Maxwell Davenport Taylor

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Maxwell D. Taylor
Maxwell D. Taylor en combinaison de parachutiste
Maxwell D. Taylor en combinaison de parachutiste

Naissance 26 août 1901
Keytesville, É.-U.
Décès 19 avril 1987 (à 86 ans)
Washington, É.-U.
Origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Grade Général
Années de service 19221964
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre de Corée
Commandement 101e Division Aéroportée US
Faits d'armes Bataille de Normandie
Distinctions Distinguished Service Cross
Distinguished Service Medal
Silver Star
Purple Heart
Autres fonctions Ambassadeur au Sud-Vietnam
Famille Marié, deux enfants

Maxwell Davenport Taylor (26 août 190119 avril 1987) était un général et diplomate américain.

Diplômé de West Point, il commanda pendant la Seconde Guerre mondiale la 101e division aéroportée, puis fut conseiller du président Kennedy, Chairman of the Joint Chiefs of Staff, et ambassadeur au Sud-Viêtnam.

Enfance et vie privée[modifier | modifier le code]

Né le à Keytesville, petite ville du Missouri, Maxwell Taylor est le fils unique d'un avocat, John Earle, et de Pearle Davenport Taylor. Influencé par les récits de la guerre de Sécession, côté confédéré, de sa grand-mère, il décide très tôt de s'engager dans une carrière militaire[1].

Excellent en langues, parlant latin, grec, français et espagnol, il réussit l'examen d'entrée à West Point mais rate celui de l'Académie navale d'Annapolis du fait de lacunes en géographie.

En 1925, il épouse Lydia Gardner Happer, avec laquelle il aura deux fils, John Maxwell et Thomas Happer Taylor, ce dernier également diplômé de West Point et officier.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Brillant étudiant, plus jeune diplômé de sa promotion en 1922, il rejoint le corps du Génie comme second lieutenant, avant d'être affecté dans le Maryland, puis à Hawaï, puis dans l'État de Washington.

Son avancement ralenti par l'absence de conflit entre les deux guerres, il est transféré à la 10e Division d'Artillerie en 1926, et reçoit le grade de capitaine en 1935.

Poursuivant une carrière plus diplomatique que militaire au sein de l'US Army, il est affecté à Paris, France, puis comme professeur de français et d'espagnol à West Point, avant d'être envoyé à l'ambassade des États-Unis à Tokyo pour apprendre le japonais. En 1939, il est attaché militaire à Pékin[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Guerre, Taylor est Chief of Staff du Général Ridgway, commandant de la 82e division d'infanterie US, laquelle deviendra l'une des deux divisions aéroportées. Il est promu général en 1942, et participe, avec sa division, à l'invasion de la Sicile et de l'Italie en juillet 1943 durant l'opération Ladbroke[1].

En 1943, en raison de ses compétences diplomatiques et linguistiques, Taylor est envoyé en mission secrète à Rome pour coordonner un parachutage de la 82e aéroportée avec les forces italiennes. Le général Eisenhower dira plus tard que « les risques qu'il prit étaient plus grands que ce que je ne demanderais jamais de prendre à aucun autre agent ou émissaire pendant la guerre. »[1] Plusieurs dizaines de kilomètres derrière la ligne de front, Taylor est tenu par les règles d'engagement de porter son uniforme américain, pour ne pas être considéré comme espion en cas de capture. Il rencontre le nouveau Premier Ministre italien, le maréchal Pietro Badoglio, mais le parachutage à proximité de Rome pour prendre la ville est annulé au dernier moment, lorsque Taylor réalise qu'il est trop tard. Les armées allemandes manœuvrent déjà pour couvrir les zones de parachutage prévues et les avions de transport sont déjà dans les airs lorsque le message de Taylor annule le parachutage, évitant ainsi une probable mission suicide.

Cette mission à l'arrière des lignes ennemies attire l'attention des plus hauts niveaux du Commandement Allié.

Après les campagnes en Méditerranée, Taylor est affecté au poste de Commandant de la 101e division aéroportée US, en cours d'entraînement en Angleterre, après que son 1er Commandant William C. Lee ait fait une crise cardiaque.

Taylor saute sur la Normandie le 6 juin 1944 avec ses hommes, dans le cadre de l'opération Albany. Il est ainsi le 1er Général Allié à poser le pied en France le Jour J. Il rejoint une colonne menée par le lieutenant-colonel Ewell (3/501 PIR), comptant également dans ses rangs le général McAuliffe, qui s'empare de la sortie 1 à Poupeville, à l'est d'Utah Beach, assurant le débouché des troupes de débarquement. Il dirige la 101e division aéroportée pendant tout le reste de sa participation à la Bataille de Normandie, défendant notamment Carentan d'une importante contre-attaque allemande le 13 juin, jusqu'à sa relève par la 83e Division d'Infanterie le 29 juin 1944[2]. Il manque de se faire abattre par un tireur embusqué allemand qui, lors d'une cérémonie à Carentan le 24 juin 1944, abat la fillette de quatre ans lui apportant un bouquet de fleurs[3].

