Max Aitken

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aitken.

William Maxwell "Max" Aitken, PC (25 mai 18799 juin 1964), 1er baron Beaverbrook, était un politicien et homme d'affaires canadien - britannique.

Début de carrière au Canada[modifier | modifier le code]

Né à Maple en Ontario (Canada), sa famille déménagea tôt à Newcastle au Nouveau-Brunswick, où, à l'âge de 13 ans, il fonda son premier journal quotidien. Il suivit brièvement des cours à l'université du Nouveau-Brunswick. Aitken travailla comme garçon de bureau dans le cabinet de Richard Bedford Bennett, à Chatham. Bennett devint par la suite premier ministre du Canada et un partenaire en affaires.

Jeune homme, il fut employé dans la Royal Securities Corporation (en) à Halifax, par John F Stairs (en), membre d'une famille influente dans les affaires locales. Sous le chaperonnage de Stairs, qui deviendra son mentor et un ami à vie, Aitken fut à l'origine de nombreux et importants contrats d'affaires. Le 29 janvier 1906 il épousa Gladys Henderson Drury, fille du Major General Charles Drury. Ils eurent trois enfants avant le décès de celle-ci, en 1927 :

L'Angleterre[modifier | modifier le code]

Aitken Déménagea à Londres en 1910, où il se fit élire député conservateur en décembre de la même année. Il fit l'acquisition de la société automobile Rolls-Royce, qu'il revendit ensuite. Il commença à bâtir de ce qui allait devenir un empire de la presse londonienne. Il travaillait souvent avec Andrew Bonar Law, un autre natif du Nouveau-Brunswick, et seul canadien à devenir premier ministre du Royaume-Uni. En 1911, il fut fait chevalier par le roi George V. Pendant la Première Guerre mondiale, le gouvernement canadien lui confia la tâche de créer le Canadian War Records Office à Londres. Aitken ne ménagea pas sa peine pour exposer dans la presse l'engagement du Canada dans l'effort de guerre. Ses visites sur le front Ouest furent à l'origine de son livre de 1916 Canada in Flanders, une chronique en trois volumes des hauts-faits des soldats canadiens sur les champs de bataille. Après la guerre, il écrivit plusieurs autres livres, dont Politicians and the Press en 1925 et Politicians and the War en 1928.

Aux plusieurs titres de la presse qu'il possédait (dont le London Evening Standard), il ajouta en 1916 une participation dans le Daily Express. Il souhaita que cette transaction restât secrète du fait de sa coincidence avec la crise parlementaire qui vit Lloyd George succéder à Asquith et dans laquelle Bonar, un allié de Beaverbrook joua un rôle important. Le biographe et ami de Beaverbrook, A. J. P. Taylor, assure qu'il ne s'agissait que d'une coïncidence.

En 1918, il prit le ministère de l'information britannique, créé en mars, dans le gouvernement de Lloyd George, constitué d'une alliance entre le Parti conservateur et un partie du parti libéral, qui subit alors une scission.

«Le premier baron de Fleet Street»[modifier | modifier le code]

D'un journal terne, il fit un titre spirituel, faisant la part belle à la photographie. En 1918, il fonda le Sunday Express. Le succès se confirma et, après la Seconde Guerre mondiale, le Daily Express était de très loin le journal le plus vendu dans le monde, avec un tirage de 3 706 000 exemplaires. Pour les historiens, il est le « premier baron de Fleet Street » (la rue de la presse) et l'un des hommes les plus puissants de Grande-Bretagne, capable de faire et défaire une carrière.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ami de Winston Churchill, pendant la seconde Guerre mondiale, il fut membre du gouvernement britannique, comme « ministre de la productions d'aéronefs » (Minister of Aircraft Production, de 1940 à 1941), puis « ministre du ravitaillement » (Minister of Supply, de 1941 à 1942).

Le bienfaiteur[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Lord Beaverbrook devint recteur de l'université du Nouveau-Brunswick, ainsi que le plus généreux bienfaiteur de l'université, de la ville de Fredericton et de la province entière. Il finança des extensions de l'université, des bourses pour les étudiants, la Galerie d'art Beaverbrook et de nombreux autres projets. En 1957, une statue en bronze, financée par une collecte, fut érigée à Fredericton. Un buste figure également dans un jardin public à Newcastle.

Beaverbrook est admiré et méprisé en Angleterre, parfois par les mêmes personnes. Le dessinateur David Low, dans sa propre autobiographie, cite H. G. Wells, disant à propos de Beaverbrook :

« Si jamais Max va au paradis, il ne restera pas longtemps: il se fera flanquer à la porte pour avoir tenté de forcer une fusion entre le paradis et l'enfer, après avoir pris une participation majoritaire dans chacune de leurs filiales, bien sûr[1]. »

En Angleterre, il vivait à Cherkley Court, près de Leatherhead, dans le Surrey. Beaverbrook resta veuf de nombreuses années, jusqu'en 1963 avec son mariage avec Marcia Anastasia Christoforides (1910-1994), la veuve de son ami Sir James Dunn. Lord Beaverbrook mourut dans le Surrey en 1964. La Beaverbrook Foundation poursuit une action philanthropique.

Distinction[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Lord Beaverbrook et son épouse Lady Beaverbrook ont laissé un patrimoine considérable dans la province du Nouveau-Brunswick et au Royaume-Uni. On peut noter en particulier les bâtiments suivants :

  • University of New Brunswick
    • Aitken House
    • Aitken University Centre
    • Lady Beaverbrook Gymnasium
    • Lady Beaverbrook Residence
    • Beaverbrook House (UNBSJ E-Commerce Centre)
  • Ville de Fredericton, New Brunswick
  • Ville de Miramichi, Nouveau-Brunswick
    • Lord Beaverbrook Arena (LBA)
  • Ville deCampbellton, Nouveau-Brunswick
    • Lord Beaverbrook School
  • Ville de Saint John, Nouveau-Brunswick
    • Lord Beaverbrook Rink
  • Ville de Calgary, Alberta
    • Lord Beaverbrook High School

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Canada in Flanders (1916)
  • Politicians and the Press (1925)
  • Politicians and the War Vol 1 (1928)
  • Politicians and the War Vol 2 (1932)
  • Men and Power (1956)
  • Friends: Sixty years of Intimate personal relations with Richard Bedford Bennett (1959)
  • Courage (1961)
  • The decline and fall of Lloyd George (1962)
  • The divine propagandist (1962)
  • My Early Life (1962)
  • Success (1962)
  • The Abdication of Edward VIII (1966)

Traductions[modifier | modifier le code]

  1. « If ever Max ever gets to Heaven, he won't last long. He will be chucked out for trying to pull off a merger between Heaven and Hell after having secured a controlling interest in key subsidiary companies in both places, of course. »

Liens externes[modifier | modifier le code]