétitions, et le prince ne fit aucun secret de sa complète désapprobation de l'œuvre[3]. Pourtant Beethoven en était très satisfait, affirmant "avoir traité le texte comme rarement on l'a fait"[9],[10].

Lorsque l'œuvre fut publiée en 1812, elle portait une dédicace au prince Ferdinand Kinský[1],[2].


La messe en ut majeur comporte les six parties de l'ordinaire de la messe:

  1. Kyrie: Andante con moto assai vivace quasi allegretto ma non troppo[11], 2/4[11], ut majeur[11] (132 mesures)[11]
  2. Gloria: Allegro con brio, 2/2, ut majeur (379 mesures)[11]
  3. Credo: Allegro con brio, 3/4, ut majeur (368 mesures)[11]
  4. Sanctus: Adagio, 4/4, la majeur (48 mesures)[11]
  5. Benedictus: Allegretto ma non troppo, 2/4, fa majeur (145 mesures)[11]
  6. Agnus Dei: Poco andante, 12/8, ut mineur (182 mesures)[11]

Et engage un chœur important de quatre voix, plus un quatuor de solistes (soprano, mezzo-soprano, ténor et baryton), ainsi qu'un orchestre composés de flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, cors, trompettes, cordes et un orgue.

Sa durée d'exécution est d'environ 45 minutes[12].

Repères discographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Source : Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 441
  2. a, b, c et d J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 655
  3. a et b Source : Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 77
  4. a et b Source : Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 434
  5. Lettre du 26 juillet 1807
  6. Ludwig Van Beethoven, Les lettres de Beethoven : L'intégrale de la correspondance 1787-1827, préface de René Koering (traduction d'après l'allemand par Jean Chuzeville, suivant l'édition anglaise établie en 1960 par Emily Anderson, Actes Sud, coll. « Beaux Arts »,‎ 2010, 1737 p. (ISBN 978-2-7427-9192-7), p. 193
  7. Ludwig Van Beethoven, Les lettres de Beethoven : L'intégrale de la correspondance 1787-1827, préface de René Koering (traduction d'après l'allemand par Jean Chuzeville, suivant l'édition anglaise établie en 1960 par Emily Anderson, Actes Sud, coll. « Beaux Arts »,‎ 2010, 1737 p. (ISBN 978-2-7427-9192-7), p. 194
  8. Beethoven avait déjà dédiée à la princesse Maria Josepha Esterházy ses trois marches pour piano op.45 en 1804
  9. Lettre à Breitkopf & Härtel datée du 8 juin 1808
  10. Ludwig Van Beethoven, Les lettres de Beethoven : L'intégrale de la correspondance 1787-1827, préface de René Koering (traduction d'après l'allemand par Jean Chuzeville, suivant l'édition anglaise établie en 1960 par Emily Anderson, Actes Sud, coll. « Beaux Arts »,‎ 2010, 1737 p. (ISBN 978-2-7427-9192-7), p. 211
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i Toutes les indications de tonalité, nuances, mesure ont été relevées sur l'édition originale visible sur [1], consultées le 7 octobre 2012
  12. Durée moyenne basée sur les enregistrements discographiques cités
  13. « Sir Thomas Beecham a su donner à cette œuvre une grandeur digne de Beethoven, et c'est cette impressionnante conception qui demeure présente à l'esprit ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1984 (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 89.
  14. « Une version qui domine de très haut la discographie ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1984 (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 88.
  15. « Colin Davis a gravé une messe en ut mineur émouvante et intimiste. Ses solistes sont très bons, et surtout bien équilibrés ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1984 (ISBN 978-2-2215-0233-4), p. 88.
  16. Enregistrement sur instruments anciens
  17. Cet enregistrement a été salué par un diapason d'or dans la revue Diapason (septembre 1992) et par un 10 de Répertoire par la revue Classica-Répertoire (septembre 1992)
  18. « Gardiner donne à la « petite » messe de Beethoven ses couleurs naturelles et une simplicité classique qui la rend rayonnante. Les chœurs sont splendides et les compléments de premier choix ». Le guide 1996 du CD : Tome 1, Répertoire Classique, Marabout,‎ 1996 (ISBN 978-2-5010-2361-0), p. 67
  19. Distribué en France par Harmonia Mundi

Liens externes[modifier | modifier le code]