Il commande la 101e aéroportée pendant le reste de la Guerre, notamment durant l'opération Market Garden, mais manque le plus haut fait d'armes de la Division, le siège de Bastogne, pendant la Bataille des Ardennes. Il assiste à ce moment-là à une conférence d'état-major aux États-Unis. Le Commandant d'Artillerie de la Division, Anthony McAuliffe a pris alors le commandement en son absence. Le Général Taylor désignera la défense de Bastogne comme le "point d'orgue" de la 101e division aéroportée pendant la guerre, et déclarera que son absence était l'un de ses plus grands regrets de la guerre[4].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Maxwell Taylor
Portrait officiel du général Taylor

De 1945 à 1949, Taylor est nommé Superintendant de West Point. En 1947, il rédige la première version du Code d'Honneur des Cadets de West Point[5]. Il est ensuite Commandant des Troupes Alliées à Berlin, de 1949 à 1951.

En 1953, il participe à la Guerre de Corée, et dirige jusqu'en 1955 la Eighth United States Army.

De 1955 à 1959, il est Chief of Staff of the United States Army, succédant à son mentor le Général Matthew B. Ridgway. Durant son mandat, il tente de modifier l'organisation de l'armée et de restructurer les divisions d'infanterie pour les adapter à l'âge de la guerre nucléaire. Certains observateurs considéreront ces modifications responsables des difficultés d'adaptation de l'armée américaine à la dynamique des combats de la guerre du Viêt Nam.

En 1957, le Président Dwight Eisenhower ordonne au Général Taylor de déployer un millier de soldats de la 101e division aéroportée à Little Rock, Arkansas, pour forcer les autorités locales à accepter la déségrégation du lycée de Little Rock, lors de la crise de Little Rock.

En tant que Army Chief of Staff, Taylor critique publiquement la politique de défense de l'administration d'Eisenhower, intitulée New Look, qu'il trouve trop confiante dans les armes nucléaires et trop négligeante avec les forces conventionnelles. Il critique également les insuffisances de l'organisation du Joint Chiefs of Staff. Frustré par la non prise en compte de ses arguments par l'administration, le Général Taylor se retire du service actif en juillet 1959. Il fait alors campagne publiquement contre la doctrine New Look, publiant en janvier 1960 un livre très critique, The Uncertain Trumpet.

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Nommé par le président Kennedy à la tête d'une commission d'enquête sur l'échec du débarquement de la baie des Cochons, il retourne en service actif à la demande de Kennedy avec lequel il entretient des relations étroites. Le 1er octobre 1962, Kennedy le nomme chairman of the Joint Chiefs of Staff, position qu'il occupe jusqu'en 1964.

Taylor joue un rôle important pendant les premières semaines et les premiers mois de la guerre du Viêt Nam. Alors que le président Kennedy avait auparavant dit à Taylor que « l'indépendance du Sud-Viêt Nam repose dans les mains du peuple et du Gouvernement de ce pays », Taylor recommande rapidement d'envoyer 8 000 soldats américains dans la région. Après avoir fait son rapport au Gouvernement et aux Chefs des Armées, Taylor réfléchit sur la décision d'envoyer des troupes au Viêt Nam : « Je ne me rappelle pas que quiconque s'y soit fortement opposé, à l'exception d'un homme, le Président. Le Président ne voulait pas être convaincu que c'était la bonne décision... C'était réellement la conviction personnelle du Président que l'armée des États-Unis ne devait pas y aller. »[6]

Seconde retraite et Décès[modifier | modifier le code]

Il démissionne à nouveau de l'Armée et devient ambassadeur des États-Unis au Sud-Vietnam, de 1964 à 1965, succédant à Henry Cabot Lodge, Jr.

Il est également Conseiller Spécial du Président, Directeur du Conseil du Renseignement Étranger pour le Président, de 1965 à 1969, et Président de l'Institute for Defense Analyses, aujourd'hui think-tank du Pentagone, de 1966 à 1969.

Le Général Taylor décède à Washington, D.C. le 19 avril 1987, de la maladie de Charcot. Il est enterré au cimetière national d'Arlington.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Albin Krebs, « Maxwell D. Taylor, Soldier and Envoy, Dies », The New York Times,‎ 1987-04-21 (lire en ligne)
  2. Frères d'armes (Band of Brothers), Stephen E. Ambrose, Albin Michel, (ISBN 2-253-10844-8)
  3. Le jour le plus fou, Elizabeth Coquart, Philippe Huet, Albin Michel, (ISBN 2-226-06929-1)
  4. (en) Cole C. Kingseed, « An American Soldier: the Wars of General Maxwell Taylor - Book Review », Infantry Magazine,‎ automne 2003 (lire en ligne)
  5. (en) West Point
  6. (en) Schlesinger, Robert Kennedy: His Life and Times

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