Maximilien de Béthune (duc de Sully)

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Maximilien de Béthune
Le duc de Sully vers 1630.
Le duc de Sully vers 1630.

Titre Duc de Sully
Autre titre Prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle
Baron puis marquis de Rosny
Marquis de Nogent-le-Rotrou
Comte de Muret et de Villebon
Vicomte de Meaux
Grade militaire Maréchal de France
Conflits Guerres de religion
Guerre franco-savoyarde
Faits d'armes Bataille de Coutras
Bataille d'Arques
Bataille d'Ivry
Siège d'Amiens
Siège de Charbonnières
Siège de Montmélian
Distinctions Pair de France
Autres fonctions Surintendant des finances (1598)
Grand maître de l'artillerie de France (1599)
Grand voyer de France(1599)
Gouverneur de la Bastille (1602)
Surintendant des fortifications
Biographie
Dynastie Maison de Béthune
Naissance 13 décembre 1559
château de Rosny-sur-Seine
Décès 22 décembre 1641
au château de Villebon (Eure-et-Loir)
Père François de Béthune
Mère Charlotte Dauvet
Conjoint Anne de Courtenay
Rachel de Cochefilet
Enfants Maximilien
François
Marguerite
Louise

Blason Maison de Béthune.svg

Maximilien de Béthune, duc de Sully, né à Rosny le 13 décembre 1559, mort à Villebon le 22 décembre 1641, pair de France, maréchal de France, prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle, baron puis marquis de Rosny, marquis de Nogent-le-Rotrou, comte de Muret et de Villebon, vicomte de Meaux, est un ministre d'Henri IV, roi de France et de Navarre.

Le compagnonnage avec le roi Henri de Navarre[modifier | modifier le code]

Né le 13 décembre 1559 au château de Rosny-sur-Seine, il appartient à la branche cadette, peu fortunée et calviniste, d'une famille descendante des comtes souverains d'Artois, apparentée aux comtes de Flandres. Second fils de François de Béthune et de Charlotte Dauvet[1], il devient l’héritier de la baronnie de Rosny à la mort de son frère aîné, Louis de Béthune, en 1578[2]. En 1572, élève au collège de Bourgogne, à Paris, il échappe au massacre de la Saint-Barthélemy, et devient le compagnon du roi Henri III de Navarre, futur roi de France, qu'il suit dans toutes ses guerres. À ses côtés il se distingue par son intrépidité. En 1576, il combat dans les armées protestantes en Hollande pour récupérer la vicomté de Gand dont il n'avait pu hériter de son parrain, un catholique convaincu.

En 1583, au château de Bontin, le seigneur de Rosny épouse Anne de Courtenay, une riche héritière. Des spéculations commerciales très heureuses, comme le commerce des chevaux pour l'armée, voire les dépouilles des villes prises par les Protestants l’enrichissent en peu de temps. En 1580, il devient chambellan ordinaire, puis membre du Conseil de Navarre. Il est chargé de négocier avec Henri III de France, afin de poursuivre une lutte commune contre la Ligue des Guise. Mais le traité de Nemours en 1585 rapproche le roi de France des Guise aux dépens du roi de Navarre. En 1587, il combat à côté d'Henri de Navarre à Coutras, puis devant Paris, ensuite à Arques en 1589, puis à Ivry en 1590 où il est blessé. Il est de nouveau blessé à Chartres en 1591. Devenu veuf, il épouse en 1592 Rachel de Cochefilet, fille de Jacques de Cochefilet seigneur de Vaucelas. Entretemps le roi Henri III de France a été assassiné.

Le ministre[modifier | modifier le code]

En 1593, Sully conseille au nouveau roi de se convertir au catholicisme, afin de pacifier le royaume, mais refuse lui-même d’abjurer. Il négocie alors le ralliement de quelques chefs de la Ligue (marquis de Villars, duc de Guise). Lors du siège d'Amiens en 1597, il s'illustre à la tête de l’artillerie.

Henri IV comprend tardivement qu'il peut confier les finances du royaume à l'homme qui administre si bien ses propres affaires. Il le nomme en 1596 au Conseil des Finances puis, vers 1598, surintendant des finances. Sully remet alors de l'ordre dans les comptes, en créant en 1601, une Chambre de justice destinée à lutter contre les malversations financières.

