Mayenne (Mayenne)

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Mayenne
Le château carolingien et la Mayenne.
Le château carolingien et la Mayenne.
Blason de Mayenne
Blason
Mayenne (Mayenne)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Mayenne (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de deux cantons
Mayenne-Est
Mayenne-Ouest
Intercommunalité Pays de Mayenne
Maire
Mandat
Michel Angot
2014-2020
Code postal 53100
Code commune 53147
Démographie
Gentilé Mayennais
Population
municipale
13 226 hab. (2011)
Densité 665 hab./km2
Population
aire urbaine
27 653 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 11″ N 0° 36′ 49″ O / 48.303056, -0.61361148° 18′ 11″ Nord 0° 36′ 49″ Ouest / 48.303056, -0.613611  
Altitude Min. 82 m – Max. 159 m
Superficie 19,88 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mairie-mayenne.fr

Mayenne ([ma.jɛn ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est une commune de l'ouest de la France, située à 250 km à l'ouest de Paris. C'est l'une des sous-préfectures du département de la Mayenne dans la région des Pays de la Loire. Les habitants de Mayenne s'appellent les Mayennais, et la commune est la deuxième ville du département derrière Laval. Elle comptait 13 226 habitants en 2011[Note 1].

Mayenne est apparue au Moyen Âge, près d'une voie romaine. Située dans le Maine, elle se trouvait à proximité des duchés de Bretagne et de Normandie. La ville était au départ une place forte carolingienne, dominant les berges de la rivière Mayenne et la route entre Le Mans et la Manche. Elle s'est ensuite développée grâce au commerce de ses toiles de lin, qui a néanmoins périclité au XIXe siècle. La ville s'appuie désormais sur une petite industrie diversifiée. Son aire urbaine comptait 27 666 habitants en 2010.

Mayenne a été touchée par les Guerres de religion ainsi que par la Seconde Guerre mondiale, mais elle a aussi été embellie au XVIIe siècle, sous l'impulsion de Jules Mazarin, ainsi qu'au XIXe siècle. Le château de Mayenne renferme une importante structure militaire carolingienne, ce qui lui donne un caractère unique. La ville possède également quelques églises et des hôtels particuliers. Elle fait partie du Pays d'art et d'histoire Coëvrons-Mayenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La Mayenne dans le centre-ville.

Mayenne est située au nord du département de la Mayenne, près de l'Orne (Basse-Normandie), et à mi-chemin entre Laval et Domfront, et Alençon et Fougères. Avant la Révolution française, Mayenne faisait partie de la province du Maine, depuis répartie entre deux départements, la Mayenne et la Sarthe. Ces départements font tous les deux partie de la région des Pays de la Loire.

La ville est aussi sur le cours supérieur de la Mayenne, une rivière qui prend sa source sur la frontière normande puis descend vers la Loire au sud. Ce cours d'eau traverse donc le département du nord au sud et forme un axe naturel permettant de relier Mayenne à la préfecture, Laval, ainsi qu'à l'autre sous-préfecture, Château-Gontier.

Mayenne est située à approximativement 30 km de Laval et Domfront, 45 km de Fougères, 65 km d'Alençon, 100 km de Rennes et Le Mans, 110 km d'Angers, 120 km de Caen, 180 km de Nantes, et 250 km de Paris. La ville est aussi à une centaine de kilomètres de la Baie du Mont-Saint-Michel, le littoral le plus proche.

Mayenne fait traditionnellement partie du Bas-Maine, qui est constitué des arrondissements de Laval et Mayenne ; le Haut-Maine se trouvant dans la Sarthe et l'arrondissement de Château-Gontier correspondant à la Mayenne angevine.

Mayenne est entourée d'une région vallonnée, couverte par le bocage et traversée par de nombreux petits cours d'eau. Le climat est humide, et la surface toujours en herbe occupe la moitié des terres agricoles. Les herbages tendent toutefois à régresser, notamment à cause de la culture de plantes fourragères comme le maïs[1].

Quelques forêts se trouvent dans les environs de Mayenne. La plus proche est celle de Salair, qui entoure le village de Fontaine-Daniel.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le château de Mayenne, construit sur un affleurement rocheux.

La ville de Mayenne se trouve, comme l'ensemble du département, sur le Massif armoricain. La commune possède un territoire vallonné, avec une altitude moyenne de 120 mètres. Le cours de la Mayenne, au niveau de l'écluse, atteint 85 mètres, tandis que l'ancien hôtel-de-ville est à 135 mètres. Le point culminant se trouve au niveau de la caserne Mayran, qui culmine à 159 mètres[2].

Le sous-sol mayennais s'est formé au Paléozoïque, notamment grâce à l'activité volcanique, puis a été recouvert par des formations tertiaires diverses, notamment du grès, formé au Silurien. Enfin, d'anciens terrains éruptifs ayant laissé du gneiss et du granite[1]. La ville est construite sur un ancien volcan dont le cratère[3] est inondé par la rivière Mayenne. Le sous-sol de la ville comprend aussi du schiste. Le granite, de mauvaise qualité, n'est présent que sur la rive droite[2].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Mayenne et le pont Notre-Dame.

Le sous-sol de Mayenne comprend quelques aquifères[4], mais l'eau potable utilisée dans la commune vient de la retenue de Saint-Fraimbault-de-Prières, située sur la Mayenne à quelques kilomètres en amont. la ville est par ailleurs dotée d'une station d'épuration d'une capacité de 25 000 équivalents-habitant[5].

La ville de Mayenne est traversée du nord au sud par la Mayenne. À cause du relief prononcé, la rivière forme quelques méandres. D'importants travaux effectués au cours de l'histoire, notamment sous François Ier, ont rendu la rivière navigable, et elle a servi au transport de marchandises jusqu'au milieu du XXe siècle. D'abord désaffectée, elle s'est ensuite tournée vers la navigation de plaisance. La ville de Mayenne est en outre la dernière étape sur la Mayenne, en amont la rivière n'est plus navigable[6].

La commune de Mayenne compte plusieurs autres cours d'eau, pratiquement tous tributaires de la Mayenne. Certains se jettent toutefois dans l'Aron, qui rejoint lui-même la Mayenne à Moulay, au sud de la ville. Parmi ces cours d'eau se trouvent, rive droite : le ruisseau de la Bretonnerie, qui marque la limite avec La Haie-Traversaine, le ruisseau de la Chouanne, qui contourne le centre par le nord, et le ruisseau des Perrouins, qui forme un étang le long du boulevard Pierre-Mendès-France. Il se jette dans la Mayenne au niveau du château, et il alimentait à l'origine les douves de ce dernier. Son parcours dans le centre-ville est aujourd'hui couvert. Rive gauche, il y a notamment l'Ollon, qui naît à Champéon et se jette dans la Mayenne à la Hucherie, ainsi que plusieurs ruisseaux parallèles, comme celui des Helleries, celui de la Filousière et celui des Mérières. L'Aron marque la limite sud-est de la commune.

Climat[modifier | modifier le code]

Mayenne possède un climat océanique doux et humide à cause de sa proximité avec l'océan Atlantique. Les hivers et les automnes sont pluvieux, le gel et la neige sont rares et les étés sont relativement chauds bien que les précipitations restent courantes. Le nord du département connaît d'ailleurs un climat plus humide que le reste. Les vents dominants sont ceux de l'ouest[7].

Moyennes climatiques de Laval, située à 30 km au sud :

Mois Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Température maximale moyenne (°C) 7,8 9,3 12,6 15,6 19,3 22,5 24,5 24,6 21,9 17 11,4 7,7 16,2
Température minimale moyenne (°C) 2,2 2,2 3,8 5,4 9,1 11,7 13,5 13,4 10,9 8,8 4,8 1,9 7,3
Température moyenne (°C) 5 5,8 8,2 10,5 14,2 17,2 19,1 19 16,5 12,9 8,1 4,8 11,8
Précipitations (mm) 66,4 57,6 56,4 41,4 64,2 39,2 42,8 39 30,7 70,8 58,8 65,9 632,6
Ensoleillement (heures) 61,4 75,7 122,5 146,5 190,5 204,2 206,9 221,8 156,9 107,2 70,2 47,4 1611,2
Source: Climatologie de 1981 à 2010 - Laval, France

Transport[modifier | modifier le code]

La gare de Mayenne, qui n'accueille plus de trains mais possède encore un guichet.

