Messe de saint Sécaire

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La messe de Saint Sécaire, en Gascogne, était l'objet d'une croyance selon laquelle de « mauvais prêtres » pouvaient dire une messe noire destinée à jeter un mauvais sort sur une personne déterminée. Les prêtres qui étaient censés la connaître encouraient l'excommunication en raison de son caractère satanique.

Rituel[modifier | modifier le code]

La messe de saint Sécaire, comme toutes les messes noires, est une parodie de la messe traditionnelle, où chaque élément du rituel est inversé ou perverti.

  • la messe de Saint Sécaire doit être dite dans une église en ruine ou abandonnée.
  • l'officiant doit être accompagné d'une de ses maitresses qui lui sert de clerc.
  • au premier coup de onze heures, la messe est dite à l'envers et doit se terminer au douzième coup de minuit.
  • l'hostie qu'il bénit est noire et « à trois pointes » (ce qui peut être interprété comme « triangulaire » mais laisse place à d’autres hypothèses).
  • il ne consacre pas le vin, mais boit à la place une eau venant d'un puits où l'on a jeté le corps d'un enfant non baptisé.
  • il fait le signe de croix sur le sol avec son pied gauche.

La conséquence de cette messe était un dépérissement jusqu'à la mort de la personne visée, les docteurs ne pouvaient rien y faire. Sécaire n'est pas un saint du calendrier : ce nom signifie en gascon « sécheur », car la personne visée était supposée « sécher » et mourir. Sorciers, sorcières et jeteurs de sorts avaient fréquemment, croyait-on, le pouvoir de faire « sécher » un bras, ou le bétail, de leur victime.

Selon certains auteurs[1], il existait une contre-messe qui avait pour effet de faire « sécher » le célébrant et les gens qui l'avaient payé.

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

Le thème de la Messe de Saint Sécaire a été recueilli par Jean-François Bladé auprès de son principal fournisseur, le vieux Cazaux, et publié dans Quatorze superstitions populaites de la Gascogne (1883), puis l'édition définitive des Contes populaires de la Gascogne (1886). Ses suiveurs gascons, nombreux, n'apporteront pas plus de détails. James George Frazer reprend l'information de Bladé dans son Rameau d'or, ce qui aura certaines répercussions dans le monde anglo-saxon. L'occultiste anglais Aleister Crowley publie en février 1918, dans The International, une nouvelle sous le même titre, qui illustre ses théories sur le Magick.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Dambielle, La Sorcellerie en Gascogne, Auch, L. Cocharaux, 1907, p. 13

Références[modifier | modifier le code]