Sully a de brillants conseillers, comme l'économiste Barthélemy de Laffemas, qui développe les manufactures, l'artisanat, et donne un coup de pouce à l'histoire de la soie par la plantation de millions de mûriers.

Il fait rentrer un arriéré fiscal considérable, paie des dettes écrasantes (près de 30 millions de livres), suffit aux dépenses des guerres en Espagne et en Savoie, et à l'achat des places qui restent encore aux mains des chefs ligueurs. En 1598, il fait annuler tous les anoblissements décrétés depuis 20 ans. Il supprime les petits offices de finances et judiciaires. Il crée de grands approvisionnements de guerre, lutte contre l'abus et les prodigalités et amasse un trésor (300 000 livres tournois par an, soit 4 millions d'euros actuels[3]) tout en diminuant les impôts. Il fait restituer au roi une partie du domaine royal qui avait été aliénée. L’arrivée en Europe des métaux précieux américains, depuis le début du siècle, a permis à Sully comme à ses prédécesseurs de bénéficier de rentrées fiscales, mais lui va équilibrer le budget et faire des économies. Il se fait nommer gouverneur de la Bastille en 1602, où il entrepose une partie du trésor royal qui s'élève à 12 millions de livres.

Aux environs du 25 août 1600, durant la guerre franco-savoyarde, le Roi Henri avait envoyé le duc de Sully visiter plusieurs citadelles qui étaient investies. Sully vint coucher à Bourg-en-Bresse où il fut bien accueilli par Biron. Le jour de son départ pour Lyon, Sully reçut un avis qu'un groupe de 200 hommes, ennemis, venaient d'arriver dans un château proche du lieu où il devait passer la nuit. Ayant parlé de cette information à Biron, celui-ci la trouva totalement ridicule. Sully, demanda toutefois à Biron de lui donner une escorte jusque Lyon. Biron donna comme escorte ses propres gardes qui accompagnèrent Sully jusque Villars où l'escorte le quitta. « Je fis recharger mes mulets et fis encore environ 4 lieues et ne m'arrêtai qu'à Vimy ou je me crus en sûreté. Le doute que j'avais, que Biron avait entrepris de me livrer au duc de Savoie, se changea alors en certitude. Trois heures après que je fut parti de Villars, les 200 hommes vinrent fondrent sur la maison ou ils croyaient que j'étais, et parurent très fâchés d'avoir manqué leur coup. »[4].
Le 29 août, Sully est à pied d’œuvre lors du siège du château de Charbonnières en tant que grand maître de l'artillerie de France.

La paulette est instaurée en 1604, pour instituer l'hérédité des offices et augmenter les recettes de l'État.

En 1599, il est nommé Grand maître de l'artillerie de France et Grand voyer de France, il contrôle alors toutes les voies de communication. Les routes principales sont retracées, remblayées, pavées. En prévision des besoins en constructions et de la marine, il fait planter des ormes aux bords des routes (les fameux ormes de Sully).

Il encourage surtout l'agriculture en répétant une phrase devenue célèbre : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou »[5]. Dans ce but, il proclame la liberté du commerce des grains, et abolit un grand nombre de péages qui sont autant de barrières entre les provinces, il ouvre de grandes voies de communication, et il fait creuser plusieurs canaux, notamment le canal de Briare qui relie la Seine à la Loire, commencé en 1604 et terminé en 1642[6].

Il va pousser les paysans à produire plus que nécessaire afin de vendre aux autres pays. Pour cela, il décide d'augmenter la surface cultivée en faisant assécher des marais. Afin de les protéger du fisc, il interdit la saisie des instruments de labour et accorde aux paysans une remise sur les arriérés de la taille. Il va aussi faire cesser la dévastation des forêts, étendre la culture de la vigne…

Comme surintendant des fortifications il fait établir un arsenal et fortifie les frontières. En 1606, il est nommé duc et pair de Sully et acquiert, la même année, le château de Montrond, le rénove entièrement pour en faire la plus forte place du Berry.

