Maurizio Seracini

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Maurizio Seracini

Maurizio Seracini (né à Florence en 1946) est un scientifique et un chercheur d'Art italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé en bio-ingénierie en 1973 de l'Université de Californie à San Diego (UCSD), où il enseigne toujours actuellement, le professeur Maurizio Seracini fonde à Florence, en Italie, en 1977, la première société de diagnostic et d'analyse non invasive d'œuvre d'art et d'architecture, Editech - Centro diagnostico per i beni culturali[1]. Travaillant avec des instruments de mesure issus des technologies médicales et militaires, il réalise ainsi des recherches très poussées et des études diagnostiques d’œuvres d'art, sans altérer l'œuvre elle-même.

Maurizio Seracini est connu notamment pour ses recherches conduites depuis l'an 2000 - suivant la voie ouverte par le professeur Carlo Pedretti - sur la fresque disparue de Léonard de Vinci, La Bataille d'Anghiari, dans la salle des Cinq-Cents (Salone dei Cinquecento) du Palazzo Vecchio de Florence. En 1968, dans son Leonardo de Vinci inedito, Carlo Pedretti avait émis l’hypothèse que La Bataille d'Anghiari de 1503 - fruit avorté des expériences de Léonard de Vinci sur la peinture à l’encaustique - n’avait pu complètement disparaître sous le pinceau de Giorgio Vasari. Se basant sur l’exemple de la Trinité de Masaccio, perdu et retrouvé en 1861, Carlo Pedretti imaginait en 1968 que Giorgio Vasari, « qui ne détruisait jamais rien », avait cherché à préserver coûte que coûte La Bataille d'Anghiari, déjà très compromise, quand il rénovait le Palazzo Vecchio.

Maurizio Seracini est également connu pour son étude diagnostique du tableau du même auteur, L'Adoration des mages, conservé à la galerie des Offices. Il est le premier à avoir identifié dans ce dernier tableau - grâce à la technique de la réflectographie infrarouge - des éléments dessinés par Léonard de Vinci jusqu'à lors invisibles à l’œil nu : deux cavaliers s'affrontant et rappelant ceux de la La Bataille d'Anghiari, ainsi qu'un éléphant - chevauché par une forme anthropomorphe à peine esquissée - tout à fait singulier et nouveau dans l’œuvre du maître florentin.

Son personnage apparaît en 2003 dans le roman de Dan Brown, Le Da Vinci Code, ce qui l'immortalise comme chercheur d'Art de renommée internationale. Cette reconnaissance malgré lui - littéraire puis cinématographique - attisera dès lors la jalousie du milieu de l'Art. Elle lui vaudra ainsi quelques regrettables " bâtons dans les roues " orchestrés par ceux qui lui reprocheront son côté trop médiatique et le caractère trop aventureux de ses investigations.

La polémique de la Bataille d'Anghiari[modifier | modifier le code]

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Le mercredi 7 décembre 2011, la police italienne est dépêchée par le Procureur de la Cour de Florence dans la salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio de Florence pour enquêter sur des " actes de vandalisme " qui auraient été perpétrés par " des scientifiques " sur La Bataille de Marciano peinte en 1563 par Giorgio Vasari. Telle est la dépêche publiée par l'AFP de Rome ce jour-là [2]. La décision du Procureur a été dûment motivée par le dépôt d'une " plainte pour vandalisme " en bonne et due forme déposée par Tomaso Montanari, professeur d'histoire de l'Art et président de l'association " Italia Nostra ". Tomaso Montanari ainsi qu'une centaine de pétitionnaires éclairés du milieu de l'Art, dont certains historiens d'Art du prestigieux Metropolitan Museum de New-York ou bien encore de la non moins prestigieuse National Gallery de Londres, estiment que Maurizio Seracini - qui est directement visé sans être nommé par leur dépôt de plainte - s'est trompé de mur pour ses investigations lancées dans la salle des Cinq-Cents. Ainsi, pour eux, s'il devait rester quelque trace de la mythique Bataille d'Anghiari - ou tout du moins de sa partie centrale intitulée La Lutte pour l'étendard reconnue à l'époque par les propres pairs de Léonard de Vinci comme " L’École du monde " - ce ne pourrait être que derrière l'une des fresques peintes par Giorgio Vasari sur le mur " ouest ". Par exemple derrière La Bataille de San Vincenzo placée justement en vis-à-vis de La Bataille de Marciano peinte par Giorgio Vasari sur le mur « est » et sur laquelle des « actes de vandalisme » auraient donc été perpétrés par « des scientifiques ». En tout été de cause, Tomaso Montanari et les pétitionnaires semblent soutenir la thèse de la " non survivance " de cette œuvre majeure de Léonard de Vinci, ce qui vient appuyer un peu plus les motivations de leur plainte en rendant plus qu'hasardeux le travail d'investigation conduit par Maurizio Seracini [3].

Pourtant, les arguments plaidant en faveur de Maurizio Seracini sont les suivants [4] :

1- Rappelons tout d'abord que se basant sur l’exemple de la Trinité de Masaccio, perdu et retrouvé en 1861 derrière La Vierge au Rosaire peinte par Giorgio Vasari, Carlo Pedretti - expert international incontesté de Léonard de Vinci - imaginait déjà dès 1968 que ce Giorgio Vasari, « qui ne détruisait jamais rien », avait cherché à préserver coûte que coûte La Bataille d'Anghiari, déjà très compromise, quand il rénovait le Palazzo Vecchio[5].