Mayenne est traversée par la RN 12, qui relie Paris à Brest en passant par Alençon. Cette route permet notamment de relier la ville à Pré-en-Pail, Ernée et Fougères, ainsi qu'à l'autoroute A84, qui relie Rennes à Caen, et à l'autoroute A28, qui va de Tours à Abbeville.

La RN 12 forme un carrefour avec l'ancienne RN 162, déclassée en RD 23, qui suit le cours de la Mayenne, et traverse le département du nord au sud. Cette route permet de relier Mayenne à Laval, Château-Gontier et Angers en direction du sud, et Domfront et Caen en direction du nord. Elle permet aussi de rejoindre l'autoroute A81 à Laval. Cette dernière relie Le Mans à Rennes.

Mayenne possède une gare située sur les lignes de Caen à Laval et de Mayenne à La Selle-en-Luitré, toutes deux fermées. Le dernier TER a quitté Mayenne en 1999. La SNCF maintient toutefois un guichet dans la gare. La réouverture d'une ligne Mayenne-Laval est soutenue par les autorités locales, mais la décision incombe à la région Pays de la Loire[8].

La ville est desservie par les cars du Réseau Pégase de la Mayenne, qui la relie à d'autres communes du département. Elle possède aussi un petit réseau de transport en commun exploité par Les Cars bleus. Le bus circule du lundi au vendredi et est gratuit.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La place de Hercé, dans le centre-ville.

Le territoire de Mayenne n'est urbanisé qu'à 40 %, et une partie de la commune est encore composée d'espaces ruraux, incluant du bocage, des fermes, des champs et des vergers. L'urbanisation est toutefois rapide, et 32 hectares ont été construits entre 2003 et 2008, dont la moitié pour des logements[5]. La croissance de la ville est encore plus visible sur le long terme : entre 1949 et 1996, la surface urbanisée a gagné 230 hectares, soit une hausse de 270 %. Dans le même intervalle, la population n'a augmenté que de 40 %[9].

La ville est coupée en deux par la Mayenne, et les deux rives sont urbanisées de façon égale. L'espace construit peut se diviser en trois espaces : le centre-ville, qui regroupe l'habitat ancien, la périphérie, composée d'ensembles pavillonaires et de petits immeubles, et les secteurs industriels et commerciaux, implantés au bord des grands axes. Le centre-ville comprend une partie classée, représentant cinq hectares. Une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager est en réflexion[5].

La ville est apparue au Moyen Âge et elle s'est construite autour du château, installé sur un promontoire rocheux dominant la rive droite. La rive gauche a d'abord été occupée par un prieuré, mais les deux rives ont toujours été urbanisées en quantité égale. Les environs du château possèdent encore un caractère médiéval, avec un parcellaire étroit et quelques ruelles. Le centre-ville témoigne aussi de l'époque moderne, avec l'ancien hôtel-de-ville du XVIIe siècle et de nombreux hôtels particuliers, organisés autour d'un axe marqué par les places de Hercé et Cheverus, ouvertes par Colbert. La seconde moitié du XXe siècle a marqué un tournant : à partir des années 1950, l'axe de la rivière, trop étroit, ne structure plus l'urbanisation, et ce sont les plateaux situés à l'ouest et à l'est du centre qui sont construits[9].

L'étalement urbain des dernières décennies a accentué le rôle structurant de l'axe rue Roullois-rue Ambroise de Loré, qui traverse la ville d'est en ouest et franchit la Mayenne sur le pont Mac-Racken. Cet axe date du XIXe siècle et il double celui qui passe par le pont Notre-Dame. Néanmoins, Mayenne conserve une structure à tendance concentrique, qui privilégie le centre-ville[9].

Ce dessin réalisé en 1695 montre un grand nombre d'éléments encore visibles à Mayenne : la rivière et ses méandres, la rive droite, avec le château et l'église Notre-Dame, et la rive gauche, avec le faubourg construit autour de Saint-Martin.

Logement[modifier | modifier le code]

Mayenne comptait 7 095 logements pour 6 270 ménages en 2009, il y avait donc 9,5 % de logements vacants. La même année, 88,4 % des logements étaient des résidences principales et 47,5 % des ménages étaient propriétaires de leur logement[10]. En 2004, Mayenne comptait plus de mille logements HLM, qui représentaient 38 % du parc HLM du nord du département. La ville en elle-même comptait alors 21 % de logements sociaux[11].

Le nombre de logements à Mayenne a fortement augmenté au cours des dernières décennies, passant de 3 556 en 1968 à 6 417 en 1999, puis 7 095 en 2009. Les logements mayennais sont généralement grands : plus de 35 % des résidences principales ont cinq pièces ou plus, et plus de 25 % ont quatre pièces. Les maisons ont en moyenne 4,8 pièces, et les appartements, 2,9 pièces. Les maisons représentent plus de 56 % du parc immobilier mayennais. Enfin, 43 % des Mayennais vivent seuls[12].

Communes limitrophes et agglomération[modifier | modifier le code]

La ville de Mayenne est limitrophe de sept autres communes. Il s'agit de Parigné-sur-Braye, La Haie-Traversaine, Saint-Fraimbault-de-Prières, Aron, La Bazoge-Montpinçon, Moulay et Saint-Baudelle. La surface urbanisée de Mayenne n'atteint aucune de ces communes, mais il existe une certaine continuité entre Mayenne et Moulay, au sud, puis entre Moulay et Saint-Baudelle. Ces trois communes forment l'unité urbaine de Mayenne. Celle-ci comptait 15 521 habitants en 2009 pour 35,7 km2. le nombre d'habitants de cette unité urbaine stagne, voire diminue, avec un solde migratoire de -0,1 % entre 1999 et 2009[13].

L'aire urbaine, c'est-à-dire l'ensemble des communes polarisées économiquement par Mayenne, comptait de son côté 27 579 habitants en 2009 pour 306 km2[14]. Enfin, la zone d'emploi de la ville couvre un territoire de 1 192 km2 regroupant 53 600 habitants[15].

Mayenne ainsi que dix-neuf communes de l'aire urbaine forment ensemble la communauté de communes du Pays de Mayenne, qui regroupe environ 30 000 habitants[16].

Communes limitrophes de Mayenne[17]
Parigné-sur-Braye La Haie-Traversaine Saint-Fraimbault-de-Prières
Parigné-sur-Braye,
Saint-Baudelle
Mayenne[17] Aron
Saint-Baudelle Moulay La Bazoge-Montpinçon

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville porte le nom de la rivière Mayenne, qui est probablement d'origine celtique. En effet, le nom viendrait peut-être de la racine celte *mad, qui signifie « faire irruption, se répandre », ou du latin madere, qui signifie « être mouillé, imbiber », auquel s'ajoute le suffixe gaulois -uenna. L'ensemble signifierait « (eau) qui déborde », rappelant les eaux de la Loire qui remontent la rivière en période de crue. Le terme Meduana est mentionné au VIe siècle, puis il évolue en Medena, Mehena, Maesne et Meenne. Le terme Mayenne est mentionné pour la première fois au XIVe siècle[18].

La ville porte le nom de la rivière qui la traverse, parce qu'à l'origine, son nom latin était Medoena Castrum, qui signifie « château de la Mayenne ». Le terme castrum a ensuite été oublié, et la ville s'est simplement appelée Mayenne[19]. Au XIIe siècle, Mayenne s'est appelée « Mayenne-la-Juhel », en référence à Juhel, un nom porté par plusieurs barons de la ville[20].

« Mayenne » est aussi le nom du département dans lequel se trouve la ville de Mayenne. Cette dernière partage la singularité d'avoir le nom de son département et de la rivière qui la traverse avec Corrèze et Doubs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules aux six écussons d'or ordonnés 3, 2, 1[21].
Commentaires : Par sa forme particulière, le blason de Mayenne est particulièrement représentatif des plus vieux blasons français.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La ville de Mayenne n'est apparue qu'au Moyen Âge, mais une voie romaine reliant Jublains à Vieux, près de Caen, passait dans le nord de la commune, au lieu-dit de Brives. À cet endroit, un gué permettait de traverser la Mayenne. Par ailleurs, à l'époque gauloise, le peuple des Aulerques Diablintes avait sa capitale à Moulay, au sud de la ville, où se trouvent les restes d'un grand oppidum. Moulay a été abandonné après la conquête romaine, et les Romains ont construit une nouvelle ville à Jublains, quelques kilomètres plus à l'est. Ainsi, le site de Mayenne s'est trouvé à partir de l'époque gauloise dans un périmètre concentrant d'importantes fonctions économiques et administratives.

