Menat

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Menat
Village de Menat.
Village de Menat.
Blason de Menat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Arrondissement Riom
Canton Menat
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Menat
Maire
Mandat
Daniel Mazuel
2014-2020
Code postal 63560
Code commune 63223
Démographie
Gentilé Menatois
Population
municipale
569 hab. (2011)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 06′ 16″ N 2° 54′ 19″ E / 46.1044444444, 2.90527777778 ()46° 06′ 16″ Nord 2° 54′ 19″ Est / 46.1044444444, 2.90527777778 ()  
Altitude Min. 346 m – Max. 674 m
Superficie 20,31 km2
Localisation

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Menat
Liens
Site web www.commune-de-menat.com

Menat est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme en région Auvergne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Menat se trouve dans la région naturelle des Combrailles. La rivière de la Sioule forme la limite est du territoire communal.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Éloy-les-Mines, Youx Moureuille, Servant Rose des vents
Neuf-Église N Saint-Rémy-de-Blot
O    Menat    E
S
Neuf-Église Lisseuil

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Menat est desservie par la route départementale 2144 et se situe à proximité de l'autoroute A71, sortie 12.1 desservant Combronde.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les habitants de Menat sont appelés les Menatois.

L'origine du nom de Menat remonterait au VIe siècle avec les formes latines Manathensis ou Cellula Manatensis (cellula dans le sens de « cellule » de moines, en somme d'un petit monastère). On retrouve Menatum dans un document de 1286. Le toponyme viendrait de Mansio (« maison ») ou du patronyme latin Maso[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, au moins depuis le XIVe siècle, Menat était un des quinze archiprêtrés du diocèse de Clermont[2].

Constitution de la commune[modifier | modifier le code]

À la formation des communes en 1790[3], Neuf-Église et Menat furent réunies en une seule entité communale appelée « Menat ». La paroisse de Menat fut incluse dans celle de Neuf-Église bien qu'étant chef-lieu de canton. Progressivement, Menat s'imposa. Mais la mésentente perpétuelle des deux sections communales poussa Neuf-Église à demander son indépendance. Le processus administratif fut long, mais grâce à l'appui d'Henri Lecoq (savant botaniste et géologue et doyen de la faculté des sciences de Clermont-Ferrand, propriétaire et conseiller municipal de la commune) l'affaire aboutit en 1883. C'est son neveu lui aussi appelé Henri Lecoq qui fut le premier maire de Neuf-Église[4].

Entre les recensements de 1881 et 1886, la commune de Menat perdit 719 habitants à cause de la scission. On peut donc estimer que la section de Neuf-Église représentait environ 35 % de la population communale.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Menat est chef-lieu de canton jusqu'en 2015 ; à l'issue du redécoupage des cantons du département, la commune sera rattachée au canton de Saint-Éloy-les-Mines[5].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 2008 Guy Brunet PCF Conseiller général du Canton de Menat (1988-2008)
mars 2008 en cours
(au 13 juillet 2014)
Daniel Mazuel[6]    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 569 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 705 1 748 1 791 1 798 2 020 2 155 2 241 2 262 2 276
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 223 2 184 2 154 2 115 1 956 2 030 1 311 1 310 1 342
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 298 1 286 1 270 1 289 1 160 1 100 1 108 975 1 008
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 002 912 813 703 640 610 594 592 569
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église de Menat[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un monument qui a été modifié plusieurs fois au cours des siècles, mais dont la partie la plus ancienne (la nef romane) date du XIIe siècle.

Gisement de fossiles et Musée paléontologique[modifier | modifier le code]

Peinture murale du XVe siècle.

Menat est un site paléontologique unique en Europe qui témoigne de 56 millions d'années de vie végétale et animale, soit bien avant l'apparition de l'homme. De nombreux fossiles ont été découverts extraits des schistes. Un musée dédié a été inauguré en 1980 et aménagé dans l'ancien château abbatial (aujourd'hui mairie). Au premier étage de la mairie, on trouve des peintures murales du XVe siècle, dont un calendrier roman.

Abbaye de Menat[modifier | modifier le code]

Cloître de l'abbaye de Menat.