2- Que préalablement avant toute investigation de sa part en décembre 2011, Maurizio Seracini s'était assuré entre 2002 et 2003 - grâce à l'utilisation de rayons X et d'ondes électromagnétiques de type « radar » - de l'existence d'une cavité d'environ 2 cm juste derrière la La Bataille de Marciano peinte en 1563 par Giorgio Vasari sur le mur « est ». Aucune cavité de cette sorte n'avait pu être décelée ailleurs dans la salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio, a fortiori derrière le mur « ouest » dont les « détracteurs d'Italia Nostra » se servent pour argumenter leur plainte. Cette cavité de 2 cm dûment mise en évidence par Maurizio Seracini plaidant en faveur de la « thèse du recouvrement » en contradiction avec celle de « l'effacement » et de la « non persistance » avancée par les pétitionnaires.

3- Suivant cette même idée, comment Giorgio Vasari aurait-il pu peindre sa Bataille de San Vincenzo sur le mur « ouest » - dans lequel apparaissent de nombreux éléments très explicitement « recopiés » et pour le moins « inspirés » de La Lutte pour l’étendard - mieux qu'en « repiquant » de visu ces éléments directement sur le modèle de Léonard de Vinci encore en place, juste en vis-à-vis, sur le mur « est » de la salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio ?

4 - Toujours suivant cette même logique, comment cette inscription " Cerca trova " - plus qu'évocatrice [6] - portée par Giorgio Vasari sur l'étendard d'un soldat situé dans la partie haute et centrale de sa Bataille de Marciano peinte sur le mur " est " ne pourrait-elle pas être autre chose qu'un signe laissé pour la postérité par cet artiste « qui ne détruisait jamais rien »[7] ?

5 - Enfin, derniers points factuels et non plus spéculatifs, plaidant en faveur de Maurizio Seracini dans cette polémique : alors que ce dernier se proposait de poursuivre ses investigations " non invasives " - c'est-à-dire sans altérer l'œuvre elle-même - en utilisant la technologie de la NAA (Neutron Activation Analysis) sur La Bataille de Marciano peinte par Giorgio Vasari, c'est " l'Opificio delle Pietre Dure " (Institut autonome du Ministère du Patrimoine et de la Culture et du Tourisme dont les activités d'exploitation et de recherche sont centrées sur la restauration des œuvres d'art) qui lui a imposé la technique " invasive " et donc destructive du forage au travers de cette fresque peinte. Ce sont donc des restaurateurs " officiellement désignés " (et non Maurizio Seracini lui-même comme pourrait le faire croire l'objet non nominatif - s'agissant très évasivement de " scientifiques " - de cette plainte pour vandalisme reprise par la plupart des médias) qui ont foré 6 trous d'un diamètre de 6 mm en des emplacements déjà fissurés ou " repeints " dûment choisis par leurs soins et par eux seuls [8]. Autant dire qu'en matière de " vandalisme " - si " vandale " il y a - en aucun cas Maurizio Sercini ne saurait raisonnablement être tenu personnellement pour responsable. Qui plus est qui pourrait oser honnêtement et en toute conscience qualifier un forage de 6 mm de diamètre dans une fresque de plus de 10 m - soit guère plus qu'un " trou d'aiguille dans une meule de foin " - d'acte de " vandalisme " ?

6 - Finalement, dans cette histoire, Maurizio Seracini ne fera personnellement qu'introduire dans les 6 trous forés au préalable par les restaurateurs " officiellement désignés " une fibre optique de 3 mm de diamètre pourvue à son extrémité d'une petite pince crocodile, avec pour seule et unique intention celle de tenter de prélever sur le mur d'origine se trouvant derrière la La Bataille de Marciano peinte par Giorgio Vasari quelque élément pouvant laisser espérer qu'il y subsisterait toujours la trace de La Lutte pour l’étendard peinte par Léonard de Vinci.

7 - Très officiellement, le 12 mars 2012, Maurizio Seracini annoncera à la presse avoir identifié par cette voie endoscopique, 3 pigments - rouge, beige et noir - compatibles bien entendu avec la présence possible d'une œuvre peinte sur le mur " est " d'origine de la salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio. Mais, de plus, 3 pigments qui ne seraient pas incompatibles avec ceux utilisés à l'époque par Léonard de Vinci. Mission accomplie pour ce " scientifique " qui affirme ainsi avoir trouvé ce qu'il cherchait [9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Léonard de Vinci : la fresque disparue" diffusé sur National Geographic Channel en mars 2012,
  • The lost Leonardo, 2008 (USA),
  • Das Geheimnis um einen verschollenen Da Vinci, 2008 (Allemagne),
  • Alla ricoperta dell'Adorazione dei Magi di Leonardo da Vinci, Florence TV (Italie),
  • Léonard de Vinci : Chefs d'œuvre masqués de Nigel Levy, diffusé sur Arte le 18 novembre 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Editech
  2. La Tribune de l'Art du 12/06/2012 : " L'Affaire de la Bataille d'Anghiari " par Stéphane Toussain
  3. Le Figaro.fr du 06/06/2011 : " Léonard de Vinci : Polémique à Florence " par Eric Bietry-Rivierre
  4. Le Figaro.fr du 26/12/2011 : « A la Recherche du chef-d'oeuvre de Vinci » par Eric Bietry-Rivierre
  5. La Bataille d'Anghiari (Léonard de Vinci) sur Wikipédia
  6. Le Huffington Post du 12/03/2012 : " Léonard de Vinci : Une fresque perdue émerge à Florence"
  7. Le Point.fr du 13/12/2012 : " Le Mystère insondable de la Bataille d'Anghiari " par Dominique Dunglas
  8. National Geographic.com : " The Lost da Vinci " Cf. Explorers/Projects/Lost da Vinci/Hinding behind the Vasary gallery
  9. Connaissance des Arts du 14/03/2012 : " Avancées considérables sur la Bataille d'Anghiari " par Jenna Charmasson