May « Nancy » Stewart Worthington Leeds

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May « Nancy » Stewart Worthington Leeds, devenue, par son troisième mariage, la princesse Anastasia de Grèce, est née le 20 janvier 1878 à Cleveland, dans l’Ohio, aux États-Unis, et est décédée le 29 août 1923, à Londres, en Angleterre. C’est une riche héritière américaine et, par son mariage, un membre de la famille royale hellène.

Giovanni Boldini : Portrait de la princesse Anastasia de Grèce (1914), huile sur toile.

Famille[modifier | modifier le code]

Nancy est la fille du riche industriel américain William Charles Stewart et de son épouse Mary Holden.

Avant d’entrer dans la famille royale hellène, la jeune fille épouse, en 1894, le banquier américain George Harry Worthington (d. 1898) dont elle divorce puis, en 1898, le magnat de l'étain William Bateman Leeds (d. 1908).

De son deuxième mari, Nancy a un fils :

Le 1er janvier 1920, Nancy Stewart épouse à Vevey, en Suisse, le prince Christophe de Grèce et de Danemark (1888-1940), qui est le fils cadet du roi Georges Ier de Grèce (1845-1913) et de son épouse la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926).

De cette troisième et dernière union ne naît aucun enfant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeune Américaine[modifier | modifier le code]

L’éducation de la petite Nancy a lieu chez ses parents et c’est seulement à l’âge de dix-sept ans qu’elle intègre l’école de Miss Porter, à Farmington, dans le Connecticut. Peu de temps après, elle est introduite dans la bonne société américaine et y rencontre son premier époux, George Harry Worthington.

Après seulement quatre ans de mariage, Nancy divorce et se remarie rapidement à William Bateman Leeds, un magnat de l’étain, dont elle ne tarde pas à avoir un fils. Son second époux trouve cependant la mort en 1908 et Nancy hérite de son immense fortune.

Princesse de Grèce[modifier | modifier le code]

Le prince Christophe et la princesse Anastasia de Grèce.

Peu après cet événement, Nancy décide de partir vivre en Europe. Là, elle assouvit sa passion pour les collections et achète quantité de tableaux de maîtres, de meubles précieux et de bijoux. Elle est d'ailleurs si bonne cliente du joailler Cartier qu'elle possède dans sa boutique son propre salon[1].

À Biarritz, en France, la jeune femme rencontre le prince Christophe de Grèce, qui tombe rapidement amoureux d’elle. En 1914, les deux jeunes gens se fiancent à Capri mais leur liaison est désapprouvée par la famille royale de Grèce et leur mariage est donc retardé de six ans. Cependant, après la Première Guerre mondiale, l’attitude de la famille royale évolue. Ruinés par le conflit et exilés, les princes grecs voient en effet d’un bon œil l’entrée d’une riche américaine dans la famille.

Le mariage de Nancy et de Christophe est donc célébré en 1920 et l’Américaine prend le nom d’Anastasia en se convertissant à la religion orthodoxe. Le roi Constantin Ier lui octroie alors les titre et prédicat de princesse de Grèce et d'altesse royale. Le couple s’établit à Palerme, où il se fait construire une résidence, la villa Anastasia, qui abrite également la reine douairière Olga de Grèce.

En 1921, l'entrée de Nancy dans la famille royale hellène est renforcée par le mariage de son fils William avec une nièce du prince Christophe, la grande-duchesse Xenia Georgievna de Russie.

Reine de Lituanie ?[modifier | modifier le code]

Peu après la guerre, une délégation lituanienne vient offrir la couronne du petit État balte au prince Christophe et à son épouse. D'après Michel de Grèce, la proposition est largement motivée par la richesse d'Anastasia car les Lituaniens espèrent profiter des largesses de leurs hypothétiques souverains. Mais Christophe, pas plus que sa femme, n'est prêt à exercer des fonctions royales. Dans ses Mémoires, le prince explique en effet : « Rien sous le soleil ne me ferait accepter un royaume. Une couronne est une chose trop lourde pour être ceinte à la légère. Elle doit être portée par ceux dont c’est le destin mais qu’un homme puisse volontairement en prendre la responsabilité, sans en être contraint par le devoir, dépasse mon entendement[2]. »

Quelques années après sa rencontre avec la délégation lituanienne, la princesse Anastasia développe un cancer et s’éteint à Spencer House en Londres en 1923. Sa fortune est alors partagée entre son fils William et son troisième mari. Les cendres de la jeune femme sont transférées au cimetière royal grec de Tatoi, près d’Athènes, en 1936.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Jay Hutto et Michael of Greece, Crowning Glory: American Wives of Princes and Dukes, Indigo Publishing, 2007.(ISBN 0972595171)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Michel de Grèce, Mémoire insolites, Pocket, Paris, p. 30.
  2. Walter Curley, Monarchs In Waiting, Hutchinson & Co, Londres, 1975, épigraphe.