Meine Seufzer, meine Tränen

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Cantate BWV 13
Meine Seufzer, meine Tränen
Cantate de choral
Titre français Mes soupirs, mes larmes
Liturgie Épiphanie
Date de composition 1726
Auteur(s) du texte

1, 2, 4, 5 : Georg Christian Lehms; 3 : Johann Hermann Schein; 6 : Paul Fleming

Texte original

Traduction française de M. Seiler
Traduction française note à note
Traduction française interlinéaire

Effectif instrumental

Soli : S T B
chœur SATB
Flûte à bec I/II, hautbois da caccia, violon I/II, alto, basse continue

Partition complète [PDF]

Partition Piano/Voix [PDF]

Informations et discographie (en)
Informations en français (fr)

Commentaires (en)

Meine Seufzer, meine Tränen (Mes soupirs, mes larmes), (BWV 13), est une cantate de Jean-Sébastien Bach écrite à Leipzig en 1726.

Histoire et livret[modifier | modifier le code]

C'était la troisième cantate de l'année. Bach écrivit la cantate chorale durant sa troisième année à Leipzig pour le deuxième dimanche après l'épiphanie et la dirigea le 20 janvier 1726[1]. Les lectures prescrites pour ce jour de fêtes sont tirées de Épître aux Romains,12 :6–16, et de l'Évangile selon Jean, les noces de Cana, 2 :1–11. Le texte des mouvements 1, 2, 4 et 5 est tiré de l'annuaire de cantates de Georg Christian Lehms, publié à Darmstadt en 1711. L'idée unique de l'évangile est la parole de Jésus : « Mon heure n'est pas encore venue ». Le texte est divisé en deux parties de trois mouvements chacune, la première traitant de la détresse de celui qui se sent abandonné, la seconde de l'espoir en l'aide de Dieu. Les deux parties se terminent par un choral. Le troisième mouvement est la deuxième strophe de « Zion klagt mit Angst und Schmerzen » de Johann Heermann[2], et le choral final est la dernière strophe du poème « In allen meinen Taten » de Paul Fleming[3]. Selon Alfred Dürr, il est peu probable qu'elles aient été exécutées avant et après le service compte tenu de la brièveté de l’œuvre[1].

Quatre autres cantates ont été également écrites pour l'Épiphanie :

Structure et instrumentation[modifier | modifier le code]

La cantate, nommée par Bach « concerto da chiesa », est écrite pour deux flûtes à bec, un hautbois d'amour, cordes (deux violons, alto et basse continue), quatre solistes (soprano, ténor, alto, basse) et chœur à quatre voix.

Il y a six mouvements :

  • aria (ténor) : Meine Seufzer, meine Tränen (ré mineur)
  • récitatif (alto) : Mein liebster Gott läßt mich annoch (si bémol majeur)
  • chorale (alto) : Der Gott, der mir hat versprochen (fa majeur)
  • récitatif (soprano) : Mein Kummer nimmet zu (fa majeur)
  • aria (basse) : Ächzen und erbärmlich Weinen (sol mineur)
  • choral (chœur) : So sei nun, Seele, deine (si bémol majeur)

Musique[modifier | modifier le code]

Meine Seufzer, meine Tränen est souvent considéré comme la plus douloureuse et malheureuses de toutes les cantates de Bach. Celle-ci est pleine de dissonances déchirantes et d'accords non résolus.

Le cor de chasse (hautbois da caccia) s'oppose à deux flûtes à bec, aux voix alto et ténor seulement dans le premier vers, son destin solitaire comme un flot ininterrompu de larmes. L'obscurité du fa mineur cède la place à la lumière d'espoir du fa majeur. Après toutes ces complaintes discordantes des solistes, le choral final se termine avec un harmonieux accord, en pleine harmonie avec toutes les voix.

La cantate s'ouvre par une aria, un lamento accompagné de douces flûtes à bec et de l'obscur du hautbois da caccia qui mène souvent. C'est une forme da cappo mais la section centrale est de nouveau divisée en deux parties. La voix montre le « Weg zum Tod » (chemin vers la mort) en plusieurs pas descendants[1]. Alfred Dürr fait valoir que cette composition « illustre combien l'imagination du musicien baroque est particulièrement enflammée par les textes traitant de soupirs et de douleurs »[4].

Le bref récitatif secco suivant se termine comme un arioso sur les mots « vergeblich flehen » (plaider en vain). Dans le choral, les bois jouent le cantus firmus à l'unisson avec la voix alto tandis que les cordes jouent des figurations indépendantes en fa majeur. Elle illustrent l'espoir bien que le texte précise que l'espoir n'est pas encore en vue. John Eliot Gardiner les définit comme de « confiantes harmonies diatoniques », une « réponse optimiste sans voix » à la « prière de réconfort de la voix »[4]. Un deuxième récitatif expressif mène à une seconde aria, accompagnée par le premier violon et les flûtes à bec jouant à l'unisson une octave au-dessus. Le texte de lamentation du « Ächzen und erbärmlich Weinen » (gémissements et pitoyables pleurs) est renforcé d'intervalles tels que seconde augmentée, cinquième et septième diminuées. La ritournelle est faite de deux parties bien différentes, l'une de lamentation et l'autre d'espoir. Dans la section centrale, les paroles « wer gen Himmel siehet » (celui qui regarde le paradis) sont accentuées d'un saut d'une octave supérieure. Le choral de conclusion est une disposition en quatre parties de la mélodie de « O Welt, ich muss dich lassen » de Heinrich Isaac qui figure deux fois dans la Passion selon saint Matthieu dans les mouvements 10 (« Ich bin's, ich sollte büßen ») et 37 (« Wer hat dich so geschlagen »)[1],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]