Des travaux d'approndissement de la Mayenne effectués en 1863 ont permis de découvrir plus de 26 000 pièces datant en majorité du Ier siècle. Ces pièces ont été trouvées au gué Saint-Léonard, soit à l'endroit où passait la voie Jublains-Vieux. Une grande partie de ces pièces a été déposée à la Bibliothèque nationale de France, tandis que certaines sont exposées au château, notamment une monnaie kouchane provenant du Pakistan[22],[23].

L'éperon rocheux sur lequel se trouve le château de Mayenne a probablement été occupé pendant l'Antiquité tardive, car des fragments de poterie de cette époque y ont été découverts. Néanmoins, ils sont en trop faible quantité pour affirmer une occupation dense et durable[24].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Ces trous de poteaux sont des vestiges du premier château de Mayenne, construit au VIIIe siècle.

Pendant les invasions barbares, l'autorité romaine s'affaiblit et des révoltes éclatent régulièrement contre la pression fiscale. Jublains périclite et perd son statut de chef-lieu des Diablintes au Ve siècle. Son territoire est rattaché à celui des Cénomans, dont la capitale était Le Mans. Cette annexion est le premier acte fondateur de la province du Maine[25].

La ville de Jublains continue toutefois à être habitée, et la voie romaine qui la relie à Vieux est toujours empruntée. Cependant, le gué sur la Mayenne est une étape dangereuse pour les voyageurs, et le site de Brives, où se trouve le gué, est difficilement défendable. la route est donc déviée deux kilomètres au sud, afin qu'elle passe devant le promontoire rocheux qui accueille le château de Mayenne[9]. Un nouveau gué est donc aménagé dans le centre-ville actuel de Mayenne[24].

Le chevet de l'église Saint-Martin.

Le château est fondé au VIIIe siècle, et il est mentionné pour la première fois vers 778, lorsque Charlemagne le donne à l’évêque du Mans. Il s'agit d'une résidence noble en bois entourée d'un rempart en terre. Cet édifice primitif a disparu et il n'est visible qu'à travers quelques trous de poteaux[24]. Il est attaqué à plusieurs reprises entre 840 et 870 par les Bretons, qui mènent régulièrement des guerres contre les Francs. L'édifice est reconstruit en pierre vers 920, puis Charles le Chauve, qui contrôle les Marches de Bretagne, donne probablement le château aux premiers comtes du Maine[26]. Une ville naît autour du château à la même époque. Elle profite du déclin de Jublains, qui est totalement désertée après 900[25].

Un prieuré Saint-Martin est attesté dès 832 sur une charte de Louis le Débonnaire. Il aurait été détruit pendant un raid viking en 869. Son emplacement demeure toutefois incertain, et il n'existe aucune preuve pouvant certifier qu'il se trouvait au même endroit que l'actuelle église Saint-Martin. Cette dernière était bel et bien rattachée à un prieuré au Moyen Âge, mais elle n'a pas été construite avant le XIe siècle[27]. Cette église, construite sur la rive gauche, face au château, est à l'origine de l'urbanisation de ce côté de la Mayenne[9].

Le château n'est pas directement administré par les comtes du Maine, qui le laissent à une famille locale qui reçoit le titre de baron. Les barons s'approprient totalement le château vers 1040 et luttent contre Guillaume le Conquérant lorsque celui-ci envahit le Maine. Le château est d'ailleurs incendié par Guillaume en 1063[28].

Le roi Philippe-Auguste rattache le Maine au domaine royal en 1206, alors que la France s'oppose aux Plantagenêts qui possèdent notamment l'Angleterre, l'Anjou et l'Aquitaine. Le baron Juhel II de Mayenne soutient le roi et renforce ainsi son pouvoir, mais il meurt sans héritiers en 1220. Son titre et son domaine passent à la maison d'Avaugour, puis à celle de Blois. Ses successeurs ont donc d'autres propriétés et résident rarement à Mayenne. Le château est néanmoins amélioré et embelli au cours du XIIIe siècle[29].

À la fin du Moyen Âge, le château perd définitivement sa fonction résidentielle. Il demeure toutefois une base militaire. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais occupent le château à deux reprises  : une première fois de 1361 à 1364, puis de 1425 à 1448. Après 1448, il est réaménagé pour résister aux nouvelles techniques militaires : une terrasse d'artillerie et la tour du boulevard sont construites, et des mâchicoulis et des canonnières sont ajoutés à plusieurs endroits[30].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Charles, premier duc de Mayenne et chef militaire de la Ligue pendant les guerres de religion.

Le château et la ville de Mayenne passent à la Maison de Lorraine à la fin du XVe siècle. En 1544, le domaine passe du rang de baronnie à celui de marquisat, puis il devient un duché en 1573, les seigneurs de Mayenne sont donc désormais « ducs de Mayenne ». Ce changement survient sous Charles de Mayenne, le frère du duc de Guise, grand opposant aux Huguenots pendant les Guerres de religion.

La ville de Mayenne fut gravement touchée par les Guerres de religion. Elle fut assiégée une première fois par les Ligueurs en 1574, qui échouèrent à la prendre. En 1589, elle reçut le nouveau roi Henri IV, et son séjour resta calme, si bien qu'il mit une garnison dans le château, mais pas dans la ville. Elle fut néanmoins assiégée une seconde fois l'année suivante, et les Ligueurs réussirent à en prendre le contrôle. Ils furent rapidement chassés par les troupes royales, et la bataille fit des centaines de morts. Mayenne subit un nouveau siège pendant l'Épiphanie de 1592, et cette fois-ci, ce sont les Huguenots qui s'en emparèrent. Ils étaient conduits par le comte d'Essex, venu d'Angleterre pour aider les Protestants français. Les Catholiques assiègent la ville le 4 juin, et les Huguenots se rendent le 7. Le prince de Conti arrive à Mayenne le 20 juillet suivant, afin de reprendre la ville au compte du roi Henri IV. Le siège qu'il mène dure dix-sept jours. Les innombrables attaques qu'a connu Mayenne ont occasionné des pillages et d'importantes destructions[31]. Charles de Mayenne, de son côté, a poursuivi les combats contre l'autorié royale jusqu'en 1595. Après la guerre, le château est démantelé, tout comme un grand nombre de forteresses françaises situées loin des frontières[32].

La Barre ducale et la place de Hercé (alors place du Palais), en 1695.

Charles IV de Mayenne, qui possédait de très nombreux titres et résidait en Italie, connaissait de grandes difficultés financières qui l'obligèrent à vendre ses possessions françaises. Le duché de Mayenne fut acheté le 30 mai 1654 par le Cardinal Mazarin. La ville, pourtant reconstruite après les Guerres de religion, était dans un très mauvais état. Le cardinal fit créer plusieurs offices en 1656, afin de redresser la sitation du duché, puis il fit venir Colbert afin qu'il réaménage la ville[33]. Ce dernier écrivit à propos de Mayenne : « Ce pays est inaccessible aux carrosses ; il ne peut y avoir ni promenade, ni parc, ni jardinage. Il n’y a aucun bâtiment et il ne peut y en avoir. La ville est très sale, très vilaine, le peuple méchant[33]. »

Les travaux entrepris par Colbert permirent notamment la construction des places de Hercé et de Cheverus. La première fut appelée place du Palais, et la seconde, place Haute, jusqu'au XIXe siècle. La place du Palais accueillit la Barre ducale, construite de 1660 à 1668, ainsi qu'une fontaine, installée en 1683. Une autre fontaine, plus modeste, fut bâtie sur la place Saint-Vincent[33].

Comme l'ensemble de l'actuel département de la Mayenne, la ville vivait principalement de la production de lin pendant l'époque moderne. Sous l'Ancien Régime, la ville avait le droit de fabriquer trois sortes de toiles de lin, des non-battues, des pontivys et des royales, tandis que Laval avait le droit d'en produire huit sortes, et Château-Gontier, quatre sortes[34]. Les royales étaient les toiles de meilleure qualité, ainsi que les plus chères. Les autres sortes de toile étaient d'une faible qualité, mais représentaient l'essentiel de la production. Les toiles de Mayenne étaient vendues en France, mais aussi à l'étranger. Ainsi, les non-battues n'étaient produites que pour le marché espagnol. La pontivy servait presque exclusivement à l'armée[34].