Un monastère existait déjà au VIe siècle, d'après la Vie de saint Avit puisque ce dernier étudia à l'école monastique de Menat. L'abbaye a été restaurée par Ménélée, né en Anjou, qui vint à Menat entre 685 et 690. Aidé de ses compagnons, Savinien et Constance, il releva le monastère détruit au cours des guerres de succession à la mort de Clotaire Ier. Il y imposa la règle de saint Benoît. C'est la raison pour laquelle l'abbaye porte le vocable de « Saint-Ménélée », en souvenir de son fondateur.

En 812, le roi Louis le Pieux rétablit plusieurs monastères du royaume d'Aquitaine, en particulier en Auvergne. Il accorda divers privilèges à celui de Menat comme l'exemption de toute redevance, de tout service militaire.

Le 12 août 1107, le pape Pascal II adressa une bulle à Hugues de Semur, abbé de Cluny qui plaça l'abbaye de Menat sous la dépendance de l'ordre de Cluny[9]. Un confirmation intervint en 1632, lorsque Richelieu décida de soumettre à nouveau l'abbaye de Menat à l'autorité de l'abbaye de Cluny pour y rétablir la discipline. Pour cette raison, la commune de Menat adhère aujourd'hui à la Fédération des sites clunisiens, association européenne qui s'occupe de la promotion des sites historiques qui dépendaient de l'ordre de Cluny[10].

Au moment de l'extinction des ordres monastiques à la Révolution française, l'abbaye de Menat ne compte plus que trois religieux. Les bâtiments sont vendus au titre des biens nationaux et trouvent différents acquéreurs privés. Une partie du cloître est démolie, une autre est laissée à la disposition de la commune pour servir de presbytère[11],[12].

Le pont de Menat[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un pont médiéval en dos d'âne dont l'origine est incertaine. Il est situé sur la rivière de la Sioule, pour moitié sur les communes de Menat et de Saint-Rémy-de-Blot.

Il aurait été implanté sur l'ancienne voie romaine d'Augustonemetum à Aquae Nerii. Bâti au XIIe siècle, il était au Moyen Âge, le seul passage sur la Sioule entre Ébreuil et Châteauneuf-les-Bains. Cette rivière était alors une voie de pénétration entre l'Auvergne (historique) et le Bourbonnais.

La première mention connue de ce pont est à l'occasion d'un procès entre l'abbé de Menat et le seigneur de Château-Rocher en 1344. Le pont est mentionné comme existant depuis plus de 75 ans.

La travée de la rive gauche a été emportée par une crue au XVIIIe siècle et ne fut reconstruite qu'au début du XXe siècle. Grâce à des travaux de consolidation, le pont a été utilisé comme unique moyen de franchissement de la Sioule au niveau de Menat, jusqu'en 1839, date de la construction du nouveau pont[13].

À l'origine, il devait vraisemblablement exister un pont flottant gallo-romain, c'est-à-dire un système de barques en bois mobiles, attachées les unes aux autres.

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L'arboretum du bois des Brosses[modifier | modifier le code]

En 1975, le SIVOM du canton de Menat achète le bois des Brosses, près du village de Piogat (commune de Menat). La forêt est gérée par l'ONF. L'arboretum a été créé en 1978 lors du reboisement du Bois des Brosses, grâce à la volonté des élus locaux et avec l'aide de l'ONF. Il s'agit d'un arboretum « forestier » dont le boisement a été complété en 1998. Situé à une altitude de 640 m, l'arboretum dépend d'un climat subatlantique. Le sol est peu profond et filtrant. Les conditions écologiques étant assez pauvres sur le plan de la production, l'arboretum est plutôt réservé à des essences frugales comme les conifères. 27 espèces ont été plantées (19 types de conifères et 8 de feuillus), principalement pour leur qualité de production de bois et d'autres pour leur esthétique[14].

Le menhir de Menat[modifier | modifier le code]

Ce bloc de gneiss, de 9 tonnes et de 4,35 m de longueur, a été reconnu par les archéologues en 1911 comme étant un menhir renversé[15]. Auparavant, il était pris pour un dolmen. Ce n'est qu'en 1978 lors des travaux de boisement de l'arboretum du bois des Brosses qu'il fut redressé dans sa position initiale. Le site aurait connu la présence de l'homme au Paléolithique et au Néolithique. Autour du menhir, dans un rayon d'1 km, plusieurs haches en pierre polie et en pierre taillée ont été retrouvées, ainsi que les restes d'un four[16].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Maison de Pays de Menat (vente des produits locaux).

