Mesnil-en-Arrouaise

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Mesnil-en-Arrouaise
L'église Saint-Etienne
L'église Saint-Etienne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Combles
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Combles
Maire
Mandat
Alain Bellier
2014-2020
Code postal 80360
Code commune 80538
Démographie
Population
municipale
143 hab. (2011)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 42″ N 2° 56′ 44″ E / 50.045, 2.94555555556 ()50° 02′ 42″ Nord 2° 56′ 44″ Est / 50.045, 2.94555555556 ()  
Altitude Min. 99 m – Max. 152 m
Superficie 6,5 km2
Localisation

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Mesnil-en-Arrouaise

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Mesnil-en-Arrouaise

Mesnil-en-Arrouaise est une commune française, au nord du département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Mesnil », toponyme très répandu en France,à partir de Mansionem, le bas-latin a créé un nouveau terme dérivé du mot latin mansionile [1], diminutif de mansio, demeure, habitation, maison.Devenu en français médiéval maisnil,mesnil, « maison avec terrain » [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune est située dans l'ancienne région de l'Arrouaise, qui était encore à l'époque de Jules César une « forêt-frontière », relique de la grande forêt préhistorique et gauloise[3].

La première occupation se fit autour d'un point d'eau, puis lors de période romaine un puits fut creusé. Il faudra attendre la période mérovingienne pour voir apparaître la construction d'une petite maison qui prendra le nom de « Mansionile ». La forêt appartenant ensuite aux religieux de Saint-Waast installés au village voisin de Moislains, cette mansionile fut confiée à un certain Arnould (Ernoult) et prit le nom de Ernoulmaisnil. Le défrichement de la forêt pour cultiver les terres permettant son expansion, elle devint un hameau. Sa situation en pleine forêt d'Arrouaise (Arrosiâ), à mi-chemin entre la grande abbaye d'Arrouaise et le village de Moislains, va permettre en 1177 la création d'une paroisse. Les religieux donneront à ce lieu le nom de « Mansionile in Arrosiâ » qui donnera Mesnil-en-Arrouaise. En 1322, c'est le déménagement de la prévôté de Moislains sur Mesnil qui favorisa fortement la croissance du village.

Le village ne connut pas de seigneurs, les abbés de St-Waast d'Arras en restant les propriétaires avec le titre de seigneur de Mesnil. Quelques fiefs seront rattachés au village avec çà et là quelques petits seigneurs (de 1547 à 1646).

À la Révolution, la prévôté fut détruite.

Le 26 décembre 1870, pendant les vêpres, les Prussiens firent leur première entrée à Mesnil. Le 2 janvier 1871, le canon tonnait sur Bapaume et plusieurs régiments ennemis traversèrent la commune pour rejoindre le Front. Le 4 janvier, certains régiments ennemis se replièrent en direction de Saint-Quentin après avoir essuyé une lourde défaite lors de la Bataille de Bapaume. Le 16 janvier, les troupes françaises traversèrent le village pour aller vers Saint-Quentin. En raison du sol gelé, les habitants répandirent des cendres et de la paille sur les chemins pour permettre le passage des troupes.

En 1914, lors des premiers combats de la Somme, le 263e Régiment d'Infanterie presque entièrement anéanti se retrouve à Mesnil, composé d'une petite poignée d'hommes. Sous le feu de l'ennemi, les derniers poilus sont abattus sauf le lieutenant Bonnefont et le sergent Philippon qui confièrent le drapeau du Régiment à la famille Lefebvre qui l'enterra dans sa cave. Les deux soldats quittèrent de nuit le village encerclé et le lieutenant Bonnefond reviendra en mai 1919 récupérer la précieuse relique qui fut versée le 21 février 1962 au Musée de l'Armée à Paris.

Au début de 1915, le curé de la paroisse, est chargé par l'occupant de remplacer l'instituteur mobilisé. Jusqu'à l'été 1916, les vingt élèves vont à l'école "comme au temps de la jeunesse du prêtre", d'abord dans la salle de classe puis dans un cabaret[4].

Lors du dernier conflit, le village fut bombardé le 17 mai 1940, faisant trois victimes civiles. Le 29 avril 1944, un bombardier américain se posa contraint au village voisin et tout proche de Sailly-Saillisel, ce qui provoqua l'arrivée d'Allemands. Le village sera libéré le 2 septembre 1944 par les Américains.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1440   Jean de Courtray    
1539   Wallerand Chocquet    
1680   Charles Frassent    
1704   Vincent Lebreton    
1768   Letellier    
1836   Froissart    
1851   Magniez    
1872   Froissart    
1881   Blériot    
1906   Rosier    
1918   Eugène Basquin    
1921   Coche    
1926   Carlier    
1936   Tellier    
1940 1940 Léon Gellé    
1940   Ulysse Pennequin    
1977   Robert Carlier    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Denise Guise[5]    
2014[6] en cours
(au 6 mai 2014)
Alain Bellier    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 143 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
438 524 533 530 552 577 600 607 575
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
555 580 574 531 525 427 446 421 377
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
351 340 325 202 245 218 253 197 198
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
187 172 147 127 118 124 138 143 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Étienne :
Entièrement détruite en 1914, elle a été reconstruite à l'identique mais en inversant sa position. Ainsi le clocher, qui se situait autrefois en arrière-plan, est aujourd'hui au premier plan. Le porche est surmonté de gravures représentant une partition musicale.
  • La mairie possède en façade des pierres sculptées provenant d'un ancien estaminet (à voir absolument).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Le Gall, capitaine au 25e Régiment d'infanterie territoriale, natif de Plounérin dans les Côtes-du-Nord (Bretagne). Il fut tué le 26 septembre 1914 aux combats du Transloy, commune voisine, et fut enterré dans le cimetière communal de Mesnil-en-Arrouaise.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Norbert Quint, Mesnil en Arrouaise : Approche sur l'histoire d'un petit village picard, .

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat, Les noms de lieux, origine et évolution, Libraire Delagrave, Paris, 1926, p. 153.
  2. – Marianne Mulon –Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 (ISBN 2862532207)
  3. Voir à ce propos 1) la thèse de Jean Jacques Dubois : 1989, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France. Étude de biogéographie historique. Thèse d’État, Université Paris -I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1 023 pages, et 2) et l'ouvrage de R.Dion, Les frontières de la France (1947)
  4. La Somme sous l'occupation allemande - 27 août 1914-19 mars 1917, Charles Calippe, 1994, office de diffusion et d'édition du livre d'histoire, Chaulnes, p. 165
  5. Réélue pour le mandat 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 27 janvier 2009 (consulté le 21 février 2009)
  6. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011