Mauvaise Graine

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Mauvaise Graine et La Mauvaise Graine (film, 1956).

Mauvaise Graine

Réalisation Alexander Esway
Billy Wilder
Scénario Max Kolpé
Hans Lustig
Billy Wilder
Acteurs principaux
Sociétés de production Compagnie nouvelle commerciale
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Film policier
Sortie 1934
Durée 86 minutes (1h26)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Mauvaise Graine est un film français réalisé par Billy Wilder et Alexandre Esway, sorti en 1934.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Henri Pasquier, fils de bonne famille que son père médecin respectable désire mettre au travail en lui retirant sa luxueuse voiture, rejoint une bande de voleurs d'automobiles et sympathise avec les jeunes membres de celle-ci, notamment Jean La Cravate, le copain qui l'héberge, et la sœur de celui-ci, Jeannette, dont il tombe amoureux. Mais le chef du gang n'apprécie pas qu'il exige pour lui et ses amis une augmentation de la part du gâteau, et tente de le supprimer en lui confiant une voiture sabotée. Après une course poursuite avec les gendarmes et un accident dont il sort indemne avec sa dulcinée, Henri décide de quitter la France pour refaire sa vie avec elle "aux colonies". Il cherche à convaincre Jean de les accompagner, mais celui-ci meurt suite à l'action de la police qui, malgré les efforts du père d'Henri, a découvert le garage clandestin. Henri et Jeannette partent finalement avec la bénédiction de ce dernier.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La montée d'Hitler au pouvoir va pousser Billy Wilder, d’origine juive, à s’expatrier. Au lendemain de l’incendie du Reichstag, il vend tout ce qu’il possède, quitte Berlin et s’exile à Paris[1]. Wilder, qui a scénarisé une douzaine de films en Allemagne, a du mal à voir ses scénarios écrits en France adaptés au cinéma[1]. Il parle le français et, malgré les difficultés rencontrées[2], il va coréaliser avec Alexandre Esway son premier film[1].
  • Mauvaise Graine est au départ une comédie qui va se transformer en film d’action[3] mêlant par des touches de vérité, les codes du burlesque et les clichés du film d’aventures[4].
    Wilder tourne en décors naturels et le film a une valeur et « une réelle beauté sur le plan documentaire »[4]. Il filme quelques scènes place de la Concorde, au bois de Boulogne[5] et la façon dont il filme Paris est annonciatrice des méthodes des réalisateurs de la Nouvelle Vague[4]. Les scène de plage ont été tournées à L'Isle-Adam.
    Wilder témoignera : « Je ne me rappelle pas comment nous avons trouvé l’argent. C’était un peu dans le genre cinéma-vérité sur des sortes de vitelloni qui volent des voitures. Ce n’était pas si mauvais que ça, mais il y avait beaucoup de séquences de poursuites et, par manque d’argent, nous ne pouvions nous offrir de transparences. En d’autres termes, la caméra et les projecteurs étaient placés sur un camion et c’était assez dangereux. »[6]
  • Wilder dirige, dans ce qui sera son seul film français, une toute jeune comédienne de seize ans, Danielle Darrieux.
    Il suivra bientôt l’exemple de ses héros de Mauvaise graine, il quittera la France et embarquera pour l’Amérique[2] pour la carrière qu’on lui connaît.
  • Un remake du film, La Voyageuse inattendue, a été tourné en 1949, réalisé par Jean Stelli, avec Dany Robin et Georges Marchal.
  • La Mauvaise Graine est également le titre français d'un film américain, The Bad Seed, réalisé par Mervyn Le Roy et sorti en 1956

Critique[modifier | modifier le code]

« Les personnages principaux n’échappent pas à une certaine fadeur, à l’exception de Danielle Darrieux dont le charme est inoubliable. Son entrée en scène fait encore frissonner, surtout que la libéralisation de la censure nous prive des délices de la suggestion : la caméra révèle progressivement une robe de velours, avec épaulettes et manchons de fourrure, des gants-fourreaux noirs à faire pâlir Gilda, et un béret savamment incliné sur un visage de porcelaine. La star est un bijou sorti de son coffret. »

— Jerome Jacobs, Billy Wilder, Rivage/Cinéma[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Billy Wilder - Noël Simsolo – Le Monde/Cahiers du cinéma, Collection Grands Cinéastes, 2007 (ISBN 978-2-86642-505-0), p. 17.
  2. a et b Le Cinéma Grande histoire illustrée du 7e art. Volume 4. Éditions Atlas, 1983, p. 997
  3. Dictionnaire du cinéma – Les films – Jacques Lourcellles – Éditions Robert Laffont – 1992 (ISBN 2-258-04027-2), p.922.
  4. a, b et c Billy Wilder - Noël Simsolo, p. 18.
  5. Danielle Darrieux, avec le concours de Jean-Pierre Ferrière, Ramsay cinéma, Paris, 1995, (ISBN 2-84114-113-6), p.21.
  6. Billy Wilder, portrait d’un homme à 60 % parfait, propos extraits du film de Annie Tresgot, 1980.
  7. Jerome Jacobs, Billy Wilder, Rivage/Cinéma, 1988 (ISBN 2-86930-135-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]