La mise à l'écart[modifier | modifier le code]

Mémoires, édition originale de 1639

Il était devenu impopulaire, même parmi les protestants, et auprès des paysans qu'il avait dû accabler d'impôts pour faire face aux dépenses en vue de la guerre contre l'Espagne.

Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, il est nommé membre du Conseil de régence et prépare le budget de 1611. En complet désaccord avec la régente Marie de Médicis, il démissionne de ses charges de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille (1611) ; il conserve cependant le gouvernement du Poitou. En 1616, il abandonne la majeure partie de ces fonctions et vivra désormais loin de la cour, d'abord sur ses terres de Sully puis surtout en Quercy, tantôt à Figeac et plus précisément à Capdenac-le-Haut tantôt sur sa seigneurie de Montricoux, à quelques lieues de Montauban. Il se consacre à la rédaction de ses mémoires, mais reste très actif sur le plan politique et religieux. Son fils François de Béthune, comte d'Orval est le gouverneur de Figeac, place de sûreté calviniste.

Ce dernier épouse Jacqueline de Caumont, fille du marquis de la Force, qui commande la défense militaire de Montauban en 1621.

Cette même année, il est intervenu en conciliateur et a intercédé en modérateur dans les luttes entre les protestants français et la royauté, après les 96 jours du siège de Montauban par Louis XIII, en 1627-1628, lors du siège de La Rochelle et avant la reddition de Montauban. Proche du réseau diplomatique de Richelieu, il a été nommé maréchal de France en 1634.

Il décède au château de Villebon (Eure-et-Loir) le 22 décembre 1641. Son tombeau est à Nogent-le-Rotrou.

Alliances et descendance[modifier | modifier le code]

Maximilien de Béthune se marie deux fois :

En 1583, avec Anne de Courtenay (1564-1589), dont :

En 1592, avec Rachel de Cochefilet, veuve du seigneur de Châteauperse (1562-1659), dont :

Généalogie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources manuscrites[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Maximilien de Béthune sont conservés aux Archives nationales sous la cote 120AP[8].

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Les Œconomies royales de Sully, éditées par David Buisseret et Bernard Barbiche, tome I (1572-1594), tome II (1595-1599), Paris, Librairie C. Klincksieck, 1970-1988. Consultable sur Google Livres

Travaux historiques[modifier | modifier le code]

  • Bernard Barbiche et Ségolène de Dainville-Barbiche, Sully, l'homme et ses fidèles, Paris, Fayard, 1997.
  • Isabelle Aristide, La fortune de Sully, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, collection « Histoire économique et financière de la France », 1990.
  • Laurent Avezou, Sully à travers l'histoire. Les avatars d'un mythe, École des Chartes, collection « Mémoires et documents de l'École des Chartes », 2001.
  • Laurent Avezou, « Du retour aux sources à la nostalgie du bon vieux temps. Sully dans les arts de Louis XVI à Louis-Philippe », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 163-1, 2005, p. 51-78, [lire en ligne].
  • Collectif, Sully tel qu'en lui-même. Journée d'études tenue à Sully-sur-Loire le 23 octobre 1999, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, collection « Histoire économique et financière de la France », 2004.
  • (es) Germán A. de la Reza, La invención de la paz. De la República cristiana del duque de Sully a la Sociedad de naciones de Simón Bolívar, Siglo XXI Editores, México, 2009 (170 p.). ISBN 978-607-03-0054-7

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. fille de Robert Dauvet, seigneur de Rieux, président de la chambre des comptes, et d'Anne Briçonnet
  2. V. Bourselet et H. Clérisse, Mantes et son arrondissement, 1933, p. 334
  3. Jean-François Solnon, « Henri IV : le roi de cœur », émission Secrets d'histoire, 14 août 2012
  4. Mémoires du Duc de Sully, Volume 3 page 51 et suivantes Par Maximilien de Béthune duc de Sully
  5. Les Œconomies royales de Sully, p. 257
  6. « Sully, un ministre entre Colbert et Quesnay », Laissons Faire, n°8, janvier 2014, pp.38-41
  7. Généastar : Ascendants de Maximilien De Béthune
  8. Archives nationales

Chronologies[modifier | modifier le code]