Mercè Rodoreda

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Mercè Rodoreda

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Mercè Rodoreda.

Nom de naissance Mercè Rodoreda i Gurguí
Activités Écrivain
Naissance 10 octobre 1908
Barcelone, Drapeau : Royaume d'Espagne Espagne
Décès 13 avril 1983 (à 74 ans)
Gérone, Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue d'écriture Catalan
Genres Roman ; nouvelle ; conte
Distinctions 5 prix de la critique Serra d'Or (1967, 1968, 1981, 1982, 1987)
Prix Lletra d'Or (1976)
Prix d'honneur des lettres catalanes (1980)

Œuvres principales

  • El carrer de les camèlies
  • La meva Cristina i altres contes
  • Viatges i flors
  • Quanta, quanta guerra
  • La mort i la primavera

Mercè Rodoreda i Gurguí, née à Barcelone le 10 octobre 1908 et décédée à Gérone le 13 avril 1983 (à 74 ans), est une femme de lettres catalane, auteur de romans et de nouvelles. Son œuvre a été traduite du catalan en vingt-sept langues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille unique née de parents épris de littérature, son enfance fut marquée par la figure de son grand-père maternel, Pere Gurguí, qui lui inculqua un profond sentiment catalaniste qui l'accompagna tout au long de sa vie. En 1928, à l'âge de vingt ans, elle se maria avec son oncle, Joan Gurguí, de quatorze ans son aîné et avec qui elle eut son seul enfant, Jordi, en 1929.

Son mariage fut un échec. Rodoreda cherchait un moyen d'échapper à une vie trop monotone : elle le trouva dans la littérature. Elle fit ses premiers pas en collaborant à de nombreuses éditions telles que La Veu de Catalunya, La Publicitat ou Mirador. Elle écrivit quatre romans que, des années plus tard, elle rejeta, les considérant fruits de son manque d'expérience. Elle ne sauva qu'Aloma (1937). Cependant, elle le récrit en 1969 en le transformant radicalement, jusqu'au point d'en faire une œuvre complètement différente. Quand la guerre civile espagnole éclata, Rodoreda collabora avec le Commissariat de propagande de la Généralité. En 1937 elle se sépara d’avec son mari.

En 1939 elle s'exila en France. Elle croyait que son exil serait de courte durée, raison pour laquelle elle laissa son fils à Barcelone à la charge de sa mère, Montserrat Gurguí. Elle s'installa, comme d'autres intellectuels et écrivains catalans, à Roissy-en-Brie, près de Paris, qu'elle dut fuir dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Après de nombreux déplacements en France, elle partit pour la Suisse, plus précisément à Genève, en compagnie de son amant Joan Prat, critique littéraire plus connu sous le pseudonyme d'Armand Obiols.

C'est à Genève qu'elle écrivit le plus célèbre de ses livres, La place du Diamant (1962), considéré comme le roman le plus important de la littérature catalane d'après-guerre. Il a pour cadre le quartier de Gràcia, à Barcelone, et raconte l'histoire de Colometa, une femme -comme tant d'autres- dont les rêves et la vie sont brisés par la guerre. La place du diamant est à la fois un roman historique, psychologique et un roman de mœurs. De son exil en Suisse datent également le roman Rue des Camélias (Prix Sant Jordi 1966), et le recueil Une baleine nommée Cristina et autres nouvelles (1967).

En 1972 elle rentra en Catalogne après la mort de son compagnon à Vienne. Elle s’installa à Romanyà de la Selva, dans la maison de campagne de Carme Manrubia, en compagnie de Susina Amat, deux amies datant de l'époque où elle travaillait au Commissariat de propagande de la Généralité. Elle y acheva son œuvre la plus ambitieuse, Mirall trencat (1974) et le recueil de contes Viatges i flors (1980).

Son dernier roman, Tant et tant de guerre, fut publié en 1980, date à laquelle Rodoreda reçut le Prix d’honneur des lettres catalanes. Cette année-là, elle abandonna la maison de campagne de Manrubia où elle avait écrit ses trois dernières œuvres et elle déménagea dans une petite maison de campagne qu’elle avait pu faire construire à Romanyà, à côté de celle de Manrubia. Finalement, Mercè Rodoreda mourut à Gérone victime d’un cancer, en 1983. On l’enterra, selon ses volontés, au cimetière de Romanyà de la Selva.

Bibliographie (traductions françaises)[modifier | modifier le code]

  • La Place du Diamant (La Plaça del Diamant). Traduction : Bernard Lesfargues avec la collaboration de Pierre Verdaguer, éd. Gallimard, 1971[1].
  • Rue des Camélias (El Carrer de les Camèlies). Traduction : Bernard Lesfargues, éd. Chemin Vert, 1986.
  • Aloma. Traduction : Bernard Lesfargues, éd. Jacqueline Chambon, 1989. (Les Romanesques)
  • Comme de la soie (Semblava de seda). Traduction : Christine Maintenant et Claude Bleton. éd. Actes Sud, 1991.
  • La mort et le printemps (La mort i la primavera). Traduction : Christine Maintenant et Claude Bleton, éd. Actes Sud, 1995.
  • Tant et tant de guerre (Quanta, quanta guerra...). Traduction : Bernard Lesfargues, éd. Aralia, 1996.
  • Elle m'a dit sorcière. Recueil de nouvelles traduites par Bernard Lesfargues, éd. La Brèche, 2001 : Une lettre (Una carta), La bonne d'enfants (La mainadera), La salamandre (La salamandra).
  • Une baleine nommée Cristina et autres nouvelles (La Meva Cristina i altres contes). Traduction : Bernard Lesfargues, Editions Trabucaire, 2003.
  • Voyages et Fleurs Traduction : Bernard Lesfargues, Illustrations de Gabrielle Cornuault, coédition fédérop/Librairie La Brèche, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Pivot classe ce titre en 47e position des romans espagnols à lire in La Bibliothèque idéale, Albin Michel, 1988, page 84

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

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