Au milieu du XVIIIe siècle, Mayenne comptait environ 921 foyers (par comparaison, Laval en comptait alors 3 525). La rive droite était la plus peuplée, avec 546 foyers, mais la rive gauche, qui comptait 375 foyers, avait une taille comparable. Les deux rives formaient des paroisses séparées. Mayenne possédait un certain nombre d'institutions, comme un bureau des cinq grosses fermes, une justice royale, et une maîtrise particulière des eaux et forêts. Elle possédait aussi un pays d'élection qui s'étendait sur 64 paroisses du nord du Bas-Maine. La ville comptait enfin plusieurs communautés religieuses et un collège[35].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1790, lors de la suppression des provinces, le Maine est remplacé par les départements de la Sarthe et de la Mayenne. La ville de Mayenne rejoint ce dernier. La Révolution est généralement bien accueillie parmi les habitants, et ceux-ci souhaitent que leur ville devienne préfecture de la Mayenne. Ils avancent notamment qu'elle se trouve au centre de l'antique territoire des Aulerques Diablintes, et qu'elle est beaucoup plus ancienne que Laval, qui est cependant choisie[19].

La ville connaît ensuite la Chouannerie, comme l'ensemble de l'ouest français. Pendant la Virée de Galerne, elle est prise une première fois par les Royalistes, sans combat, le 2 novembre 1793[36]. Les Royalistes, qui tentent alors de rallier le littoral de la Manche pour recevoir du renfort, sont défaits plusieurs fois, et l'expédition est un échec. Une commission révolutionnaire départementale est rapidement mise en place pour juger les ennemis de la république. Pourtant, la Chouannerie se poursuit en Mayenne, et la ville est à nouveau attaquée par les Royalistes le 13 février 1796. Les assaillants sont aidés par des habitants de la ville, et une bataille a lieu dans les rues. Elle se solde par la défaite des Royalistes[37].

Le viaduc ferroviaire, construit en 1901 puis détruit en 1944.

Au cours du XIXe siècle, la ville s'est modernisée, notamment grâce au percement d'un boulevard traversant la ville d'est en ouest et à la construction de nouveaux ponts, en remplacement de l'unique pont médiéval. La ville fait aussi construire un théâtre et de nouveaux quais. La voie ferrée Laval-Caen est ouverte en 1866, soit dix ans après la ligne Paris-Laval[19].

Néanmoins, comme dans le reste du département, l'industrialisation a été lente, et le progrès économique a été freiné par l'effondrement des prix du lin. La production de toiles a donc décliné, et les filatures ont commencé à importer du coton, sans pour autant investir dans de nouvelles machines. Les tisserands ont longtemps conservé les anciens modes de travail, et en 1855, la ville comptait 60 fabricants, travaillant souvent chez-eux[38].

Le pont Mac Racken, sauvé en 1944 par le sacrifice d'un soldat américain.

En cent ans, la population municipale a faiblement augmenté : en 1800, la ville comptait 7 352 habitants, et en 1901, 10 125 habitants. La ville a même perdu des habitants pendant les premières décennies du XXe siècle : elle ne comptait plus que 8 238 habitants en 1931[39]. Au début du XXe siècle, la ville vivait principalement de la production de toiles à matelas, de toiles de lin, de mouchoirs et de calicot. En dehors de la sous-préfecture, la ville possédait quelques institutions, comme un tribunal de première instance et de commerce, et une chambre de l'industrie[40].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville fut marquée par un important bombardement anglais. Ce dernier eu lieu le 9 juin 1944 et détruisit une bonne part du faubourg Saint-Martin. Plus de 400 personnes furent tuées. La libération de la ville occasionna par ailleurs une importante bataille dans les rues, qui dura du 6 au 13 août 1944. Tous les ponts furent dynamités, à l'exception de celui de la caisse d'Épargne. Un soldat américain, J.D. Mac Racken, se sacrifia pour empêcher sa destruction. Ce pont a ensuite permis aux Alliés de forcer les Nazis à traverser la Mayenne. Il porte désormais le nom de pont Mac Racken[19].

Après la guerre, la ville a renouvelé ses activités économiques. La croissance démographique fut soutenue, et la ville est passée de 8 816 habitants en 1946 à 13 299 en 2010. En conséquence, l'étalement urbain fut très prononcé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La sous-préfecture.

La ville est le chef-lieu de l'arrondissement de Mayenne, qui correspond au tiers nord du département de la Mayenne. Elle fait partie de la région des Pays de la Loire et elle est à la tête de la communauté de communes du Pays de Mayenne.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Politiquement, Mayenne est une ville avec une sensibilité de gauche dans un département traditionnellement ancré à droite. L'ancrage de la ville à gauche est ancien, et il est par ailleurs visible au niveau de l'arrondissement tout entier. Le nord du département se caractérisait avant la Seconde Guerre mondiale par une tradition républicaine et de petite propriété foncière. Bien que la Fédération républicaine fut bien implantée, l'influence du parti radical-socialiste était largement perceptible. Cependant, le territoire a basculé à droite après 1945, et la ville de Mayenne a été administrée par la droite de 1947 à 1971[41]. La gauche a cependant récupéré la mairie depuis. Pour les autres élections, la gauche est généralement en tête.

À l’élection présidentielle de 2002, le premier tour a vu arriver en tête Jacques Chirac avec 19,79 %, suivi de Lionel Jospin avec 19,03 %, puis de Jean-Marie Le Pen avec 11,13 % et enfin Arlette Laguiller avec 7,80 %. Au second tour, les électeurs ont voté à 90,22 % pour Jacques Chirac contre 9,78 % pour Jean-Marie Le Pen avec un taux d’abstention de 18,17 % (nationalement 82,21 % et 17,79 % ; abstention 20,29 %)[42].

Au référendum sur le traité constitutionnel pour l’Europe du 29 mai 2005, les Mayennais ont voté pour la Constitution européenne, avec 51,62 % de Oui contre 48,38 % de Non avec un taux d’abstention de 29,44 % (France entière : Non à 54,67 % ; Oui à 45,33 %)[43].

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Ségolène Royal avec 31,06 %, suivie par Nicolas Sarkozy avec 26,17 %, François Bayrou avec 21,55 %, puis Jean-Marie Le Pen avec 6,96 %, et Olivier Besancenot avec 5,19 %. Le second tour a vu arriver en tête Ségolène Royal avec 55,03 % (résultat national : 46,94 % ; Mayenne : 44,55 %) contre 44,97 % pour Nicolas Sarkozy (national : 53,06 % ; Mayenne : 55,45 %)[42].

Enfin, à l’élection présidentielle de 2012, François Hollande est arrivé en tête au premier tour, avec 34,60 %, suivi par Nicolas Sarkozy avec 24,76 %, Marine Le Pen avec 13,59 %, puis François Bayrou avec 11,23 %, et Jean-Luc Mélenchon avec 9,33 %. Le second tour a vu arriver en tête François Hollande avec 57,03 % (résultat national : 51,64 % ; Mayenne : 46,93 %) contre 42,97 % pour Nicolas Sarkozy (national : 48,36 % ; Mayenne : 53,07 %)[42].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville de Mayenne.

Le conseil municipal est composé de trente-trois membres, dont le maire et sept adjoints au maire[44].

Le maire de Mayenne est Michel Angot depuis 2008. Retraité de la fonction territoriale, il est également président de la communauté de communes du Pays de Mayenne et conseiller général du canton de Mayenne-Ouest[45].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Michel Angot, maire depuis 2008.
Article détaillé : Liste des maires de Mayenne .

Mayenne possède un maire depuis 1656. Cette fonction avait été créée par le Cardinal Mazarin deux ans après qu'il eut acheté le duché de Mayenne. Jusqu'à la Révolution, les maires étaient choisis par le duc ou le roi.