Depuis 1989, la Maison de Pays / Office de tourisme de Menat (classé 1 étoile) accueille et renseigne les visiteurs qui passent ou séjournent dans les Combrailles. Elle est gérée par la communauté de communes du Pays de Menat.

La Maison de Pays s'occupe aussi de promouvoir et vendre les produits du terroir (miel, fromages, vins : côtes-d'auvergne (AOVDQS) et saint-pourçain (AOC), huile de Blot-l'Église, farine, etc.), l'artisanat local, d'organiser des expositions de peintures, aquarelles, sculptures, dessins ou photos d'artistes locaux[17].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Saint Ménélée (statue dans l'église de Menat).
  • Saint Ménélée, premier abbé de Menat à partir de 576. Un chapiteau à quatre faces de l'ancien chœur roman déposé dans la nef de l'église retrace des épisodes de sa vie : fiançailles rompues, son investiture, et la construction du monastère.
  • Simon Bauer, sculpteur qui a réalisé en 1673 les boiseries de l'église du Moutier-d'Ahun.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Menat Blason De sinople au pont en dos d'âne de trois arches d'or sur une champagne ondée d'argent chargée de quatre burelles ondées du champ, à la crosse aussi d'or brochant sur le tout, la tête rayonnant de huit éclairs d'argent, les deux derniers pointant vers la champagne derrière le pont
Détails Le pont fait référence à celui de Menat, de construction médiévale, qui enjambe la Sioule. Les vagues représentent donc ladite rivière. La crosse est celle de l'abbé de Menat. Enfin, les éclairs pourraient illustrer le rayonnement de l'abbaye clunisienne qui possédait plusieurs prieurés.
Blason officiel de la commune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André-Georges Manry (dir.), Histoire des communes du Puy-de-Dôme : Arrondissement de Riom, Éditions Horvath,‎ réédition 1991, p. 251.
  2. Alexandre Bruel, Pouillés des diocèses de Clermont et de Saint-Flour du XIVe au XVIIIe siècle, Paris, Imprimerie nationale,‎ 1880, p. 11.
  3. Décret de l'Assemblée constituante du 14 décembre 1789.
  4. André-Georges Manry (dir.), Histoire des communes du Puy-de-Dôme : Arrondissement de Riom, Éditions Horvath,‎ réédition 1991, p. 253.
  5. Décret no 2014-210 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Puy-de-Dôme
  6. Liste des maires 2014, site de la préfecture du Puy-de-Dôme (consulté le 13 juillet 2014).
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  9. Abbé Chaix de Lavarène, Monumenta pontificia Arverniae, decurrentibus IXe, Xe, XIe, XIIe saeculis. Correspondance diplomatique des papes concernant l'Auvergne, depuis le pontificat de Nicolas Ier jusqu'à celui d'Innocent III (IXe, Xe, XIe, XIIe siècles), Clermont-Ferrand, Impr. Thibaud,‎ 1880, p. 127.
  10. Page consacrée à l'abbaye de Menat sur le site de la Fédération des sites clunisiens
  11. Grégory Goudot, « Monachisme clunisien et vie rurale sous l'Ancien Régime. Le cas auvergnat de Menat aux XVIIe et XVIIIe siècles », Histoire et sociétés rurales, no 25,‎ 2006, p. 9-35.
  12. Grégory Goudot, « L'abbaye de Menat et la région montluçonnaise à l'époque moderne », Bulletin des Amis de Montluçon, no 57,‎ 2006, p. 15-36.
  13. André-Georges Manry (dir.), Histoire des communes du Puy-de-Dôme : Arrondissement de Riom, Éditions Horvath,‎ réédition 1991, p. 255-256.
  14. Bernard Boutte et Catherine Arnaud, L'arboretum du Bois des Brosses, Fontainebleau, Office national des forêts,‎ 2000.
  15. Dr G. Charvilhat, « Découverte d'un Menhir, près le village de Piogat, canton de Menat (Puy-de-Dôme) », Bulletin de la Société préhistorique française, no 12,‎ 1911, p. 779-780 (lire en ligne).
  16. Bernard Boutte et Catherine Arnaud, L'arboretum du Bois des Brosses, Fontainebleau, Office national des forêts,‎ 2000, p. 7.
  17. Site officiel de la Maison de Pays de Menat

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]