Maury (VDN)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maury.
Maury
Tautavel 08-001.JPG
Vignoble de Maury sur la commune de Tautavel
Désignation(s) Maury
Appellation(s) principale(s) maury[1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) Roussillon (Fenouillèdes)
Localisation Pyrénées-Orientales
Climat tempéré méditerranéen
Superficie totale 1 780 hectares
Nombre de domaines viticoles 320
Cépages dominants grenache N et grenache blanc B[2]
Vins produits vins doux naturels blancs et rouges
Production 50 000 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds par hectare
Rendement moyen à l'hectare maximum 30 à 40 hectolitres par hectare[3]

Le maury[1] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Maury, au nord-ouest de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Des vestiges de fermes occupées par les Templiers dans un premier temps et par l'Ordre des Chevaliers de Saint-Georges ensuite montrent l'intérêt suscité par ce terroir particulier pour la culture de la vigne.

Le maury fait partie des grands vins doux naturels dont l'origine remonte au XIIIe siècle. En 1299, Arnaud de Villeneuve, médecin à la Cour du roi d'Aragon, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier et alchimiste, connaissait déjà la distillation du vin mise au point par les Arabes pour produire de l'alcool. Cet « esprit de vin » mélangé à du moût en fermentation, arrêtait celle-ci et stabilisait le vin contenant encore des sucres non fermentés, obtenant ainsi un vin doux naturel.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution française, cette région obtient des dérogations pour la culture de la vigne. Le premier cadastre, datant de 1820, indique la présence de 1 100 hectares de vigne sur la commune de Maury.

Maury est un terroir pour les vins doux naturels dont la spécificité a été reconnue dès 1872 par l'Assemblée nationale, qui leur attribue un statut particulier en leur octroyant des droits d'accises spéciaux (taxes sur l'alcool) en reconnaissance de leurs contraintes naturelles de production.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Les vendanges 1906 avaient été désastreuses dans tout le Roussillon. Ce qui n'empêchaient pas la chute des cours du vin. Des familles vigneronnes se heurtaient à des difficultés financières telles qu'elles ne pouvaient plus payer l'impôt. Informé, le gouvernement donna ordre de faire intervenir les huissiers. La village de Baixas fut le premier à se révolter au début de l'année 1907[4].

Le 18 février, il reçut le soutien de Marcelin Albert, qui envoya un télégramme à Georges Clemenceau. Quant à Joseph Tarrius, viticulteur et pharmacien à Baixas, il fait parvenir au gouvernement une pétition signée des habitants du village. Il y est précisé que le seul impôt que les contribuables puissent encore payer est celui du sang. Alors que les défilés de protestations s'étaient multipliés dans les villes et villages, préfectures et sous-préfectures accueillirent les manifestations viticoles. Le 19 mai, à Perpignan 170 à 200 000 personnes défilent dans la ville. La manifestation se déroule sans incidents graves[5],[4].

Dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les conseils municipaux démissionnent collectivement - il y en aura jusqu'à 600 - certains appellent à la grève de l'impôt. La situation devient de plus en plus tendue, les viticulteurs furieux attaquent perceptions, préfectures et sous-préfectures[6]. Le 20 juin, la tension monte encore. A Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet Dautresme doit se réfugier sur le toit[5].

Maury accède à l'appellation d'origine contrôlée le .

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Les vins de Maury sont issus d'un petit vignoble de 17 km de longueur sur 3 km de largeur abrité au nord par les Corbières catalanes et au sud par les contreforts des Pyrénées, dominé par la forteresse de Quéribus : communes de Maury, Tautavel, Saint-Paul-de-Fenouillet et Rasiguères.

Géologie[modifier | modifier le code]

Climatologie[modifier | modifier le code]

Vignoble[modifier | modifier le code]

Encépagement[modifier | modifier le code]

Les maury rouges sont issus principalement du grenache N, complété par le grenache blanc B, le grenache gris G et accessoirement le carignan N, le macabeu B et la syrah N.

Les maury blancs sont issus principalement du grenache blanc B, du grenache gris G, du macabeu B, du tourbat B (dénommé localement malvoisie du Roussillon), accessoirement par du muscat à petits grains blancs B et du muscat d'Alexandrie B (dénommé localement muscat romain).

Rendements[modifier | modifier le code]

Le rendement est de 30 hl par hectare (maximum de 40 hl/ha autorisé par l'appellation).

Vinification[modifier | modifier le code]

Maurydoré, Cave Désiré Estève, 1979

Le maury est obtenu par mutage du moût en cours de fermentation.

Les vins sont obtenus à partir de moûts présentant une richesse naturelle minimale en sucres de 252 grammes par litre.

Le mutage est réalisé par apport d'alcool neutre vinique titrant au minimum 96 % vol., dans la limite, évaluée en alcool pur, de 5 % minimum et 10 % maximum du volume du moût mis en œuvre. L'opération de mutage est effectuée avant le 31 décembre de l'année de récolte du moût.

Vins[modifier | modifier le code]

Comparable au banyuls, le maury est cependant plus tannique et plus viril.

Ces vins qui conservent une bonne partie de leurs sucres naturels peuvent atteindre des degrés d'alcool de 20 voire 22 degrés.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne la couleur du raisin de la manière suivante : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. Décret du 13 octobre 2009.
  4. a et b La crise viticole de 1907 sur le site histoireduroussillon.free.fr
  5. a et b Midi 1907, l'histoire d'une révolte vigneronne
  6. Révoltes vigneronnes 1907, Languedoc, 1911, Champagne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]