Maires depuis la Libération :

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Lors du vote du budget primitif principal 2013, la section de fonctionnement présentée se montait à la somme de 19,6 M€ et la section investissement présentée se montait à 4 M€ (les deux équilibrés en dépenses et recettes)[46]. En 2013, plus de 24 % du budget est alloué à la gestion des services publics, suivent l'aménagement et le patrimoine, avec 21 %, la vie sociale, l'éducation, et le remboursement de la dette, avec environ 12 % pour chaque, puis les sports et la jeunesse, avec 11 %, et la culture, avec 4 %. La même année, les recettes proviennent en majorité des impôts des ménages et des usagers, qui contribuent chacun à 33 %, tandis que les ressources de l'État représentent 17 %, et la dotation de la communauté de communes, 7 %[47].

Mayenne se caractérise par une dette relativement élevée, fixée à 20 millions d'euros en 2011, soit 1 416 euros par habitant. Ce chiffre est le double de la moyenne nationale (595 euros), et a beaucoup augmenté au cours des années 2000. Il était ainsi fixé à seulement 741 euros par habitant en 2001[48]. La municipalité espère toutefois diminuer rapidement sa dette, et ne prévoit par exemple aucun emprunt en 2013. Le ratio de capacité de désendettement atteignait 6,5 en 2012[47].

Les taxes de 2013 ont été votées par le conseil municipal pour des taux de : 13,40 % pour la taxe d'habitation, 20,22 % pour la taxe foncière bâti et 43,28 % pour la taxe foncière non bâti[47].

Cantons[modifier | modifier le code]

Mayenne est chef-lieu de deux cantons :

Instances judiciaires et militaires[modifier | modifier le code]

Sécurité et vie militaire[modifier | modifier le code]

L'ancien tribunal d'instance, qui accueille la gendarmerie nationale depuis 2010.

Mayenne dispose d'une brigade de la gendarmerie nationale. Elle est également le siège d'une compagnie de gendarmerie. La ville possède aussi une caserne, construite en 1875. Elle est appelée caserne Mayran, en hommage à Joseph Mayran, un général de division mort pendant la guerre de Crimée. Elle a accueilli un premier régiment en 1877, ainsi qu'un peloton de la garde républicaine en 1950. L'escadron de gendarmerie mobile qui l'occupe aujourd'hui a été formé en 1958[49]. D'autres formations ont tenu garnison à Mayenne, comme le 130e régiment d'infanterie, notamment à l'époque de la Première Guerre mondiale.

Justice[modifier | modifier le code]

Mayenne dépend de la cour d'appel d'Angers pour l'ordre judiciaire, et elle possédait un tribunal de première instance avant 2009 et la réforme de la carte judiciaire. Depuis lors, les services judiciaires du département sont regroupés à Laval, qui compte un tribunal d'instance et de grande instance, un Conseil de prud'hommes, un tribunal de commerce et un tribunal des affaires de sécurité sociale[50]. Mayenne a aussi possédé un prison, fermée en 1936. Elle se trouvait dans le château[51].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, Mayenne comptait 13 226 habitants (soit une légère baisse par rapport à 1999). La commune occupe le 691e rang au niveau national, et le 2e au niveau départemental sur 261 communes. Le maximum de la population a été atteint en 2006 avec 13 742 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8 288 7 352 9 095 9 556 9 797 9 782 9 225 9 720 9 933
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 130 10 370 10 894 10 127 10 098 11 188 11 106 10 428 10 299
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 125 10 020 9 961 9 271 8 751 8 238 8 745 8 816 9 705
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
10 281 11 395 12 450 13 333 13 549 13 724 13 742 13 226 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[52] puis Insee à partir de 2004[53].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est vieillissante, une tandance qui s'observe dans l'ensemble du nord du département. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (26,8 %) est supérieur au taux national (21,8 %) et au taux départemental (23,7 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,5 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,9 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2009, la suivante :

  • 48,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 17,5 %, 15 à 29 ans = 20,8 %, 30 à 44 ans = 17 %, 45 à 59 ans = 21,7 %, plus de 60 ans = 22,8 %) ;
  • 51,5 % de femmes (0 à 14 ans = 14,5 %, 15 à 29 ans = 17,4 %, 30 à 44 ans = 15,9 %, 45 à 59 ans = 21,5 %, plus de 60 ans = 30,5 %).
Pyramide des âges à Mayenne en 2009 en pourcentage[54]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,8 
90  ans ou +
2,0 
7,6 
75 à 89 ans
12,4 
14,3 
60 à 74 ans
16,1 
21,7 
45 à 59 ans
21,5 
17,0 
30 à 44 ans
15,9 
20,8 
15 à 29 ans
17,4 
17,5 
0 à 14 ans
14,5 
Pyramide des âges du département de la Mayenne en 2008 en pourcentage[55].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,4 
7,4 
75 à 89 ans
10,7 
12,9 
60 à 74 ans
14,1 
20,3 
45 à 59 ans
19,6 
20,5 
30 à 44 ans
19,0 
17,8 
15 à 29 ans
16,0 
20,7 
0 à 14 ans
19,1 

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'ensemble scolaire privé Don Bosco, qui réunit une école, un collège et un lycée.

Les établissements d'enseignement de la commune relèvent de l'académie de Nantes. La ville compte sept écoles maternelles, dont cinq publiques et deux privées, ainsi que huit écoles primaires, dont quatre publiques et quatre privées. Mayenne compte aussi trois collèges, dont deux publics et un privé, et quatre lycées. Le lycée Lavoisier, public, est à vocation générale et technologique, le lycée Léonard de Vinci, également public, est professionnel, le lycée Don Bosco, privé, est général et technologique, et le lycée Rochefeuille, privé, est professionnel. Plusieurs de ces lycées proposent des formations en BTS. Enfin, la ville possède un institut de formation en soins infirmiers[56].

Le Lycée Léonard de Vinci, ouvert en 1966, a été réalisé par Patrice Simon, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux. Geoffroy Dauvergne, chargé de la décoration, y installa une huile sur toile illustrant l'industrie, les arts et la philosophie, ainsi que deux grandes fresques. Une sculpture en façade fut quant à elle réalisée par Francis Pellerin[57].

Sports et loisirs[modifier | modifier le code]

Mayenne possède plusieurs infrastructures sportives comme les piscines Robert-Buron et Raymond-Fauque (découverte), un stand de tir, une base de canoë-kayak, une salle et des terrains de tennis, un stade vélodrome, ainsi que trois complexes sportifs qui réunissent des terrains de football, un mur d'escalade, un dojo, une salle de danse, etc[58].

La ville compte un certain nombre de clubs de sport, comme l'équipe de football Stade mayennais FC, le Club athlétique mayennais, le Rugby Olympique mayennais, le Mayenne Handball, le Sporting Club Mayenne ou encore l'Étoile cycliste mayennaise. En tout, vingt-neuf disciplines sont proposées, et les associations sportives de Mayenne regroupent 5 000 licenciés[59]. Le tennis de table est représenté par le Club athlétique Mayennais TT, qui monte pour la première fois de son histoire en Championnat de Pro B via son équipe féminine pour la saison 2011-2012.

Santé[modifier | modifier le code]

L'ancien hôpital.

Mayenne possède un hôpital depuis au moins 1224. D'abord situé sur une rive de la Mayenne, l'hôpital primitif fut détruit en 1849 lors de l'aménagement des quais. Il a alors été transféré rue Roullois. Endommagé par les bombardements de 1944, il est reconstruit par la suite et accueille un service d'urgence en 1980. À partir de 2009, le site de la rue Roullois est à son tour remplacé par un nouveau complexe, situé à la Baudrairie. Le transfert se fait progressivement au cours des années qui suivent[60].

Cet hôpital, le Centre hospitalier Nord-Mayenne, compte 630 lits, dont 97 en médecine, 60 en chirurgie, 24 en gynéco-obstétrique, 38 en soins de suite, 152 en EHPAD et 149 en psychiatrie[61]. Le nouveau site de la Baudrairie fait 10 000 m2[62].

Cultes[modifier | modifier le code]

Mayenne est le siège d'un doyenné catholique dépendant du diocèse, lui-même situé province ecclésiastique de Rennes. le doyenné regroupe quatre paroisses et 24 communes[63]. Alors qu'autrefois Mayenne comptait deux paroisses (Notre-Dame et Saint-Martin), aujourd'hui la commune est intégralement située dans la paroisse Notre-Dame-Saint-Martin-de-Mayenne-Moulay, qui englobe aussi Moulay[64].

