Merde d'Artiste
|
|
Cet article est une ébauche concernant l’art contemporain.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2011).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
| Merde d'Artiste (Merda d'Artista) |
|
Boite n° 80, Museo del Novecento, Milan |
|
| Artiste | Piero Manzoni |
|---|---|
| Année | 1961 |
| Dimensions (H) | 4,8 cm ; 6 cm de diamètre |
| Commentaire | Œuvre composée de 90 boîtes |
| modifier |
|
Merde d'Artiste (ou en italien Merda d’Artista) est une œuvre de l’artiste italien Piero Manzoni influencée par les ready-mades de Marcel Duchamp. L'œuvre réalisée en 1961 se compose de 90 boîtes de conserve cylindriques en métal (4,8 × 6 cm), hermétiquement fermées, prétendues contenir les excréments de l'artiste, étiquetées, numérotées et signées.
Sommaire |
Histoire de l'œuvre [modifier]
Aucun historien de l'art n'a pu jusqu'à présent déterminer le modus operandi des boîtes. Il est écrit dessus en italien, anglais, français et allemand :
- Merde d'Artiste
- contenu net gr 30
- conservée au naturel
- produite et mise en boite
- au mois de mai 1961
Il semble que ces boîtes ont été réalisées à Milan, bien que des témoins oculaires parlent du Danemark. Quoi qu'il en soit, Manzoni n’en a vendu que très peu de son vivant et, d'ailleurs, très peu d'œuvres en général. Il les a données à ses amis ou a fait des échanges avec d’autres artistes.[réf. nécessaire]
Manzoni avait initialement fixé le prix de ces boîtes de 30 grammes d'excréments à celui de 30 grammes d'or au cours du jour.[réf. nécessaire]
Cote de l'œuvre [modifier]
La cote des boîtes est montée dans les années 1960, des années après la mort de l'artiste, grâce à d'avisés marchands italiens, parisiens puis américains. Certaines ont atteint le prix de 3 000 grammes d'or, et les boîtes dont on riait ont commencé à circuler sur le marché de l'art.
Aujourd’hui, un grand nombre d'entre elles ont été vendues (la famille Manzoni en possédant encore 5) et se retrouvent dans diverses collections d’art contemporain dans le monde entier. Elles se négocient à un prix élevé, comparé à celui qu'avait fixé l'artiste, à l’exception toutefois de quelques-unes qui explosèrent probablement à cause de la corrosion et de la pression du gaz…[réf. nécessaire]
La valeur actuelle d’une de ces boîtes est d’environ 30 500 € (25 000 à 35 000 USD).
Devenir de l'œuvre [modifier]
Parmi les boîtes ayant connu des problèmes d’étanchéité, il y aurait celle donnée à Jens Jorgen Thorsen, artiste danois mort en 2001. Peu de temps avant sa mort, il déclarait[réf. nécessaire] l'avoir jetée à cause de l’odeur.
Le musée municipal de Randers (Danemark) a connu un grave problème, en 1998, quand une boîte prêtée par un collectionneur s’est mise à fuir. Le collectionneur a d’abord demandé un dédommagement, puis un artiste généreux l’a offerte au musée et payé les 30 000 € réclamés par le collectionneur. Les analyses effectuées à l’époque par la compagnie d’assurance ont montré qu’il s’agissait effectivement d’excréments, sans que l’on puisse dire si leur provenance était humaine ou animale.
Marina Fossati, collectionneuse et consultante en stratégie auprès de multinationales, a eu tellement peur que sa boîte ne se mette à fuir, qu’elle la laissa quelque temps dans son réfrigérateur, sur les conseils d’un de ses amis spécialistes, avant, poussée par son mari, de réussir à l’échanger[1].
Une boîte prêtée au musée Serpentine de Londres, lors de la grande exposition consacrée à Manzoni à la fin du XXe siècle, a été renvoyée à son propriétaire, le notaire milanais Consolandi. L’odeur dégagée ne laissait pas de doutes sur l’origine des matières incluses.[réf. nécessaire]
En ce qui concerne le problème de la valeur des boîtes fuyantes, pour le commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint Cyr, si beaucoup de boîtes se mettent à fuir, alors c’est que cela fait partie de la nature de l’œuvre. Dans ce cas, cela ne changerait rien à leur valeur.[Quoi ?] C'est à dire que l’œuvre devient "performance" : l'objet évolue. S'il n'y avait qu'une seule boîte à fuir, ce serait simplement un problème. Or si elles s'y mettent toutes, on peut considérer que cela fait partie de l’œuvre. Peut-être l'artiste souhaitait-il cette évolution.
En 1993, à Marseille, lors d’une performance dans la galerie de Roger Pailhas, l'artiste français Bernard Bazile fait ouvrir une boîte qu'il avait emprunté à l'artiste Ben. Selon Bernard Bazile, en assignant à sa boîte une valeur supérieure à celle de 30 grammes d'or, Ben, comme un grand nombre de propriétaires de boîtes, en dénaturait le sens. Cette boîte, une fois ouverte, a ensuite été achetée à Ben pour 30 000 $ et revendue aux enchères publiques, en 2006, pour 24 000 €. La boîte de conserve contenait en fait une autre boîte, plus petite, à l’intérieur.
Notes et références [modifier]
Note [modifier]
- Voir film Chacun sa merde de Hugues Peyret et exposition « Une mesure pour tous » de Bernard Bazile.
Sources [modifier]
- Film Chacun sa merde (52 min) de Hugues Peyret, sur les propriétaires (voir bande-annonce)
- Film La Boîte de merde (27 min) de Hugues Peyret, sur l'ouverture d'une boîte par Bernard Bazile
Article connexe [modifier]
- Cloaca (2000), installation de Wim Delvoye, produisant des excréments artificiels