Mehmed Uzun

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Mehmed Uzun, né en 1953 à Siverek dans la province de Şanlıurfa et mort le 10 octobre 2007 à Diyarbakır, est un écrivain et romancier contemporain kurde de Turquie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien que la langue kurde ait été interdite en Turquie de 1920 à 1990, il a commencé à écrire dans sa langue maternelle. En tant qu'écrivain, il a accompli un grand pas vers la définition d'une langue kurde littéraire moderne et a relancé la tradition kurde du conte. De 1977 à 2005, il vit en exil en Suède en tant que réfugié politique. Pendant son séjour en Scandinavie, il est devenu un écrivain prolifique, auteur d'une douzaine de romans en langue kurde et d'essais, qui ont fait de lui un des membres fondateurs de la littérature kurde moderne (dialecte kurmandji). En juin 2005, il revint à Istanbul en Turquie. Il a été membre du PEN club et de l'association des écrivains suédois.

Le 29 mai 2006, il a été révélé que Uzun avait le cancer. Après un traitement à la Karolinska University Hospital de Stockholm, en Suède, il revint à Diyarbakır, en Turquie, où il mourut, âgé de 54 ans.

Il a publié sept romans en kurde. Uzun a publié son premier essai à un roman kurde moderne en 1985, Tu (Vous). Après il a édité une anthologie de la littérature kurde, le premier de son genre. Le succès est venu avec son roman In The Shadow Of A Lost Love (Siya Evine). L'histoire raconte la lutte d'un intellectuel kurde des années 1920 afin de poursuivre son amour pour une femme et son devoir de combattre la République turque nouvellement formée.

Ses romans ont commencé à être traduits dans les langues européennes dans les années 1990. Deux de ses ouvrages ont été publiés en Suède : un recueil d'essais, Granatäppelblomning (Les Fleurs de grenade), et le roman Je av skuggan fr kärlek Förlorad (In the Shadow of a Lost Love). En collaboration avec Madeleine Grive, il a également publié une anthologie internationale, Världen i Sverige (Le Monde en Suède), une anthologie de textes d'avant-garde par des écrivains qui ne sont pas nés en Suède, mais qui vivent et écrivent là-bas. Il publie également dans le journal de l'Institut kurde de Paris, Kurmancî. Il a remporté le prix Torgny Segerstedt 2001 pour son travail dans une tradition narrative.

Mehmed Uzun a été accusé à plusieurs reprises en Turquie en raison de ses activités littéraires kurdes. Il a été arrêté le 21 mars 1976 en tant que rédacteur en chef d'un magazine kurde-turc, et a été accusé de « séparatisme » et emprisonné à Ankara dans la prison centrale. Lors de son procès en été 1976, il a tenté de prouver l'existence des Kurdes et de la langue kurde. L'argument du procureur, était que les Kurdes et leur langue n'avait pas d'existence.Quiconque prétend le contraire est considéré comme un séparatiste et mérite d'être puni. Il a été condamné à huit mois de prison. Après sa libération, il était encore sous la menace d'accusations à cause de ses responsabilités en tant que rédacteur de la revue précitée, et par conséquent, il choisit l'exil pour la Suède en 1977. La réglementation en vigueur en Turquie à l'époque a rendu impossible un éventuel retour dans son pays natal.

Par la suite, en 1981, par décision du régime militaire et comme de nombreux autres intellectuels turcs et kurdes, il a été déchu de sa nationalité. Il reprit sa quête linguistique dans Stockholm, aidé par des subventions du gouvernement suédois. Pour recueillir le vocabulaire et le folklore, il a visité un leader kurde irakien dans un village tenu par les rebelles dans une vallée des montagnes irakiennes, passant des soirées dans une tente à l'écoute des poètes et conteurs kurdes, à la lueur d'une lampe à pétrole. Il a appris l'arabe pour lire des poèmes classiques kurdes du 16e et 17e siècles. Plus tard, il a traqué de rares exemplaires d'un magazine publié par des exilés kurdes dans les années 1920. Le mauvais destin de ces pionniers constitue l'épine dorsale de deux de ses romans, qui, comme chacun d'entre eux, détaillent les luttes des Kurdes à travers les âges. Il a également dirigé un comité de rédaction d'intellectuels, qui payait le voyage en Europe de Kurdes capables de résoudre les problèmes ardus de vocabulaire.

Quand, après de nombreuses années de vie en exil, il retourne en Turquie pour y prononcer un discours sur la littérature kurde, sept de ses livres, six en kurde et l'autre en turc, ont été supprimés par le jugement n° 2000/39 du quatrième tribunal de la Sécurité d'État de Diyarbakır, en date du 4 février 2000.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Traduction française
  • La poursuite de l'ombre, traduit du kurde (Siya Evînê) par Fawaz Hussain, texte revu par Robert Sctrick, préface de Yachar Kemal, Phébus, 1999 (ISBN 2-85940-636-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]