Mayenne compte plusieurs églises, comme la basilique Notre-Dame-des-Miracles, l'église Saint-Martin et la chapelle Saint-Léonard. La ville compte aussi deux communautés de religieuses, la Charité de Notre-Dame d'Évron et les Filles du Saint Cœur de Marie[65].

Économie[modifier | modifier le code]

Secteurs d'activité[modifier | modifier le code]

L'usine de produits pharmaceutiques GlaxoSmithKline.

Mayenne possède une économie diversifiée, qui repose principalement sur le commerce et l'industrie. La ville compte un grand nombre de petites et moyennes entreprises, et les activités industrielles dominantes sont l’imprimerie, l’agroalimentaire, l’automobile, la métallurgie, la plasturgie et la construction. la ville est en outre le principal pôle économique du nord du département[66]. L'industrie textile, qui a été la principale activité de la ville jusqu'au début du XXe siècle, a disparu lors de la fermeture de la maison Coulange en 2004. L'histoire textile de la région reste toutefois entretenue par les Toiles de Mayenne, installées à Fontaine-Daniel[67].

Mayenne comptait 4 153 établissements actifs fin 2010 ; la majorité d'entre eux, 62,1 %, était spécialisée dans le commerce, le transport et divers services, 8,6 % étaient spécialisés dans l'industrie, 7,2 % dans la construction, et 3,5 % dans l'agriculture. L'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale concernaient enfin 18,5 % des établissements. Les petits établissements de 1 à 9 salariés dominaient, avec 36,1 % du total[68].

Les principales entreprises implantées à Mayenne sont le groupe SEB-Moulinex (électroménager), le groupe Jouve et Floc'h (imprimerie), GlaxoSmithKline (produits pharmaceutiques), ERMO (plasturgie), Lactalis (produits laitiers), Thiol (charcuterie), Garnier (bennes et élévateurs), Rapido (caravanes) et Gandon (transport routier)[69]. Les établissements commerciaux de la ville ont une clientèle qui englobe le nord du département. Les principaux pôles sont le centre-ville et deux zones commerciales situées en périphérie (route de Fontaine-Daniel et les Peyennières)[69].

Emploi[modifier | modifier le code]

Mayenne comptait 10 372 emplois emplois en 2009. Parmi ceux-ci, seulement 5 276 étaient occupés par des résidents de la commune. Les ouvriers dominent, avec 31 % des emplois. Ils sont suivis par les employés, avec 29,5 %, les professions intermédiaires, 24 % et les cadres, 10 %. Les artisans, commerçants et chefs d'entreprise ne représentent que 5 % des emplois. Le taux d'emplois ouvriers tend à baisser au profit des autres catégories : le pourcentage de ces emplois dépassait les 35 % en 1999.

Le taux de chômage y est faible, comme dans le reste du département. La zone d'emploi de Mayenne avait un taux de chômage de 5,6 % fin 2010. À la même période, la zone de Laval avait un taux de 6,1 %, et celle de Château-Gontier, 5,8 %. Ces taux sont similaires à ceux d'aux d'autres zones de la région, centrées sur de petites villes comme Segré, Cholet ou Vitré[70].

Revenus de la population[modifier | modifier le code]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 21 220 €, soit un peu en dessous de la moyenne nationale, 21 741 €. En revanche, la moyenne de l'impôt sur le revenu net par foyer, 1 657 €, s'élevait au-dessus du chiffre national, 756 €[71].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Mayenne fait partie du Pays d'art et d'histoire Coëvrons-Mayenne, qui appartient au réseau des Villes et pays d'art et d'histoire, animé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, et qui rassemble les villes soucieuses de préserver et de promouvoir leur patrimoine.

Château de Mayenne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Mayenne.
Superposition d'aménagements successifs dans le château.

Le château, qui domine la vieille ville, est le monument le plus remarquable de Mayenne. La plupart des éléments visibles datent du XIIIe siècle, notamment le logis et le donjon circulaire. L'apparence extérieure est d'ailleurs typique de cette époque du Moyen Âge : une enceinte flanquée de tours qui épouse la forme d'un promontoire rocheux, et une haute-cour confinée sur le sommet de ce promontoire. La guerre de Cent Ans, les Guerres de religion et les transformations successives ont grandement altéré l'édifice, et celui-ci ne présentait qu'un intérêt modeste avant 1993. Cette année-là, des travaux de rénovation sont entrepris, et ils permettent de découvrir des arcades en brique de l'époque carolingienne. Cette découverte est majeure, car les édifices militaires carolingiens encore visibles sont extrêmement rares en Europe. D'importantes fouilles sont conduites de 1996 à 2000, puis le château est transformé en musée[72],[73].

Les vestiges carolingiens incluent un mur de courtine ainsi que les restes d'un grand bâtiment à étage et d'une tour carrée. Ces vestiges sont totalement imbriqués dans les constructions postérieures, et lors de l'aménagement du château en musée archéologique, l'architecte a pris soin de rendre visibles toutes les structures successives. Le château est en fait à la fois un musée et un objet d'exposition en lui-même. Le musée possède en outre d'importantes collections archéologiques, regroupant aussi bien des artefacts découvert dans le château, que dans le reste du département. On peut notamment y voir des monnaies antiques et médiévales, des objets de la vie quotidienne au Moyen Âge (vaisselle, lampes à huile, outils, serrures, armes...), des sarcophages et des objets religieux. Les jeux de société médiévaux, incluant des pièces d'échecs et un tablier de trictrac, figurent parmi les pièces les mieux conservées au monde[74].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Les travaux de Mazarin[modifier | modifier le code]
La Barre ducale sur la place de Hercé.

Le centre-ville de Mayenne présente encore quelques caractéristiques médiévales, comme un parcellaire étroit, mais son visage actuel est apparu après deux grandes opérations d'urbanisme postérieures. La première a eu lieu au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le Cardinal Mazarin, qui avait acheté le duché de Mayenne en 1654, a alors transformé la vieille ville, qui était sale et en mauvais état, en un endroit moderne et aéré. Pour ce faire, trois places furent dégagées sur les hauteurs de la rive droite[33].

Ces trois places ouvertes sont celles de Hercé, de Cheverus et Saint-Vincent. Elles se trouvent toutes sur un même axe, qui part du nord-ouest et descend vers la Mayenne. Cet axe était par ailleurs situé sur la route entre la Normandie et la Bretagne d'un côté, et Le Mans de l'autre ; c'était donc la principale artère de la ville. Avant la création des places, l'endroit était occupé par une rue, qui s'élargissait dans sa partie méridionale. Cette partie basse accueillait des halles en bois. Les halles furent détruites, puis l'espace fut agrandi pour devenir la place du Hercé, qui forme un rectangle. L'ancienne rue fut aussi élargie au nord, et devint la place de Cheverus, qui est un cours planté d'arbres. Enfin, en haut de la rue, la place Saint-Vincent fut aménagée en triangle[33].

L'hôtel Chappedelaine sur la place de Cheverus.

L'espace entre les places de Hercé et de Cheverus accueillit la Barre ducale. Cet édifice, qui logeait les administrations de la ville et servit aussi d'hôtel de ville et de palais de justice, fut construit de 1660 à 1668. Mazarin mourut en 1661, si bien qu'il ne vit jamais l'achèvement des travaux. La Barre ducale est de plan rectangulaire et elle est construite en granit. Elle compte deux étages et elle est surmontée par un campanile qui porte une statue d'Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye, qui était le mari d'Hortense Mancini, elle-même nièce et héritière de Mazarin. La statue tient une épée dans une main, et une balance dans l'autre, tandis qu'une colombe est placée au-dessus de la tête. L'horloge extérieure date de 1690, et les balcons en fer forgé, le cadran solaire et la méridienne sont du XVIIIe siècle. La méridienne, qui ressemble au cadran solaire, servait à régler les montres et ne fonctionne qu'à midi. Elle porte des symboles maçonniques, comme le compas, l'équerre et le globe-miroir. Des citations de l'Évangile selon Luc sont aussi visibles sur la méridienne et le cadran solaire : « Unam time » (craigniez une seule heure) et « Qua hora non putatis veniet » (elle viendra au moment où vous ne l’attendez pas)[33].

L'hôtel Montpinçon, sur la place de Cheverus.

La place de Hercé est décorée par une fontaine datant de 1683. Elle se compose d'un bassin et d'un obélisque surmonté d'un pot à feu. Une fontaine similaire, mais plus modeste, est visible sur la place Saint-Vincent. La place de Cheverus est quant à elle ornée par la statue du Cardinal de Cheverus. Elle fut réalisée en 1844 par David d'Angers[33].

