Maxwell's Silver Hammer

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Maxwell's Silver Hammer est une chanson des Beatles, écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney, comme pour toutes les chansons du groupe composées par John Lennon et Paul McCartney, en collaboration ou non. Elle figure sur Abbey Road, le dernier album enregistré par le groupe, paru le 26 septembre 1969 en Grande-Bretagne et le 1er octobre aux États-Unis.

Genèse et enregistrement[modifier | modifier le code]

Maxwell's Silver Hammer est écrite à l'origine par Paul pour l'album blanc et répétée pendant les sessions pour le projet Get Back aux studios de Twickenham en janvier 1969[1]. Elle est enregistrée aux studios Abbey Road le 9 juillet 1969, où les Beatles passent la journée à travailler sur la piste de base. Pour préserver l'ambiance, Paul chante sur toutes les prises, en pensant ré-enregistrer les parties vocales lorsqu'ils auraient la meilleure piste de base (qui sera finalement la prise 21). Des overdubs sont ajoutés les 10 et 11 juillet, puis le 6 août[2]. Comme lors des répétitions de janvier 1969 à Twickenham, c'est encore Mal Evans qui frappe une grosse enclume amenée par ses soins dans le Studio 2, à chaque bang bang de la chanson.

John Lennon a souvent raconté que les Beatles avaient passé trois jours rien que sur les overdubs parce que McCartney pensait que la chanson pourrait sortir en single. Il raconte : « Il a vraiment fait tout ce qu'il a pu pour en faire un 45 tours, mais ça n'a pas marché. Ça n'aurait jamais marché »[1]. Lennon a d'ailleurs catégoriquement refusé de participer à l'enregistrement de cette chanson[3].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe technique[modifier | modifier le code]

Paroles et musique[modifier | modifier le code]

Maxwell's Silver Hammer est une chanson construite sur des rimes fortes, et dans laquelle un étudiant en médecine, Maxwell Edison, utilise son marteau d'argent pour tuer tout d'abord sa petite amie, puis un professeur et finalement un juge. Une référence à la pataphysique laisse transparaître l'intérêt récent de McCartney pour l'avant-garde, le mot « pataphysique » ayant été inventé par Alfred Jarry, auteur d'Ubu roi et pionnier du théâtre de l'absurde, pour décrire une branche imaginaire de la métaphysique[1].

Un ancien employé d'Apple Corps, Tony King, a témoigné : « John m'a un jour expliqué que Maxwell's Silver Hammer parlait des lois du karma. Je lui ai demandé s'il croyait en cette théorie. Il m'a répondu que oui, et a ajouté que la première chanson qu'ils aient faite à ce sujet était Maxwell's Silver Hammer. Il m'a expliqué que l'idée développée dans cette chanson était que, à la seconde où tu fais quelque chose qui n'est pas bien, le marteau d'argent de Maxwell s'abat sur ta tête ». Paul déclara à l'époque : « Cette chanson incarne les aléas de la vie. Dès que tout va bien, bang, bang, le marteau d'argent de Maxwell s'abat et réduit tout à néant »[1].

La chanson démarre avec le piano, la batterie et la basse qui donnent la rythmique pendant que McCartney chante le premier couplet. Puis le premier refrain est joué avec Ringo Starr et George Harrison qui font les chœurs et une enclume frappée par Mal Evans lorsqu'ils chantent « bang! bang! Maxwell's silver hammer... »[3] : dans le film Let It Be, où l'on voit les Beatles répéter la chanson en janvier 1969, c'est lui qui frappe l'enclume. Il est donc amené à tenir de nouveau ce rôle un an et demi plus tard. La structure couplet-refrain reprend, suivi d'un solo de guitare joué par George Harrison. La structure couplet-refrain revient à nouveau et la chanson se termine avec un solo de synthétiseur Moog.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Steve Turner, L'Intégrale Beatles: les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day's Write »], Hors Collection,‎ 1999, 285 p. (ISBN 2-258-06585-2)
  2. (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn,‎ 1988 (ISBN 0-600-55784-7)
  3. a et b Geoff Emerick, Here There and Everywhere, My Life Recording The Music of The Beatles, Gotham Books, 2006, P.271-296

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) The Beatles, The Beatles Anthology, Paris, Seuil,‎ 2000, 367 p. (ISBN 2-02-041880-0)
  • (fr) Geoff Emerick (trad. Philippe Paringaux, préf. Elvis Costello), En studio avec les Beatles : les mémoires de leur ingénieur du son, Le Mot et le Reste,‎ 2009, 486 p. (ISBN 978-2-915378-99-3)
  • (fr) Tim Hill (trad. Denis-Armand Canal, préf. Jean-Claude Perrier), The Beatles : Quatre garçons dans le vent, Paris, Place des Victoires,‎ 2008 (1re éd. 2007), 448 p. (ISBN 978-2-84459-199-9)
  • (en) Mark Lewisohn (préf. Ken Townsend), The Beatles : Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ 1988, 204 p. (ISBN 0-517-57066-1)
  • (fr) Philip Norman (trad. Philippe Paringaux), John Lennon : une vie, Paris, Robert Laffont,‎ 2010 (1re éd. 2008), 862 p. (ISBN 978-2-221-11516-9)
  • (fr) François Plassat, Paul McCartney : l'empreinte d'un géant, Paris, JBz & Cie,‎ 2010, 544 p. (ISBN 978-2-75560-651-5)
  • (fr) Steve Turner (trad. Jacques Collin), L'intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ 2006 (1re éd. 1994, 1999), 288 p. (ISBN 2-258-06585-2)