Megachile rotundata

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L'abeille découpeuse (Megachile rotundata), est une espèce d'abeille solitaire appartenant au genre des « mégachiles ». Ces abeilles construisent les loges où elles déposeront leurs œufs à partir de morceaux de feuilles découpées (luzerne, troène, acacia...).

Feuille de troène découpée par une abeille mégachile
Megachile rotundata pollinisant une fleur de luzerne

Une de ses particularités est de découper avec une méthode spectaculaire des morceaux de feuilles tendres (découpe circulaire à ovale aux bords nets, toujours en bordure de feuille) qu'elle transporte ensuite en vol afin de confectionner son nid constitué de feuilles enroulées (aspect de cigare).

Un nombre important de feuilles peuvent ainsi être découpées, sur le troène par exemple (photo ci-contre), sans conséquence apparente pour le buisson (la "cicatrisation" se fait rapidement, notamment grâce au fait que l'abeille ne coupe pas les nervures centrales et le réseau des vaisseaux de sève).

Description[modifier | modifier le code]

Elle fait partie d'un groupe de mégachiles assez petites (5-20 mm). Elle a une brosse ventrale blanche (Megachile pilidens qui lui ressemble a une brosse partiellement noire à l'arrière et présente deux taches feutrées blanches sur le 6e tergite). En tant qu'espèce solitaire, elle ne construit pas de ruche et ne forme pas de réserve de miel, mais elle est considérée comme un pollinisateur très efficace notamment de la luzerne, des carottes, et de nombreuses légumineuses cultivées, ou de plantes à baies (myrtilles[1]). Des nids artificiels positionnés près des cultures (nids à base de pailles, ou constitués de blocs de bois percés de trous d'un diamètre convenant à l'espèce) augmentent significativement les rendements de certaines cultures[2].

L'espèce est caractérisée par des mandibules surdéveloppées et très coupantes, utilisées pour découper les feuilles qu'elle recherche pour son nid, mais aussi lorsque nécessaire, comme mécanisme de défense, quand elle se sent attaquée.

Sex-ratio : il est généralement de 1 mâle pour une femelle, soit très différent de ce qui se produit chez les abeilles coloniales.

Cocons et grains de pollen d'abeille mégachile

Reproduction : les femelles, dans la nature, construisent de petits nids dans des anfractuosités du sol, de parois rocheuses ou de murs, ou dans les arbres. Elles utilisent volontiers des nichoirs artificiels (des trous percés dans un bout de bois ou des tiges creuses: bambou, carton, paille, roseaux). Chaque nid est constitué d'une série de cellules individuelles, autant que l'espace le permet. Chaque cellule est fabriquée à partir de morceaux de feuilles, ou de fleurs plus ou moins découpées en forme de disque (d'où le nom anglais de leafcutter, « coupeuse de feuille » de l'espèce). Elle utilise par exemple des feuilles ou des fleurs de: hortensia, géraniums (Pelargonium zonale), euphorbes (Euphorbia), luzerne (Medicago), lilas (Syringa), vigne (Vitis). Bien que ces abeilles ne stockent pas de miel, les femelles déposent un stock de pollen et nectar qui alimentera la larve dans le nid. Elle est polylectique, cela veut dire qu'elle visite plusieurs sortes de fleurs (5 familles de plantes). Ses sources de pollen sont très variées et se répartissent dans les familles suivantes :

Chaque cellule contient une petite boule de pollen, du nectar et un œuf. La larve se développe rapidement, consommant sa provision de pollen et de nectar, puis entre en hibernation lorsque la provision est entièrement consommée. Au printemps suivant, la larve produit une pupe où elle complète son développement puis sort du nid pour trouver un partenaire et se reproduire. Les femelles peuvent ravitailler jusqu'à 39 cellules. La période d'incubation est d'environ 30 jours et nécessite idéalement une température constante de plus de 30° C.

Parasite[modifier | modifier le code]

Une abeille coucou, Coelioxys echinata (Förster 1853) (anciennement: Megachile rufocaudata (Smith 1854)) peut parasiter les autres mégachiles: les œufs du parasite éclosent les premiers et les larves qui en sortent détruisent les œufs de la victime. C'est aussi le cas de Coelioxys inermis (Kirby)[3].

Espèce introduite aux USA[modifier | modifier le code]

Cette espèce européenne a été importée et élevée aux États-Unis à fin de pollinisation des champs et fruitiers, mais elle est localement devenue sauvage (marronnage) avant de se généraliser dans une grande partie de l'Amérique du Nord.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Utilisation de cette abeille pour la pollinisation des myrtilles (Maine, USA)
  2. Susan Milius, 6 janvier 2007 Most Bees Live Alone: No hives, no honey, but maybe help for crops, journal = Science News, volume 171, consulté le 2007-01-15
  3. Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris, Flammarion,‎ août 2012, 320 p. (ISBN 978-2-0812-8823-2), p. 246-247

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