La place de Cheverus est bordée par plusieurs hôtels particuliers. Le plus vieux est l'hôtel Chappedelaine, construit au XVIe siècle, soit avant les aménagements de Mazarin. Il est reconnaissable grâce à sa tourelle en encorbellement et à sa lucarne de la Renaissance. L'hôtel de Hercé, au numéro 10, date de la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'hôtel Chasteloger, au 14, est probablement du début du XVIIIe siècle, et l'hôtel Montpinçon, au 22, date de 1666 et fut achevé au XVIIIe siècle. Il s'inspire des hôtels parisiens, avec une façade sur cour côté rue et un parc à l'arrière. D'autres hôtels sont visibles sur la place de Hercé, comme l'hôtel Baglion, au 6, construit vers 1660, l'hôtel Brossard, au 10, qui date des années 1770, et l'hôtel Le Forestier. L'hôtel Clinchamp, au 16, date du XVIe siècle et accueillit un salon littéraire sous le règne de Louis XVI. Ces demeures présentent pour la plupart des façades suivant les modes architecturales parisiennes, mais conservent aussi un caractère robuste, notamment à cause du granit qui est souvent employé[33].

Les travaux du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le palais de justice en 2010.

Au XIXe siècle, la ville fut largement réaménagée. Tout d'abord, une « grande traverse » fut percée au nord du centre afin de permettre un meilleur transit de part et d'autre de la ville et de la rivière. Cet axe, parallèle aux trois places construites au XVIIe siècle, correspond aux rues Amboise de Loré et Roullois ainsi qu'au pont Mac Racken. La construction de la « grande traverse », évoquée dès 1825, fut décidée en décembre 1827, lors de la promulgation d'une ordonnance royale. Le nouvel axe avait d'ailleurs une importance nationale, car il se trouvait sur les routes royales 155 et 162, reliant Paris à Saint-Malo et Caen à Angers. Le pont Mac Racken, initialement baptisé Pont Neuf, est construit de 1829 à 1838[75].

En juin 1844, le préfet de la Mayenne souhaite voir les travaux du nouveau palais de justice confiés à l'architecte angevin Édouard Moll, alors chargé de la construction des nouveaux bâtiments de l'Hôtel Dieu à Mayenne et de l'hôpital Saint-Louis à Laval. Le choix de son implantation est lié à la création de quartiers résidentiels entre la vieille ville et la traverse nouvellement percée. Le palais de justice, comme la sous-préfecture, sont alors considérés comme des éléments moteurs et structurants du développement urbain en ce milieu du XIXe siècle.

Le théâtre.

Terminé en 1854, de plan carré, divisé en quadrilatères répondant aux règles habituelles en matière d'architecture judiciaire, l'édifice est articulé autour d'une cour centrale. L'entablement décoré de triglyphes court sur toute la façade, deux frontons triangulaires marquant les salles d'audience de part et d'autre de la colonnade de la salle des pas perdus. Désaffecté depuis 1992, l'édifice est aujourd'hui en mauvais état et le département propriétaire en demande la désinscription.

Le premier pont de Mayenne, qui datait du Moyen Âge et se trouvait au pied du château, fut remplacé par le pont Notre-Dame, à l'origine pont de l'Impératrice (en hommage à Eugénie de Montijo, femme de Napoléon III). Ce nouveau pont, situé à 20 mètres en amont du pont médiéval, fut construit de 1862 à 1868. Afin d'assurer sa desserte, des voies furent percées pour le raccorder aux rues du Sergent Louvrier et de de Saint-Martin. Le visage de la ville fut aussi bouleversé par la construction des quais de la Mayenne. Ceux-ci étaient devenus nécessaires à cause des travaux de canalisation de la rivière. Ces travaux entraînèrent notamment la disparition d'un barrage médiéval. Ce dernier fit place à une écluse, construite de 1860 à 1863 et munie d'un nouveau barrage en chevron[76],[77].

Au XIXe siècle, la ville se dota aussi d'un théâtre à l'italienne, achevé en 1891. Il s'agit du dernier théâtre de ce type dans le département. Sa salle est ornée d'un grand lustre, d'un plafond peint, de balcons et de reliefs en bois. L'ancienne école de musique, construite vers 1810 dans un style similaire, lui fait face. Les deux édifices, construits dans le parc du château, ont été dessinés par l'architecte Hélain[78].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Le principal édifice religieux de Mayenne est la basilique Notre-Dame-des-Miracles. Cette église, construite sur la rive droite, a été remaniée à de nombreuses reprises, et seule la façade ouest est d'origine. Elle date du XIe siècle. Les voûtes de la nef et du transept, qui font 14 mètres de haut, sont du XVe siècle, tandis que les bas-côtés sont des ajouts du milieu du XVIIe siècle. À cause de l'irrégularité de la nef, les piliers des bas-côtés sont hétéroclites et disposés sans régularité. Le chœur, qui fait 22 mètres de haut, a été construit entre 1864 et 1890. Inspiré par celui de la cathédrale du Mans, il est disproportionné par rapport au reste de l'église, et une reconstruction totale du reste de l'édifice avait d'ailleurs été envisagée. L'église a été endommagée par les bombardements de 1944, qui ont notamment détruit les vitraux, les voûtes et le mobilier. L'orgue ainsi que les vitraux visibles aujourd'hui datent donc de la seconde moitié du XXe siècle. L'église a été élevée au rang de basilique en 1900 parce qu'elle renferme une statuette qui fait l'objet d'un culte. Cette statuette, Notre-Dame des Miracles, avait été donnée à des sœurs de la ville vers 1630. Son origine est inconnue[79].

La façade de la chapelle des Calvairiennes.

L’église Saint-Martin se trouve de l'autre côté de la Mayenne. Elle était autrefois rattachée à un prieuré et ses origines remontent peut-être au IXe siècle. Néanmoins, l'église actuelle n'est pas antérieure au XIe siècle. À cette époque, le propriétaire du prieuré, un laïc, en fait don à l'abbaye de Marmoutier. Un siècle plus tard, les moines de Saint-Martin reçoivent la charge de la chapelle du château de Mayenne. L'église fut endommagée pendant les Guerres de religion puis lors des bombardements de 1944. La nef et le transept sont d'époque romane, mais les bas-côtés ainsi que le déambulatoire et les chapelles rayonnantes datent de 1845-46. La façade principale fut refaite à la même occasion, puis une dernière chapelle fut ajoutée en 1861 au sud du déambulatoire. Cette chapelle fut totalement détruite par une bombe en 1944, et sa reconstruction, un temps envisagée après la guerre, fut abandonnée. Une restauration extensive menée au cours des années 1950 et 1960 a fait disparaître la majorité des décors et du mobilier du XIXe siècle. L'église possède un retable du début du XVIIIe siècle. Il est en bois et ses peintures imitent le marbre, afin de le faire ressembler à un retable lavallois[27].

La chapelle des Calvairiennes, située sur la rive droite, a été construite au XVIIe siècle. Elle faisait partie d'un couvent appartenant aux Filles du Calvaire, un ordre fondé en 1617 à Poitiers. La construction de ce couvent commença en 1626 et dura une vingtaine d'années. La chapelle, commencée dès 1626, présenta rapidement des vices de construction qui nécessitèrent des travaux supplémentaires. Elle fut consacrée en 1655. Le couvent a eu une existence relativement brève, car il fut vendu à la Révolution. Il fut transformé en collège et seuls la chapelle, le nord du cloître et le logis du chapelain existent encore. La chapelle fut fortement remaniée dans un syle néogothique en 1866, puis elle fut transformée en préau en 1906. Des travaux de restauration commencés en 1987 ont finalement redonné à l'édifice son aspect d'origine. Il est typique de l'architecture religieuse du XVIIe siècle, avec une façade à bossages et un grand oculus. Le plan répond aussi aux exigences liturgiques des Filles du Calvaire : l'église possède deux chœurs en prolongement, séparés par un retable. Ce retable, en tuffeau, a été réalisé par Pierre Biardeau[80].

