Maxime Real del Sarte

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Maxime Real del Sarte

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Maxime Real del Sarte en 1928, Agence de presse Meurisse, Paris, Bibliothèque nationale de France.

Naissance 2 mai 1888
Paris
Décès 15 février 1954 (à 65 ans)
Activités Sculpteur
Formation École des beaux-arts de Paris
Récompenses Grand Prix national des Beaux-Arts

Maxime Real del Sarte, né le 2 mai 1888, à Paris (17e arrondissement)[1] et mort le 15 février 1954, est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maxime Real del Sarte entre à l’école des beaux-arts de Paris en 1908. Le matin même du concours, il s'engage politiquement, du côté des antidreyfusards : pénétrant au Palais de justice de Paris, il se présente à l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation et, apostrophant les magistrats, les accuse de « forfaiture » à propos du dernier pourvoi de l'affaire Dreyfus. C’est après cet événement qu’il prend contact avec les leaders de l’Action française. « Charles Maurras, Léon Daudet, Jacques Bainville, Maurice Pujo, Henri Vaugeois, Léon de Montesquiou, cette élite réfléchie venue des formations les plus diverses […] ne s’y trompa point. Tous mesurèrent l’appoint qui entrait avec ce très jeune homme… », écrit Anne Glandy dans le livre qu’elle lui a consacré[2].

Le chef des Camelots du roi est dès lors de tous les combats du mouvement nationaliste et monarchiste, parmi lesquels la célèbre affaire Thalamas, du nom de cet historien qui essaya de professer à la Sorbonne un cours sur Jeanne d'Arc jugé insultant par l'Action française, elle valut à Maxime Real del Sarte un séjour de dix mois à la prison de la Santé.

Maxime Real del Sarte, catholique fervent, fut toute sa vie un admirateur de Jeanne d’Arc à laquelle il consacra de nombreux travaux. « Sa personne, écrit le baron de Tupigny, fut dominée par la sainte dont il dira plus tard : “ Je fus toujours son serviteur. ” Il s’est battu pour elle toute sa vie. »

Blessé aux Éparges, sur le front de Verdun le 29 janvier 1916, Real del Sarte dut être amputé de l’avant-bras gauche. Il n’en reprit pas moins son métier de sculpteur et l’œuvre qu’il avait conçue en mars 1914, Le Premier Toit, reçut le Grand Prix national des Beaux-Arts en 1921. Anne André Glandy l'a décrit : « Un homme et une femme agenouillés l’un en face de l’autre : dans un geste de protection l’homme relève la femme et la maintient tandis qu’avec tendresse elle cherche à s’appuyer sur lui. C’est le principe de la clef de voûte, la base de toute architecture. » Charles Maurras écrira un poème pour cette œuvre.

Dès lors, la notoriété de l’artiste alla grandissant, tant parmi ses amis que dans le monde officiel dont il reçut de nombreuses commandes. « De la main qui lui restait, note René Brécy, il a modelé cent ouvrages très variés, davantage peut-être conçus dans une méditation à la fois enflammée et subtile. Ne pouvant manier le ciseau, il a dirigé avec une étonnante maîtrise celui des praticiens, choisis entre tous, auxquels il lui fallait confier l’exécution de ses maquettes. »

Toujours fidèle à ses idées, à ses amis, à Philippe d’Orléans d’abord, qu’il connaissait depuis 1913, puis au duc de Guise et enfin au comte de Paris, il avait fondé une association qu’il nomma Les Compagnons de Jeanne d'Arc, sous l’égide de laquelle il travailla à obtenir la levée de la condamnation prononcée par le Vatican à l'encontre de l’Action française, en 1926 (la levée fut obtenue en juillet 1939). Vers les années 1930, il conçut une statue funéraire ressemblant à celle de Jeanne d'Arc à Rouen, où il remplaça les flammes par des fleurs, près de Bar-le-Duc.

Il était encore aux premiers rangs, et fut d’ailleurs blessé, lors de l'émeute antiparlementaire du 6 février 1934.

Pendant l’occupation allemande, il obtient la Francisque du régime de Vichy.

En 1952, il intervient, avec Henry Bordeaux, auprès du président de la République Vincent Auriol pour obtenir la grâce médicale de Charles Maurras, condamné à la réclusion à perpétuité pour intelligence avec l'ennemi, par la cour de Justice de Lyon en 1945.

En mauvaise santé, il se retira dans sa maison dans les Pyrénées, près de Saint-Jean-de-Luz[3]. Maxime Real del Sarte est mort le 15 février 1954.

Postérité de son œuvre[modifier | modifier le code]

Dès 1955, Anne de Roux-Glandy décrivait cette figure dans un livre-souvenir publié par les Éditions d’Histoire et d’Art. En 1956, paraissait un album de photographies de ses œuvres [4], préfacé par son ami le baron Meurgey de Tupigny : « L’amour de la patrie, la poursuite de son idéal, son culte pour Jeanne d’Arc se confondent, se pénètrent et s’enroulent autour de ce pivot que fut pour lui l’idée monarchiste. »

Puis le temps passa et son nom qui avait joui d’une telle popularité, tant en France qu’à l’étranger, fut peu à peu effacé de la mémoire nationale. En mars 2004, le bulletin d'extrême droite Lecture et tradition consacra un numéro au cinquantième anniversaire de sa mort.

Aujourd'hui encore, les étudiants, lycéens et jeunes travailleurs de l'Action française réunis au sein de l'Action française étudiante se rassemblent pour dix jours de formation estivale à l'occasion de leur université d'été qui porte le nom du sculpteur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Au pays de Franco, notre frère latin. Suivi de : Sous le signe de Jeanne d'Arc, discours prononcé à Domrémy le 9 mai 1937. Avec une lettre-préface de Charles Maurras, Le Croquis, Paris, 1936.
  • « Préface » à Henry Planche, Un chevalier de Jeanne d'Arc, pièce en 3 actes, Imprimerie Moderne, Chambéry, 1942.
  • « Préface » à M. Dufrénois, Jeanne d'Arc qui revient sauver la France et le XXe siècle, d'après une antique prophétie, Eugène Figuière, Paris, 1936.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Daudet, Maxime Réal del Sarte, en collaboration avec ses frères. Dessins de guerre, De Boccard, Paris, [sans date].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 17/1410/1888, avec mention marginale du décès (consulté le 14 octobre 2012)
  2. Anne André Glandy, Maxime Real del Sarte, Plon, 1955.
  3. Eugen Weber, L'Action française, Hachette Pluriel, 1990, p.501
  4. L’Œuvre de Maxime Real del Sarte, préface du baron Meurgey de Tupigny, conservateur aux Archives nationales, Plon, 1956
  5. « Du cimetière Saint-Vincent au parc Louis-Pasteur », sur archives.orleans.fr, Archives municipales d'Orléans (consulté le 19 mars 2012)
  6. Inauguré le 15 novembre 1925 (Le Journal de Rouen, 16 novembre 1925, p.2-3)
  7. « Notice no PA76000060 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Ghilaine Lhermitte, Le Quartier Jouvenet : 2 siècles d'histoire, Rouen, Roussel,‎ 1997, 239 p. (ISBN 2-911408-03-9, OCLC 492045554), « Le monument aux morts des forains », p. 40-42
  9. Patrice Quéréel (préf. Patrice Pusateri et Michel Nouvellon), XXe un siècle d'architectures à Rouen, Rouen, ASI,‎ 2001, 157 p. (ISBN 2-912461-03-0), p. 40-41
  10. bronze
  11. Maxime Real del Sarte à Buenos Aires

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Articles connexes[modifier | modifier le code]