Menteur !

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Menteur !
Publication
Auteur Isaac Asimov
Titre d'origine Liar!
Langue Anglais américain
Parution Mai 1941
Astounding Science Fiction
Recueil Les Robots
Traduction française
Traduction Pierre Billon
Parution
française
1967, OPTA
Intrigue
Genre Science-fiction
Personnages Susan Calvin
Peter Bogert
Alfred Lanning
Nouvelle précédente/suivante
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Menteur ! (titre original en anglais : Liar!) est une nouvelle d'Isaac Asimov publiée en mai 1941 dans Astounding Science Fiction. Elle est parue pour la première fois en France dans le recueil Les Robots en 1967 aux éditons OPTA.

Elle est célèbre car il s'agit du premier texte dans lequel le terme robotique est apparu.

Résumé[modifier | modifier le code]

La nouvelle met en scène les principaux responsables à l'US Robots : Susan Calvin, Peter Bogert et Alfred Lanning. Tous trois sont confrontés à un problème grave : le dernier robot créé sur le site de production serait télépathe. Tout commence dans la salle de réunion, où un jeune chercheur, Milton Ashe raconte qu'il dialoguait mentalement avec lui-même, en marchant à côté du robot RB-34, et qu'en se séparant de lui, il s'est aperçu que le robot avait communiqué avec lui sans dire un mot.

Les personnes présentes prennent immédiatement la décision de bloquer la chaîne de production. Peter vérifiera les calculs mathématiques du cerveau positronique, Ashe les opérations susceptibles d'avoir pu provoquer cette capacité (il faut 75234 opérations pour constituer un robot), Susan dialoguera avec le robot en tant que robopsychologue. Alfred supervise les opérations, aide Peter pour les calculs, et limite le nombre de personnes pouvant être au courant. Le robot semble normal, est pourvu des trois lois de la robotique, et ne se démarque que par sa capacité à lire dans les esprits.

Susan Calvin dialogue donc avec le robot pour en savoir le plus possible sur ses capacités, comprendre comment il les a acquises, etc. RB-34 (Herbie) lui déclare qu'il n'aime pas les mathématiques, alors qu'il est visiblement capable de beaucoup en ce domaine, mais que des romans traitant d'êtres humains peuvent lui être utiles pour mieux comprendre leur psychologie, et mieux interpréter leurs pensées. Il effraie Susan en lui révélant ce qu'elle voulait garder secret : son attirance pour le jeune Milton Ashe. C'est pour elle une cause perdue, car elle se définit comme peu séduisante, âgée (42 ans sur le plan physique et 60 sur le plan émotionnel), tandis qu'il ne fait pas ses 35 ans et qu'il est insouciant. Herbie lui révèle alors que Milton Ashe est amoureux d'elle, qu'il n'ose pas le lui dire. Il a évidemment perçu ce sentiment dans les pensées du jeune chercheur à son contact. Susan remercie vivement Herbie, en lui enjoignant de ne pas en dire un mot à quiconque.

Une semaine a passé. Peter Bogert, mathématicien en chef à l'US Robots, n'a toujours pas trouvé la solution, pas plus que Ashe avec qui il s'entretient. Celui-ci n'espère pas la moindre issue à sa recherche. Il confie cependant trois remarques à Peter : le robot serait un « sorcier » en mathématiques, Lanning aurait interrogé le robot sans succès. La dernière remarque est plus une impression : Susan Calvin semble plus heureuse ces derniers temps. Il l'a même vue maquillée. Bogert se dit qu'il devrait lui aussi aller interroger le robot. Il va donc lui demander de vérifier les derniers calculs effectués, mais le robot se montre incapable de l'éclairer, et révèle son ignorance. Peter aborde alors un sujet qui lui tient à cœur : quand Lanning, directeur des recherches depuis des années, va-t-il abandonner son poste ? Herbie lui révèle que Alfred Lanning a déjà donné sa démission, et que Peter est le nouveau directeur.

Conforté par cette nouvelle, Peter n'hésite pas à se montrer quelque peu irrespectueux envers Lanning lorsque celui-ci contredit sa méthode de raisonnement pour résoudre le problème que pose Herbie. Il déclare à Lanning qu'il sait pour sa démission, pour son avancement, et qu'il est meilleur mathématicien que lui. Furieux, Lanning le suspend de ses fonctions et lui ordonne d'aller voir Herbie avec lui quand Peter annonce que c'est sur sa base qu'il a obtenu les renseignements. Parallèlement, Ashe annonce inintentionnellement à Calvin sa décision de se marier avec une jeune personne qui a visité l'usine quelques mois plus tôt. Désemparée, Calvin court voir Herbie.

Celui-ci lui déclare confusément que Ashe l'aime, qu'il va l'épouser, que tout cela n'est qu'un rêve... Elle se reprend et l'accuse de vouloir la faire tomber dans la schizophrénie avec ses mensonges, quand soudain elle comprend. Peter et Alfred arrivent sur ces entrefaites, et demandent à Herbie s'il a bien dit à Peter que Lanning allait démissionner. Le robot refuse de répondre, malgré la deuxième loi de la robotique. Susan Calvin éclate de rire : les trois plus grands spécialistes de la robotique se sont laissés avoir par un robot : Herbie peut lire les pensées. La première loi lui enjoignant de ne pas causer de mal aux humains, il doit leur mentir en disant ce à quoi les humains aspirent pour ne pas les blesser.

Ainsi, le robot connaît les erreurs dans les calculs de Peter, sait par quelle opération il est devenu télépathe, et a menti à Calvin à propos de Ashe. Infiniment amère, la robopsychologue soumet à Herbie un problème insoluble : s'il dit où est l'erreur de montage, il fera de la peine à Lanning qui veut trouver la solution tout seul, et s'il ne le dit pas, il lui fera également de la peine car Lanning désire connaître la solution. Elle le pousse ainsi à bout, le robot devient fou et tombe sur le sol, inutilisable. Susan lui lance alors un dernier mot avec beaucoup d'amertume : « Menteur ! »

Remarques[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle repose sur un principe simple d'Asimov : faire varier les situations pour trouver les limites des trois lois de la robotique qu'il a créées. Ici, tout vient du rapport entre la télépathie et la Première Loi, rapport qui ne sera expliqué qu'à la fin.

D'après le Oxford English Dictionnary, c'est dans cette nouvelle qu'a été énoncé pour la première fois le mot « robotique » (« robotics » en anglais), qui est d'un usage courant aujourd'hui.

Asimov fera des allusions à cette histoire dans son livre Les Robots de l'aube. La nouvelle est présentée comme une légende, car l'histoire se situe deux millénaires plus tard.

Publications[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]