Meinoud Rost van Tonningen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Meinoud Rost van Tonningen

Meinoud Marinus Rost van Tonningen ( à Surabaya - à Scheveningen) était un homme politique néerlandais du Mouvement national-socialiste (N.S.B.). Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande des Pays-Bas, il a largement collaboré avec les forces d'occupation allemandes.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Rost van Tonningen est né dans les Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie). Il était le fils du général de la KNIL (Armée royale des Indes néerlandaises) Bernardus Marinus Rost van Tonningen, qui s'est distingué en réprimant les révoltes contre la domination néerlandaise sur les îles de Bali et de Lombok et dans l'Aceh. Il mena à bien des études juridiques à l'université de Leyde.

Société des Nations[modifier | modifier le code]

Dans les périodes 1923-1928 et 1931-1936, il a été représentant de la Société des Nations à Vienne. Son travail consistait à contrôler la politique financière autrichienne. C'est pendant son séjour à Vienne qu'il développa de solides convictions antisémites et anticommunistes. Il devint un ami proche d'Engelbert Dollfuss, qui devient chancelier d'Autriche en 1932 et fut assassiné en 1934.

Membre de la N.S.B.[modifier | modifier le code]

Il devint membre du N.S.B. le 7 août 1936, après son retour d'Autriche. Il remporta un siège au Parlement lors des élections de cette année et devint le chef de son groupe dans la chambre basse néerlandaise, la Tweede Kamer.

Il devint aussi le rédacteur en chef du journal du parti N.S.B., Het Nationale Dagblad, (Le Quotidien National), ce qui lui donna l'occasion d'exprimer ses propres idées sur l'avenir du N.S.B. Rost van Tonningen était obsédé par l'Allemagne et la Grande Idée allemande, tandis qu'Anton Mussert, le dirigeant de la N.S.B., avait plus d'affinités avec l'idée du fascisme mise en œuvre par Benito Mussolini en Italie.

C'est principalement sous l'influence de Rost van Tonningen que le N.S.B. devint de plus en plus ouvertement antisémite; l'antisémitisme de Rost van Tonningen était plus radical que celui du chef du N.S.B., Anton Mussert. C'est également sous l'influence de Rost Van Tonningen que le N.S.B. se rapprocha du parti nazi allemand, le NSDAP.

En 1939, Rost van Tonningen créa une organisation paramilitaire, la « Mussert-garde » - (le garde de Mussert). De nombreux membres de cette organisation devinrent membres de la SS néerlandaise. Une première demande de Rost van Tonningen à être admis comme membre du régiment SS Westland fut d'abord rejetée parce que les circonstances ne lui permettaient pas de prouver que sa famille avait plus de 150 ans de "sang pur". En 1944, il posa de nouveau sa candidature pour devenir membre de la SS et fut cette fois admis.

Occupation allemande des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Pendant l'occupation allemande des Pays-Bas, Arthur Seyss-Inquart, gouverneur des Pays-Bas pour l'Allemagne, nomma Rost van Tonningen commissaire à la dissolution ou à la réorientation de toutes les organisations socialistes ou marxistes, en particulier du Parti social-démocrate des travailleurs (SDAP), du Parti socialiste révolutionnaire des travailleurs (RSAP) et du Parti communiste (CPN). Le CPN fut dissous, le SDAP devait être "reconstruit" sur le modèle nazi. Cette reconstruction échoua, car le SDAP avait détruit la plupart de ses archives et de ses documents administratifs. La direction du SDAP refusa de coopérer, et au cours de réunions régionales du SDAP, il fut annoncé que le SDAP ne collaborerait pas avec les forces de l'occupation allemande. Pratiquement toutes les organisations affiliées au SDAP firent échec aux tentatives de Rost van Tonningen pour les "nazifier". La plupart des organismes (par exemple, les association sportives ou musicales de travailleurs) choisirent de se dissoudre plutôt que de s'incorporer à la hiérarchie nazie. Le 5 juillet 1941, le SDAP fut démantelé, ainsi que tous les autres partis politiques.

Administrateur financier[modifier | modifier le code]

Le 26 mars 1941, Rost van Tonningen fut nommé secrétaire général du ministère des Finances et président de la Nederlansche Bank, la Banque Nationale des Pays-Bas. À l'époque où il exerçait ces deux fonctions, les Allemands financèrent l'occupation par des impôts prélevés sur les Néerlandais. Après la guerre, le gouvernement des Pays-Bas évalua le coût total à 9 488 000 000 reichsmarks. En plus de cette somme, des prêts accordés par les Pays-Bas à l'Allemagne pour un montant de 5 750 000 000 reichsmarks n'ont jamais été remboursés, de sorte qu'au total, 14 500 000 000 reichsmarks ont coulé vers l'Allemagne. ((Comparaison: France 11 070 000 000 et Belgique 43 250 000 000.)

Le 1er avril 1941, la barrière monétaire entre les Pays-Bas et le troisième Reich fut levée, et le 1er septembre 1941, les derniers obstacles pratiques sur le marchés des changes entre les deux pays furent supprimés. Les immenses stocks d'or des Pays-Bas ont été transportés, avant la guerre, vers des pays alliés, comme le Canada.[réf. nécessaire]

En tant que secrétaire général pour les affaires économiques spéciales, Rost van Tonningen fut impliqué dans la création de la Nederlandse Oostcompagnie (Compagnie néerlandaise de l'Est), une organisation impliquée dans la reconstruction de l'Ukraine. Le but de cette organisation était d'établir un colonie de cultivateurs néerlandaises en URSS pour garantir et améliorer la production de grès.

Décès[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre 1944, Dolle Dinsdag Mardi fou, Rost van Tonningen s'enfuit, avec d'autres collaborateurs néerlandais, devant l'avance rapide des armées alliées. Il revint quelques jours plus tard, mais fut congédié de son poste de chef suppléant du NSB par Anton Mussert après avoir écrit un article dans lequel il applaudissait au passage de la section de jeunesse du NSB (Nationale Jeugdstorm, Assaut national de la jeunesse) à la Germanische Jugend et de là à la division Hitlerjugend.

Au cours de l'été 1944, Rost van Tonningen reçut une formation d'officier au premier bataillon de la Landstorm Nederland, une organisation paramilitaire néerlandaise de défense. Vers la mi-mars 1945, il partit pour le front, qui était alors en Betuwe. Le 8 mai 1945, il fut fait prisonnier par les troupes canadiennes et fut détenu dans un camp de prisonniers à Elst. De là, il fut transféré à Utrecht et, le 24 mai 1945, à la prison de Scheveningen. Quelques jours plus tard, le 6 juin 1945, il mourut en prison d'une chute par-dessus la balustrade d'un escalier. Selon certains, notamment l'historien Van der Leeuw, membre du NIOD (Nederlands Instituut voor Oorlogdsdocumentatie, Institut néerlandais de documentation sur la guerre), qui s'exprima en ce sens dans une émission de la chaîne VARA intitulée Het Zwarte Schaap, il se peut que, contrairement à la version officielle, Rost van Tonningen ne se soit pas suicidé, mais ait été tué. Le motif du meurtre serait que comme président de la Banque Nationale, il en savait trop sur des transactions illégales commises par des personnes qui formaient l'établissement après la guerre.

Sa veuve[modifier | modifier le code]

Sa seconde épouse, Florentine Rost van Tonningen continua de défendre le point de vue national-socialiste, niant l'Holocauste, déplorant la chute du Troisième Reich et la mise en danger de la pureté raciale. Mais surtout, elle s'efforça de prouver que son mari avait été tué.

Références[modifier | modifier le code]