La chapelle Saint-Léonard est située sur l'ancienne voie romaine, en dehors du centre. C'est un édifice modeste, mesurant 10 mètres de long pour 4,5 mètres de large. Son époque de construction n'est pas connue avec exactitude. Les murs pourraient dater du XIIe siècle, tandis que la charpente serait du XIVe siècle. À l'intérieur, les murs sont ornés d'un décor peint du XIVe siècle[81].

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Le principal équipement culturel de la ville de Mayenne est Le Grand Nord, un pôle qui regroupe une médiathèque, un cybercentre et un conservatoire. Il a une vocation intercommunale puisqu'il est destiné à l'ensemble des habitants du Pays de Mayenne. Son nom fait référence à la situation de la ville, qui se trouve dans le nord du département. Il fait plus de 5 500 m² et compte notamment un auditorium de 108 places et une salle d'exposition[82].

La médiathèque Jean-Loup Trassard, située au rez-de-chaussée du Grand Nord, occupe 1 100 m² et possède près de 40 000 livres et 10 000 documents numériques. Elle renferme aussi un important fonds local[83]. Le cybercentre, qui fait partie d'un réseau animé par les Pays de la Loire, propose notamment des cours d'informatique pour les adultes. Le conservatoire de musique et de danse compte 600 élèves[84].

Mayenne possède le dernier théâtre à l'italienne du département. Inauguré en 1891, il a été rénové à plusieurs reprises, notamment en 1928, lorsqu'un cinéma fut installé dans la salle. Devenu vétuste, il est fermé en 1993, puis une grande campagne de restauration est lancée en 1997[85].

La ville possède enfin un cinéma, le Vox, géré par une association. Il compte deux salles totalisant ensemble 340 places. Sa programmation inclut des films grand public et art et essai[86].

Animations culturelles[modifier | modifier le code]

Le Kiosque, centre d'action culturelle du pays de Mayenne, organise un certain nombre d'événements au cours de l'année, notamment des expositions d'art contemporain dans la chapelle des Calvairiennes. Il est aussi à l'origine de la Nuit blanche de Mayenne, qui a lieu tous les deux ans depuis 2007. Elle s'inspire de la Nuit blanche parisienne, et pour cet évènement, la ville se transforme en centre d'art géant et permet à tous les publics de découvrir l'art contemporain.

Le Grand Nord propose aussi une saison culturelle, avec des concerts de musique classique, du cinéma, du théâtre, des rencontres avec des auteurs, des expositions, des concerts de musiques actuelles, etc. Les spectacles ont généralement lieu dans l'auditorium du Grand Nord, au théâtre ou à la salle polyvalente[87].

Mayenne dans les arts audiovisuels[modifier | modifier le code]

Une des cartes en ligne du jeu vidéo Call of Duty 3 : En marche vers Paris permet aux joueurs de s'affronter à Mayenne.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jules Mazarin, duc de Mayenne de 1654 à 1661.

Mayenne a vu naître un certain nombre de personnalités diverses, notamment des écrivains, comme Michel Tronchay, René Étiemble, Edmond-Alfred Goupy et Jean-François Chabrun, qui fut aussi résistant, critique d'art et journaliste. Quelques religieux illustres sont aussi natifs de Mayenne, comme Jacques Nouet, théologien jésuite, Urbain-René de Hercé, évêque de Dol, et Jean Lefebvre de Cheverus, cardinal et archevêque de Bordeaux. Mayenne est aussi la ville natale de Charles-Marie de Sarcus, un peintre du XIXe siècle principalement connu pour ses caricatures, et de Jacques Barbeu du Bourg, botaniste du XVIIIe siècle.

La ville est aussi associée aux seigneurs, barons puis ducs de Mayenne. Certains ont joué un rôle important dans l'histoire de la région ou de la France, comme Charles de Blois, également duc de Bretagne, Charles de Mayenne, Jules Mazarin, sa nièce Hortense Mancini et son mari Armand-Charles de la Porte.

Louise d'Aumont, duchesse de Mayenne au XVIIIe siècle, avait épousé Honoré IV de Monaco, et l'actuel prince, Albert II, porte parmi ses nombreux titres discutés celui de duc de Mayenne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Mayenne, Géographie et Régions Agricoles du Département », Chambre d'Agriculture de la Mayenne,‎ Novembre 2000
  2. a et b Collectif, Monographie de Mayenne, Volumes cantonaux réalisés par les instituteurs et institutrices de la Mayenne,‎ 1899, p. 3
  3. A l'ère primaire, activité volcanique dans le bassin de Laval, une extrémité du massif armoricain, carrière de voutré
  4. « Bassin de la Mayenne », SAGE du bassin versant de la Mayenne,‎ 2005
  5. a, b et c État des lieux 2009, Mairie de Mayenne
  6. « La Mayenne », Conseil général de la Mayenne
  7. Collectif, Monographie de Mayenne, Volumes cantonaux réalisés par les instituteurs et institutrices de la Mayenne,‎ 1899, p. 7
  8. Julien Belaud, « Reverra-t-on le train entre Mayenne et Laval ? », Ouest-France,‎ 4 juin 2010
  9. a, b, c, d et e « Le coeur de la Mayenne : Paysages singuliers - Les villes - Mayenne », Atlas des paysages du département de la Mayenne,‎ 2005
  10. « Commune de Mayenne (53147) », Insee,‎ 2009
  11. « Nord-Mayenne », Insee,‎ 2006
  12. « Dossier local - Mayenne », Insee,‎ 2009
  13. « Résumé statistique - Unité urbaine de Mayenne », Insee
  14. « Résumé statistique - Aire urbaine de Mayenne », Insee
  15. « Résumé statistique - Zone d'emploi de Mayenne », Insee
  16. « Présentation du territoire », Pays de Mayenne
  17. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  18. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France: Tome 1, Formations préceltiques, celtiques, romanes : étymologie de 35000 noms de lieux, Librairie Droz,‎ 1990 (ISBN 9782600028837), p. 119
  19. a, b, c et d « La ville de Mayenne à travers le temps », Office de tourisme du pays de Mayenne
  20. Collectif, Monographie de Mayenne, Volumes cantonaux réalisés par les instituteurs et institutrices de la Mayenne,‎ 1899, p. 2
  21. « GASO, la banque du blason - Mayenne Mayenne » (consulté le 16 mars 2014)
  22. « Monnaies », Musée du château de Mayenne
  23. « La recherche à la BnF - Le plan triennal de la recherche 2004-2006, Département des Monnaies, médailles et antiques, La recherche en numismatique », BNF
  24. a, b et c « Genèse du château de Mayenne », Musée du château de Mayenne
  25. a et b « Laissez-vous conter Jublains, ville romaine », Pays Coëvrons-Mayenne
  26. « Le palais carolingien », Musée du château de Mayenne
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  28. « Les évolutions du XIe et XIIe siècle », Musée du château de Mayenne
  29. « Les évolutions du XIIIe siècle », Musée du château de Mayenne
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  31. André René Le Paige, Dictionnaire topographique du Maine Dictionnaire topographique du Maine, Toutain,‎ 1777, p. 305
  32. « La période carcérale », Musée du château de Mayenne
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  35. Louis Alexandre Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, vol. 4,‎ 1766, p. 638
  36. Yves Gras, La Guerre de Vendée, Economica,‎ 1994, p. 103
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  81. « Chapelle Saint-Léonard (anciennement nommée Ferme Saint-Léonard) », base Mérimée, ministère français de la Culture
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  83. « Présentation », Médiathèque Jean-Loup Trassard
  84. « Présentation », Conservatoire de Mayenne
  85. « Le théâtre », Ville de Mayenne
  86. « Cinéma le Vox », Ville de Mayenne
  87. « Programme 2012-2013 », Le Grand Nord

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Angot, « Mayenne en 1413 », dans La Province du Maine, 1907, no 15, p. 221-226. Le site www.lamayenne.fr
  • Voir aussi : Grosse-Duperon, Joseph Bisson.
  • Château... Trompettes! Grande Revue Mayennaise à la manière montmartroise Paris, Jouve & Cie Ed. - 1934, par Paul Yorel, Représentée pour la 1re fois au Théâtre Municipal de Mayenne, le 3 juin 1933, avec Melles Marcelle Bonnel, Simonne Jarry, Suzanne Pouteau, Mde Launayet les Membres de l'Alerte Mayennaise.
  • Biographies mayennaises. Célébrités et figures de Mayenne. Édité à compte d'auteur. 1979, suite en 1982. de Jean André.